‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 165 sur 485 · Carte de l’Égypte · texte numérisé non relu

Carte de l’Égypte

ÉGYPTE

ments de la IVe dynastie, comme sur les monuments postérieurs, sous la dénomination de To-res, «terre du sud» (l’Egypte du sud), et To-méh, «terre du nord » (l’Egypte du nord). La formule la plus usuelle pour indiquer la souveraineté des pharaons était celle qui les désignait comme rois de la Haute et de la Basse -Egypte, c’està-dire Suten Sekhet , qui précède toujours les cartouches des noms royaux.

4° Nomes. — Chacune de ces deux parties du pays était divisée en districts ou provinces appelées par les Égyptiens hèsep, et par les Grecs vopot, « nomes ». L’Égypte entière était partagée en quarante-quatre nomes, dont vingt dans 1a Basse-Égypte et les autres dans la Haute- Égypte. Chaque nome était commandé par un chef militaire résidant dans la ville principale, et chaque nome avait aussi ses divinités locales et son culte spécial. — Nous sommes assez bien renseignés sur les noms de ces

cuit. » — Temples et localités diverses : Ater, lac sacré, près du temple de Ptah; liat-amen, « la demeure mystérieuse; » Pi-Imhotep-se Plah, « le temple d'Imhotep lils de Ptah ; » Ro-sla-t, « la nécropole ; » Ha-pi-en Asar Hapi , « le temple de la demeure de Osiris-Apis ; » le célèbre Sérapéum qui fut découvert par Mariette, à Saqqarah,etc. — Divinités du nome : Ptah, Hathor, Sekhet, lmhotep. Voir Memphis. •

5° Villes égyptiennes nommées dans l’Ecriture. — Un certain nombre de villes et localités d'Égypte sont mentionnées nommément dans les Écritures : On (Héliopolis), Gen., xli, 45; xlvi, 20; Ezech., xxx, 17; — Tanis, Num., xiii, 23; Ps. lxviii (lxxvii), 12; Is., xix, 11, 13; xxx, 4; Ezech., xxx, 14 (texte hébreu) ; — Péluse (hébreu: Sîn), Ezech., xxx, 15, 16; — Ramessès, Gen., xlvii, 11; Exod., i. 11; xii, 37 ; Num., xxxm, 3; — Phithom, Exod., i, 11; — Socoth, Exod., xii, 27; xiii, 20; Num., xxxm.

531. — Arrosag; au moyen du schadouf dans l’ancienne Égvpte. Tomb'au d’Apoui. D’après les Mémoires de la mission française au Caire, t. v, année 1804, pl. i, p. 612.

provinces et sur les villes et les divinités par les listes de nomes découvertes dans les inscriptions hiéroglyphiques, à Philæ, à Karnak, à Dendérah, à Abydos, à Edlou et ailleurs, et publiées par H. Brugsch, Dürnichen et de Rougé. Voir H. Brugsch, Geograpltische Inschriften, 3 in-4°, Leipzig, 1857-1860; J. de Rougé, Géographie ancienne de la Basse- Égypte , in-8°, Paris, 1891. — Les nomes étaient séparés l'un de l’autre par des lignes de pierres, et il y en avait de dimensions très inégales. Les plus célèbres étaient, dans la Basse -Égypte, ceux de Memphis et d’ Héliopolis, et, dans la Ilaute-Égyptc. celui de Tlièbes. — Nous donnerons ici un échantillon des indications que nous possédons sur ces nomes, et nous choisirons le premier nome de la Basse -Égypte (celui de Memphis), à cause de sa célébrité. — Premier nome : Aneb-liat ( Memphites ). Chef-lieu : Men-nefer,u la bonne place, » d’où le nom de Memphis. Cette ville avait aussi des noms symboliques, dont voici les principaux : Khanefer Ha-Ka-Ptah , « la demeure de Ptah, » d'où vient très probablement le nom grec Alyu^To; ; Iia-Ptah, « la demeure de Ptah; » Khu-ta-ui, « la splendeur des deux pays, » etc. — Division du nome : 1. Mu ou canal; 2. Vu, territoire appelé sekhet Ra, c’est-à-dire champ du soleil; 3. Peint, terrains inondés, appelés Sen-ur, « le grand cir-

