‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 154 sur 485 · II. Lesètre · texte numérisé non relu

II. Lesètre

ÉCRITOIRE (de scriptorium , chambre ou meuble à écrire; hébreu : qését), pelile boite portative dans laquelle on met les ustensiles nécessaires à écrire, l’encre, les calâmes ou roseaux et le canif. L’écritoire comprenait deux

517. — Scribe égyptien avec son écritoire. Tlièbes. LP après Wilkinson, Manners, t. il, p. 297.

compartiments : un vase contenant l’encre et un étui pour les roseaux et le couteau. Elle différait donc de 1 encrier, qui peut être renfermé dans l’écntoire ou en être isolé. Les scribes égyptiens se servaient de palettes en bois, en ivoire ou en pierre, dans lesquelles étaient creusés des godets pour détremper l’encre sèche (voir

fig. 17, col. 51), et aussi de petits vases contenant de l’encre noire et de l’encre rouge (fig. 517). L’écritoire n’est mentionnée qu’une fois dans la Bible. Le prophète Ézéchiel, ix, 2-11, vit sept anges que le Seigneur envoyait châtier Jérusalem. L’un d’eux, vêtu comme les scribes, portait à la ceinture le qését hassôfêr. Le Seigneur lui ordonna de passer au milieu de la ville et de marquer d’un tav (voir col. 1 131) le front des pieux Israélites qui devaient échapper au carnage de leurs concitoyens. Étymologiquement, le qését parait désigner exclusivement l’encrier, la fiole qui contient l’encre; mais il pouvait fort bien, en vertu de l’usage, signifier l’écritoire. Les Septante avaient lu un autre mot et avaient traduit Çoiv/i nantpdpoxi, « une ceinture de saphir. » Aquila, dans la première édition de sa version, et Théodotion avaient transcrit en caractères grecs le mot hébreu qu’ils ne comprenaient pas, xâcrv ypappavétoî. Aquila traduisit dans sa seconde édition p.eXavo6o-/eîov ypaç£<i>;, et Symmaque itivaxîSiov ypaçéa);. Un Juif, interrogé par Origène, lui dit que le xâ<rrj d’Aquila et de Théodotion correspondait au xaXapàpiov

ou écritoire des Grecs. Selecta in Ezech., ix, 2, t. xiri , col. 800; Hexapl., Ezech., ix, 2, t. xvi, col. 2451-2455. Saint Jérôme a traduit atramentarium , « encrier. » Le saint docteur savait cependant que beaucoup de commentateurs donnaient à ce passage d’Ézéchiel un sens [dus précis, et entendaient le qését de l’écritoire, « thecæ scribentium calamorum. » In Ezech., 1. m, t. xxv, col. 86-87. On a découvert à Pompéi des encriers en terre cuite ou en bronze, ordinairement munis d’un couvercle. Parfois deux encriers étaient soudés : l’un contenait l’encre noire, l’autre l’encre rouge. Ces objets ont souvent une anse ou un anneau, qui permet de les pendre à la ceinture. Voir fig. 20, col. 53. Aujourd’hui encore, les écrivains de profession en Orient portent toujours appendu à leur ceinture un tube de métal (fig. 518) ou d’ébène, qui renferme le roseau et l’encrier. — Dans le Nouveau Testament, il est plusieurs fois question d’encre; mais l’écritoire n’est pas nommée. Voir Encre.

E. Mangenot.

1. ÉCRITURE, ÉCRITURE SAINTE, c'est-à-dire écriture par excellence, un des noms par lesquels on désigne les « écrits » inspirés qui composent l’Ancien et le Nouveau Testament. L’origine de cette expression se trouve dans les livres de l'Ancien Testament postérieurs à la captivité de Babylone. L’auteur des Paralipomènes désigne les prescriptions de la loi en disant kakkâtûb, « comme il est écrit, » ce que les Septante traduisent : xavà Tïjv ypa <ppv, 7rapà cppaçi jv, <( selon l’Écriture ».

II Par., xxx, 5, 18. La même locution se lit dans Esdras et dans Néhémie. I Esdr., ni, 4; Il Esdr., vin, 15. Delà l'usage d’en appeler à l'autorité des livres inspirés par la formule ysypauxai, Matth., iv, 4, 6; x, 21, etc.; xa6ù>; yéypaTiTai, Rom., I, 11; il, 24, etc., ce qui est la traduction de l'hébreu kakkâtûb, et d’appeler simplement ces livres par antonomase l’Écriture. Les écrivains du Nouveau Testament nomment l’Ancien 4) Ppatpri, Scriptura, Joa., vu, 38; x, 35; Act., vin , 32; Rom., iv, 3; ix, 17; Gai., iii, 8, 22; iv, 30; II Tim„ ni, 16; Jae., n, 8; I Petr., n,6; Il Petr., I, 20; al Ppacpai, Scripturæ, Matth., xxi, 42; xxn, 29; xxvi, 54; Marc., xii, 24; xiv, 49; Luc., xxiv, 27,45; Joa., v, 39;Act., xvii, 2, 11; xviii, 24, 28; I Cor., xv, 3, 4; rpacpai ôcyiat, Scripturæ Sanclæ, Rom.,

Page 1