‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 166 sur 485 · Arrosage au moyen de la · texte numérisé non relu

Arrosage au moyen de la

villages modernes de Louqsor et de Karnak). Cette période va de la XIe à la XIIe dynastie. Ces pharaons de la XIe et de la XIIe sont bien connus. Parmi les rois de la XIe dynastie on doit rappeler les Mentuliotep , qui étendirent leur domination sur toute l’Égypte et purent être justement appelés « rois de la Haute et de la Basse- Égypte ». Parmi les pharaons de la XIIe dynastie, les plus célèbres furent les Osortésen et les Amenliémat, dont le troisième de ce nom fut le constructeur du fameux lac Mœris, destiné à régler les inondations du Nil.

IIIe Période. — Invasion des Hijksos. — Ces Hyksos ou rois pasteurs étaient des chefs des populations nomades mêlées de Sémites et de Chamites, qui de l’Asie Mineure envahirent l’Égypte et fixèrent leur résidence à Avaris, dans la Basse-Egypte, ayant enlevé ces provinces aux pharaons du pays. On ne sait pas au juste à quel moment de l’histoire égyptienne cette invasion eut lieu ; mais elle arriva sans doute après la XII° dynastie et continua jusqu’à la XVIIe inclusivement. Les rois pasteurs, qui étaient au commencement tout à fait étrangers aux mœurs de 1 Égypte, finirent par en adopter la civilisation et par se

sakléh. D’après une photographie.

nous sont connues par ses nombreuses inscriptions, et dont le règne peut être fixé vers le XVe siècle avant J.-C. Cet éclat continua sous la dynastie suivante (XIXe), à laquelle appartient le règne très long de Ramsès II, l’un des plus grands pharaons et le plus célèbre par les monuments élevés dans toutes les régions de l’Égypte. Après ce pharaon, on commence à noter quelques indices de décadence dans l’Égypte; elle perd ses provinces éloignées de l’Asie et reste enfermée dans ses anciennes limites. Néanmoins la XXe dynastie, appelée aussi des Ramessides, est encore une dynastie puissante, comme nous le montrent les monuments.

Ve Période. — Période de la décadence de la XXIe à la XXIVe dynastie. — La capitale des pharaons change de place à cette époque, et elle est successivement Tunis (dynastie tanite, XXIe), Bubaste (dynastie bubastite, XXIIe) et Sais (XXIVe). Survient ensuite l'invasion des Éthiopiens, qui fondent une nouvelle dynastie, la XXVe, appelée éthiopienne. Sous cette dynastie eut lieu la conquête de l’Égypte par les Assyriens ; puis le pays fut partagé en douze petits États (dodécarchie, vne siècle avant J.-C.)..

EGYPTE

VIe Période. — Période saïte. — Psammétique , roi de Sais, capitale d’un des douze États, après avoir soumis les autres, inaugure la dynastie XXVIe, appelée suite, et la gloire de l'Égypte semble pour un moment revivre. Pendant cette période la civilisation égyptienne se mêle à la civilisation grecque, et on constate une vraie renaissance dans la littérature et surtout dans l’art. Mais cette gloire devait être de courte durée, parce que la puissance persane , qui avait succédé en Orient aux anciens royaumes de Ninive et de Babylone, menaçait toujours l’indépendance égyptienne. Après la mort de Cyrus, son fils et successeur Cambyse porta ses armes contre Psammétique III, fils d’Amasis II, le vainquit à Péluse, et l'Égypte devint une province perse (525 avant J.-C. ).

tain , c’est que le polythéisme était établi en Égypte dès les premières dynasties des pharaons. Ce polythéisme, du reste, était très compliqué; mais le fond de toute la religion était une sorte de panthéisme. Il considérait tous les dieux et toutes les choses existantes comme des émanations d’une divinité suprême, qui se serait donnée naissance par soi-même dans le nun ou chaos primordial dans lequel nageaient tous les germes. Le soleil , qui se lève chaque jour après les ténèbres de la nuit, était regardé comme l’image la plus vive de Dieu, toujours jeune et toujours vainqueur des puissances malfaisantes de la nature; et on peut dire que chaque divinité des Égyptiens était une divinité solaire et qui représentait un des attributs ou des effets du soleil. Le développement de ce

534. — Les grandes pyramides de Ghizéh. D’après une photographie.

