‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 221 sur 485 · Lesètre · texte numérisé non relu

Lesètre

EMPAN. Voir Palme 2, t. iv, col. 2058.

EMPEREURS romains mentionnés dans le Nouveau Testament. Voir César, col. 449.

EMPLÂTRE. Voir Figue, col. 2241.

EMPRUNT, action d’emprunter et objet prêté pour qu’on s’en serve durant un temps déterminé ou non, à la condition qu’on le rendra ensuite à son propriétaire. — 1° Les emprunts ordinaires. — La loi mosaïque prévoit qu’on pourra emprunter, làvâh, une bête de somme

EMPRUNT — ÉNAÏM

à son voisin. Si la bètc est détériorée ou périt en l’absence du propriétaire , l'emprunteur est tenu d’en rendre une autre. Éxod., xxii, 14. — Le Seigneur promet aux Hébreux que, s’ils sont fidèles, ils pourront prêter aux autres sans avoir à emprunter. Deut., xxvm, 12. Emprunter constitue presque toujours une assez mauvaise opération. Prov., xxn, 7; Eccli., xxi, 9. Le méchant emprunte et ne rend pas. Ps. xxxvi, 21. Dans le désastre de la nation, l’emprunteur et le prêteur en seront réduits à la même extrémité. Is., xxiv, 2. Au retour de la captivité, les Juifs parlent d'emprunter de l’argent pour payer les impôts. Il Esdr., v, 4. Dans une parabole de l’Évangile, un père de famille recevant des hôtes assez tard emprunte trois pains à son voisin. Luc., xi, 5. — 2° L’emprunt des Hébreux aux Egyptiens avant leur départ de Gessen. — A la veille de la sortie d’Égypte, les femmes des Hébreux reçoivent l’ordre de demander aux Égyptiennes des vases d’or et d'argent et des vêtements. Ces objets sont accordés et les Hébreux les emportent avec eux dans le désert, dépouillant ainsi les Égyptiens. Exod., ni, 22; xi, 2; xn, 35, 36. Cet acte se justifie aisément par cette double considération, que Dieu, maître de toutes choses, peut transférer une propriété d'un peuple à un autre, et que, d’autre part, les Hébreux ne faisaient que récupérer par ce moyen le salaire des rudes travaux accomplis au profit des Égyptiens. Cf. Guénée, Lettres de quelques Juifs, Paris, 1821, t. il, p. 294-295. — Mais, semble-t-il à quelques-uns, il y a mauvaise foi à « emprunter » ainsi des objets que l’on se propose de ne pas rendre. A cette difficulté, on est en droit de répondre qu’en fait l’emprunt supposé n'existe pas. Le texte sacré emploie ici, non plus le verbe lâvâh, « emprunter, » mais le verbe sâ'al, « demander. » Il est vrai que, pour les trois passages de l’Exode, Gesenius-Rœdiger, Thésaurus linguæ hebrææ, Leipzig, 1853, p. 1347, prête à Sâ’al le sens d’« emprunter », alors que dans tous les autres passages de la Bible ce mot signifie soit « interroger », soit « demander ». Dans un seul cas, le participe sâ’ûl peut avoir le sens de chose <t empruntée ». IV Reg., vi, 5. Dans l’autre cas cité par Rœdiger, I Reg., i, 28, ce sens ne s’impose nullement. Toujours est- il que rien n’oblige à prendre sâ’al dans le sens d’ « emprunter », alors que partout il a celui de « demander ». Cf. F. von Hummelauer, In Exodum et Levitœum, Paris, 1897, p. 125-126. Les femmes des Hébreux demandèrent donc aux Égyptiennes les objets indiqués. Les Égyptiennes ont-elles considéré cette demande comme un emprunt? Rien ne le prouve. Après la dixième plaie, nous voyons le pharaon appeler Moïse et Aaron en pleine nuit et leur dire: « Levez -vous et éloignez-vous de mon peuple, vous et les fils d’Israël ! » Exod., xii, 31. Le roi regardait donc le départ des Hébreux comme une délivrance. Chaque famille égyptienne partageait ce sentiment et devait être heureuse de se débarrasser d’hôtes devenus si terribles , en leur abandonnant ce qu’ils demandaient. Le texte sacré dit d’ailleurs que le Seigneur inclina les cœurs dans ce sens. Exod., xii, 36. Le texte ajoute que les Égyptiens yas’ilûm ce qu’on leur demandait. Le verbe sâ’al à l’hiphil signifie simplement « accorder » ce qu’on demande et non pas « prêter ». Cf. I Reg., i, 28, où Samuel n’est pas « prêté » au Seigneur, mais vraiment « donné ». Josèphe, Ant. jud., Il, xiv, 6, dit qu’après la dixième plaie, les courtisans « persuadèrent au pharaon de laisser partir les Hébreux. Il appela donc Moïse et ordonna leur départ, dans la pensée que, quand ils seraient éloignés du pays, l'Égypte serait délivrée des lléaux. Ils honorèrent ( èn'goiv ) les Hébreux de présents, les uns pour qu’ils partissent plus vite, les autres à cause de leurs relations de voisinage ». On ne peut pas accuser ici Josèphe d’avoir cherché à atténuer une faute commise par ses ancêtres, puisque rien dans le texte n’autorise à parler d’emprunt ni de prêt. L’écrivain juif interprète donc bien la pensée de l’auteur sacré. Il est de toute évidence d’ailleurs que les

