‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 192 sur 485 · EUE · texte numérisé non relu

EUE

vision symbolique. Élie sortit de la caverne, et Jéhovah passa devant lui. Il s’éleva d'abord un vent fort et violent, qui fendait les montagnes et brisait les rochers; mais Jéhovah n'était pas dans ce vent. 11 y eut ensuite un tremblement de terre, dans lequel Jéhovah n'était pas encore. Parut du feu; Jéhovah ne s’y manifestait pas. Elie entendit enfin le léger frémissement d’une douce brise, que Jéhovah accompagnait. III Reg., xix, 1-12. Cette imposante théophanie signifiait que si l'ouragan, le tremblement de terre et l’incendie viennent du Seigneur, le précèdent et représentent sa justice irritée, ils ne font pas connaître son essence. Celle-ci est exprimée par la brise vivifiante. Assurément Jéhovah a la force et la puissance de châtier ses contempteurs ; mais dans sa bonté il préfère remplacer les châtiments sévères par les moyens de douceur et de miséricorde. 11 donnait ainsi à son prophète une leçon de modération et de patience : Élie ne devait pas se décourager de l’insuccès de son zèle ni condamner tous les coupables. — Quand Jéhovah avait ainsi passé devant lui, Élie s'était couvert le visage de son manteau, par crainte et par respect. Comme il n’avait probablement pas saisi la signification complète de la théophanie, il entendit de nouveau la voix de Dieu , qui le pressait de continuer son ministère. Ses plaintes amères recommencèrent. Le Seigneur lui confia alors la mission d’oindre Hazaël comme roi de Syrie, Jéhu comme roi d’Israël, et Élisée comme prophète et son successeur. Élie ne remplit personnellement que la troisième de ces missions; les deux premières furent accomplies plus tard par Élisée. IV Reg., vin, 19; ix, 1-6. Quoique ces trois personnages dussent être à des titres divers des ministres de ses vengeances, Dieu s’était réservé sept mille Israélites qui n’avaient ni fléchi le genou devant Baal ni baisé sa main. Israël n’était donc pas rejeté, et les restes de ce peuple devaient être sauvés par la grâce divine. Rom., xi, 4-5. Élie comprit enfin que Dieu ne voulait pas la perte d'Israël; il quitta l’Horeb et partit reprendre son ministère. Rencontrant Élisée, il le choisit pour son disciple. III Reg., xix, 13-21. Voir Élisée.

IV. Dernières actions d’Élie. — Il reparut bientôt devant Achab comme le justicier de Dieu. Le roi d’Israël avait spolié Naboth de sa vigne. Voir t. i, col. 122. Au moment où il allait en prendre possession, Élie, sur l'ordre de Dieu, se dressa soudain sur le chemin, reprocha à Achab son crime et lui en annonça le juste châtiment. Le roi, surpris, brava la colère divine. Sans se laisser intimider, Élie répéta les plus terribles menaces. Achab, épouvanté, fit pénitence. Son repentir lui obtint une mitigation de la sentence. Élie lui prédit que les vengeances divines sur sa maison n’auraient leur plein accomplissement que sous le règne de son fils. III Reg., xxi, 17-29.

Élie eut encore à porter un message sévère à Ochozias, fils et successeur d'Achaz. Ayant fait une chute, ce roi impie envoya consulter Béelzébub, dieu d’Accaron. Voir t. i, col. 1547. Jéhovah prévint son prophète de cet acte d’idolâtrie et le chargea d’en annoncer au roi la punition. Élie alla à la rencontre des officiers royaux, et, se dressant à l’improviste devant eux, il leur reprocha le mépris qu’ils faisaient du Dieu d’Israël, et les chargea de dire à Ochozias qu’il ne guérirait pas et qu’il mourrait de sa chute. Sa mission remplie, il se retira rapidement. Les officiers ne connaissaient pas l'auteur de l’oracle. Ochozias s’enquit auprès d’eux de l’aspect et du vêtement de l’homme de Dieu. « C’est un homme, répondirent-ils, vêtu d’un tissu de poils, avec une ceinture de cuir sur les reins. » A cette description, le roi reconnut Élie le Thesbite, et il envoya un chef de cinquante hommes avec sa troupe pour l’arrêter. Celui-ci ayant trouvé l’homme de Dieu assis au sommet d’une montagne, il lui ordonna avec insolence et mépris, au nom du roi, de descendre. Élie répliqua : « Si je suis un homme de Dieu, que le feu du ciel te dévore, toi et les cinquante hommes. » Et le feu du ciel les dévora à l’instant. Ce châtiment ne produisit chez

