‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 153 sur 485 · ÉCONOME — ÉCRITURE · texte numérisé non relu

ÉCONOME — ÉCRITURE

que l’économe dilapidait ses biens, lui ordonna de rendre ses comptes et lui signifia que sa charge allait lui être ôtée. L’économe, habitué à commander et à être bien traité, réfléchit sur sa situation et conclut qu’il ne pourrait se faire ni au travail des champs ni à la mendicité.

Il résolut en conséquence de se ménager des amis parmi les débiteurs de son maître. 11 les appela donc les uns après les autres, prit leurs créances et leur en fit substituer de nouvelles, dans lesquelles le montant des dettes était considérablement diminué. Aussi peu scrupuleux que l’économe, les débiteurs se prêtèrent à cette opération malhonnête, qui servait si bien leurs propres intérêts, et les disposait à accueillir chez eux l’économe, quand celui-ci aurait quitté la maison de son maître. La prudence de cet économe est louée dans l’Evangile, sans qu’on puisse déterminer si le « maître » qui formule cet éloge est le maître de la maison ou Notre -Seigneur luimême. La seconde hypothèse parait plus probable, car les débiteurs durent garder pour eux le secret de ce qui s'était passé, sous peine de s’exposer aux revendications du maître. 11 est évident que ce qui est loué par Notre- Seigneur, ce n’est pas la malhonnêteté de l’économe, qu'il range lui-même parmi « les fils de ce siècle »; mais i son habileté, offerte en exemple aux « lils de la lumière ». j Celte parabole rappelait aux auditeurs du divin Maître un fuit qui ne devait pas être absolument exceptionnel. La tentation de s’enrichir aux dépens d’un propriétaire opulent était trop forte pour que, même chez les Juifs de celte époque, on n’y succombât pas de temps à autre. — J Tous les économes ne ressemblaient pas à celui de la parabole. Il y avait aussi « le serviteur fidèle et prudent que le maître a préposé à sa famille pour lui fournir la nourriture au temps voulu ». Matth., xxiv, 45. En récompense de sa fidélité , cet économe est mis à la tête de tous les biens de son maître. Luc., xii, 42, 44. Cf. Luc., xiv, 17, 23. — 3° Le trésorier de certaines villes grecques portait le titre de oixov<5p.oç. Un disciple de saint Paul, nommé Éraste, était « économe » (Vulgate : arcarius ) de Corinthe. Rom., xvi, 23. — 4° Par une belle image, les Apôtres et les chrétiens qui annoncent l’Evangile sont appelés, I Cor., iv, 1 : olxovopoi puaropitov 0eoO , « les administrateurs des mystères divins. » Dans l’Epitre à Tite, I, 7, l’évêque est qualifié oîxovôpoç 0eou, « l’économe de Dieu. » Saint Pierre recommande aux fidèles d’être de « bons économes des multiples grâces de Dieu », xaXo'i o’txovôpot 5toixiXy)Ç x ^-P tT0 S 0£°o. I Petr., IV, 10.

Page 1