LE LIVRE DE L
saint Athanase, Epistol. ad Episcopos Egypti, 3, t. xxv, col. 540, en parlent dans les mêmes termes. D’ailleurs les Églises d’Orient, avec saint Cyrille de Jérusalem, Catech., 11, 9, t. xxxm, col. 716, et saint Épiphane, Hær., 24, 6, t. xli , col. 316, en Palestine; saint Jean Chrysostome, Ad vid. jun., 6, t. xlviii, col. 608, et Théodoret, In Dan., 1, 9, t. lxxxi, col. 1278, à Antioche; saint Basile, In Psalm. xiv, 10, t. xxix, col. 257, saint Grégoire de Nysse, De vita Moysis, t. xliv, col. 357, et saint Grégoire de Nazianze, Orat. xiv, 30, t. xxxv, col. 898, en Cappadoce; saint Éphrem, Opéra gr. lat., Rome, 1732, t. i, p. 71, 76, 77, etc., à Edesse, le reçoivent bientôt sans aucun doute comme Écriture inspirée. Plus tard toutefois, saint Jean Damascène, De fide orth., IV, 17, t. xciv, col. 1180, émet des doutes sur son inspiration, et l’Église d’Abvssinie ne l’admet que pour l’instruction des enfants. — En Occident, la défiance à l’égard de l’Ecclésiastique persiste plus longtemps. Néanmoins saint Cyprien, De mortalit.,9, t. iv, col. 588; saint Ambroise, De bono mortis, 8, t. xiv, col. 556, saint Optât, De schism. Don., iii, 3, t. xi, col. 1000, le traitent avec le même respect que l’Écriture, qu’un livre protocanonique. Saint Augustin, De civit. Dei, xvn, 20, t. xli, col. 554, croit même pouvoir dire que l’autorité de l’Ecclésiastique, comme d’ailleurs des autres livres deutérocanoniques, est acceptée depuis longtemps dans l’Église et surtout en Occident; et il l’emploie contre les hérétiques. Saint Jérôme, Præfal. in libr. Salom., t. xxvm, col. 1242, 1243, au contraire, tout en le considérant comme inspiré, émet des doutes sur sa canonicité et pense que, si on peut l'employer pour l’édification des fidèles, on ne saurait s’en servir pour prouver le dogme. — Toutefois le courant traditionnel s’accentue vite en faveur de la canonicité de l’Ecclésiastique; le décret du pape saint Gélase devient de plus en plus la règle de la foi. Et c’est bien l’idée de la tradition tout entière que consacre le décret du concile de Trente en définissant l’inspiration et la canonicité du livre de Ben Sirach.
Depuis lors les protestants sont les seuls à en rejeter la valeur scripturaire. Les raisons qu’ils allèguent ne sont pas des plus sérieuses. C’est ainsi que Raynald veut y reconnaître trois erreurs très graves : le chapitre xxiv favoriserait l’arianisme; le chapitre xlvi, par ce qu’il dit de Samuel, favoriserait la nécromancie, et enfin le rôle attribué à Élie au chapitre xlviii consacrerait une superstition judaïque. Exposer de telles raisons, c'est les réfuter. Aussi bien les protestants d’aujourd’hui n’y attachent-ils que peu de valeur. — Remarquons, à propos de la définition du concile de Trente, que, selon l’avis de graves exégètes, elle ne porte en aucune façon sur le Prologue, œuvre du traducteur, et que ce Prologue n’est pas considéré comme inspiré. (Cf. Laur. Veith, Script, sacra contr. incred. propugnata, Mulines, 1824, p. 328.)
