ÉLISÉE
pieds, se prosterna la face contre terre. — 3. Étant à Galgala à l'époque de la famine, IV Reg., vin, 1, Elisée ordonna à son serviteur de préparer un potage aux fils des prophètes qui suivaient là sa direction. L’un d’eux alla dans les champs cueillir des plantes grimpantes; il ramassa plein son manteau des coloquintes (voir col. 859) dont il ignorait la nature et les coupa dans la marmite. L'amertume du polage lit croire aux disciples d’Élisée qu'on leur avait versé du poison. Ils refusèrent de manger. Le prophète prit de la farine et la jeta dans la marmite, et le potage perdit son amertume. La farine n'avait pas la propriété naturelle de détruire le goût amer des coloquintes; elle fut un moyen symbolique de rendre par miracle le bouillon potable. — 4. Dans le même temps, un homme de Baal-Salisa apporta à Élisée des prémices, vingt pains d'orge et du blé nouveau dans un sac. Avec ces provisions insuffisantes, le prophète nourrit les cent personnes qui faisaient partie de la communauté de Galgala, et il y eut des restes, grâce seulement à une multiplication miraculeuse des pains. IV Reg., iv, 1-44. — 5. Un général syrien, nommé Naaman, était lépreux. Il connut par une jeune fille juive, qui était au service de sa femme, la puissance d’Élisée, et il obtint du roi l'autorisation d’aller dans le royaume d'Israël. Il présenta ses lettres de recommandation à Joram, qui fut très embarrassé, parce qu’il n’avait pas la puissance de guérir de la lèpre. Élisée lit dire au roi d’Israël de lui envoyer le général syrien, pour qu’il sut qu’il y avait en Israël un prophète du vrai Dieu. Naaman vint donc avec de grands équipages et s’arrêta à la porte d'Élisée. Celui-ci, sans se déranger, lui fit indiquer comme remède de se laver sept fois dans le Jourdain. Irrité de ce que le prophète n'était pas venu lui -même le guérir et lui avait donné, par dérision peut-être, un remède trop simple et inefficace, Naaman s’en retournait avec indignation. Ses serviteurs lui représentèrent qu'il ne devait pas mépriser le remède, parce qu’il était d’un emploi facile. Frappé de la justesse de ce raisonnement, Naaman se baigna sept fois dans le Jourdain et fut parfaitement guéri, lui étranger, alors qu'il y avait d’autres lépreux en Israël. Luc., iv, 27. La reconnaissance le ramena auprès d Élisée. 11 confessa que le Dieu d'Israël était le Dieu de toute la terre et présenta une riche offrande au prophète. Celui-ci refusa énergiquement le moindre cadeau. Il voulait montrer à un païen que le désintéressement distinguait les vrais prophètes des faux prophètes. Après quelque insistance, Naaman céda; mais il demanda d’emporter de la terre d'Israël la charge de deux mulets, pour former une sorte de terre sainte sur laquelle il adorerait désormais Jéhovah. Il soumit ensuite au prophète un cas de conscience. Son emploi exigerait qu'il accompagnât son roi au temple de Remmon. Pourrait-il le faire sans idolâtrie? Élisée, sans donner une autorisation catégorique, accorda au moins une permission tacite, en considérant la démarche de Naaman non comme une participation au culte idolàtrique, mais comme un office civil qu’il remplissait auprès du roi. Noël Alexandre, Historia ecclesiastica V. T., Paris, 1699, t. il, p. 168 ; Calmet, Commentaire littéral, Paris, 1724, t. n, p. 792-796. Giézi, moins désintéressé que son maître, courut après Naaman et lui demanda de l'argent. Le prophète connut par révélation l'indigne conduite de son serviteur, la lui reprocha sévèrement, et l'en punit en le couvrant de la lèpre dont Naaman avait été guéri. IV Reg., v, 27. — 6. Les fils des prophètes, resserrés dans leurs habitations, demandèrent à leur chef de bâtir sur le Jourdain un local plus vaste. Il les accompagna et fit surnager, en jetant dans l'eau un morceau de bois, la hache que l’un d’eux avait laissé tomber dans le fleuve. IV Reg., vi, 1-7.
