II. Lesétre
ÉLÉPHANT1ASIS , maladie des pays chauds ayant pour cause l’introduction dans l’organisme d’un ver parasite, la filaire, qui obstrue les vaisseaux lymphatiques et
lostrate, Apollon., n, 6; Juvénal, Sat., xii, 110. Mais ils ne comptent dans ces tours qu’un bien moindre nombre de combattants, quatre dans les tours des armées syriennes, Tite-Live, xxxvii, 40; trois dans les tours des armées indiennes, Élien, Nat. animal., xiii , 9, et quelquefois de dix à quinze dans les premières d’après Philostrate, Apollon., n, 12. Il est donc à croire que les trente-deux combattants du texte sacré se relayaient mutuellement et n’étaient pas tous à la fois dans la tour, ou bien que le traducteur aura lu selisim uSenayim, « trente-deux, » au lieu de sàlôs Senayîm, « trois ou deux. » Voir F. Vigouroux. Les Livres Saints et la critique rationaliste , 4e édit., t. IV, p. 612-619. — Un guerrier juif, Eléazar, frère de Judas Machabée, apercevant un de ces éléphants qui portait les insignes de la royauté (voir col. 1145), se glissa jusque sous lui, en pensant que le roi était dans la tour, frappa l’animal au ventre et périt lui -même écrasé dans sa chute. I Mach., vi, 43-46. Antiochus V Eupator n’était pas dans la tour, parce que son jeune âge ne lui permettait pas encore de prendre part au combat. Les marques distinctives de cet éléphant avaient avec raison attiré le regard d’Éléazar, quoi qu’en dise Josèphe, Bell, jud-, I, i, 5. Plutarque, Alexand., 60, raconte aussi que le roi Porus était monté sur un éléphant plus grand que les autres. — Dans une nouvelle
entraîne toutes sortes de désordres : engorgement des vaisseaux, irritation de leurs tissus, intumescence de la peau et des parties sous-jacentes, résultant de l’inllammation générale de tout le système lymphatique. L’effet produit sur les membres est surtout sensible aux jambes et aux pieds, qui deviennent informes comme ceux de l’éléphant, d’où le nom d’éléphantiasis donné à la maladie (fig. 548). Ces altérations de l’organisme ne vont pas sans; causer de cuisantes douleurs au patient. Le mal peut durer des années, mais parfois se termine par un étouffement qui amène subitement la mort. La maladie s’appelle « éléphantiasis des Arabes », à raison du pays où elle se fait le plus sentir, ou lepra nodosa, à cause de ses analogies avec la lèpre et des nœuds que produit à la surface des membres l’engorgement des vaisseaux. Cf. Ileer; De elephanliasi Græcorurn et Arabum, Breslau, 1842, Danielssen et Boek, Traité de la Spëdalskhed ou éléphanliasis des Grecs, traduit du norvégien par Cosson, Paris, 1848; Hecker, Eléphantiasis, lepra arabica, Lahr, 1858; H. von Hebra, Die Eléphantiasis Arabum, in-8°, Vienne, 1885. — On s'accorde aujourd’hui à reconnaître l’éléphantiasis dans la maladie dont Job fut frappé. Rosenmiiller, Iobus, Leipzig, 1806, t. i, p. 62; Frz. Delitzsch, Das Buch lob, Leipzig, 1876, p. 61 ; Le Ilir, Le livre de Job, Paris, 1873, p. 251; Knabcnbauer, In Job, Paris, 1885,
ÉLÉPHANTIASIS — ÉLIA
