Drachme d’Athènes
Tête d’Athéné, il droite. — Chouette sur un vase, dans une
couronne d’olivier. Autour de l’oiseau : AGE TIMA NIlv
APXE. — Poids: 4S'-, 30. Frappée vers l’an 200 avant J.-C.,
d’après F. Beulé, Les monnaies d'Athènes, 1858, p. 372.
Elle pesait 4or,86. C’était la six millième partie du talent euboïque. Après Alexandre, ce poids s’abaissa jusqu’à celui de l’étalon des Ptolémées, c’est-à-dire jusqu’à 3or,54. Voir J. Wex, Métrologie grecque et romaine, trad. franç., in -16, Paris, 1886, p. 49-71 et 77.
E. Ceurlier.
1. DRAGON (FONTAINE DU) (hébreu: 'Ën hattannln; Septante : Tt'dYù v<üv av/.iov; Vulgate : Fons Draconis ), source ou dérivation d’eau d’une fontaine des environs de Jérusalem. Elle est mentionnée une seule fois sous ce nom dans l’Écriture. Néhérnie raconte qu’étant sorti la nuit pour inspecter les murs en ruine de Jérusalem, il sortit par la porte de la Vallée (dans les environs de la porte de Jaffa actuelle, d’après un grand nombre d’exégètes, mais sa situation est douteuse) et passa près de la Fontaine du Dragon pour rentrer par la porte du Fumier, au sud de la ville. II Esdr., n, 13. L’identification de cette fontaine est incertaine. D’après l’opinion la plus commune, elle était située à l’ouest de Jérusalem, dans la vallée de Ben-Ilinnorn, et l’eau qui l’alimentait devait venir d’ailleurs, amenée probablement par quelque aqueduc, car il n’existe aucune source connue dans la vallée de Ilinnom. Les uns l’identifient avec le Bir-Éyoub de nos jours, les autres avec la piscine du Birket Humilia ou du Birket es-Sullan. D’autres encore, à cause du nom de ’ên, « source, » qui lui est donné, croient que la Fontaine du Dragon est la fontaine appelée aujourd’hui Fontaine de la Vierge, au sud-est de Jérusalem, la seule véritable source des environs de la ville. Josèphe, Bell, jud., V, ni, 2, nomme une tùv "Oçewv y.oXupêïj- Opa, « piscine des Serpents. » L’analogie du nom a porté à penser que c’était la Fontaine du Dragon ; mais ce n’est pas certain, et remplacement de la piscine mentionnée par Josèphe est d’ailleurs aussi douteux que celui de la Fontaine de Néhérnie.
2. DRAGON, animal fabuleux, à formes monstrueuses, que l’imagination des anciens avait composé à l’aide d’éléments empruntés à la constitution de différentes hèles féroces ou sauvages. Les versions de la Bible emploient assez souvent le mot Spà-zwv, draco; mais c’est pour traduire des noms qui dans le texte original désignent, dans le sens propre, des animaux réels. Les termes hébreux rendus par dragon sont les suivants : 1° naît as, « serpent, » Exod., vu, 15; — 2° tannin, « serpent, » Exod., vu, 12; Deut., xxxii, 33; Il Esdr., ii, 13; Ps. xci
(xc), 13; Jer., u, 34; dans Daniel, xiv, 22-27, le « serpent » adoré dans le temple de Bel, à Babylone; — parfois « le crocodile » désigné par le même mot hébreu, Ps. lxxiv (i.xxv), 13; Is., u, 9; Ezech., xxix, 3; xxxn, 2; ou un cétacé, Ps. cxlviii, 7 ; — 3° tan, « chacal, » Job, xxx, 29; Is., xxxiv, 13; xxxv, 7; xliii, 20; Jer., ix, 11; x, 22; xiv, 6; xlix, 33; u, 37; Mich., i, 8; Mal., i, 3; — 4° livyâtân, « crocodile, » Ps. lxxiv lxxv), 14; ou cétacé, Ps. civ (cv), 26; — 5° ’ohim, « bêtes hurlantes, » Is., xm, 21 ; — 6° siyglm, « bêtes du désert. » Jer., l, 39. — Dans Eslher, x, 7; xi, 6, le nom de « dragons » s’applique à des animaux que Mardochée voit en songe et qu’on ne peut \ déterminer en l’absence du texte hébreu. — Dans la Sa- \ gesse, xvi, 10, il désigne les serpents qui firent périr les Israélites au désert, et dans l'Ecclésiastique, xxv, 23, une bête féroce quelconque. — Saint Jean se sert du mot « dragon » pour nommer le démon, Apoc., xn, 3-17; xm, 2-11; xvi, 13, qu’il identifie expressément avec le « serpent antique » du paradis terrestre. Apoc., xn, 9; i xx, 2. Voir t. i, col. 612. IL Lesètre.