5, 6; — Étham, Exod., xiii, 20; Num., xxxm, 6,8; — Phihahiroth, Exod., xiv, 2; Num., xxxm, 7, 8; — Magdalum, Exod., xiv, 2; Num., xxxm, 7; Jer., xliv, 1; xlvi, 14; — Béelséphon, Exod., xiv, 2, 9; Num., xxxm, 7; Bubaste, Ezech., xxx, 17; — Memphis., Is., xix, 13; Jer., ii, 16; xliv, 1; xlvi, 14, 19; Ezech., xxx, 13, 16; Ose., ix, 6; — Taphnès, Jer., n, 16; xliii, 7, 8, 9; xliv, 1; xlvi, 14; Ezech., xxx, 18; — No-Amon (Thèbes), Nuhum, ni, 8; — Phathurès, Jer., xliv, 1, 15; Ezech., xxix, 14; xxx, 14 ; — Syène, Ezech., xxix, 10; xxx, 6. Voir ces mots.

6° Climat. — Le climat, surtout celui de la Haute- Égypte, est très salubre, quoique la chaleur en été y soit très forte. Le khamsin, vent du sud qui souflle pendant une période d'une cinquantaine de jours, en avril et en mai, avec des interruptions, est extrêmement fatigant. La pluie est très rare, surtout au Caire. La sécheresse de l'air produit une énorme quantité de poussière qui cause de nombreuses maladies d’yeux. Voir Aveugle, t. i, col. 1289. Les maladies épidémiques y font quelquefois de grands ravages. Deut., vii, 15; xxviii, 27, 35, 60.

7° Fertilité. — La fertilité de l’Égypte est merveilleuse; tout ce qui est arrosé par le Nil produit deux ou trois récoltes annuelles. Elle l’était encore plus du temps des Hébreux qu’aujourd’hui, parce que les canaux d'irri-

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gation étaient alors plus nombreux. L’Écriture fuit allusion à cette fécondité extraordinaire de la vallée du Nil, Gen., xm, 10; Deut., xi, 10-11, due à l’inondation du lleuve. Amos, viii, 8; ix, 5. Dès la fin de l'inondation, vers les derniers jours de novembre, sur le riche limon noir déposé par les eaux on sème, et trois ou quatre mois après commence la moisson. L’arrosage est le grand moyen employé pour accroître la production du sol. Cf. Deut., xi, 10. Aussi dans toute l'Égxpte, en dehors du temps de l’inondation, tant que l’eau ne manque pas, passe-t-on les journées entières à arroser, soit avec le sclicidouf (fig. 531 et 532), soit avec la sakiéh (fig. 533). L’agriculture a toujours été en grand honneur en Egypte:

des données des anciens écrivains grecs et romains. Mais la découverte, par Champollion, du secret de l’écriture hiéroglyphique ouvrit tout un monde aux recherches des savants. On dut écrire alors de nouveau l’histoire de l'Égypte et de sa civilisation, et une science nouvelle fut aussi fondée, Yégyptologie, qui devint une branche très importante des études orientales. Cependant au milieu de ce grand progrès une partie reste encore dans l’obscurité, c’est-à-dire la chronologie égyptienne, au moins pour ce qui regarde les premières dynasties des pharaons jusqu’à la XVIIIe; et nous devons nous contenter à cet égard de documents incomplets et des données incertaines et vagues de la tradition.

