‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 198 sur 485 · ÉLISAMA, prêtre, envoyé avec un autre prêtre et · texte numérisé non relu

ÉLISAMA, prêtre, envoyé avec un autre prêtre et

plusieurs lévites par le roi Josaphat dans les villes de Juda, le livre de la Loi à la main, pour instruire le peuple. II Par., xvii, 8.

7. ÉLISAMA (Septante : 'EXEia-ap.^ , ’EXekjx ; Codex Alexandrinus : ’EXio-aixx), scribe du roi Joakim. Il était dans la chambre du scribe ou chancellerie, avec quelques officiers de la cour, quand Michée, fils de Gatnarias, vint rapporter la prophétie de Jérémie, que Barucli venait de lire. Les grands officiers de la cour, effrayés du contenu de cette prophétie, allèrent en avertir le roi, mais en laissant le rouleau qui contenait les avertissements divins dans la chambre d’Élisama. Joakim l’envoya chercher. Jer., xxxvi, 12, 20, 21 (Septante, xliii, 12, 20, 21). Quelques auteurs identifient ce scribe avec Élisama 3; il serait alors membre de la famille royale. E. Levesque.

ÉLISAPHAN. Hébreu: ’Ëlîsâfân, « Dieu protège; » Septante : ’EXuxacpâv, ’EXsnraçâv. Nom de deux Israélites.

1. ÉLISAPHAN, lévite, fils d’Osiel, Exod., vi, 22,- chef de la famille de Caath, Num., m, 30, au temps du dénombrement du peuple au Sinaï. Quand Nadab et Abiu furent punis de mort pour avoir brûlé des parfums devant le Seigneur avec du feu profane, Moïse commanda à Misaël et à Élisaphan d’emporter leurs corps hors du camp. Lev., x, 4. Au temps de David, la famille d’Élisaphan était représentée par deux cents lévites, avec Séméias pour chef. I Par., xv, 8. A l’époque des réformes d’Ézéchius, deux chefs de cette famille furent chargés de purifier le Temple. II Par., xxix, 13. Dans Exod., vi, 22, le nom est écrit sous la forme abrégée : ’Él?âfân.

2. ÉLISAPHAN, fils de Pharnach, chef de la tribu de Zabulon, un de ceux qui furent choisis par Moïse pour faire le partage de la Terre Promise. Num., xxxiv, 25.

E. Levesque.

ELISAPHAT (héb reu : ’ Ëlîsâfât , «. Dieu juge; » Septante : ’EXEicraçctv ; Codex Alexandrinus: ’EXia-acpck) , fils de Zéchri, un des centurions de la garde royale qui aidèrent le grand prêtre Joïada à placer sur le trône le jeune roi Joas. II Par., xxm, 1-8.

1. ELISÉE (hébreu : ’Ëlîsâ'; Septante: ’EXnrâ, ’EXi- <rou£; Nouveau Testament: ’EXuruato; ; Vulgate : Elisæus , « Dieu est mon salut »), prophète, fils de Saphat et riche habitant d’Abelméhula.

I. Sa vocation. — Quelques commentateurs ont pensé qu’il avait été de bonne heure disciple d’Élie et qu’il avait vécu avec lui sur le Carmel , dans une école de prophètes. Mais la soudaineté de sa vocation rend plus vraisemblable qu’il n’avait pas fréquenté les écoles prophétiques et qu’il ne s’était pas préparé à son rôle futur. Dieu, après la vision de l’Horeb, avait chargé Élie de choisir Elisée comme son successeur. Élisée devait continuer l’œuvre réformatrice d’Élie et frapper les impies du glaive de sa parole, instrument des justices divines. III Reg., xix, 16-17. Élie le trouva occupé au labour. Douze paires de bœufs creusaient sous ses yeux le sillon, et lui -même dirigeait la douzième charrue. Voir col. 602-605. Élie alla droit à lui, et sans proférer une parole, sans lui adresser même le salut ordinaire, il jeta sur lui son manteau. Cette vêture silencieuse signifiait clairement l’appel d’Élisée à la mission prophétique et symbolisait la transmission des pouvoirs. Élisée en comprit le sens, et, répondant sans tarder à la vocation divine, il courut après Élie, qui se retirait, et lui demanda seulement le temps d’aller embrasser son père et sa mère. Quelques exégètes pensent qu’Élie blâma l’attachement trop naturel d’Élisée pour ses parents; mais le nouveau disciple interpréta la parole du maître comme une autorisation indirecte. S’éloignant donc, il tua la paire de bœufs qui conduisait sa charrue, en fit cuire la chair avec le bois de la charrue et des harnais,

ËLISÉE

et il célébra un repas d’adieux avec ses parents et ses amis. Le repas achevé, il se leva, s’en alla, suivit Élie et le servit. Il se constitua ainsi son disciple, en attendant qu’il devint son successeur. III Reg., xix, 19-21.