p. 54, etc. Parmi les anciens, Origène, Cont. Cels., vi, 43, t. xi, col. '13G5, dit que Job fut atteint àypt'm èAÉça'm. Cette maladie était endémique en Égypte. Pline, H. N., xxvi, 5; Lucrèce, vi, 112. Un roi de ce pays en mourut, et Baudouin, roi de Jérusalem, eut à en souffrir. Cf. Frz. Delitzsch, Bas Bucli lob, p. 61. Le texte sacré appelle le mal de Job sehin ra', i'Axoç Trovvipôv, ulcus pessimum, « ulcère très malin. » Job, n, 7. C’est le même mal qui est nommé dans le Deutéronome, xxvm, 27 : sehin mifrayîm, « ulcère d’Egypte, » et dont il est dit : « Le Seigneur te frappera du mal d’Égypte, » et plus loin, f. 35: « Le Seigneur te frappera d’une plaie très maligne, dans les genoux et les mollets, et dont tu ne pourras être guéri
de la plante des pieds au sommet de la tête. » Cf. Schilling, De lepra, Leyde, 1778, p. 184. Les différents effets de la maladie sont décrits dans le courant du livre de Job. Le corps est tout couvert d’ulcères, conséquences de l’engorgement et de l’intlammation des vaisseaux, et ces ulcères sont pleins de pus et de vers, vu, 5. Le patient gratte ses ulcères avec un tesson, n, 8, car ses mains boursouflées et rongées par le mal ne peuvent lui servir. La peau est noire, sèche, rugueuse comme celle de l’éléphant, et elle s’en va en pourriture, vu, 5; xix, 20; xxx, 15, 30. Les membres sont affreusement tuméfiés et en même temps sont rongés et se détachent, xvi, 8, 14, 17; xix, 20; xxx, 27. L’haleine devient fétide, xix, 17. Le sommeil est troublé par d’horribles cauchemars, vu, 14. Les entrailles sont endolories, xvi, 14; xxx, 27, et brûlées comme par un feu intérieur, xxx, 30. La voix ressemble à un rugissement d’animal, ni, 24. Enfin le patient est rendu méconnaissable par le mal. ii, 12. Dans Job, tous ces caractères se présentaient avec d’autant plus d’acuité que le démon lui -même était l’instigateur de la maladie, d’ailleurs d’ordre naturel, et la souffrance devait être d’autant plus cruelle que la mort ne pouvait intervenir pour y mettre un terme, il, 5, 6. On
ne voit pas que Job ait employé des remèdes pour se guérir. Ceux auxquels on a recours aujourd'hui n’étaient | guère à sa portée, et le Deutéronome, xxvm, 35, semble ■ représenler la maladie comme incurable. L’éléphantiasis n est pas contagieuse comme la lèpre; on s’explique ainsi que les amis de Job aient pu demeurer auprès de lui pendant plusieurs jours. H. Lesétre.
ÉLEUTHÈRE ( ’EXs-jÔsfjoç ), fleuve de Phénicie. Jonathas livra bataille au roi d’Égypte Ptolémée VI Philométor aux environs du lleuve Éleuthère. I Mach., xi, 7; xn, 30. D’après Strabon, XVI, il, 42, ce fleuve séparait la Syrie de la Phénicie. Cf. Pline, H. N., v, 17; ix, 12; Ptolémée, V, xv, 4. Josèphe, Ant. jud., XV, iv, 1; Bell, jud., I, xviii, 5, dit qu’Antoine donna à Cléopâtre toutes les ' contrées situées entre l’Éleuthère et l’Égypte, à l’exception de Tyr et de Sidon. On l’identifie généralement aujourd hui avec le Nahr el-Kébir, « la grande Rivière. » Il prend sa source au nord-est du Liban, dans une sorte de cratère naturel formé de basalte noir, appelé el- Bukeia, et coule le long de la partie nord de cette chaîne de montagne, en se précipitant à travers la gorge appelée l’entrée d’Émath. Cf. Num. , xxxiv, 8. Voir Amathite, t. I, col. 447, et Émath. Il se jette dans la Méditerranée à une trentaine de kilomètres au nord de Tripoli. L’Eleuthère est presque à sec en été ; mais en hiver son cours est large et rapide. E. Beurlier.
ELHANAN, voir Adéodat, t. i, col. 215.