le roi que colère et obstination. Un second officier, qui se montra plus insolent encore que le premier, eut le même sort. On a accusé Élie de sévérité injuste et de cruauté. Mais il n’a pas agi par haine ou par vengeance personnelle; il a voulu venger l'honneur de Dieu grossièrement outragé dans ses prophètes , et donner au roi et à son peuple une éclatante leçon de respect à l’égard des envoyés de Jéhovah. D’ailleurs, en condescendant si promptement aux vœux d’Élie, Dieu lui -même a justifié sa prière. Cependant Ochozias envoya une troisième troupe de cinquante hommes. Cette fois, le capitaine fut respectueux; il se mit à genoux et demanda la vie sauve. LTn ange encouragea Élie et lui dit de descendre sans crainte vers le roi. Élie obéit et répéta à Ochozias l’arrêt de mort qu’il lui avait fait transmettre précédemment. Il disparut aussitôt. IV Reg., i, 3-16.

Toutes les interventions publiques d’Élie dans le royaume d’Israël pour y détruire l’idolâtrie n’occupaient qu’une partie de sa vie. Le temps qui s’écoulait entre ses diverses comparutions devant les rois impies, il le passait dans la retraite et la solitude, au Carmel, si l’on en croit la tradition. Voir col. 294. Il joignait ainsi la vie contemplative à la vie active, et il formait des disciples voués à la pratique et à la diffusion du monothéisme. Il était le chef des écoles de prophètes qui existaient de son temps. Voir Écoles de prophètes.

V. Enlèvement d’Élie. — Au moment où Dieu voulait ravir Élie à la terre, le prophète venait de quitter Galgala avec Élisée. Afin de ne pas avoir de témoin de son enlèvement, par humilité sans doute, il proposa durant le trajet à son disciple de le laisser aller seul à Béthel. Élisée refusa de l’abandonner. A Béthel, les fils des prophètes, qui connaissaient la prochaine disparition d’Élie, en prévinrent Élisée. Celui-ci, qui n’ignorait pas le sort réservé à son maître, leur imposa silence. Élie désirait continuer seul sa marche jusqu’à Jéricho. Élisée voulut encore l’accompagner. Les fils des prophètes de la communauté de Jéricho prévinrent en secret Élisée du prochain enlèvement d Élie. Persévérant dans son dessein d’écarter tout témoin, celui-ci demanda de poursuivre seul jusqu'au Jourdain. Élisée s’attacha à ses pas, et les cinquante disciples de Jéricho les suivaient à distance. Parvenu au bord du lleuve, Élie frappa de son manteau les eaux, qui se divisèrent et laissèrent aux prophètes le passage à pied sec. Il offrit alors à son disciple le choix d’une dernière faveur. Élisée demanda le droit du fils aîné dans l’héritage paternel, c’est-à-dire une double part de l’esprit prophétique de son maître. Tout en ne se reconnaissant pas le pouvoir d’accorder l’objet de cette demande, Élie indiqua à Élisée un signe que son désir serait exaucé : si Élisée voit son maître au moment de son enlèvement, la double part demandée lui sera concédée. Or, tandis que les deux prophètes continuaient leur chemin et conversaient en marchant, un char et des chevaux de feu les séparèrent tout à coup, et Élie monta au ciel au milieu d’un tourbillon. Élisée surpris se mit à crier : « Mon père, mon père, char d’Israël et sa cavalerie ! » Quand il ne vit plus Élie, il déchira ses vêtements en signe de deuil. 11 ramassa le manteau que son maître avait laissé tomber pour lui et en frappa les eaux du Jourdain, qui obéirent à la puissance miraculeuse dont il venait d’hériter et s’écartèrent pour lui livrer passage. IV Reg., il, 1-14. Les fils des prophètes, qui avaient assisté de loin à l’enlèvement d’Élie, voulurent envoyer cinquante hommes robustes à la recherche de leur chef; « car, disaient-ils, l’esprit du Seigneur l’a peut-être jeté sur une montagne ou dans une vallée. » Élisée, qui avait été témoin oculaire de la disparition d’Élie, déconseilla d’abord cette recherche et céda enfin aux instances de ses disciples. Les cinquante hommes, qui étaient allés de divers côtés, revinrent au bout de trois jours à Jéricho, après des démarches inutiles; ils n’avaient pas retrouvé Élie. IV Reg., n, 16-18.

