‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 144 sur 485 · ECCLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

ECCLÉSIASTIQUE

se montre très éloigné des exagérations du pharisaïsme. — 3. La sagesse ne règle pas seulement les rapports de l’homme avec Dieu, mais elle pénètre dans tous les détails de sa vie morale. C’est elle qui lui fait éviter l'orgueil, l’avarice, l’impureté et les autres vices qui souillent l’âme, x, 14-30, etc.; elle qui bannit de la société le lléau de la mauvaise langue, elle qui règle les devoirs des divers membres de la famille et de la société, XLII, 9-14, etc. — Nous ne pouvons entrer dans tous les détails de cette morale; c’est la morale juive traditionnelle, bien rudimentaire encore si on la compare à la morale chrétienne ; mais bien élevée, au contraire, si on la met en parallèle avec les diverses morales du paganisme.

XII. Autorité de l’Ecclésiastique chez les Juifs et chez les chrétiens. — Il est étrange qu’un livre aussi traditionnel que l’Ecclésiastique n’ait pas été universellement reçu par les Juifs; il n’a pas été admis dans le canon des Écritures par les Juifs de Palestine. On ne saurait expliquer cette anomalie en disant que le livre n'était pas ou était peu connu dans son texte original ; la découverte dont nous avons parlé prouve, au contraire, que le livre hébreu a été répandu dans les milieux palestiniens et y a été maintes et maintes fois copié. La véritable raison semble être que, si le canon n’était pas clos à cette époque, on n’y admettait néanmoins que des livres anciens ou se recommandant de noms vénérés en Israël. Or Ben Sirach était un contemporain; peut-être même que les persécuteurs contre lesquels il avait protesté durant sa vie ne lui firent pas grâce après sa mort. 11 se peut aussi que, selon la remarque d’Evvald ( Jahrbücher der Biblischen Wissenschaft, t. ix, 1858, p. 190), ce livre fut considéré comme formant double emploi avec les Proverbes salomoniens, et que cette raison ait contribué à le faire définitivement exclure du canon palestinien. A certaines époques, en effet, les Proverbes de Ben Sirach paraissent avoir été comme sur la limite du recueil officiel, même dans les communautés juives asiatiques ; l’Ecclésiastique est cité une fois dans le Talmud (Talmud babylonien traité Baba Qama, f° 92b), comme appartenant à la classe des kelubim ou hagiographes, et avec la formule « comme il est écrit », réservée aux écrits canoniques. D’ailleurs même après avoir été exclu du canon palestinien, il est cité avec honneur par les rabbins; il est considéré comme un livre bon à lire. Le Talmud, dans plusieurs de ses traités, lui emprunte nombre de proverbes. 11 faut, en effet, identifier avec notre auteur ce Ben Sira auquel sont attribuées quatre-vingts sentences environ: la concordance qui existe entre le texte hébreu et plusieurs de ces sentences ne laisse aucun doute sur cette identification (cf. Cowley et Neubauer, The original Hebrew of a portion of Ecclesiasticus, p. xix-xxx). — Quant aux Juifs alexandrins, ils ont toujours regardé ce livre comme canonique.

L’Ecclésiastique n’est parvenu aux Églises chrétiennes que dans la traduction grecque, et les doutes qui avaient plané sur sa canonicité dans la synagogue ont eu leur écho dans l'Église. — Il est difficile de déterminer si ce livre a été cité dans le Nouveau Testament. Nulle part il n'est allégué avec la formule consacrée aux Écritures canoniques de l'Ancien Testament. Si en certains cas on peut établir des rapprochements entre des passages de l’Ecclésiastique et tel ou tel écrit du Nouveau Testament, Joa., xiv, 23, Luc., xii, 10, notamment TÉpître de saint Jacques, I, 19, ces rapprochements sont trop vagues pour qu’en stricte logique on puisse conclure à un emprunt direct. — Quant aux Pères, le premier qui cite le livre de Ben Sirach d’une manière précise et certaine est Clément d'Alexandrie, et en trente endroits de son Pædag., i, 8, etc., t. vm, col. 325, 329, etc., il le cite comme Écriture; il en présente les extraits comme étant la voix du grand Maître. Origène le cite à son tour, avec la formule « comme il est écrit. » In Numer., Hom. xvm, 3, t. xii, col. 714. Les autres écrivains de l'école d'Alexandrie, notamment

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