532. — Arrosage au moyen du schadouf dans l’Égypte moderne. D’après une photographie.

les peintures des tombeaux représentent à satiété toutes les opérations agricoles. Voir t. i, fig. 43-48, col. 277-284, etc. On cultivait un grand nombre de céréales, le lin, Ezech., xxvn, 7 ; la vigne et toute espèce de légumes, parmi lesquels les Israélites dans le désert regrettaient les concombres, les melons, les poireaux, les oignons et les aulx. Xum., xi, o. — Les animaux domestiques y étaient élevés, comme aujourd’hui, en très grand nombre : ânes, bœufs, brebis et plus tard chameaux et chevaux. Gen., xn, 16; xu, 2, 3; Exod., ix, 3; I (lit) Reg., x, 28-29. Voir ces mots. Voir aussi, pour la faune de l’Égypte, Crocodile, Hippopotame, etc. — Un grand nombre d’articles du Dictionnaire montrent, par les figures qu'ils reproduisent et par les détails qu’ils donnent, quels progrès avaient laits les Égyptiens dans les arts et dans la civilisation. — Sur l’armée égyptienne, voir t. i, col. 992-994, 1034.

III. Histoire sommaire de l’Égypte. — Avant le commencement de notre siècle on connaissait bien peu de chose de l'histoire de l’Égypte, parce que, ayant perdu le secret de la langue égyptienne, les monuments étaient , tout à fait muets. On était donc obligé de se contenter |

On ne sait rien sur l’histoire de l’Égypte avant Ménès, le fondateur du royaume et de la première dynastie. On suppose qu’avant cette fondation le peuple égyptien était divisé en petits États appelés hesep. Avec Ménès commence l’histoire de l’Égypte, qui fut une monarchie où le pharaon était le chef suprême de l’État et de la religion ; il était aussi considéré comme une espèce de divinité et appelé « fils du dieu, fils du soleil », etc. — L'histoire de l’Égypte peut être divisée en périodes dont chacune est représentée par un certain nombre des dynasties royales des pharaons On distingue l’ancien, le moyen et le nouvel empire (Ire-Xe dynasties, XIe-XVlIe, XVIIIe- XXXIe).

7re Période de l'ancien empire. — Elle est aussi appelée memphite , parce que ses rois résidaient alors à Memphis, dans la Basse-Egypte (près du Caire). — Dans cette période, il y eut dix dynasties de pharaons. Les plu: célèbres de ces dynasties anciennes ou au moins les plus connues sont la quatrième et la sixième. A la IVe appartiennent les rois bâtisseurs des grandes pyramides (fig. 534), Chufu , appelé par les Grecs Chéops, Kafra ( Chefretn ), et

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faire considérer comme de vrais pharaons. Ils furenf néanmoins toujours ennemis des rois de Thèbes, et le pharaon Rasqenen ou Soqnounra, de la XVIIe dynastie, commença contre eux une guerre sanglante, qui fut achevée par Ahmès Ier. Ce pharaon, après avoir battu les Hyksos et après les avoir chassés de l'Égypte, réunit de nouveau le pays sous sa domination et inaugura la XVIIIe dynastie.

IVe Période ou nouvel empire thébain. — C’est la période la plus éclatante de l’Égypte. Elle embrasse trois dynasties, la XVIIIe, la XIXe et la XXe. Le plus puissant des rois de la XVIIIe fut Thotmès 111, dont les guerres et les conquêtes, qui s’étendirent jusqu'à la Mésopotamie,

Menhau-ra ( Mikerinos ). On suppose que ces pharaons | ont régné 4000 ans à peu près avant J.-C., et l'on doit ' admettre que la civilisation égyptienne fut très avancée à cette époque lointaine. En effet, les monuments contemporains des pyramides nous montrent que l’Égypte possédait alors déjà une organisation civile et religieuse et que la langue et l’écriture hiéroglyphique étaient tout à fait fixées. — La VIe dynastie est aussi très célèbre, surtout les pharaons Pepi et TJna; et on sait par les inscriptions que les Égyptiens avaient déjà à cette époque des relations avec les peuplades de l'Afrique méridionale.

IIe Période. — Elle est appelée thébaine , parce que la capitale en fut Thèbes, dans la Haute-Égypte (près des

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