ÊLIE

C'est une tradition constante parmi les catholiques qu'Élie a été enlevé de terre corps et âme et qu’il n’a pas payé son tribut à la mort. Diverses opinions se sont produites relativement à la manière dont se fit son enlèvement et au lieu où il fut transporté. A la suite de saint Chrysostome, Hom. de Ascensione , n° 5, t. l, col. 450, certains commentateurs ont pensé que le char et les chevaux qui emportèrent Élie étaient réellement de feu. Cela ne ressort pas nécessairement du texte, qui, selon le sentiment le plus probable, décrit la vision telle qu’elle apparut aux yeux émerveillés d'Élisée, sans rien affirmer sur la nature des phénomènes. Aussi la plupart des exégètes pensent qu'un tourbillon lumineux et resplendissant a environné Élie et l'a ravi aux regards de son disciple. Quant au lieu où le prophète fut emporté, il est inconnu. Le texte hébreu dit simplement qu'Élie monta « au ciel »; la version des Septante a traduit : <!>; ei; t'ov o-jpavov, et les Pères latins ont admis la leçon correspondante de l’Italique : quasi in cælum. L’auteur des Quæstiones et responsiones ad orlhodoxos , q. lxxxv, t. vi, roi. 1323; saint Irénée, Cont. hær., v, 5, 1, t. vu, col. 1135; Tertullien, Adv. Marcion., v, 12, t. n, col. 502, et saint Thomas, Sum. theol., 3a pars, q. xlix, a. v, ad 2“m, pensent qu'Élie a été transporté à travers l'atmosphère au paradis terrestre. Saint Grégoire le Grand, Hom. xxix in Evangel., n° 5, t. lxxvi , col. 121(3, et Rupert, De Trinit. , m , 23, t. clxvii , col. 321, placent son séjour dans une région terrestre ignorée.

Il est plus sage avec Théodoret, Quæst. xlv in Gen., t. lxxx , col. 145, de ne pas décider en des matières sur lesquelles l’Écriture garde le silence. L’enlèvement d’Élie a été regardé par les premiers chrétiens comme une figure de la résurrection. Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes , 2e édit., Paris, 1877, p. 272-273.

La date de l’enlèvement d’Élie est aussi inconnue. On le place généralement sous le règne de Josaphat. Quelques exégètes voudraient que le prophète fût encore vivant sur terre du temps de Joram, roi de Juda, parce qu’on apporta à ce roi un écrit d’Élie, qui lui annonçait la punition de son idolâtrie et de son fratricide. II Par., xxi, 12-15. Mais il est plus probable que Dieu avait révélé à Élie avant son enlèvement les crimes et le châtiment de Joram, et que le prophète avait consigné cette révélation dans un écrit, qu'il remit aux mains d'Élisée, en chargeant son disciple de le transmettre au roi de Juda. Clair, Les Paralipomcnes , Paris, 1883, p. 318-319.

