‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 158 sur 485 · Inscription de Teima · texte numérisé non relu

Inscription de Teima

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numents araméens d'Égypte, bien qu’elles appartiennent au même type. A la fin de la période perse, l’écriture araméenne, devenue l’écriture populaire et courante, est adoptée par tous les peuples sémitiques. Nous suivrons ses modifications postérieures chez les Hébreux seulement. Pli. Berger, Histoire de l’écriture dans l'antiquité , p. 205-220; M. de Vogüé, Corpus inscriptionum semiticarum , pars //a, t. 1, Paris, 1889, proœm., p. 11-v.

2° L’écriture araméenne devient l’hébreu carré. — L’hébreu carré, tel que nous l’écrivons encore aujourd’hui, dérive de l’écriture araméenne, qui s’est substituée peu à peu chez les Juifs à l’écriture phénicienne. Les auteurs juifs attribuent cette substitution à Esdras. Ils appellent la nouvelle écriture nnnrN, assyrienne, parce qu’ils l’ont rapportée du pays de la captivité, et ils la distinguent de l’ancienne, qu’ils nomment n>~,3” , hébraïque. Talmud de Jérusalem, traité Meghilla, trad. iSchwab, t. vi, Paris, 1883, p. 212-213. Origène, Selecta in Psalmos, 11, 2, t. xir, col. 1103, et saint Jérôme, Prologus galealus , t. xxvm, col. 548-549, ont connu cette tradition, que les Juifs acceptent encore. Cf. L. Wogue, Histoire de la Bible et de l'exégèse biblique, Paris, 1881, p. 115-118; Ad. Neubauer, The Introduction of tlie Square Characters in Biblical Mss., dans les Studia Biblica, t. ni, 1891, p. 1-22. Mais les critiques modernes pensent généralement que ce changement d’écriture est moins ancien et qu’il s’est fait progressivement. Il ne peut être attribué ni à l'activité personnelle ni même à l'influence d’Esdras. L’écriture carrée n’est que l’écriture ancienne peu à peu transformée par les calligraphes ,

sous l’influence et à l’imitation des Araméens. L’écriture hébraïque s’aramaïsa en même temps que la langue hébraïque, et elle suivit les mêmes phases que la paléographie araméenne. O11 constate sur les monuments ses transformations progressives.

Il faut en placer le point de départ au ve ou au vi« siècle avant notre ère. A cette époque, le peuple juif a été mis en rapport direct et constant avec la civilisation araméenne, et il en a subi l’influence. Le premier terme de comparaison des écritures doit être emprunté aux papyrus araméens d’Égypte. On peut penser que les prophètes contemporains de la captivité écrivaient leurs œuvres, et que la Loi était transcrite au temps d’Esdras avec des caractères à peu près analogues. On se représente ainsi l’aspect du texte à cette époque, et on comprend l’origine de certaines fautes de copistes. La transition de cette écriture araméenne cursive à l’hébreu carré ne fut pas brusque et ne se produisit pas de la même façon pour toutes les lettres. Les formes anciennes gardèrent plus longtemps leur pureté primitive dans l’écriture monumentale que dans les manuscrits. Le nom de Tobie, lu sur les soubassements de la citadelle d’Araq-el-Émir, est un document de la transformation. Le hé, le betli et le iod ont encore une forme nettement araméenne. Or le iod en particulier rend mieux compte de l’hébreu carré que celui des papyrus araméens.

Nous trouvons l’hébreu carré entièrement formé dans les inscriptions de Jérusalem et des environs, du Ier siècle avant notre ère. L’inscription du tombeau de Benê Hézir, dit tombeau de saint Jacques, reproduit l’écriture carrée avec ses caractères distinctifs, qui dérivent de la triple tendance de l’alphabet araméen à l’époque perse. La tête des lettres a complètement disparu, et il ne reste plus que la base du crâne, qui forme comme une barre continue. Cependant le beth, le daleth, le caph et le resch gardent encore un vestige de la tète, une légère encoche qui dépasse la ligne. L’appendice qui dans le hé, le heth et le thav surpasse la barre, ira peu à peu en diminuant, et disparaîtra entièrement vers le 111e ou le IVe siècle de notre ère. Le iod garde encore ses dimensions premières et son inclinaison sur la ligne, mais il perd la barre transversale qui le distinguait du zaïn. Il sera réduit bientôt à un simple trait, plus ou moins grand, qui se transformera insensiblement en un point, le > de l’hébreu moderne.