3. DRAGON, constellation (hébreu : nâhâs bâriah; Septante : Spâ/.tov à^oTitir ijç ; Vulgate : eoluber tortuosus). L’auteur de Job, xxvi, 13, célébrant la puissance du Seigneur sur la création, écrit :
Son esprit a fait la splendeur des cieux,
Et sa main a formé le Serpent bâriah.
Il s'agit ici d’une constellation du ciel. Le mot bâriah vient du verbe bàrah, a traverser » et « fuir». Quelques traducteurs s’en sont tenus à ce dernier sens, et ont rendu l’hébreu par « serpent qui fuit ». Septante : ot-Kon-oti « qui se retire; » syriaque: « qui fuit; » Frz. Delitzsch, Das Buch lob, Leipzig, 1876, p. 339, etc. D’autres ont lu beriah, « traverse, » ou « verrou », au lieu de bâriah. Symmaque: oàpiç <j oy-/.),e!(ov, « le serpent qui ferme ; » dans Isaïe, xxvii, 1, où se trouve le même mot, Aquila traduit : osiç po'/Xo?; Vulgate : serpens vectis : « serpent- verrou ; » Rosenmüller, Iobus , Leipzig, 1806, t. ii, p. 619, etc. Au premier abord, le nom de fugitive semble peu convenir | à une constellation qui reste toujours à sa place relative dans le firmament. 11 est donc plus probable que l’auteur sacré a voulu parler d’un serpent qui s’étend à travers les autres constellations et les traverse comme un verrou. Mais comme les étoiles qui composent cette constellation ne sont pas en ligne droite, et forment même une figure assez sinueuse, on comprend l’épithète tortuosus de la Vulgate. — La constellation dont il est ici parlé est celle du Dragon, connue des Arabes sous le nom d'elhajja,v\e serpent; » des Grecs sous celui d’oçiç, Aratus, Phænomen. , 82; des Latins sous celui d ’anguis. Cicéron, De nat. deor., ii, 42; Virgile, Georg., i, 244. Cicéron traduisant Aratus, au passage cité, appelle le Serpent torvus draco, à peu près dans les mêmes termes que la Vulgate. La constellation du Dragon compte quatrevingts étoiles principales, dont deux de deuxième grandeur, et presque toutes les autres de cinquième. Elle s’étend, dans l'hémisphère boréal, entre les constellations de la Grande et de la Petite Ourse, de Céphée, du Cygne et d'Hercule. Elle occupe pour nous différentes stations autour de la polaire, selon les mois de l’année. Dans l’astronomie égyptienne, le Dragon était représenté à peu près par la constellation appelée Birit, ou hippopotame, que les monuments ligures montrent dressé sur les pattes de derrière et soutenant un crocodile sur ses épaules. Voir lig. 330, col. 924. Des études de Biot, Recherches sur plusieurs points de l’astronomie égyptienne, Paris, 1823, p. 87-91, il résulte, en effet, que le Ririt correspondait probablement au Dragon, augmenté d'un certain nombre d'étoiles environnantes. Voir Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient clas- | sique, Paris, t. i, 1895, p. 94, 93. Il est à croire que le
DRAGON — DRUSIUS
ntihâs banal) de Job s'identifiait plutôt avec le Rirît égyptien qu'avec le Dragon, tel qu’on le délimitait en Occident, et qu’il comprenait certaines étoiles plus éclatantes de son voisinage. Ainsi s'explique la mention que fait l’auteur de .Tob de celte constellation, comme spécialement capable de donner une idée de la puissance divine. — Quelques auteurs traduisent le vers de Job de cette autre manière :
Sa main transperce le Serpent bâriah.