VI. Élie dans les derniers écrits de l'Ancien Testament et dans les Évangiles. — 1° En conservant Élie vivant, Dieu lui réservait pour la fin des temps une mission glorieuse, que le prophète Malachie, iv, 5-6, nous a fait connaître. Avant le grand et redoutable jour du Seigneur, c’est-à-dire avant le second avènement du Messie, Élie Sera renvoyé sur terre. Sa nouvelle mission aura pour but de convertir le peuple juif. « Il rapprochera le cœur des pères de leurs enfants, et le cœur des enfants de leurs pères; » il ramènera les Juifs, qui vivront alors aux sentiments et à la foi de leurs ancêtres. Saint Jérôme, ln Malach. , IV, 5-6, t. xxv, col. 1576-1577. C’est pourquoi le souvenir d’Élie est demeuré vivace dans la mémoire du peuple juif. Le premier livre des Machabées, n, 58, loue son zèle pour la loi, qui lui a valu l'honneur d’être enlevé au ciel. L’auteur de l’Ecclésiastique, xlviii, 1-12, a fait de lui un magnifique éloge. Après avoir rappelé poétiquement ses actions merveilleuses, il mentionne et spécifie sa mission future. Élie reviendra un jour |v ÈXcyp.oîç, « pour des avertissements, » afin de prêcher la pénitence; il viendra « pour apaiser la colère du Seigneur, réconcilier le cœur du père avec le fils et reconstituer les tribus de Jacob ». f. 10. IL Lesètre, L’Ecclésiastique , Paris, 1884, p. 364. j Cette mission sera remplie eîç y.aipoôç, « aux temps » messianiques, non pas au début, mais à la fin de ces temps. |