Tandis qu’Élie vécut, Elisée resta au second plan. Son activité commence à l'enlèvement d'Élie. Sa persistance à vouloir suivre ce jour- là son maître jusqu’au bout lui valut d’être le témoin attristé de la disparition du grand prophète et de recevoir une double part de son esprit et de sa puissance. Voir Élie. Il hérita aussi du manteau d'Élie, qui était le signe visible de la succession prophétique. Il en fit bientôt usage. Parvenu sur le bord du Jourdain, il imita Élie et frappa les eaux du manteau qui lui avait été légué. La leçon de la Vulgate fait supposer que la confiance d’Élisée fut mise à l’épreuve, puisqu’il dut frapper deux fois les eaux avant qu’elles ne lui ouvrissent le passage. Mais le texte hébreu ne mentionne pas cette circonstance, et dit seulement qu’Élisée, plein de foi, agit au nom du Dieu d’Élie et renouvela le prodige qu'Élie avait opéré quelques instants auparavant. Ce prodige accrédita Élisée auprès des fils des prophètes, qui reconnurent en lui le successeur d'Élie, vinrent à sa rencontre et se prosternèrent à ses pieds jusqu’à terre. Ils lui demandèrent aussitôt l'autorisation de faire rechercher Élie. Bien qu’il n’eùt pas d'espoir dans le succès des recherches, il les permit, vaincu par l’importunité de ses disciples et dans le dessein de les convaincre de la disparition complète de leur commun maître.

IL Sa mission. — 1° Élisée commença bientôt l’exercice de sa mission. Comme celle d'Élie, elle fut douce et bienfaisante à l’égard des humbles et des pauvres, menaçante et terrible envers les orgueilleux et les impies. Les habitants de Jéricho se plaignirent au prophète de l’insalubrité des eaux de leur ville et de leurs pernicieux effets. Élisée se fit apporter du sel dans un vase neuf, et il le jeta dans la fontaine. Ce sel, principe d’incorruptibilité, et symbole de la puissance curative du Seigneur, assainit, par la volonté de Jéhovah, que le prophète avait invoqué, les eaux de la fontaine appelée aujourd’hui Aïn-es-Soultan (voir col. 1696). Montant de Jéricho à Béthel, Élisée dut exercer sur ses contempteurs les effets de la vengeance divine. Comme il approchait de cette dernière ville, qui était un des centres du culte des veaux d’or, III Reg., xu, 29, de jeunes garçons qui en sortaient se moquèrent de lui et l’insultèrent. C’étaient sans doute des enfants d'Israélites, qui étaient devenus idolâtres. Reconnaissant un prophète du vrai Dieu, ils le tournèrent en ridicule, en raison de sa calvitie précoce. Voir col. 89. Élisée les maudit au nom de Jéhovah, et aussitôt deux ours sortirent de la forêt et déchirèrent en morceaux quarante-deux de ces enfants. Élisée n’avait pas cédé à un mouvement de vengeance personnelle; il avait voulu faire respecter un prophète de Dieu. Aussi le Seigneur rendit-il efficace sa malédiction, afin d’imposer aux idolâtres une crainte salutaire à l'égard de ses envoyés. Cf. Quæstiones et responaiones ad orlhodoxos , q. lxxx, Patr. gr., t. vi, col. 1321. De Béthel, Elisée se retira sur le Carmel, probablement pour se recueillir et se préparer dans la solitude à sa mission publique. 11 revint ensuite à Samarie, IV Reg., il, 1-25, où il avait une maison. IV Reg., vi, 32.

2° Il ne tarda pas à se mêler à la politique. Les rois d'Israël, de Juda et d’Édorn s’étaient coalisés contre Mésa, roi de Moab. Dans le désert de l'Idumée, leurs troupes manquèrent d’eau. Dans cette extrémité, Josaphat, roi de Juda, demanda un prophète de Jéhovah qui put prier pour eux. Un serviteur du roi d’Israël désigna Élisée, le disciple familier d'Élie, celui qui versait de l’eau sur ses mains. Élisée avait donc suivi l’armée. Josaphat, qui connaissait déjà sa réputation, alla avec les deux autres rois lui demander audience. Élisée dit à Joram des paroles sévères et le renvoya aux prophètes de son père et de sa mère, aux prophètes de Baal et d'Astarté, qu’Achab et Jézabel avaient introduits dans le royaume d'Israël.

