‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 224 sur 485 · Batillum romain, servant de brûle-parfums · texte numérisé non relu

Batillum romain, servant de brûle-parfums

Vue de face et vue de profil.

Ezech., viii , 11. Les Septante traduisent alors par Bup.onrrçpiov, et laVulgate par thuribulum. Le même instrument avait donc deux dénominations, provenant de ses deux usages. G. F. Rogal, Thuribulum , 1, dans Ugolini, Thésaurus antiquitatum sacrarum, in-f°, Venise, 1750, t. xi, col. dccli. — Dans l’Apocalypse, viii, 3, 5, le brûleparfums est appelé XiêavuiTÔ;, proprement « encensoir ».

2° Forme. — L’Écriture ne décrit nulle part le mahtâh p d’après les auteurs juifs, malgré les obscurités et les contradictions d’un bon nombre d’entre eux sur ce sujet, et en s’attachant au sens précis du mjpeïov des Septante, on peut arriver à s’en faire très vraisemblablement une idée assez exacte. Le mahtâh est une sorte de large pelle à trois rebords peu élevés et munie d'un manche assez court. 11 n’y a pas de rebord à la partie antérieure, pour permettre de prendre facilement les charbons ardents. Le 7rjpetov, par lequel les Septante ont traduit régulièrement le mahtâh hébreu, rappelle le batillum romain, pelle ou brasier rectangulaire, dont on se servait pour brûler de l’encens ou des herbes odoriférantes. Horace, Sat., I, 5, 36. Un exemplaire en bronze, trouvé à Pompéi,. se conserve au musée de Naples (fig. 563). Cette description du mahtâh se trouve confirmée par une remarque du livre des Nombres, xvi , 37, 38 (hébreu,. xvii, 3, 4). Dieu ordonne que les brûle-parfums de Coré, de Dathan et de leurs partisans seront réduits en lames : ce qui était très facile dans l’hypothèse de la forme que nous venons de décrire; rien de plus simple que de rabattre les bords : ce qui, au contraire, eût été impossible sans les briser, s’ils avaient eu la forme d’un vase rond, sorte de coupe avec ou sans couvercle, comme ou les représente quelquefois. Ces brûle -parfums, durant le temps du Tabernacle, furent fabriqués en cuivre. Num., xvi, 39 (hébreu, xvii, 4); mais Salomon, pour le service du Temple, les fit faire en or. III Reg., vu, 50; II Par., iv, 22. Comme les autres vases du Temple , ils furent enlevés par les Chaldéens à la prise de Jérusalem. IV Reg., xxv, 15; Jer., lii, 19. Le brûle-parfums hébreu ainsi

ENCENSOIR

entendu offre la plus grande analogie avec les encensoirs égyptiens. Comme on peut s'en rendre compte facilement par les nombreux spécimens représentés sur les monuments ou conservés dans les musées, c’était une main avec un bras ou manche (fig. 564-) . La main tient ordinairement un vase destiné à retenir les charbons; sur le milieu du bras est souvent fixé un autre vase, sorte de navette à encens ou parfums, et la poignée prend diverses formes, comme, par exemple, celle d'une tête d'épervier. On voit aussi assez fréquemment des vases avec un pied au lieu de manche, et des vases en forme de bol ou de tasse sans anse, reposant directement sur le creux de la main, et ces vases sont surmontés d'une llurnme et de

564. — Brûle-parfums égyptien, xrx' dynastie. Thèbes. D’après Lepsius, Denlcmaler, Abth. m, Bl. 150.

grains d'encens ou d'autres aromates (fig. 565). Cf. Wilkinson, The Manners, t. m, p. 414, 498. Un spécimen moins orné et en fer, trouvé dans les ruines de Naukratis, se rapproche davantage de la main de fer, ou petit tisonnier à feu. D. Mallet, Les premiers établissements des Grecs en Égypte, dans Mémoires de la mission archéologique française au Caire, t. xii, 1er fasc., j 1893, p. 230. — Dans l’Apocalypse, v, 8, il est dit que les j vingt-quatre vieillards ont à la main des çiâXaç, phialas, pleines de parfums. Or l’équivalent latin de ç:xXy) est souvent patera , vase avec manche, qui a une assez grande ressemblance avec le batillum; ce pourrait donc être un brùle-parfutns ou encensoir.