4° Élisée se mêla de nouveau aux affaires politiques et acquit dans le royaume d'Israël une autorité grandissante. — 1. Le roi de Syrie avait attaqué les dix tribus. Instruit de ses desseins perfides par inspiration divine,
Élisée en avisa Joram et le prévint des embuscades qui lui étaient dressées. Joram occupa les lieux que le prophète lui avait indiqués, et déjoua ainsi à plusieurs reprises les projets de ses ennemis. Le roi de Syrie crut qu'un de ses officiers le trahissait; mais un serviteur lui apprit qu’Élisée révélait à Joram tout ce qui se décidait dans la salle de son conseil. Rénadad, ayant appris que le coupable était à Dothan, envoya une armée pour le prendre. La ville fut investie de nuit. Le serviteur de l'homme de Dieu, s’en étant aperçu au point du jour, en avertit son maître. Comme il était très préoccupé, Élisée le rassura et lui dit qu’il y avait plus de monde autour d’eux que dans le camp ennemi. 11 pria le Seigneur d’ouvrir les yeux du craintif serviteur, qui vit autour de lui des chevaux et des chars de feu. Les Syriens descendirent pour s’emparer d’Élisée, qui était sorti hors de la ville. Le prophète demanda à Dieu de les frapper de cécité. Puis, usant d'un stratagème bien légitime, il leur dit qu’ils se trompaient de chemin et s’offrit à leur montrer l’homme qu’ils cherchaient. 11 les conduisit à Samarie. Lorsqu’ils y furent entrés, il pria Jéhovah de leur dessiller les yeux. Leur stupéfaction et leur effroi furent grands, quand ils se virent au milieu de la ville. Le roi d’Israël voulait les tuer. Élisée s’y opposa, parce qu’ils n’avaient pas été pris de vive force; il leur fit donner de la nourriture et les renvoya à leur roi. IV Reg., vi, 8-23. — 2. Quelques années plus tard, Rénadad entreprit une nouvelle guerre contre le roi d’Israël et fit le siège de Samarie. Bientôt une horrible famine régna dans la ville. Joram s’en prit à Élisée et s’engagea par serment à le faire décapiter le jour même. Cependant le prophète tenait conseil dans sa maison avec les anciens. Il leur apprit que le roi venait de porter contre lui la sentence capitale et leur ordonna de fermer la porte au messager sanguinaire, parce que le roi regrettait déjà l'ordre donné et accourait sur les pas du bourreau pour empêcher l’exécution. Le roi, en effet, arriva, et Élisée lui prédit la prompte cessation de la famine. Un officier, qui se moquait de la prédiction, apprit qu'il verrait l’abondance des vivres, mais qu’il n’en jouirait pas. IV Reg., vi, 31vn, 2. Les Syriens abandonnèrent leur camp, dont le pillage remplit la ville de vivres. L’officier moqueur, qui avait été placé à la porte de Samarie, fut écrasé par la foule. La double prédiction d'Élisée s’était accomplie. IV Reg., vu, 17-20. — 3. Élisée avait annoncé à la Sunamite dont il avait ressuscité le fils la famine de sept ans, dont nous avons raconté précédemment un épisode. Cette femme s’était retirée avec sa maison au pays des Philistins. Quand elle revint, ses biens étaient occupés par des étrangers. Elle alla demander justice au roi. A ce moment même, celui-ci s’entretenait avec Giézi des merveilles opérées par Élisée et en particulier de la résurrection du fils de cette femme. Il l’interrogea elle-même et la réintégra dans ses biens. IV Reg., vu, 1-6. — 4. Élisée alla à Damas à l’époque où Rénadad était malade. Ayant appris l’arrivée de l'homme de Dieu , le roi de Syrie envoya llazaël avec des présents consulter le prophète sur l’issue de sa maladie. Élisée prédit que le roi ne mourrait pas de maladie, mais périrait de mort violente. Puis, dévoilant les projets ambitieux et sinistres j d'IIazaël, il le fixa d'un regard pénétrant au point de le | faire rougir, et il se prit à pleurer. 11 prévoyait les maux j que Dieu infligerait à son peuple par la main d’IIazaël, j devenu roi de Syrie. Hazaël à son retour apprit à Béna- | dad qu’il ne mourrait pas de la maladie dont il souffrait; mais le lendemain il l'étouffa sous une couverture et régna à sa place. IV Reg., vin, 7-15. — 5. Élie avait reçu la mission de sacrer Jéhu , roi d’Israël, III Reg., xix, 16; mais la vengeance divine sur la maison d’Achab avait été retardée. Plus heureux que son maitre, Élisée assista à la chute de la dynastie idolâtre et en fut même l'instrument. 11 envoya un de ses disciples à Ramoth- Galaad, oindre en secret le futur roi. Le message fut