‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 136 sur 485 · EAUX DE CONTRADICTION (hébreu ; Mê Meri · texte numérisé non relu

EAUX DE CONTRADICTION (hébreu ; Mê Meri

bâh ; Septante : r'o vScop àvnïoflaç; Vulgate : Aquæ contrcidictionis) , nom d'une des stations des Israélites au désert de Sin. — Parvenus près de Cadès, au désert de Sin, vers le nord-est de la presqu'île Sinaïtique, les Israélites se révoltèrent contre Moïse et Aaron, parce que l'eau leur faisait défaut. Le Seigneur commanda alors à Moïse de frapper un rocher avec sa verge, afin d’en faire jaillir l’eau. Moïse frappa le rocher par deux fois. Ce double coup de verge impliquait certainement un manque de confiance de la part de Moïse, car le Seigneur l'en reprit et lui signifia qu’à raison de sa conduite en cette circonstance il n’introduirait pas le peuple dans la Terre Promise. Quant à l'endroit lui -même, il reçut du Seigneur le nom de Mê Merîbâh, c’est-à-dire « Eaux de la révolte », pour perpétuer le souvenir de l’ingratitude et du soulèvement des Israélites. Num., xx, 1-13, 24. La Sainte Écriture rappelle à plusieurs reprises cet événement. Num., xxvii, 14; Deut., xxxii, 51; xxxm, 8; Ps. lxxx, 8; cv, 32; Ezech., xlvii, 19; xlviii, 28. Sur le site de Mê Merîbâh, voir plus haut, col. 15-22. — Déjà, au commencement du voyage, une scène analogue s’était produite près de Raphidim, au nord du Sinaï, vers lequel les Hébreux se dirigeaient à ce moment. L’eau manquant, Moïse avait reçu l’ordre de frapper de sa verge le rocher d’Horeb, et, en souvenir des murmures du peuple, l’endroit avait reçu le double nom de Massâh û - Merîbâh , Massah et Meribah, c’est-à-dire «Tentation et Révolte ». Exod., xvii, 1-7. Cf. Deut., vi, 16;

ix, 22; Ps. xcv (xciv), 9; cf. Hebr., iii, 8. Quelques auteurs ont voulu voir dans ces deux récits une double narration d’un même fait. Mais la Sainte Écriture les distingue nettement l’un de l’autre. Près de Raphidim, la localité reçoit deux noms : Massa et Meribah, üelpacriab; xa't Aot6opï](ri; (la Vulgate ne reproduit que le premier nom, Tentatio); près de Cadès, elle ne reçoit que le nom de Meribah, et, pour bien le distinguer du premier, le texte sacré a soin d’y ajouter la mention « près de Cadès ». Num., xx, 13, 24; Deut., xxxm, 8, etc. D’autre part, il n’est nullement étonnant que, dans un pareil désert, on ait manqué d'eau à plusieurs reprises, et que, pour en procurer à son peuple, Dieu ait accompli par deux fois le même miracle. Le rocher de Massa et Meribah se trouvait à Raphidim , dans l’ouadi Feiran actuel (voir Raphidim), mais on a essayé en vain de le retrouver; celui que les moines grecs du couvent du mont Sinaï montrent aux pèlerins n’est pas dans la région où le place l’Exode. Voir Vigoureux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., t. ii, p. 482-486.

H. Lesêtre.

ÉBAL (hébreu : 'Ebâl), nom d’un Jectanide, d’un Horréen et d'une montagne de Palestine.

1. ÉBAL (hébreu : 'Ôbâl, Gen., x, 28; ’Êbâl, I Par., i, 22; Septante : E-jx)., Gen., x, 28; Tcina», I Par., i, 22; omis dans ce dernier passage par le Codex Vaticanus; Vulgate : Ebal, Gen., x, 28; Hebal, I Par., i, 22), huitième fils de Jectan, descendant de Sem. Gen., x, 28; I Par., I, 22. L’orthographe du nom offre des variantes dans le texte primitif et les versions. Ainsi la Genèse écrit : bnïy, 'Obâl, suivie en cela par la paraphrase chal-

daïque, les versions syriaque et arabe. Le texte des Paralipomènes, I, 22, porte bn>y, 'Ebâl, imité par la Vulgate;