Joram implora humblement son assistance en considération des rois alliés. Élisée attesta par serment qu’il ne remplirait son ministère prophétique que par égard pour Josaphat, qui était un fidèle adorateur de Jéhovah. Mais sa conversation avec Joram avait troublé son âme. Afin de calmer son émotion et de se disposer ainsi à recevoir l'inspiration prophétique, il demanda un harpiste. Tandis que le musicien jouait, l’esprit du Seigneur anima Élisée, qui au nom de Jéhovah promit l'eau pour les troupes et prédit la défaite des Moabites. Le lendemain matin, conformément à la prédiction, les eaux affluèrent du sud, du côté de l'Idumée, dans le lit du torrent. Élisée avait annoncé qu’elles ne tomberaient pas sur les troupes alliées, mais qu’elles viendraient d'ailleurs, à la suite d’un orage ou d’une trombe que l’on n’aurait pas entendu. Au lever du soleil, les Moabites aperçurent les eaux rouges comme du sang; ils crurent qu'elles étaient rougies par le sang des alliés, versé par leur propre glaive, et qu’ils n'avaient plus qu’à courir au butin. Us éprouvèrent, au contraire, selon la prophétie d’Élisée, une défaite complète. IV Reg., ni, 9-25.

3° L’historien sacré a groupé ensuite une série de miracles dans le but de montrer qu’Élisée avait réellement hérité de la puissance d'Élie. 1. Le disciple réalise les mêmes prodiges que son maître. La veuve d'un prophète, poursuivie par un créancier impitoyable, recourt à Élisée. Pour lui procurer des ressources, celui-ci multiplie miraculeusement un peu d'huile et en remplit un grand nombre de vases vides. L’huile ainsi augmentée fut vendue, et le prix de la vente suffit non seulement à payer les dettes, mais encore à pourvoir aux besoins de la veuve et de ses fils. — 2. Une femme riche de Sunam donnait souvent l'hospitalité au prophète; elle fit même construire pour lui un logement séparé, qu'elle meubla convenablement. Un jour, par reconnaissance, il lui offrit d’employer pour elle son crédit à la cour. Mais elle n'avait aucun procès, et toute intervention en sa faveur était inutile. Giézi, serviteur d’Élisée, fit alors remarquer à son maître que son hôtesse n’avait pas d'enfant et que son mari était vieux. Élisée promit à la Sunamite qu’en récompense de sa généreuse hospitalité elle aurait un fils l’année suivante. La promesse inespérée s’accomplit exactement. L’enfant, devenu grand, alla un jour voir son père, qui surveillait ses moissonneurs. Soudain il se plaignit de violentes douleurs de tète; il venait probablement d’être frappé d’insolation. Revenu à la maison, il mourut sur les genoux de sa mère. Celle-ci, remplie de confiance en Dieu, porta le cadavre sur le lit du prophète et ferma la porte de la chambre. Elle tint secrète la mort de son fils, et demanda à son mari un serviteur et une ânesse pour aller trouver l’homme de Dieu. Le mari s'étonne de cette visite, faite en un jour ordinaire, en dehors de la néoménie et du sabbat. Sa femme insiste et part en toute hâte vers le Carmel. Dès que le prophète l'aperçoit, il envoie Giézi à sa rencontre. Elle se jette aux pieds d’Élisée, et par cette attitude suppliante lui révèle le malheur qu’il ignorait. Profondément ému du chagrin de cette mère, il commande à Giézi d'aller à la maison et de placer son bâton sur la tète de l’enfant. Mais la pauvre mère entraîne le prophète à sa suite. Giézi, qui les avait précédés, n’avait pas réussi à ressusciter l'enfant, qui restait sans voix ni sentiment. Entrant dans la chambre, Élisée recourut au procédé par lequel Élie avait ressuscité le fils de la veuve de Sarepta. Se couchant sur le cadavre, il se mit bouche sur bouche, yeux sur yeux, mains sur mains. Le retour à la vie eut lieu progressivement. La chair de l’enfant commença par se réchauffer au contact du prophète. La foi de celui-ci ne fléchit pas. Hebr., xi, 35. Pour calmer son émotion et attendre le résultat définitif de sa prière, il descendit et se promena dans la maison. Il remonta et se coucha de nouveau sur l'enfant, qui bâilla sept fois et ouvrit les yeux. 11 fit appeler la mère et lui remit son fils vivant. Elle, se jetant à ses

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