VJIe Période, — Domination étrangère. — Après la conquête de Cambyse , les Égyptiens firent diverses tentatives pour rétablir l’ancien royaume des pharaons; mais à l'exception de quelques provinces où des rois nationaux réussirent à s’établir (dynasties locales, XXVIIIe-XXXc), l'Égypte resta sous le joug des Perses jusqu’à la conquête d'Alexandre le Grand.

VHP Période, appelée alexandrine. — Après la mort d Alexandre (323 avant ,T.-C.) son empire fut partagé entre ses capitaines, et l’Égypte fut assignée à Ptolémée, fils de Lagus, qui inaugura la dynastie des Ptolémées ou des Lagides. La résidence de ces rois fut Alexandrie, bâtie par le grand conquérant macédonien , et cette ville devint alors le centre d’une nouvelle civilisation grécoégyptienne, qui continua à briller même après la fin de la dynastie lagide, qui disparut avec Cléopâtre et fut remplacée par la domination romaine.

IV. Religion et civilisation des anciens Égyptiens. — On ignore si les premiers habitants de la vallée du ■Nil furent monothéistes ou polythéistes; ce qui est cer-

I culte solaire fut dù en grande partie sans doute à la nature même et au climat de l’Égypte, où le ciel toujours I pur et sans nuages permet d'admirer le grand astre du jour dans toute sa beauté. Au milieu du grand nombre des divinités qui forment le panthéon égyptien se détachent des groupes divins réunis en triades, formés d’un père, d’une mère et d'un fils, triades dont chacune était adorée d’une manière spéciale dans une des grandes villes de l'Égypte. La plus célèbre et la plus connue de ces triades est celle d'Osiris , Isis et Horus.

A la conception panthéistique du culte égyptien se rattache aussi le culte des morts, qui joue un rôle très important dans la religion de ce pays. En effet, les âmes des hommes étaient considérées comme des molécules détachées de la substance divine et qui devaient un jour se réunir à Dieu, d'où elles émanaient. C’est par suite de cette persuasion que l'àme de l’homme juste recevait le titre d'Osiris, qu’on la considérait comme une vraie divinité et qu’on l'adorait comme telle. On pouvait par conséquent ériger des temples et des autels aux âmes des

ÉGYPTE

morts et surtout aux âmes des pharaons, qui étaient l’objet d'un culte spécial et même officiel. Le tombeau était considéré aussi comme l’habitation du défunt, où l'âme devait venir de temps en temps visiter le cadavre, pour s'unir à lui et y vivre d’une vie semblable à celle qu elle avait vécue sur la terre. De cette idée était venu l’usage de l’embaumement, qui avait pour but de conserver le corps le plus longtemps possible, afin que l’âme pùt trouver où s’attacher dans sa visite au sépulcre. De là encore l’usage de décorer la chambre sépulcrale de peintures ou de sculptures qui se rapportaient aux occupations mêmes du défunt pendant sa vie, et d’y déposer les objets dont il avait fait usage.

On croyait aussi que les âmes des morts devaient parcourir différentes régions dans le monde souterrain et subir plusieurs épreuves avant de se réunir à la divinité. La description de ces pérégrinations était renfermée dans le document sacré appelé Sat per em heru ou Livre de sortir du jour j ou pendant le jour, que les égyptologues modernes appellent le Livre des morts. Ce précieux document, qu’on trouve en grand nombre dans l'intérieur des tombeaux, se composait de 105 chapitres, dont un des plus importants était le 125e, qui nous montre la scène du jugement de l'aine dans le tribunal d’Osiris. (Voir fi g. 115, t. i, col. 409.) Après le jugement, même favorable, il y a encore pour l’âme d’autres épreuves à subir, et enfin l'âme purifiée tout à fait est absorbée par la divinité et réunie à l’essence divine. Le Livre des morts a été publié d’abord par Lepsius, in-4°, Leipzig, 1812, sous le titre : Dus Todtenbuch der alten Aegypter. Une autre édition a été donnée par M. Édouard Naville, Das àgyptische Todtenbuch der XVIII. bis XX. Dynastie, 2 in-f°, Berlin, 1886. Une traduction française du texte a été donnée par M. Pierret, Le livre des morts, Paris, 1882, et une anglaise par P. Lepage Renouf, The Egyptian Book of the Dead, in-8°, Londres (quatre parties parues, 1897), publiée par la Society of Biblical Arrhæology. Voir aussi W. Budge, A new and compléta édition of the Book of the Dead , 3 in-4°, Londres, 1897 (texte et traduction de la recension thébaine).