C’était l’annonce de la mission de saint Jean -Baptiste. — 2° Au premier avènement du Sauveur, il y eut un homme qui devait marcher devant le Messie, « dans l’esprit et la puissance d’Élie, afin qu’il unisse les cœurs des pères et ceux des enfants », èv itvE-jp,om /.ai Suvaget ’IRuou, èttktt pé'li x i xapSiaç Ttavépoiv in 1 Tp/va. Luc., I, 17. Knabenbauer, Evangelium secundum Lucam, Paris, 1896, p. 50-51. Saint Jean-Baptiste, qui est ainsi désigné, n’a l’esprit et la puissance d’Élie que parce qu’il remplira à ce premier avènement le rôle d’Élie au second avènement. Matth., xi, 14. Knabenbauer, Evangelium secundum Matlhæum, Paris, 1892, 1. 1, p. 440-441. C’est donc par une fausse interprétation de Malachie que les scribes contemporains de Jésus attendaient Élie comme le précurseur du Messie et regardaient sa venue comme un signe de la proximité des temps messianiques. Matth., xvii, 10 et 12; Marc., ix, 11. C’est dans la même persuasion qu’une partie du peuple juif prenait Jean -Baptiste d’abord, Joa., i, 21, Jésus ensuite, pour Élie, Matth. ,xvi, 14, Luc., ix, 8. Jésus cependant avait rectifié la pensée des scribes, en affirmant qu’Élie viendrait restaurer toutes choses à la fin des temps; mais qu’un prophète semblable à Élie était déjà venu. Si Jean -Baptiste, en effet, n’était pas Élie en personne, il avait l’esprit d’Élie. Saint Grégoire le Grand, Hom. vu in Evangelium, t. lxxvi, col. 1100. Cf. Knabenbauer, Evangelium secundum Matthæurn, t. n, 1893, p. 87-88; Evangelium secundum Marcum, Paris, 1894, p. 236 237; Fillion, Évangile selon saint Matthieu, Paris, 1878, p. 340-341 ; Suarez, In 3am part., q. 59, art. 6, disp. 55, sect. il (Opéra, édit. Vivès, Paris, 1866, t. xix, p. 1050-1053); Noël Alexandre, Historia ecclesiastica V. T., Paris, 1699, t. il, p. 185-187; L. Atzberger, Die christliche Eschatologie in den Stadien ihrer O/fenbarung im Alten und Neuen Testamentr, Fribourg-en-Brisgau, 1890, p. 160-161 et 306-307, et Geschichte der christlichen Eschatologie innerhalb der vornicânischen Zeit, Fribourg-en-Brisgau, 1896, p. 148, 285 , 293 , 315-316 , 430-431, 559-560 , 568-569 et 603-404; [Alexis Desessarts], De l’avènement d’Élie, où l'on montre la certitude de cet avènement et ce qui doit le précéder, ; l’accompagner et le suivre, in-12, 1734; Traité de la venue d'Élie, in-12, Rotterdam, 1737. — 3° Quoique Élie n'ait pas été le précurseur du Messie, il eut cependant à remplir un office auprès de sa personne, lors de son premier avènement; il fut témoin de sa transfiguration au Thabor. Il représentait l'ordre prophétique, et avec Moïse il rendait hommage au fondateur de la nouvelle alliance. 11 apparut aux Apôtres brillant et transfiguré, lui aussi, dans son propre corps, et il s’entretint avec Jésus de sa passion et de sa mort. Matth., xvii, 3; Marc., ix, 3; Luc., ix, 30-31. — L’Église grecque et latine honore la mémoire d’Élie le 20 juillet. — Ce grand prophète a été l’objet de contes et de légendes ridicules. Voir d’Herbelot, Bibliothèque orientale, Paris, 1697, p. 491. On lui a attribué une Apocalypse apocryphe. Voir t. i, col. 763, et A. Harnack, Geschichte der altchrisliclien Litteratur bis Eusebius , t. i, Leipzig, 1893, p. 853-854; Die Chronologie der allchristlichen Litteratur bis Eusebius, t. i, Leipzig, 1897, p. 571-572. — Les rabbins croient qu'il exposera un jour les explications et les réponses qu’ils ont ajournées. Talmud de Jérusalem, Beraklioth, i, 1, trad. Schwab, Paris, 1871, t. i, p. 5.

Bibliographie. — P. Dorothée de Saint -René, carme, Les grandeurs des saints prophètes Élie et Élisée, Paris, 1655; Acta sanctorum, t. xxxii, Paris, 1868, p. 4-22; P. Cassel, Der Prophet Elisa, Berlin, 1860, proleg. vu- xvi ; M'Jr Meignan, Les prophètes d’Israël. Quatre siècles de lutte contre l’idolâtrie , Paris, 1892, p. 179-248; Glaire, Les Livres Saints vengés, Paris, 1815, t. il, p. 84-98; Clair, Les livres des Rois, Paris, 1884, t. i, p. 168-177; A. Clemen, Die Wunderberichte über Ella und Elisa in den Büchern der Kônige, in-4°, Grimma, 1877, p. 13-31. E. Mangengt.

ÉLIEL — ÉLIÉZER

ÉLIEL. Hébreu : ’Eli'êl, « Dieu est ma force; » Septante: ; Codex Alexandrinus: ’£),tvjX. Nom de

neuf Israélites.

1. ÉLIEL, un des chefs de la tribu de Manassé, à l’est du Jourdain, du temps de Jéroboam II, roi d'Israël. I Par., v, 24.

2. ÉLIEL, lévite de la branche de Caath, fds de Thohu, ancêtre du prophète Samuel I Par., vi, 34 (hébreu, 19). Il parait bien être le même personnage qu’Éliab de

I Par., vi, 27 (hébreu, 12), et Éliu de I Reg., i, I.

3. ÉLIEL (Septante: ’EXir,),et ; Codex Alexandrinus: ’EXiriXt ), un des chefs de famille de la tribu de Benjamin qui habitèrent Jérusalem. 11 était fils de Séméi. I Par., vin, 20.