3° Usage. — La façon de se servir du mahtâh ou brûle-parfums est clairement marquée dans le Lévitique, xvi , 12. A la fête de l’Expiation , le grand prêtre prenait le mahtâh, le remplissait de charbons ardents à l’autel des holocaustes; puis, tenant l’instrument de la main gauche, il entrait dans le Saint, prenait dans un vase spécial appelé kaf, Num., vu, 14, une pleine poignée du parfum sacré, réduit en poudre ou en pastilles (composition de divers aromates, selon la formule donnée Exod., xxx, 7-8), et, après avoir pénétré dans le Saint des saints, il en jetait de la main droite sur son brasero.

11 s’approchait ainsi de l'arche, qui se trouvait bientôt | enveloppée d’un nuage de parfums. Cf. Lev., x, 1; | Num., xvi, 6, 17. En dehors de la fête de l’Expiation, J l'offrande de l’encens se faisait dans le Saint, par les simples prêtres. La mission d’offrir l'encens était réservée au sacerdoce ; pour avoir voulu l'usurper, les lévites Coré, Dathan et Abiron furent châtiés d'une manière terrible. Num., xvi, 7-50. De même Ozias, roi de Juda, voulut offrir des parfums sur l’autel dans le Saint. Il Par., xxvi, 16-20. Mais les prêtres s’y opposèrent; et Ozias, tenant à la main l’encensoir, fut frappé de la lèpre. — Le J prêtre qui offrait l'encens au Seigneur devait prendre le [ feu à l’autel des holocaustes. Nadab et Abiu, fils d’Aaron, ( sont punis de mort par le Seigneur pour avoir employé du feu profane contre l’ordre divin. Lev., x, 1, 2. C’est bien à l'autel des holocaustes, ô-juiaa-r/ipiov , que l’ange prend le feu dont il remplit son encensoir. Apoc., vm, 3-5.

— Dans une de ses visions, Ézéchiel, vm, 10, 11, voit soixante-dix anciens de la maison d’Israël, représentant le peuple, réunis dans une cour du Temple; ils portaient chacun un encensoir à la main, et par les parfums qui y brûlaient honoraient les images d’animaux et d'idoles peintes sur les murs. Le commentaire le plus clair de

tous ces textes, où il est question d'offrandes de parfums à Dieu ou à des idoles, se trouve dans les monuments égyptiens. Des personnages, rois ou piètres, y sont représentés tenant le brûle-parfums d’une main, de l'autre jetant des grains d'encens ou des pastilles odorantes;

565. — Brûle-parfums en forme de vase sans manche. Temple (le Ramsès III. D’après Lepsius, Denlcmaler, Abth. ni, III. 107.

ils présentent à la divinité l'encensoir ainsi fumant pour lui faire respirer en quelque sorte l'odeur de ces parfums (fig. 566).

4° Applications douteuses ou erronées. — Les exégètes sont très partagés sur la question de savoir si le Supua- Tr,piov d’or dont parle TEpitre aux Hébreux, ix, 4, est un encensoir ou l’autel des parfums. En elle-même l’exprest sion peut s’appliquer et s'applique de fait soit à un encensoir, 11 Par., xxvi, 19; Ezcch., vm, 11, soit à l'autel des.

56G. — Roi d’rôgypte offrant do l’encens à un dieu. D’après Wilkinson, Tlic Manners , t. in, p. 415.

parfums. Josèphe, Ant. jud., III, vi, 8; vm, 2, 3; Bell, jud., V, v, 5; Philon, De vila Mosis, m, 7, édition de 1742, t. il, p. 149. Selon les uns, le Ouij.tarripiov de l'Épître, étant mis dans le Saint des saints, ne peut désigner l'autel des parfums, qui de l’aveu de tous était dans le Saint. Ce serait plutôt l’encensoir dont se servait le grand prêtre le jour de la fête de l'Expiation. Lev.,

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