ELI. Saint Matthieu, xxvn, 46, et saint Marc, xv, 34, nous ont conservé en araméen quelques paroles que Notre- Seigneur prononça sur la croix en cette langue et qui commencent par le mot Éli ou Éloi. Ces paroles sont empruntées au Psaume messianique xxii (Vulgate, xxi), 2. Comme c’est une phrase en langue étrangère, les copistes l’ont naturellement écrite de façons bien différentes. Notre Vulgate porte, Matth., xxvii, 46 : Eli , Eli, lamma sabachlani ? et Marc., xv, 34 : Eloi, Eloi, lamma sabachtani ? Le textus receptus grec a: ’EXi -J)),:, Aapà uaêaxôav;, dans le premier Évangile, et dans le second : ’EAau èkot, ).a|xp.â axé a'/6avb Les manuscrits écrivent chacun de ces mots de manières différentes. Voir E. Kautsch, Grammatik des Biblisch-Aramüisclien, in-8°, Leipzig, 1884, p. 11. Le texte hébreu du Ps. xxii, 1, est : 'Eli 'Eli lâmàh 'azabtâni : « Mon Dieu (El), mon Dieu, pourquoi m’avez- vous abandonné? » ce qui fait en . araméen : uivpii? noS >ribs, ’Elôhi,
’Élôhi, lemd' sebaqtâni. Les deux derniers mots sont en bon araméen; mais, au lieu de ’Elôhi, il faudrait ’Elâhi, car on ne rencontre point d’o pour l’a dans les autres mots araméens conservés dans le Nouveau Testament. Voir Vigouroux, Le Nouveau Testament et les découvertes archéologiques modernes , 2e édit., p. 30-37. « Le (o, dit G. Dalman, Grammatik des jüdisch -palâstinensclien Aramàisch , in-8°, Leipzig, 1894, p. 123, doit s’expliquer comme un emprunt fait par mégarde à l’hébreu, comme dans le Targum du Ps. xxii, 3 (édit. Ven. 1518), ponctué in’bs au lieu de >rnN. » Cependant, comme
ceux qui sont auprès de la croix s’imaginent que le Sauveur appelle le prophète Élie à son aide, il est possible que Notre-Seigneur ait invoqué son Père par le mot hébreu : 'Êli, « mon Dieu, » comme dans le texte original du Psaume. F. Vigouroux.
ÉLU A. Hébreu : ’Êliyâh, « celui dont Yâh ou Jéhovah est le Dieu ». Nom de trois Israélites.
1. ÉLIA ( Septante: ’Ept'a ; Codex Alexandrinus : ’LD.t'a ), fils de Jéroham et frère de Jersia et de Zechri. Ce fut un des chefs de familles benjamites qui se fixèrent à Jérusalem. I Par., vm, 27.
ÉLIA — ÉLIACIM
2. ÉLIA (Septante: ’EXetâ; Codex Alexandrinus: ’E).i'a), prêtre, second fils de Harim, qui fut amené par Esdras à répudier la femme étrangère qu’il avait prise contre la loi pendant la captivité. I Esdr., x, 21.
3. ÉLIA (Septante : ’HXfa), fils d’Élam, Israélite qui lui aussi renvoya la femme qu’il avait prise à Babylone contre la loi. I Esdr., x, 26.
ÉLIAB (hébreu : ’ Éli'âb, « celui dont Dieu est le père; » Septante : ’EXiàê), nom de sept Israélites.
1. ÉLIAB, père d'Hélon et chef de la tribu de Zabulon au temps du recensement opéré dans le désert du Sinai, la seconde année après la sortie d’Égypte. Num., i, 9; il, 7; x, 16. Lorsque les chefs de tribu offrirent leurs présents au Seigneur, Éliab offrit deux vases d’argent remplis de farine arrosée d’huile pour le sacrifice non sanglant, un vase d’or plein d’encens, et divers animaux pour l’holocauste, le sacrifice du péché et le sacrifice d’action de grâces. Num., vit, 24-29.
2. ÉLIAB, fils de Phallu, de la tribu de Ruben, et père de Dathan et Abiron , chefs des révoltés contre l’autorité de Moïse, Num., xvi, 1; Deut., xi, 6; il avait encore pour fils Namuel. Num., xxvi, 8.