on trouve cependant onze manuscrits avec 'Obâl. Cf. B. Kennicott, Vet. Testant, heb. cum variis lect., Oxford, 1776-1780, t. il, p. 644. Les manuscrits grecs ou sont incomplets ou donnent deux noms dissemblables, bien que la première lettre de Tegiav représente le 'aïn ou l'aspiration du mot hébreu. On lit ”Hëa),o; dans Josèphe, Ant. jud., I, vi, 4. — 11 s'agit ici d’une tribu arabe occupant le sud de la péninsule, mais dont le territoire n’est pas encore exactement connu. Bochart, Plialeg, lib. il, cap. xxm, Caen, 1646, p. 139-144, guidé par la similitude des noms, l’a identifiée avec celle des Avalites , habitant sur la côte africaine, au-dessous du détroit de Bab el- Mandeb, les environs du golfe appelé d’après eux Sinus Abaliles ou Avalites, Pline, VI, 29; Ptolémée, iv, 7. A. Knobel, Die Vôlkertafel der Genesis, in-8°, Giessen, 1850, p. 189, l’assimile avec plus de vraisemblance aux Gébanites de Pline, vi, 32, établis à l’ouest du canton d’Uzal, sur les bords de la mer, avec Tamna pour capitale. Il est facile, en effet, de rapprocher les deux noms. Certaines éditions des Septante et quelques auteurs anciens ont FeëâX au lieu de ‘Êbâl. Même en maintenant, l’orthographe hébraïque , on explique par de nombreux exemples la transformation de 1' ain en y : c’est ainsi que 'Azzâh est devenu rdcÇa; 1 Amôrâh , Fop.oppoc; Sô'dr, Sdyopa; Ra'mâh, 'Psypa, etc. Le mont 'Ebâl, qui s’écrit exactement de même, est appelé Faiêâ), par les Septante, Deut., xi, 29; Jos., vin , 30, 33 (Voir Hébai.). D’un autre côté, rien de plus commun que la permutation entre les lettres l et n. On peut donc admettre sans trop de difficulté cette assimilation : 'Ebâl - Geban - itæ. Telle est l’opinion de Fr. Lenormant, Histoire ancienne de l’Orient, Paris, 1881, t. i, p. 285. Ébal représenterait ainsi une tribu du sud-ouest de l’Arabie; ce qui d’ailleurs concorde bien avec la situation ou certaine ou probable des peuplades sœurs, Aduram, Uzal, Décla. Voir Décla, Uzal. D’après Ilalévy, cité par A. Dillrnann, Die Genesis, Leipzig, 6e édit., 1892, p. 199, 'Abil est encore aujourd’hui dans le Yémen le nom d'un district et de plusieurs localités.

ÉBAL — ÉBEN-ÉZER

On a retrouvé mentionnée dans les inscriptions sabéennes une « tribu de Gaban ». Cf. J. Halévy, Inscriptions sabéennes, dans le Journal asiatique, juin 1872, p. 497.

A. Legendre.

2. ÉBAL (hébreu: ’Êbâl; Septante: FaiSr)). , Tatê-^X ), troisième fils de Sobal, un des descendants de Séir l’Horréen. Gen., xxvi, 23; I Par., i, 40.

3. ÉBAL, montagne de Palestine, dont le nom est toujours écrit Hébal dans la Vulgate. Voir Hébal.

ÉBED (hébreu: 'Ébéd,v. serviteur, » sous-entendu: de Dieu), nom de deux Israélites. La Vulgate écrit leur nom Obed et Abed. Voir ces mots. — Le mot 'èbèd entre aussi comme élément composant dans ’ Ebéd-mélek , eunuque du roi Sédécias. Il est appelé Abdémélech dans la Vulgate. Voir Abdémélech, t. i, col. 20.

EBEN. Le mot hébreu 'Ëbén, « pierre, » sert à désigner plusieurs noms de lieux où l'on avait élevé un monument pour perpétuer la mémoire de certains événements : ’ Ébén-Bôlian (Vulgate : Aben-Bohen) ; hâ'-Ébènhâ-'Ézél (Vulgate : lapis cui nomen est Ezel) ; ’Ebénhâ-Ézér (Vulgate : Lapis adjutorii ); ' Ébén-haz-Zôliêlét (Vulgate: Lapis Zohelelli). Voir Aben-Bohen, 1. 1, col. 34; Ében-Ézer, col. 1526; Ezel; Zohéleth.

ÉBÈNE. Hébreu : hôbnim (ketib); hobnîm (keri); Septante : rot; eirrayop-îvoi; ; Vulgate : hebeninos.