4. ÉLIEL (Septante : ’EXe^X), autre chef de famille de la tribu de Benjamin, qui habita également Jérusalem.

II était fils de Sésac. I Par., vin, 22.

5. ÉLIEL (Septante : AsirjX; Codex Alexandrinus: ’IeXir,X), vaillant guerrier du temps de David. I Par., xi, 46. H était Mahunite. Voir Mahunite, t. iv, col. 578.

6. ÉLIEL (Septante: AaXetïjX; Codex Alexandrinus: ’AXivjX), autre vaillant guerrier du temps de David. 11 était de Masobia. I Par., xi, 46 (hébreu, 47).

7. ÉLIEL (Septante : ’EXtdë; Codex Alexandrinus: ’EXnijX), un des chefs de la tribu de Gad qui se joignirent à David pendant la persécution de Saül. 1 Par., xii, 11.

8. ÉLIEL (Septante: ’Evpp; Codex Sinaiticus : ’EvrjX; Alexandrinus : ’EXtvjX), lévite, chef de la famille de Hébron, à l’époque du transport de l’arche de la maison d’Obédédom à Jérusalem. I Par., xv, 9. Il était du nombre des chefs de lévites chargés de porter l’arche, f. 11.

9. ÉLIEL (Septante : ’leapX; Codex Alexandrinus : ’leivjX), un des lévites du temps d’Ézéchias, chargés en sous -ordre de l'inspection des dimes et des dons sacrés. II Par., xxxi, 13.

ÉLIÉZER. Hébreu : 'Èlî'ézér, « mon Dieu est secours; » Septante: ’EXtéÇep. Nom de onze Israélites.

1. ÉLIÉZER, serviteur ou esclave d’Abraham. Il est nommé une seule fois par son nom, à l’occasion des promesses que Dieu renouvelle au patriarche après sa victoire sur Chodorlahomor : « Seigneur, mon Dieu, dit Abraham à Jéhovah, qui vient de lui promettre d’être sa récompense très grande, que me donnerez -vous? Je mourrai sans enfants, et le fils de l’intendant de ma maison, ce Damascus Éliézer... » Gen., xv, 2. Le texte primitif a dù subir ici quelque altération, car la phrase est inachevée et doit sans doute être complétée par la fin du verset suivant, lequel pourrait bien être une glose explicative du précédent : « ...Et voilà que mon esclave sera mon héritier. » L’hébreu bên méséq , que la Vulgate a traduit par « le fils de l’intendant », a été compris de diverses manières. Les Septante ont : « le fils de Mésec ( ma servante). » D’autres lisent : « le fils de l’intendance, » c’est-à-dire l’intendant. — Ce verset offre encore une autre difficulté. Damascus, Aap.à<r/.o; , est un substantif et non un adjectif signifiant Damascène. Plusieurs ont donc pensé qu’il fallait traduire: « Damascus, [fils d’] Éliézer. » D'autres voient dans ce mot la répétition du mot méséq , employé immédiatement avant. La forme Damméséq , Damascus, proviendrait de la substitution du d initial au démonstratif hé, opérée conformément au goût des Araméens pour les dentales. Voir, sur cette tendance, F. Vigouroux, Les Livres Saints et la critique rationaliste ,

4e édit., t. v, p. 431. Nous aurions donc d’après eux : « Cet intendant Éliézer. » On pourrait encore admettre, selon d’autres, que le nom de Damas fut ajouté comme un surnom à celui d’Éliézer, en souvenir peut-être de l’origine de cet esclave, dont Abraham aurait fait l’acquisition en passant par Damas dans son voyage de Haran en Chanaan. Voir D. Calmet, Commentaire littéral sur la Genèse, Paris, 1707, p. 35-37; Cornélius a Lapide, Ta Genesim, Migne, t. v, col. 385; de llummelauer, Comment. in Genesim, Paris, 1895, p. 387-388; Keil, The Pentateucli , Édimbourg, 1872, t. i, p. 211.