3. ÉLIAB, fils aîné d’Isaï, le père de David. Sa belle taille, ses qualités extérieures, avaient fait penser à Samuel qu’il était peut-être l’élu de Seigneur à la place de Saül ; mais Dieu, qui sonde les cœurs, avait préféré son plus jeune frère, David. I Reg., xvi, 6; xvii, 13; I Par., il, 13. Quelque temps après ce choix, avec un certain sentiment de jalousie ou d’égoïsme, Éliab reprocha à tort à David, qui avait été envoyé au camp par son père, d’avoir abandonné la garde des troupeaux afin d’aller jouir du spectacle de la guerre avec les Philistins, lorsque Goliath défiait Israël. I Reg., xvii, 28. — Une des filles, c'est-à-dire petites-filles, d’Éliab, Abihaïl, épousa Roboam. II Par., xi, 18. — Dans I Par., xxvii, 18, selon les Septante, Éliab, frère de David, était chef de la tribu de Juda. Au lieu d’Éliab, le texte hébreu et la Vulgate ont Éliu : ce qui doit être une faute de copiste , puisque David n’avait pas de frère de ce nom ; la vraie leçon du texte est Éliab, comme ont lu les Septante, bien que quelques critiques croient que « frère » dans ce texte aurait le sens large de parent, comme I Par., xii, 2, et qu’il faut conserver la leçon Éliu.
4. éliab, lévite dans la descendance de Coré, ancêtre de Samuel. I Par., vi, 27 (hébreu, 12). Dans la généalogie de Samuel donnée plus loin, f. 34 (hébreu, 19), il est appelé Éliel, et dans celle du premier livre des Rois, I, 1, il porte le nom d’Éliu, qui est plus généralement regardé comme le vrai. Les deux autres formes de son nom seraient dues à des fautes de copiste.
5. ÉLIAB, un des guerriers de la tribu de Gad, qui vinrent offrir leurs services à David, pendant qu'il était réfugié dans le désert pour fuir la persécution de Saül.
I Par., xn, 9, 14.
6. éliab, lévite, musicien du second ordre, qui jouait du nébél au temps de David. I Par., xv, 18, 20; xvi, 5.
II n’était pas portier, comme il a semblé à quelques exégètes, d’après I Par., xv, 18; car le mot « portiers », qui termine la liste des lévites de ce verset, ne se rapporte d'après le ÿ. 24 qu’aux deux derniers noms, Obédédom et Jéhiel ou Jéhias.
7. ÉLIAB, fils de Nathanaël, un des ancêtres de Judith d'après les Septante, vm, 1. Dans la Yulgate, il est nommé Énan. Du reste, le nom varie même dans les dif-
férents manuscrits des Septante : si le Codex Alexandrinus porte ’EXixg, le Valicanus a ’EÀsnxë, et le Sinaiticus ’Evàë. E. Levesque.
ELIABA (hébi ■eu : ’ Élyahbâ’ , « celui que Dieu cache; » Septante : ’Epcoroù 6 SaXaêwvEiTr]ç ; Codex Alexandrinus : ’EWë, II Reg., xxiii, 32; Sagaëà à *0|xs£ ; Codex Sinaiticus : 'Eagaëi ô —wgît ; Codex Alexandrinus : ’EXtxëâ i, NaXaêtovi, I Par., xi, 33), un des trente braves de David, originaires de Sélébim, Jos., xix, 42, dans la tribu de Dan. II Reg., xxiii, 32; I Par., xi, 33.
ELIACHIM. Hébi eu : 'Élyâqhn. Nom de deux Israélites. LaVulgate écrit ailleurs Éliacim. Voir Éliacim.
1. ËLIACHIM, prêtre qui à la dédicace des murs de Jérusalem, sous Néhémie, jouait de la trompette. II Esdr., xii, 40. Plusieurs manuscrits des Septante, Y Alexandrinus, le Vaticanus , le Sinaiticus, omettent ce verset; il a été inséré dans le Sinaiticus de seconde main.