ÉLIAOA (Septante: ’EXsiSà; Codex Alexandrinus
’EXiaîx), vaillant homme de guerre de la tribu de Benjamin, qui dans l’armée de Josaphat était à la tête de deux cent mille de ses compatriotes, armés de l’arc et du bouclier. H Par., xvn, 17. E. Levesque.
ÉLIAM. Hébreu : Ëli'dm, « mon Dieu est parent, allié;» cf. Ammî'êl, « Dieu est mon parent, allié; » Septante : ’EXtàS. Nom de deux Israélites.
1. ÉLIAM, père de Bethsabée, l’épouse de David après la mort d’Urie. II Reg., xi, 3. Dans 1 Par., ni, 5, le nom, par transposition des deux éléments qui le composent, est devenu Ammiel. II est difficile de décider laquelle de ces deux formes est primitive.
2. ÉLIAM, fils d’Achitophel, de la ville de Gilo, un des trente vaillants guerriers de David. II Reg., xxm, 34; cf. xv, 12. Dans la liste de I Par., xi, 36, le nom a été altéré par les copistes en Ahia Phelonites. Dans la phrase bsrvns >abin p DV'bN , les deux premiers mots devaient être effacés dans le manuscrit à copier, et la fin, sans doute difficile à lire, a été transformée en >jhsn n»nM. D après une tradition juive, l’auteur des Questiones hebraicæ in libros Regum et Paralipomenon , t. xxm, col. 1352, 1370, fait de cet Éliam et du précédent une seule et même personne. Voir Aciiitophel, t. i, col. 146.
E. Levesque.
ÉLIASAPH. Hébreu : 'Élyâsâf, « Dieu accroît ; » Septante : ’EXuyàç. Nom de deux Israélites.
1. ÉLIASAPH , fils de Duel et chef de la tribu de Gad, à l’époque où Moïse réunit les chefs des douze tribus pour l’aider dans le recensement d’Israël, et quand les Hébreux quittèrent le Sinaï. Num., 1, 14; n, 14. Quand ces chefs offrirent des présents pour le Tabernacle au nom de la tribu qu’ils représentaient, Éliasaph offrit comme les autres les vases d’argent et d’or et les victimes pour les sacrifices. Num., vii, 42, 47.
2. ÉLIASAPH, fils de Lael, lévite, chef de la famille de Gerson au temps de Moïse. Num., ni, 24.
ÉLIASIB. Hébreu : ’Élyâsib, « Dieu récompense. » Nom de cinq Israélites selon la Vulgate, et d’un sixième selon l’hébreu, appelé Éliasub par la version latine.
1. ÉLIASIB (Septante: ’EXiaëtsî ; Codex Alexandrinus: ’EXtaTîig), prêtre, chef de la onzième classe parmi les vingt-quatre instituées par David. I Par., xxiv, 12.
2. ÉLIASIB (Septante: ’EXeuyitç; Codex Alexandrinus et Sinaiticus: ’EXcc ïày), lévite, du nombre des chantres, qui, à l’instigation d’Esdras, renvoya la femme qu’il avait prise à Babylone contre la loi. I Esdr., x, 24.
3. ÉLIASIB ( Septante : ’EXektou6 ; Codex Alexandrinus : ’EXuro'jë; Sinaiticus : ’EXiaoô), Israélite, fils de Zéthua, qui obéit à la loi comme le précédent. I Esdr., x, 27.
4. ÉLIASIB (Septante: ’EXia<7ci<p; Codex Alexandrinus: ’EXiaa-clo; Sinaiticus : ’EXe:aa=!ë), un des fils de Bani, qui accomplit le même acte que les deux précédents. 1 Esdr., x, 36.
5. ÉLIASIB (Septante : ’EXeicrovë, ’EXiaaelë, ’EXetx- (jst'g; Codex Alexandrinus : ’EXia-ouë; Sinaiticus : ’EXia- <7io ) , grand prêtre à l’époque de la reconstruction des murs de Jérusalem sous Néhémie. II Esdr., ni, 1. D’après la généalogie de H Esdr., xii, 10-11, il était fils de Joacim et père de Joïada; au 23 selon la Vulgate, Jonathan est dit fils d’Éliasib; mais d’après l’hébreu et d’après le f. 22, il faut lire Johanan et prendre le mot « fils » dans le sens large de « petit-fils, descendant». Très probablement c’est le même personnage que le prêtre Éliasib, chargé de la garde du trésor du Temple et allié à Tobie l’Ammonite. H Esdr., xill, 4. Pendant l’absence de Néhémie, il aménagea pour cet étranger une chambre dans les parvis du Temple, profanation qui excita l’indignation de Néhémie. f. 5-9. Un des fils de Joïada, petitfils par conséquent du grand prêtre Éliasib, avait épousé la fille de Sanaballat l’Horonite : pour avoir déshonoré
ÉLIASIB — ÉLIE
ainsi le sacerdoce, Néhémie l’exila. II Esdr., xiii, 28-29. L'Éliasib père, c’est-à-dire grand-père de Johanan, qui est mentionné I Esdr., x, 6, est selon toute vraisemblance notre personnage. E. Levesque.