XIII. Commentateurs principaux. — En partie peutêtre à cause des doules qui planaient sur sa canonicité, à cause aussi de sa forme et de son caractère gnomique, le livre de l’Ecclésiastique, comme celui des Proverbes, a été peu commenté par les Pères. On ne trouve guère que les courtes explications que saint Patère a recueillies dans les livres de saint Grégoire le Grand, t. lxxix, col. 922-940. D’après Cassiodore, t. lxx, col. 1117. saint Ambroise et saint Augustin auraient fait des homélies sur l’Ecclésiastique, mais elles ont péri. Rhaban Maur, t. cix, col. 763-1126, est le premier qui ait commenté le livre de Ben Sirach, et c’est de son commentaire que Walafrid Strabon a tiré la Glose ordinaire de notre livre, t. cxiii, col. 1183-1230. — Au moyen âge, parmi les commentaires des Postilles, celui de Nicolas de Lyre occupe la première place. — Aux XVIe et xvne siècles, les commentaires de l’Ecclésiastique sont plus nombreux; citons ceux de : Cornélius a Lapide, in-f°, Anvers, 1664; de Paul Palazio de Salazar, in -8°, Cologne, 1593; d’Oct. de Tufo (pour les chap. i-xvm seulement), Cologne, 1628;,
6'3- ^-!n marché dans l'ancienne Égypte. Peinture des piliers d’un tombeau de Saqqarah. v° dynastie. D'après Lepslus, Denkmüler, Abth. n, Bl. OC.
ECCLÉSIASTIQUE (LE LIVRE DE L’) — ÉCHANSON
de Jean de Tina, Lyon, 1 630 - 1 6 L8 , etc. etc. — Au XVIIIe siècle, doin Calmet est le principal commentateur de l’Ecclésiastique, in-4", Paris, 1714. — Au xixe siècle, citons : M. Lesètre, L’ Ecclésiastique , in-8°, Paris, 1880, parmi les catholiques. Le meilleur commentaire protestant est celui de O. Fritzsche, Die Weisheit Jesus-Sirach's dans le Kurzgefasstes eæegetisches Handbuch zu den Apocnjphen der Alten Testaments , in-8°, Leipzig, 18(50. — Les fragments hébreux découverts en 1896 ont été publiés par E. A. Cotvley et Ad. Neubauer, The original Hebrew of a portion of Ecclesiasticus (xxxix, i5 to xl ix j H) together with the early versions and an English translation followed by the quotations frorn Ben Sira in rabbinical literature, in-8°, Oxford, 1897. Sur le texte hébreu de l’Ecclésiastique, voir J. Halévy, Étude sur la partie du texte hébreu de l’Ecclésiastique récemment découverte, in-8°, Paris, 1897; J. Touzard, L'original hébreu de l'Ecclésiastique, in-8°, Paris, 1897;
R. Smend, Das hebràische Fragment der Weisheit des Jésus Sirach , dans les Abandlungen der Gesellschaft der Wissenschaften zu Gôltingen, 1897.
J. Touzard.
2. ECCLÉSIASTIQUES (LIVRES), nom donné quelquefois aux livres deutérocanoniques (Rufin, Comm. in symb., 38, t. xxi, col. 374), parce que, quoique dans les premiers siècles ils ne fussent pas admis de tous comme Écritures canoniques, on les lisait cependant dans l'Église pour l’édification des fidèles.
ÉCHAIA (hébreu : Ahiyyâh; Septante : ’A(a), un des chefs du peuple qui signèrent le renouvellement de l’alliance sous Néhémie. II Esdr., x, 26.
ÉCHALOTTE. Voir Ail, t. i, col. 310-311.