I. Description. — Ce nom désigne plusieurs sortes de bois usités dans les arts et remarquables autant par leurs teintes foncées que par leur extrême dureté. Cette dernière qualité permet de leur donner un poli parfait, qui ne laisse apercevoir aucune trace des libres et rivalise avec celui d'un miroir (fig. 507). Les arbres qui produisent l'ébène habitent les régions tropicales du monde entier; cependant les plus estimés, et les seuls anciennement connus des Orientaux, viennent de l’Inde ou des îles africaines de l’océan Indien. Presque tous appartiennent au genre Diospyros , de la famille des Ébénacées, gamopétales dioïques, à fruit charnu et pluriloculaire. La chair conserve ordinairement jusqu’à la maturité la plus avancée une saveur âpre, qui la rend médiocre comme comestible; aussi l’intérêt réside -t- il spécialement dans le bois parfait, qui, une fois dépouillé des couches de l’aubier, épaisses et blanchâtres, se montre d’une densité et d’une finesse incomparables, avec des nuances atteignant le plus beau noir. L’espèce principale est le Diospyros Ebenum , arbre de dix à quinze mètres, qui croit à Ceylan, en Malaisie et aux îles Mascareignes.

II. Exégèse. — Dans son oracle contre Tyr, Ézéchiel, xxvn, 15, mentionne les habitants de Dedan (voir Dadan 1, col. 1202) comme venant apporter sur les marchés de cette ville des dents d'ivoire et des hobnîm. Ce nom d'origine étrangère désigne l’ébène ; il s’est conservé dans l'ëêsvo; grec et l 'ebenus, hebenum latin. En égyptien,

on 1 appelait aussi [j] I o , habni. Saint Jérôme, dans

sa traduction de la Vulgate, Ezech., xxvn, 15, a bien vu qu’il s'agissait d’ébène, mais il a rapporté faussement hebeninos à dentçs, qui précède. Symmaque a rendu exactement, ëêsvou;, en conservant la forme plurielle du texte hébreu, qui paraît désigner des morceaux de bois d’ébène. L’arabe, le persan, abnus , nom emprunté à i l'Inde. Si les Septante ont traduit par toïç slc-a yop-évoiî, c'est qu’ils ont lu probablement : a’jO'O « à ceux qui

sont introduits » ou =’N~' « à ceux qui entrent». L’ivoire 1

et l’ébène sont souvent réunis, comme ici, dans les descriptions que font les anciens du commerce de l’Inde ou de l’Éthiopie. Bochart, Hierozoicon, part. 2, lib. i, c. 20, Opéra, 1692, t. iii, p. 141. Ce bois a toujours été fort I

estimé. Théophraste, liist. plant., iv, 5; Pline, II. N.r xn, 8. Dès le temps des pyramides, on l’employait en Égypte pour faire des statuettes , des coffres , des palettes de scribes, des objets de toilette, etc., comme on peut le voir dans les divers musées d’antiquités égyptiennes. Sous l’ancien empire, l’ébénier paraît avoir été cultivé autour de Memphis. Mais dès la XVIIIe dynastie on était

obligé d’aller chercher l’ébène au loin, par exemple au pays des Somalis. Du temps de Virgile, Georg., il, 115, les Romains le tiraient de l’Inde :

Sola India nigrum Fert ebenum.

Cependant Pline, II. N., xii, 8, parle aussi de Tébène d’Éthiopie, tout en constatant que l’ébénier y était rare « depuis Syène, limite de l’empire, jusqu’à Méroé ». Lucain, Phars., x, 304, et Diodore de Sicile, i, 19, le disent abondant dans Pile de Méroé. E. Levesque.

ÉBEN-ÉZER (hébreu: hâ-'Ébén hâ-'Ézér, avec l’article devant les deux mots, « la Pierre du Secours, » I Reg., iv, 1 : ’ Ébén hâ-'Ézér, I Reg., v, 1 ; à la pause, 'Ëbén hâ-'Azér, I Reg., vu, 12; Septante: ’AêsvéÇep, Codex Alexandrinus : ’A êevvéÇip, I Reg., iv, 1; Codex Vaticanus, ’A êevv7)p ; Cod. Alex., ’AësvvlÇîp, I Reg., v, 1; Vulgate : Lapis Adjutorii, dans les trois passages), nom de l’endroit où Samuel éleva une pierre commémorative, pour rappeler la victoire que Dieu lui fit remporter sur les Philistins. I Reg., vu, 12. Vingt ans auparavant, les Israélites y avaient campé, au moment de soutenir contre les mêmes ennemis un combat dans lequel ils furent vaincus. I Reg., iv, 1. L’arche d’alliance, qui y avait été apportée de Silo, fut prise par les vainqueurs et transportée à Azot. I Reg., v, 1. Dans ces deux derniers passages, le nom est mis par anticipation; c’est ainsi que plusieurs localités sont mentionnées dans la

ÉBEN-ÉZER — ECBATANE

Bible sous l’appellation qu’elles eurent plus tard, mais qu’elles n’avaient pas à l’époque des événements racontés ; par exemple : Horma, Num., xiv, 45; xxi, 3, etc.