Le mot hollâh ne viendrait pas alors de hûl, « former » au pilel; mais de hdlal, « transpercer » au poel. Le vers ferait allusion à une croyance générale chez les anciens peuples, actuellement encore admise par les Chinois. D’après eux, le soleil et la lune sont attaqués dans leur course par des monstres vivants, qui ne sont autres que les animaux qui peuplent le firmament et dont on a fait des constellations. Les éclipses des deux astres sont dues aux victoires momentanées de ces adversaires. Cf. Ozanam, Études germaniques , Paris, 1894, 6e édit., t. i, p. 79. Chez les anciens Égyptiens , c’était un serpent gigantesque, Apôpi, qui s’élançait du Nil pour attaquer Rà, le soleil. Maspero, Histoire ancienne, t. i, p. 90-93. Certains commentateurs estiment que l’auteur de Job, ni , 8, se réfère à ces croyances quand il parle de « ceux qui maudissent le jour et savent faire lever Léviathan », le monstre qui combat le soleil et produit les éclipses. Cf. Dillmann, Hiob, Leipzig, 1869, p. 27. Dans cette interprétation, Dieu, qui crée la splendeur et la sérénité des cieux, serait considéré comme le tout-puissant Maître qui réduit le Dragon à l’impuissance en le transperçant. 11 convient de dire toutefois que , si l’auteur sacré fait vraiment allusion à cette croyance de son époque, c’est à titre purement poétique, et sans autoriser pour le fond une théorie qui serait en contradiction avec tout le reste de son livre. H. Lesêtre.
DRAPEAU. Voir Étendard.
DRECHSLER Christoph Moritz Bernhard Julius, théologien protestant conservateur, né à Nuremberg le 11 août 1804, mort à Munich le 19 février 1850. En 1825, il expliqua l'Ancien Testament à Erlangen, en qualité de privât -docent. Il devint, en 1833, professeur extraordinaire de langues orientales dans cette même ville, et professeur ordinaire, en 1841. En 1848, il fut obligé de donner sa démission et se retira à Munich, où il demeura jusqu’à sa mort. On a de lui : Die Unwissenschaftlichkeit im Gebiete der altestamentlichen Kritik belegt aus den Schriften neuerer Kritiker besonders der Herren von Bohlen und Vatke, in-8°, Leipzig, 1837; Die Einheit und Aechtheit der Genesis oder Ërklàrung derjenigen Erscheinungen in der Genesis, welche wider den niosaischen Ursprung derselben gellen gemacht iverden, in-8°, Hambourg, 1838; Der Prophet Jesaja, übersetzt und erklârt, travail inachevé dont il publia lui- même la première partie (ch. i-xii), in-8°, Stuttgart, 1844-1845, et la première moitié de la seconde partie (ch. xm-xxvii), in-8°, Stuttgart, 1849. Les chapitres xxviii-xxxix, trouvés dans ses papiers après sa mort, furent publiés in-8°, à Berlin, 1854, par Frz. Delitzsch et Aug. Hahn. Pour la seconde partie d’Isaïe, Drechsler n’avait laissé que quelques notes, qui furent utilisées pour l’achèvement du commentaire par les mêmes éditeurs, qui le publièrent à Berlin, en deux fascicules in-8°, 1856 et 1857. — Voir II. Ewald, Jahrbücher der biblischen Wissenschaft, t. n, 1849, p. 60-63; Allgemeine deulsche Biographie , t. v, 1877, p. 387.
DROITE (MAIN i. Voir Main.
DROMADAIRE. Voir Chameau, col. 520.