Dans les inscriptions des deux synagogues de Kefr- Berein (fig. 523 et 524), que Renan rapporte au 111e ou au IVe siècle avant notre ère, l’hébreu carré est définitivement constitué. D'autres exemples de l’hébreu carré nous sont fournis par l’inscription de la synagogue d’Alma, par celles de la synagogue de Palmyre, qui datent probablement de l’époque de Zénobie. L’écriture palmyrénienne ressemble singulièrement à l’hébreu carré; ce sont deux écritures sœurs, deux rameaux parallèles et à peu près contemporains de l’écriture araméenne. Celle de Palmyre est plus ornementée; l’hébreu carré est plus massif et plus anguleux. Les lettres se referment par en bas, sauf dans les finales, qui s’allongent au-dessous de la ligne, et dont l’apparition, excepté pour le nun, ne date guère que des premiers siècles de notre ère. Les dernières traces d’archaïsme disparaissent à la même époque.

Aux vu® et vme siècles de notre ère, l’hébreu arrive à sa forme à peu près définitive. Les rabbins le regardent comme une écriture sacrée; ils le stéréotypent, pour ainsi dire. Les caractères n’ont pas toujours la régularité mathématique des types de l’imprimerie; cela tient exclusivement à la main du scribe. Dans les manuscrits et les rouleaux des synagogues, l’écriture reste la même et ne subit plus de transformations pareilles à celles des âges antérieurs. Les Juifs du moyen âge en ont tiré cependant une écriture cursive, qu’on appelle l’hébreu rabbinique. Il revêt, suivant les pays, des formes assez différentes. Sans parler des manuscrits babyloniens (voirt. 1, col. 1359),

écriture hébraïque

les manuscrits occidentaux présentent trois types différents d’écriture. Les manuscrits allemands et polonais ont des caractères anguleux ; les manuscrits espagnols ont des lettres carrées et majestueuses ; les manuscrits français et italiens ont des formes intermédiaires. Ph. Berger, Histoire de l’écriture, p. 252-263; M. de Vogué, L’alphabet araméen et l’alphabet hébraïque , dans la Revue archéologique , 1805, p. 319-311, et dans les Mélanges d’archéologie orientale, Paris, 1868, p. 164-166; A. Loisy, Histoire critique du texte et des versions de la Bible, dans L'enseignement biblique, 1892, p. 80-95.

Berein, la distinction des mots n’est que peu ou point marquée. Il n’est donc pas certain que dans les manuscrits communs on ait toujours laissé un intervalle entre les mots. La séparation a du se régulariser avec l'usage des lettres finales. Le Talmud de Babylone, Menachoth, 30 a, détermine l’espace exact qu'il faut laisser entre chaque mot dans la transcription des Livres Saints. Celui de Jérusalem, Meghilla, trad. Schwab, t. vi, Paris, 1883, p. 213-217, y ajoute d’intéressants détails, dont voici le résumé. Les rouleaux de la Loi doivent être écrits sur des morceaux de parchemin, cousus ensemble par des

5:3. — Inscription d'une des fenêtres de la synagogue I de Kefr-Berein en Galilée. Tn.nn TrybN ...2 <r B... Éléazar...?... » D’après E. Renan, Mission de Ihcnicie, pl. lxx et p. 764.

Consulter les tableaux des différents alphabets, t. i, col. 407-414.

3° Manière d’écrire durant celte période. — Les matériaux sur lesquels on écrivait furent les mêmes que durant la période précédente. Cependant le parchemin supplanta graduellement le papyrus. Les traducteurs grecs de Jérémie, xxxvi, 2, 4, 6, et d’Ézéchiel, ir, 9, se servent de termes qui supposent l’emploi du papyrus. Josèphe, Ant. jud., XII, il, 11, rapporte que Ptolémée Philadelphe

nerfs. Chaque bande contiendra trois colonnes au moins et huit au plus. Les lignes sont tracées avec un jonc. Il faut laisser entre deux lignes l'équivalent d’une ligne, entre deux mots l’espace d’une lettre, entre deux lettres un espace infime, entre deux pages la largeur d'un pouce. La longueur et l’épaisseur du parchemin ne sont pas déterminées; mais il faut laisser en haut une marge de deux doigts, et en bas une marge de trois doigts. On établira un cylindre de bois sur lequel on collera la fin

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524. — Inscription de la porte de la synagogue II de Kefr-Berein. Cette inscription, sur un listel de 5 centimètres de large ménagé ii la partie inférieure du linteau, est sur une seule ligne, qui a été ici partagée en deux.

Partie supérieure de notre fac-similé : DT bsTin mmpn bDDI mil DipnD dV »n>

(Partie inférieure) vwycD rom NDn nin q>pï?n niyy nb p nbn n « Soit la paix en ce lieu et dans tous les lieux (de réunion) d’Israël! Jos||é, lévite, fils de Lévi, a fait ce linteau.