La situation d'Ében-Ézer est certainement un des plus difficiles problèmes de la topographie biblique, parce qu’il n’a guère que des inconnues. Voici, en effet, quelles sont les données de l'Écriture. — 1° Cet endroit se trouvait non loin A' Aphec, mais un peu au-dessus ou plus avant dans le territoire d’Israël par rapport au pays des Philistins, puisque les deux camps ennemis étaient en face l’un de l’autre : celui des Hébreux à Ében-Ézer, celui des adversaires à Aphec. 1 Reg., iv, 1. — 2° Il était au-dessous, c’est-à-dire au sud ou au sud-ouest de Masphath, puisque le peuple de Dieu, vainqueur plus tard à son tour, poursuivit les Philistins depuis cette ville «jusqu’au lieu qui est au-dessous de Bethchar », évidemment dans la direction de la Séphéla. I Reg., vu, 11.

— 3° Et c’est « entre Masphath et Sen » que Samuel plaça « la Pierre du Secours », en disant : « Le Seigneur est venu jusqu'ici à notre secours. » I Reg., vu, 12. — 4° Enfin la distance qui le séparait de Silo ne devait pas être très considérable, puisqu’un courrier, parti à la fin du combat, put arriver dans cette ville « le jour même », avant la nuit.

I Reg., iv, 12, 13, 16, 17. La position d’Ében-Ézer est donc à chercher entre Masphath d’un côté, Sen, Aphec et Bethchar de l’autre. Or Masphath ou Maspha, localité de la tribu de Benjamin, est elle-même l’objet de discussions entre les palestinologues. Robinson, Biblical Researches in Palestine, Londres, 1856, t. i, p. 460, l’identifie avec le village actuel de Nébi Samouïl, au nord-ouest de Jérusalem. V. Guérin, Judée, t. i, p. 395, l’assimile à Scha'fat, situé plus bas, directement au nord de la ville sainte. Enfin une opinion récente la rejette bien plus haut, jusqu’à El-Biréh. Cf. L. Heidet, Maspha et les villes de Benjamin, Gabaa, Gabaon et Béroth, dans la Revue biblique, Paris, 1894, p. 321-356. Sen (hébreu : has-Sên, « la dent ») semble indiquer un rocher prointu ou un village situé sur une sorte de pic; mais sa position est inconnue. On ignore également l’emplacement exact d’Aphec et de Bethchar. — Dans la tradition, nous n’avons à relever que le témoignage d’Eusèbe et de saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 96, 226, qui placent Abénézer « entre Ælia et Ascalon, près de Bethsamès » (aujourd’hui 'Ain Schems, au sud-ouest de Jérusalem).

Sur ces bases, quelles conjectures établir? Voici les deux principales opinions. — 1° M. Conder et M. Clermont- Ganneau croient pouvoir reconnaître Ében-Ézer dans Deir Abân, à trois milles (environ cinq kilomètres) à l’est d’Aïn Schems. Si le premier mot Deir, « couvent, »’ nous reporte à une origine chrétienne, le second rappelle bien l’un des éléments du nom biblique. Ensuite, au point de vue topographique, cette identification semble concorder assez exactement avec le récit sacré, d’après lequel les faits mentionnés I Reg., iv, v, vi, vii, se passèrent sur les confins du pays philistin. Enfin elle est conforme au sentiment d’Eusèbe et de saint Jérôme. Cf. Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, 4876, p. 149; 1877, p. 154-156. Laissant de côté les autres ! assimilations proposées pour Maspha = Khirbet Schoufa, I Bethchar = 'Aqour, Aphec = Belled el-Foqâ, qui n’ont J guère de fondement solide, on peut faire à cette hypothèse les reproches suivants. En supposant que le rapprochement onomastique soit suffisamment établi , la | distance qui sépare Deir Abân de Maspha (Nébi Samouïl ou Scha'fat, vingt ou vingt-cinq kilomètres) justifiet-elle la phrase de l’Écriture : « Entre Masphath et Sen? » Les locutions de ce genre dans la Bible indiquent ordinairement des localités plus rapprochées, par exemple :

« entre Béthel et Haï, » Gen., xm, 3; « entre Rama et Béthel,» Jud., iv, 5, etc. Mais la difficulté est plus grande encore lorsqu’il s’agit du chemin de Deir Abân à Silo.