Égyptiens ont prétendu faire de véritables cadeaux aux Hébreux. Ils savaient que ceux-ci ne reviendraient plus, et, en somme , ne demandaient qu’à être débarrassés d’eux, coûte que coûte. — Pour le prêt de l’argent, voir Prêt.

H. Lesêtre.

ÉNAC (hébreu : ’Anâq; Septante: ’Evxy), géant, fils d’Arbé et père des Énacites. Jos., xv, 13. D’après Gesenius, Thésaurus, p. 1054, ’Andq signifie « au long cou », géant. Ce personnage n’est nommé dans l’Écriture que comme ancêtre des Énacites. Voir Énacites.

ENACITES (hébreu: ‘ Ànâqîm , de ’ânaq , « cou; » Septante; ’Evay.ifx; Vulgate : Enacim), famille et tribu de géants. Deut., ii, 10-11. Voir Géants. Ils descendaient d’Arbé (voir t. i, col. 883) et habitaient le sud de la terre de Chanaan lorsque Abraham y arriva et lors de la conquête du pays par Josué. Hébron était une de leurs résidences principales, et on l’appelait du nom de leur ancêtre Qiryat ’Arba’ (Vulgate : Cariatharbé, t. i, col. 884). Eux-mêmes sont appelés Benê-' Anâq ( fdii Enac ), Num., xiii, 33 (Vulgate, 34); Benê-' Anâqîm (Vulgate: fdii Enacim), Deut., i, 28; ix, 2; yelîdê Hâ-'Anàq, « descendants d’Énac, » Jos., xv, 14 (Vulgate: stirps Enac)', Num., xiii, 22, 82 (Vulgate, 23, 29 : fdii Enac)', ’Anàqîm (Vulgate : Enacim), Deut., n, 10, 11, 21; Jos., xi, 21, 22; xiv, 12, 15. Les Énacim d’Hébron se subdivisaient en trois familles principales, celles d’Achiman, de Sisaï et de Tholmaï (voir ces mots). Num., xiii, 23; Jos., xv, 14; Jud., I, 20. — La haute stature et la force des Énacites avaient vivement impressionné les Israélites. Les espions que Moïse envoya du désert du Sinaï pour explorer la Terre Promise rapportèrent qu’ils avaient vu là des géants, parmi lesquels les fils d’Énac tenaient la première place; « auprès d’eux, disaient-ils, ils n’étaient que comme des sauterelles. » Num., xiii, 33-34. La terreur qu’inspira ce récit fut cause de la révolte du peuple contre Moïse et du châtiment divin qui condamna Israël à errer dans le désert pendant quarante ans. Num., xiv, 1-35. Plus tard, néanmoins, Josué et Caleb réussirent à vaincre les Énacites. Ils les battirent à Hébron, à Dabir, à Anab et dans les montagnes de Juda, Jos., xi, 21; xv, 14; Jud., I, 20; ceux qui parvinrent à échapper aux coups des Israélites se réfugièrent sur le rivage de la mer Méditerranée, à Gaza, à Geth et à Azot, Jos., xi, 22, et depuis lors il n’est plus question d’eux dans l’Écriture. Ils durent se fondre avec les Philistins qui occupaient le pays. Quelques-uns ont pensé que le géant Goliath, originaire de Geth, était un de leurs descendants, cf. I Reg., xvii, 4; de même que Jesbibénob, II Reg., xxi, 16, et d’autres Géthéens. II Reg., xxi, 18-22 ; I Par., xx, 4-7. F. Vigouroux.