ÉLIAS-LEVITA ( ’Elijahu ben 'aser hallevî), célèbre grammairien juif, né en 1471 à Neustadt en Bavière, mort à Venise en 1549. Il porte le surnom d’Achkenazi, à cause de son origine germaine; mais il passa
la plus grande partie de sa vie en Italie, tour à tour à Venise, à Padoue, à Rome. Il se livra presque entièrement à l’étude et à l’enseignement de la langue hébraïque : de là le surnom d’Élie le Grammairien, et aussi de Bachur, lins, « maître, » du titre d'une de ses grammaires. Il acquit sous ce rapport une vraie célébrité , reconnue par Richard Simon, Histoire critique du Vieux Testament , 1085, 1. i, c. xxxi, p. 177. Sans parler ici de ses œuvres grammaticales proprement dites, il est utile de signaler : 1° Metûrgemân, « Interprète, » dictionnaire des Targuons et de la langue talmudique, in-f°, Isny, 1541, et avec la préface traduite en latin par Paul Fagius, in-f°, Venise, 1560. Sous la racine rratn, il avait réuni avec soin tous les passages où les targumistes ont employé le mot rwn, Masiah , « Messie; » cette partie a été publiée séparément en latin par Génébrard , in -8°, Paris, 1572. — 2° Sêfér zekarônôt, « Livre des souvenirs, » ou concordance hébraïque composée sur un plan différent de celle que rédigea Mardochée Nathan. Le manuscrit autographe, que l’auteur avait envoyé à Paris pour l’y faire imprimer, ne l'a pas encore été, sauf une première livraison publiée par M. Goldberg, en 1874. L’ouvrage inédit en deux volumes de 514 et 606 feuillets est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris, ancien fonds hébreu, nos 479 et 480.
— 3° Tisbî, « le Tischbite, » ainsi appelé parce que ce mot hébreu , >zv?n , forme numériquement le nombre de 712, et que l’ouvrage donne l’explication de 712 mots hébreux, chaldéens, arabes, etc. Le mot Thischbi rappelle aussi le nom de l’auteur, Élyah ou Elias (111 Reg., xvn, 1 ). L’ouvrage parut en in-4°, à Bâle, en 1527, et avec une traduction latine de Paul Fagius, in-4°, Isny, 1541.
— 4° Semât debàrhn, « Noms de choses, » dictionnaire hébreu- allemand, avec une traduction latine de Paul Fagius, in-8°, Isny, 1542; avec un dictionnaire grec composé par les deux Drusius, in-8°, Francfort, 1652 et 1053.
— 5° Mâsôrét hammdsorét, «Tradition de la tradition, »
ou, en d’autres termes, « Clef de la Massore, » ouvrage de critique sur le texte hébreu. Le premier il soutient que les points -voyelles ne remontent pas au delà de 1 an 500 après J.-C., thèse qui fut depuis l’objet de vifs débats. — Parmi ses travaux qui rentrent davantage dans l’exégèse, on doit citer : 1° Le Targum des Proverbes de Salomon, édition avec notes explicatives, in-4°, Isny, 1541; 2" les Psaumes avec le commentaire de Ivimchi et des révisions et corrections de l’éditeur, in-f°, Isny, 1542; 3° une traduction littérale des Psaumes en allemand, in-8°, Venise, 1545; 4° le livre de Job en vers, in -8°, Venise, 1544; Cracovie, 1574. D'après Steinschneider , il ne serait que l’éditeur de ce dernier ouvrage, composé par Sarek Barfat. L. AVogue , Histoire de la Bible et de l’exégèse biblique, in-8°, Paris, 1881, p. 118, 198, 299-301; J. Fürst, Bibliotheca judaica , in-8°, Leipzig, 1863, t. n, p. 239-242; M. Steinschneider, Catalogus libr. hebr. in Bibl. Bodleiana, in-4°, Berlin, 1852-1860, col. 934-942; C. Oertel, Vita Elise Levitæ Germani, in-4°, Altdorf, 1776. E. Levesque.