ÉCHANGE EN NATURE (hébreu : temûrâh; Septante : àvT(i).>.ayp.a, alXa.yy.tx. ; Vulgate : commu tatio ) , transaction en vertu de laquelle un vendeur cède la propriété d’un objet quelconque à un acheteur, en recevant de celui-ci un autre objet qu’il estime avoir une valeur équivalente. — Dans les derniers temps du peuple juif, les achats se faisaient ordinairement, comme aujourd’hui, au moyen de la monnaie frappée (voir Monnaie); mais antérieurement, avant l’époque des rois perses, lorsqu’on n’avait pas encore inventé la monnaie proprement dite, les ventes et achats se faisaient soit par des échanges en nature, soit à l’aide de métaux précieux. Cf. Gen., xlvii, 14-25. Les Égyptiens avaient imaginé des coupures d’or et d’argent d’un poids déterminé, qui jouaient le rôle de notre monnaie. Les Hébreux devaient avoir des coupures de ce genre ( seror kaspô), Gen., xlii, 35; cf. 25,
27 - 28; xliii, 12, 15, 18, 21-23; Deut., xiv, 22-26. Ce qui est du moins certain, c’est qu’ils faisaient quelquefois usage dans leurs transactions, surtout lorsqu’il s’agissait d’achats importants, de fragments de métaux d’un poids fixe dont l’unité était le sicle. Gen., xxm, 15-16. Voir Sicle. Pour s’assurer qu’il n’y avait pas de fraude dans les poids, on avait soin d’ailleurs de peser toujours le métal qui était donné en payement. Gen., xxm, 16. Voir Balance, t. i, col. 1403-1404. Dans la plupart des cas, lorsqu'il s’agissait de menues ventes, les échanges se faisaient en nature. Une peinture fort curieuse, sur un tombeau de Saqqarah (fig. 512), fait assister, en quelque sorte, aux transactions de ces siècles primitifs. Elle remonte à la Ve dynastie, et par conséquent est antérieure à l’époque du patriarche Abraham. Non seulement elle nous met sous les yeux les scènes elles-mêmes, mais les légendes hiéroglyphiques qui les accompagnent nous en donnent l’explication. Le marchand est assis, comme aujourd’hui encore en Orient, devant les marchandises qu’il met en vente. L’acheteur est debout, tenant dans ses mains les objets qu’il lui propose en échange. Dans le registre supérieur, nous voyons i
d’abord, à droite, un marchand de sat. « Voici. pour toi de la liqueur sat douce, » dit-il à l’acheteur. Celui-ci lui présente une paire de sandales en disant: « Voici pour toi des sandales solides. » Derrière lui, un autre Égyptien s’avance pour acheter à son tour, en offrant en échange un petit coffret. La scène suivante, à gauche, figure un marchand de poissons; il en tient un à la main, et l’on en voit quatre autres dans une nasse placée devant lui. Une ménagère vient lui en acheter. Elle porte dans un coffret placé sur son épaule ce qu’elle va donner en échange au vendeur. Derrière elle, une autre acheteuse offre des vases à un marchand accroupi devant elle. — Sur le registre inférieur, à droite, deux acheteurs viennent acheter des oignons et des céréales. « Fais voir, donne l’équivalent, » dit le marchand au premier personnage qui tient sous le bras gauche une sacoche et qui vient d’en tirer un collier de verroterie multicolore qu’il offre au marchand ; il tient un autre collier dans la main gauche. Le second personnage va faire ses achats en échange d’un éventail qu’il tient de la main droite et d’un attise-feu qu’il a dans la main gauche. — Dans la dernière scène, deux hommes, à droite, sont en pourparlers; celui de gauche offre trois hameçons qu’il porte de la main droite. Enfin une femme portant un coffret sur l’épaule débat les prix d’échange avec un marchand d’habits. Voir G. Maspero, Gazette archéologique , t. vi, 1880, p. 97; Id . , Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, t. i, 1895, p. 323. — Ce qui se passait ainsi en Égypte se faisait d’une manière analogue en Palestine. Aujourd'hui encore, en Orient, où la monnaie est rare dans les villages et parmi le peuple, les ventes et les achats de denrées et d’objets usuels ne se font pas autrement. C'est ainsi que nous avons vu à Latroun, au pied des montagnes de Juda, les Arabes acheter aux Trappistes des choux -Heurs en leur donnant en échange une poignée de blé ou deux œufs de poule. — Plusieurs passages des Écritures font allusion à ces échanges en nature. Job, xxvm, 17, dit qu’on ne peut acheter la sagesse en donnant en échange ( temûrâh ) des vases d’or. Cf. Job, xv, 31 (hébreu); Lev., xxvii, 10, 33; Ruth, iv, 7; IV Reg., v, 26; Is., lv, 1 ; Ezech., xxvii, 27 (Ma'àrdbêk) ; Ps. XLIII (XLIV), 13. F. VlGOUROUX.
ÉCHANSON (hébreu : maSqéh, de sâqâh, « boire; » Septante : àp-/toivox<5oç ; « chef des échansons; » oivox<5o;,