On s’accorde en général à reconnaître Éliézer dans le serviteur à qui Abraham confie, Gen., xxiv, 2-4, l’importante et délicate mission d’aller de sa part chercher en Mésopotamie une épouse pour son fils Isaac. La Vulgate l’appelle le plus ancien des serviteurs; l'hébreu dit « l'ancien », expression qui paraîtrait indiquer le rang plutôt que l’âge, et qu’en conséquence Onkélos a rendue par « intendant ». Si cette traduction était la vraie, elle suffirait pour établir l'identité de ce serviteur d'Éliézer, communément admise. — Pour bien faire comprendre à son serviteur la gravité de l'affaire dont il allait le charger, le patriarche exigea de lui un serment solennel , qui n’a d’analogue dans l’histoire sainte que celui de Joseph prononcé auprès du lit de mort de Jacob. Gen., xlvii, 29-31. Place ta main sous ma cuisse, lui dit -il, afin que je t’adjure par le Seigneur, Dieu du ciel et de la terre. » Gen., xxiv, 2-3. Et Abraham lui fit jurer de ne choisir pour épouse d’Isaac aucune femme chananéenne, mais de lui en procurer une dans sa patrie, au delà de l’Euphrate, et dans sa famille. Le mariage d’Isaac étant un moyen d'assurer la conservation de la postérité choisie, dans laquelle devait se trouver un jour le Messie, les Pères ont pensé que le cérémonial employé par le saint patriarche était une action symbolique rappelant à la fois la grande promesse de Dieu et le sceau de la circoncision qui confirmait cette promesse. Gen., xvii, 1-19; xxii, 18; Rom., iv, 11-13. Voir Théodoret, Quæst. Lxxivin Genes., Paris, 1642, p. 253. Éliézer prêta le serment exigé, après avoir reçu de son maître des éclaircissements que sa conscience lui inspirait de demander; puis il partit, emmenant avec lui dix chameaux chargés de richesses, et se dirigea vers la ville de Haran en Mésopotamie, où Naclior habitait. Gen., xxiv, 5, 9-10.

Arrivé aux portes de Haran, il fit plier les genoux à ses chameaux (hébreu) auprès d’un puits, pour le repos de la nuit. C'était le soir, à l’heure où les femmes ont coutume de sortir de la ville pour aller puiser de l’eau. Éliézer connaissait cet usage, commun en Orient, cf. Exod., n, 16; I Reg., IV, 11, et que nos voyageurs modernes ont trouvé encore en vigueur à Haran même. Voir F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., t. i, p. 449-450. Cf. Cruche, col. 1137. Aussi la coïncidence de l’arrivée d’Éliézer avec celle des jeunes Syriennes qu’il rencontra au puits n’a-t-elle rien de fortuit, comme on le voit d’ailleurs par la prière qu’il adresse à Dieu , et dans laquelle il commence par déclarer que les jeunes filles de la ville vont venir puiser de l’eau. Il dit ensuite à Dieu : « Que la jeune fille à laquelle je dirai : Inclinez votre urne afin que je boive, et me répondra : Buvez; je donnerai aussi à boire à vos chameaux, soit celle que vous avez préparée pour être l’épouse de votre serviteur Isaac. Ce sera à ce signe que je connaîtrai que vous avez fait miséricorde à mon maître. » Gen., xxiv, 11-14.

Quelque étonnante que puisse paraître cette demande adressée au Seigneur par un homme, il n’y faut point voir une sorte de tentation de Dieu; c’est un acte de foi profonde, tel qu’on en rencontre du reste plusieurs dans l’histoire des Hébreux. Cf. Jud., vi , 36; 1 Reg., xiv, 9. Dieu lui-même a justifié ces hardiesses de la foi par l’heureux succès accordé aux vœux de ses serviteurs. En ce qui regarde Éliézer, à peine avait- il formé dans son cœur la prière que lui dictait son zèle pour le bonheur

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