ÉNADAD, père de Bavaï. II Esdr., ni, 28. Il est appelé ailleurs Hénadad, ce qui correspond mieux à l’orthographe hébraïque. Voir Hénadad.

ÉNAÏM (hébreu: ’Ênaïm, « les deux sources; » Septante : Codex Vaticanus , Maiavei ; Alexandrinus , ’Hvaet'p.), ville de la tribu de Juda. Le livre de Josué,

xv, 34-35, la nomme parmi les villes de la Séphélah ou de la plaine, entre Taphua et Jérimoth, dans une énumération qui commence par Estaol. C’est probablement à la porte de cette ville que Thamar, veuve d’Her, attendit Juda son beau-père. Gen., xxxvm, 14. L’hébreu porte : be-pétah ' Énaïm, ce que les Septante rendent par rat; nüXaiç Aïvâv, « aux portes d’Énaïm, » traduction préférable à celle de la Vulgate, qui porte : in bivio ilineris, « à un carrefour. » Le texte sacré nous dit que la localité où se trouvait Thamar était dans le voisinage de Thamna, Gen., xxxvm, 12-14, et le Talrnud de Babylone, Sotah, f° 10 a, qu’elle était près d’Adullam, ce qui s’applique fort bien à Énaïm, mentionnée dans Josué,

xvi, 34-35, avec Adullarn et d’autres villes voisines de

ÉNAÏM — ENCENS

Thamna. — Toutefois, malgré les indications générales i fournies par le livre de Josué, le site d’Énaïm n’a pu être encore identifié. Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica, édit. Larsow et Parthey, p. 204, 205, disent qu’Énaïm existait encore de leur temps et s’appelait Bethénim, près du Térébinthe, c’est-à-dire probablement de Mambré, à côté d’Hébron ; mais' Énaïm ne devait pas être près d’Hébron. Et rien n’a été trouvé dans la partie de la Séphélah dont parle Josué, xv, 33-36, qui rappelle le nom de la ville aux deux sources. F. Vigouroux.

col. 535, et Revue biblique, 1805, p. 32. — M. F. Bubl, Géographie des alten Palâstina , 1806, p. 67, 110, 240, propose d’identifier Hâèar 'Ênân avec la Banias actuelle, la Césarée de Philippe des Evangiles. Là se trouve une des principales sources du Jourdain, qui pouvait mériter le nom de 'Enân, mais la frontière septentrionale de la Palestine devait remonter plus haut que Banias.

F. Vigouroux.

ENCAUSTIQUE (PEINTURE A L’), II Mach , n, 30. Voir Peinture.

ÉNAN. Nom de deux Israélites et d’une localité de Palestine.

1. ÉNAN (hébreu: 'Ênân; Septante: Aîvâv), père de Ahira, qui était chef de la tribu de Nephthali au temps de Moïse. Num., i, 15; ii, 29; vii, 78, 83; x, 27.

Page 1