Sur les idées des anciens Égyptiens à propos de la vie future, nous possédons aussi un autre document très important, le Sat em ap ro ou Livre de l’ouverture de la bouche, qui porte aussi le nom de Livre des funérailles. Dans ce livre, qui a été confondu à tort avec le Livre des morts, il y a la description des rites funéraires qu'on pratiquait après l’embaumement du cadavre, jusqu’à l’enterrement et au sacrifice près du tombeau. Ce texte a été publié dans son intégrité pour la première fois par M. Ernest Schiaparelli , directeur du Musée égyptien de Turin : Il libro dei funerali degli antichi Egiziani , in -8», 1882-1890.

Dans les cercueils des momies, outre les papyrus funéraires, on a trouvé aussi d'autres papyrus traitant de sujets religieux, philosophiques, littéraires et scientifiques, de sorte qu'on peut dire que les tombeaux nous ont conservé le trésor de la science des anciens Égyptiens. Voici quelques-uns des plus importants: Les maximes du scribe Ani, traité de morale, traduit par Fr. Chabas, dans 1 ’Égyptologie , 1874 et suiv. (ce sont sans doute des maximes comme celles d’Ani qui avaient valu aux Égyptiens la réputation de sagesse à laquelle il est fait allusion 111 Reg., iv, 30. Cf. Act. vu, 22; Is., xix, 11 ; xxxi, 2; Josèphe, Ant. jud., vin, VI, 5); — Le papyrus magique llarris, formulaire de prières et d’exorcismes contre les mauvais esprits, traduit aussi par Chabas, Chalon-sur- Saône, 1860; — Le papyrus Sallier n° 1, récit historique de la fin de la domination des Hyksos, traduit aussi par M. Chabas; — Le grand papyrus Harris, le plus étendu des papyrus égyptiens, qui se rattache à l'histoire des pharaons de la XIXe dynastie. L’étude la plus complète sur ce papyrus est celle de M. Eisenlohr; — Le papyrus de Senaaht ou de Sinéh du Musée de Berlin , épisode de

la XIIe dynastie, traduit par M. Griffith, dans les Proceedings of the Society of Biblical Archæology, juin 18.2;

— Le papyrus Anastasi n° I , qui contient une description de voyage de l’époque de la XIXe dynastie, publié par Chabas, Voyage d’un Égyptien en Syrie, en Phénicie, en Palestine, etc., in-4°, Paris, 1866; — Le papyrus d'Orbiney ou Le roman des deux frères, conte égyptien de l’époque de la XIXe dynastie, traduit et publié par de Rougé, Maspero, etc.; — Le papyrus Harris n° 500 ou Le roman du prince prédestiné , traduit par Goodwin et Chabas, 1861, et par Maspero, dans les Études égyptiennes , Romans et poésies, in-8°, Paris, 1879; — Le roman de Setna, d’un manuscrit démotique du Musée du Caire, de la XXVIe dynastie. Voir Maspero, dans la Zeitschrift fur die àgyptische Sprache, 1877, p. 133.

— Enfin une quantité de textes épistolaires, décrets, etc. Le Musée de Turin en possède une belle collection, qui a été publiée par Rossi et Pleyte : Papyrus de Turin, Leyde, 1869-1876. Plusieurs des papyrus déjà cités appartiennent au Musée Britannique et sont publiés dans les Select Papyri of the British Muséum.

Les anciens Égyptiens se distinguèrent encore plus dans les arts que dans la littérature. Leurs monuments d’architecture, pyramides, temples, tombeaux, obélisques; leurs sculptures, statues et bas-reliefs; leurs peintures, qui représentent au vif leur vie de chaque jour, ont joui de tout temps d’une juste célébrité. Les travaux qu'ils avaient exécutés pour endiguer le Nil , canaliser et répandre partout ses eaux bienfaisantes, leur font le plus grand honneur. Leur industrie était très llorissante. Leurs tapis étaient renommés en Orient, Prov., vu, 6, ainsi que leurs broderies, Ezech., xxvii, 3 (voir t. I, fig. 621 et 622, col. 1941 , 1943); leurs tissus étaient d’une grande finesse; leurs ameublements de bon goût et souvent d’une grande richesse, comme on peut en juger par les peintures et par les débris, qui, échappés aux injures du temps, sont conservés dans nos musées. Voir P. Pierret, Dictionnaire d’archéologie égyptienne, in- 1 2, Paris, 1887.

Page 1