H n’y a pas moins de quarante -huit kilomètres entre les

deux endroits, et cependant le messager qui porta à Héli la nouvelle du désastre arriva « le jour même », c’està-dire le soir de la bataille. I Reg., iv, 12. Comme il ne partit pas avant la fin du combat, f. 16, 17, et qu’il était à Silo avant la nuit, >v. 13, ii est permis de regarder la route comme trop considérable, même pour un bon coureur.

2° W. F. Birch et Th. Chaplin placent plus haut le champ de bataille. Acceptant l’identification de Maspha = Nébi Samouïl, ils cherchent Sen à Deir Yesin, à cinq kilomètres vers le sud , et dont le nom répond exactement au Belh-Yasan des versions syriaque et arabe. Ében- Ézer est, pour le premier, Khirbet Samouïl, à seize cents mètres au sud de Nébi Samouïl, et, pour le second, Beit Iksa, un peu plus bas: tous deux reconnaissent Aphec dans Küstül ou Qastal , localité située au sud-ouest des précédentes et au nord-ouest de Deir Yesin. Cf. Palestine Expi. Fund, Quart. Statement, 1881, p. 100-101; 1882, p. 262-264; 1888, p. 263-265. M. Chaplin, Quarterly Statement, 1888, p. 263-265, a montré comment on pourrait adapter au récit biblique les différents points de cette topographie. Voir Aphec 3, t. i, col. 728-729. Si cette hypothèse s'éloigne de la tradition conservée par Eusèbe et saint Jérôme, elle rapproche à une distance convenable Ében-Ézer et Silo. Elle aussi cependant repose sur des conjectures qui sont loin de donner une solution pleinement satisfaisante au problème que nous venons d’exposer. A. Legendre.

ÉBER. Nom de cinq personnages (naz , ’ébêr ), dont le nom est toujours écrit dans la Vulgate Heber. Voir IlÉBER.

ÉBIONITES (ÉVANGILE DES). Voir Hébreux (Évangile des).

ÉCAILLE (hébreu : qaéqését ; Septante: Xeniç ; Vulgate : squama), ensemble de lames minces et plates qui couvrent le corps de la plupart des poissons. — 1° Les écailles des poissons sont mentionnées Lev., xi, 9, 10, 12, et Deut., xiv, 9, 10. Moïse permet de manger les poissons qui ont des nageoires et des écailles, et interdit de manger ceux qui n’en ont pas. — 2° Ézéchiel, xxix, 4, comparant le roi d'Égypte à un crocodile, lui attribue métaphoriquement des écailles, comme à cet amphibie. — 3° Dans un sens figuré, les lamelles de métal de la cotte de mailles de Goliath sont désignées sous le nom d’écaiiles (Vulgate : lorica squamata), I Sam. (1 Reg.), xvii, 5. Voir Cotte de mailles, col. 1057. — 4° L’espèce de taie qui tomba des yeux de saint Paul aveugle, lorsqu’il eut reçu le baptême et recouvra la vue, est comparée à des écailles. Act., ix, 18. — Dans la Vulgate, Job, xi.i , 6, il est question des écailles ( squamis ) des crocodiles. Le texte original ne les désigne qu’indirectement, Job, xli , 7, en parlant du « fort bouclier » du crocodile. F. Vigouroux.

ÉCARLATE, couleur d'un rouge vif. Les Hébreux ne distinguaient pas rigoureusement les nuances des couleurs. De là vient que le même mot est rendu de différentes manières par les divers traducteurs, selon qu'ils jugent que la couleur dont il est question dans le texte se rapproche davantage de telle ou telle nuance. Ainsi 1 hébreu sânî, Septante: xôxxivov; Vulgate: coccinum, est rendu dans les versions françaises tantôt par « écarlate », tantôt par « cramoisi ». Il paraît désigner plutôt l’écarlate que le cramoisi, dont le rouge est plus sombre, dans Is., i, 18, etc. Voir Cochenille, col. 816-817; Couleurs, col. 1066.

ECBATANE (chaldéen : 'Ahmetâ’; grec: ’Ey.girava; on trouve aussi dans les historiens grecs l'orthographe ’Ayocaava, Hérodote, I, 98; il, 153; Ctésias, dans Dio-

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