‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 135 sur 485 · EAU DE JALOUSIE — ÉBAL · texte numérisé non relu

EAU DE JALOUSIE — ÉBAL

rœther, Histoire de l’Église , trad. Bélet, Paris, 1886, t. iii, p. 156-159. Mais si Moïse avait voulu se contenter d’une menace, il n’aurait pas présenté comme certain l'effet de la malédiction; or il proclame sans restriction que la maladie annoncée se produira si la femme est coupable, tandis qu’au contraire, si celle-ci n’a rien à se reprocher, elle n’éprouvera aucun mal et aura des enfants. Num., v, 27, 28. Josèphe, Ant. jud., III, xi, 6, dit formellement de la femme adultère qu’à la suite de l’épreuve « elle subit une mort ignominieuse, la jambe lui tombant et l’eau remplissant son ventre ». D’après la Mischna, Sotah , iii, 4, l’effet de l’eau maudite pouvait se faire attendre un, deux ou trois ans. — 11 est de toute évidence que Moïse n’entend pas attribuer à l’eau de jalousie la production de la maladie. Celle-ci ne peut être due qu’à une intervention directe de la justice divine. Cette intervention s’est manifestée sous trop de formes diverses, dans l’Ancien Testament, pour qu’on puisse en contester la possibilité, ni surtout en nier la réalité quand la Sainte Écriture l’affirme ou la suppose. 11 est à remarquer toutefois que le cas prévu par la loi mosaïque n’a pas dù se produire très fréquemment. Le plus souvent l'adultère, déjà rare par lui -même à raison de la grave pénalité qui le frappait, était manifeste; ou bien la femme coupable avouait, plutôt que d’encourir la honte d’être traînée publiquement devant les prêtres et d'ajouter un parjure à son premier crime. Le rite mosaïque devait donc s’accomplir le plus souvent en faveur d’épouses injustement soupçonnées. Il est possible aussi que l’intervention divine, primitivement constatée dans les anciens temps, ne se soit plus produite aussi rigoureusement par la suite, quand d’autres lois graves, par exemple celle de la peine de mort portée contre l’adultère, tombaient elles -mêmes en désuétude ou cessaient de pouvoir être appliquées. Dans les derniers temps, les rabbins s’appliquèrent d’ailleurs à restreindre l'application de cette prescription, en opposant certaines difficultés au témoignage de ceux qui faisaient planer un soupçon d'adultère sur une femme, en exemptant de l’épreuve de nombreuses classes de personnes, enfin en stipulant que le rite mosaïque ne pourrait être célébré qu’en présence du grand sanhédrin. Sotah, i, 4; vi, 2-5. Cf. Bahr, Sgrnbolik des mosaischen Cultus, Heidelberg, 1839, t. n, p. 441-447.

H. Lesêtre.

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