Vienne la bénédiction sur son œuvre ! »

D’après E. Renan, Mission de Phcnicie, pl. lxx et p. 765-771.

admira beaucoup, pour la finesse du parchemin et la beauté des caractères, l’exemplaire du Pentateuque que le grand prêtre lui avait envoyé de Jérusalem. La forme du manuscrit continua longtemps encore à être le rouleau. Après le commencement de l’ère chrétienne seulement, les manuscrits des particuliers prirent la forme des codices ordinaires. Pour l’usage liturgique, on a maintenu jusqu’à nos jours les anciens rouleaux. R. Simon, Histoire critique du Vieux Testament , 1. i, ch. xxi, Rotterdam, 1685, p. 117-121, et Lettres choisies, 2e édit., Amsterdam, 1730, t. iv, p. 190-195. Quant à la séparation des mois, elle existe sur certains monuments de l’écriture araméenne. Les inscriptions de Ninive et de Babylone la marquent quelquefois par un point, le plus souvent par un intervalle. Les papyrus araméens d’Egypte mettent aussi un intervalle entre chaque mot. Mais dans d’autres textes, comme les inscriptions de Palmyre, celles cl u tombeau des Benè Ilézir et de la synagogue de Kefr-

d'un texte complet de la Bible. Pour le Pentateuque, il y aura deux bois, un a chaque bout. Ainsi une bible complète sera enroulée de façon à laisser le commencement ouvert; pour le Pentateuque , on laissera libre le milieu. Les lettres finales sont regardées comme de tradition mosaïque. — Plus tard, les massorètes ne se bornèrent pas à inventer les points -voyelles ; ils étudièrent aussi les consonnes et notèrent les moindres particularités des manuscrits. Ils distinguèrent les majuscules, les minuscules et les lettres renversées ou suspendues. J. Buxtorf, Tiberias , Bâle, 1620, p. 152-173. Ces minutieuses remarques furent scrupuleusement observées dans la transcription des textes sacrés, et firent de l’écriture hébraïque une écriture hiératique, dont les plus légères modifications contenaient des mystères.

III. Bibliographie. — Gesenius, Geschichte der hebràischen Sprache und Schrift, in-8°, Leipzig, 1815; E. A. Steglich, Schrift und Bucherwesen der Hebraer,

écriture hébraïque — ed

Leipzig, 1876; Héron de Villefosse, Notice des monuments provenant de la Palestine , in-8% Paris, 1876; Conder, Hebrew Inscriptions , dans Palestine Exploration Fund, octobre 1883, p. 170 ; Corpus inscriptionum semiticarum, Paris, 1881-1893; Chwolson, Corpus inscriptionum hebraicarum, in -4°, Saint-Pétersbourg, 1882.

E. Mangenot.

ÉCRIVAIN (hébreu : sôfêr,«. celui qui écrit ») . LaVulgate a traduit deux fois par scriptor, « écrivain, » Ezecli., ix, 2, 3, le mot hébreu sôfêr, qu’elle traduit ailleurs par scriba. Voir Scribe. Dans les deux versets cités, le prophète parle de l’écritoire que « l'écrivain » porte à sa ceinture. Voir Écuitoire.

ÉCURIE (hébreu : ’ uryâh ou ’urvâh , « crèche , mangeoire », et, par suite, écurie; Septante: çccr vvj ; Vulgate : stabulum , præsepe ) , lieu où l’on renferme les chevaux ou les autres animaux de selle ou de trait. La Bible ne parle d’écurie que dans deux circonstances. — 1° Quand Salomon eut acquis un grand nombre de chevaux, il les plaça dans des écuries réparties entre Jérusalem et les villes où il tenait ses chars. I Reg., v, 6 (Vulgate, III Reg., iv, 26, præsepia ; Septante, dans le Codex Alexandrinus : ToxâSeç, puerperæ equæ). II Par., IX, 25 (Vulgate : stabula; Septante : OVjXciai , fœminæ [equæ]). — 2° Ézéchias, dit le texte sacré, eut « des écuries (Vulgate : præsepia; Septante : «ptkvaç) pour toute espèce de bêtes ( behêmâh ) et des écuries (étables; Vulgate : caulas ; Septante: p.âv6pa; ) pour les troupeaux (‘ âdârîm ) ». 11 Par., xxxii, 28. Nous n’avons aucun détail surda construction des écuries des Hébreux. Les souterrains situés au sud-est de l’angle du Haram, à Jérusalem, et qui sont connus sous le nom d’ « Écuries de Salomon », sont d’une époque inconnue, mais sans doute bien postérieure à ce prince. Voir Chauvet et Isambert, Syrie , Palestine, 1882, p. 287. Les monuments égyptiens nous montrent des ânes mangeant dans une écurie (fig. 525). On voit aussi sur un monument représentant une villa une écurie où est un cheval. Wilkinson, The manners and customs of the ancient Egyptians , 2e édit., in-8°,

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