ÉLIAS-MISRACHI (’Eliahu ben Abraham, Mizrâhi, i l'Oriental »), célèbre rabbin du XVe siècle, qui vécut à Constantinople, et mourut vers 1522 à 1527. 11 composa un commentaire sur le Pentateuque. Ce n’est au fond qu’un supercommentaire de Raschi, édité en in-f°, Venise, 1527, et réédité en 1545, 1574; Cracovie, 1595, Amsterdam, 1718, etc.
ÉLIASUB (h ébreu : 'ÉlyciSîb ; Septante: ’Ausi'g; Codex Alexandrinus : ’EXioorei'ë), fils d’Élioénaï, dans la descendance de Zorobabel. I Par., iii, 24.
ELIATHA (hébreu : ’ Elî'âtàh et ’Eliyyâtâh , « Dieu lui est venu; » Septante : EXta0à), lévite, un des fils de Héman, chanteur et musicien du Temple. 11 faisait partie de la vingtième classe de musiciens. I Par., xxv, 4, 27.
ELICA (hébi 'eu : 'Ëlîqâ' ; Septante: ’Evav.â), un des trente braves de David, natif d’Harad {de Harodi). 11 Reg., xxiii, 25. Il parait oublié dans la liste parallèle de I Par., xi.
ÉLICIENS ( Vul gâte : Elici ), peuple dont était roi Érioch. Judith, I, 7. Le mot Elici de la Vulgate doit être altéré. Le texte grec (i, 6) porte ’EXup.aïoi, « les Élyméens » ou Elamites, habitants du pays d’Elam, leçon qui parait être la véritable. Voir Élamites.
ÉLIDAD ( hébreu : ’Ëlidâd , « que Dieu aime ; » Septante : ’EXSâS), fils de Chaselon, de la tribu de Benjamin , choisi pour représenter sa tribu dans le partage de la terre de Chanaan. Num., xxxiv, 21.
ÉLIE (hébreu : ’Eliyâh ou ’Eliyâhû ; Septante : 'HXiaç; Vulgate : Elias, « Jéhovah est mon Dieu »), surnommé « le Thesbite », du lieu de sa naissance, Thisbé, est le plus grand et le plus surprenant des prophètes d’action de l’Ancien Testament. Il apparut soudain dans l’histoire comme un éclair, sortant des nuages, et sa parole était enflammée comme une torche. Eccli., xlviii, I. Les livres des Rois sont sobres de détails sur son origine et ne rapportent que des traits détachés de sa vie mouvementée. Les légendes juives le disent de race sacerdotale, et la tradition chrétienne prétend qu’il a gardé une virginité perpétuelle. S. Ambroise, De virginib., i, 3, 12, t. xvi, col. 192; S. Jérôme, Ad Jovinian., i, 25, t. xxiii, col. 255.
I. Premières actions d’Élie. — Il habitait la province de Galaad, quand il vint annoncer à Achab, sous le sceau d’un serment solennel , la sécheresse pour plusieurs années. III Reg., xvii, 1. Ce premier acte prophétique n’avait pas été préparé ; c’était le début d’une longue lutte contre l’idolâtrie qui avait été introduite par Achab en Israël. Saint Jacques, v, 17-18, attribue à la prière d’Élie le commencement et la fin du fléau. Le message accompli, Dieu ordonna à son prophète, pour le mettre à l’abri de la colère d’Achab, de se cacher sur le bord du torrent de Carith. Voir col. 285-288. Éhe buvait l’eau du torrent et mangeait les aliments que des corbeaux lui apportaient. Voir col. 961. — Après six mois, quand le torrent fut desséché complètement, le prophète se rendit par l’ordre de Dieu à Sarepta, chez une veuve étrangère, Luc., iv, 25-26, qui devait pourvoir à son entretien. Elle ramassait du bois mort auprès de la porte de la ville. Élie lui demanda de l’eau et une bouchée de pain. La pauvre femme n’avait plus qu’une poignée de farine et quelques gouttes d’huile, avec lesquelles elle allait préparer son dernier repas. Afin de mettre sa foi à l’épreuve, Élie sollicita pour lui un petit gâteau cuit sous la cendre; il lui laissait le reste, avec la promesse que la farine ne diminuerait pas dans la jarre ni l’huile dans le vase, tant que la pluie ne tomberait pas. Le miracle de la multiplication des provisions récompensa la confiance de la pieuse veuve, pendant les trois ans et demi que dura la sécheresse. — La présence d’Élie chez cette femme fut bienfaisante dans une autre circonstance, bien 1 douloureuse pour le cœur d’une mère. Le fils unique de la veuve tomba malade et mourut. La mère désolée se I plaignit amèrement au prophète de ce malheur, qu’elle j regardait comme la punition de ses propres fautes. Afin ) de lui montrer que Dieu tenait pour agréable l’hospita-