DRUSILLE ApccjtfO.la), fille d'IIérode Agrippa Ier DICT. DE LA BIBLE.
et femme de Félix, gouverneur de Judée. — Les Actes des Apôtres, xxiv, 24, mentionnent Drusille dans le récit de la comparution de saint Paul devant son mari Félix, après son arrestation à Jérusalem par le tribun Lysias. Saint Luc dit seulement qu elle était Juive. Elle naquit en l’an 38 après Jésus-Christ, et, en 43, elle fut fiancée à Antiochus Épiphane, fils d’Antiochus IV Épiphane,roi de Commagène; mais le mariage n’eut pas lieu, parce qu’Épiphane refusa de se faire circoncire. Josèphe, Ant. jud., XX, vu, 1. Elle fut mariée à Azizus, roi d’Émèse, à l’âge de quatorze ans. Josèphe, Ant. jud., XIX, ix, I; XX, vu, 1. Peu après son mariage, Félix, qui venait d’être nommé gouverneur de Judée, devint épris d’elle et résolut de l’épouser. Il réussit, à l'aide d’un magicien de Cypre, nommé Simon, à lui faire abandonner son mari, et la prit pour femme, malgré la loi qui défendait à une Juive d’épouser un païen. Josèphe, Ant. jud., XX, vu, 2. Drusille eut de Félix un fils nommé Agrippa, qui périt dans une éruption du Vésuve. Josèphe, Ant. jud., XX, vu, 2. On ignore l’époque de la mort de Drusille. — Tacite, Hist., v, 9, dit que la Drusille femme de Félix était petite-fille de Cléopâtre et d’Antoine; mais les indications données par Josèphe concordent mieux avec le passage des Actes, qui dit que Drusille était Juive. 11 n’y a du reste dans l’histoire ancienne aucune trace de l’existence d’une Drusille petite-fille d’Antoine. Il n’y a non plus aucune raison d’admettre l'existence de deux Drusille, successivement femmes de Félix. E. Beurlier.
DRUSIUS Jean, théologien protestant, dont le vrai nom est Van der Driesche, né à Oudenarde le 28 juin 1550, mort à Franeker le 12 février 1616. Après avoir étudié à Gand et à Louvain, il se rendit, en 1567, en Angleterre, où son père, convaincu d’erreurs calvinistes, avait trouvé un refuge. En 1571, à l’âge de vingt- deux ans, il fut nommé professeur de langues orientales à Oxford. Il retourna ensuite dans les Pays-Bas. Le 30 juin 1577, il fut nommé professeur de langues orientales à l’université de Leyde, qu’il quitta en 1585, pour aller enseigner à Franeker. Toute sa vie fut consacrée à l’étude de la Bible, et il fut un des premiers qui prit soin de rechercher les fragments des versions grecques autres que les Septante qui se rencontrent dans les Pères. Ses coreligionnaires l’accusèrent tantôt de tendances arminiennes, tantôt de trop favoriser le catholicisme. Nous mentionnerons parmi ses ouvrages : In psalmos Davidis veterum inlerpretum quæ exstant fragmenta, in-4°, Anvers, 1581 ; Ad voces ebraicas Novi Testamenti commentarius , in quo præter explicationem vocum variæ nec leves censuræ , in -4°, Anvers, 1582; Quæstionum ac responsionum liber, in quo varia Scripturæ loca explicantur aut emendantur, in -8°, Leyde, 1583; Ebraicarum quæstionum, sive quæstionum ac responsionum libri duo, videlicet secundus ac tertius, in-8°, Leyde, 1583; Animadversionum libri duo : in quibus præter dictionem ebraicam plurima loca Scripturæ inlerpretum que veterum explicantur, emendantur, in -8°, Leyde, 1585; Esthera ex interpretalione S. Pagnini et Joli. Drusii in eam annotaliones . Additiones apocryphæ ab eodem in latinum sermonem conversæ et scholiis illustratæ , in-8°, Leyde, 1586; Historia Ruth ex ebræo latine conversa et commentario explicata. Ejusdem historiæ translatio græca ad exemplar complutense et notæ in eam dem. Additus est tractatus : an Beuben mandragoras invenerit, in-8°, Franeker, 1586; Miscellanea locutionum sacrarum, tributa in centurias duas : in quibus præter Scripturas varia theologorum loca, Augustini præcipue illustrantur aut emendantur, in -8°, Franeker, 1586; Parallela sacra, id est locorum Veteris Testamenti cum iis quæ in Novo citantur conjuncta commemoratio , ebraice et græce, in-4°, Franeker, 1588; Proverbiorum classes duæ in quibus explicantur proverbia sacra et I ex sacris orta; item sententiæ Salomonis et allegoriæ,