‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 228 sur 485 · ENFANCE DU SAUVEUR (ÉVANGILES DE L · texte numérisé non relu

ENFANCE DU SAUVEUR (ÉVANGILES DE L

Voir Évangiles apocryphes.

ENFANT. Il a différents noms dans la Bible.

I. Noms. — 1° Dans l'Ancien Testament. — 1. Na'ar, qui désigne tantôt un nouveau -né, Exod., n, 6; ttociSiov, parvulus; Jud., xm, 5 et 7 ; I Reg., i, 24; n, 21; iv, 21, Traioâpiov, puer; tantôt un jeune enfant, Gen., xxi, 16; xxii, 16; IV Reg., iv, 31; Is., vii, 16; viii, 4, naiSiov, itou- Soiptov, puer, parfois avec le qualificatif qàlôn, « petit, »

I Reg., xx, 35; IV Reg., ii, 23; v, 14; Is., xi, 6, radSiov u.txpév, puer parvulus ou parvus, quoiqu'il soit dit de Salomon déjà roi, III Reg., m, 7, et d’Adad, III Reg., xi, 17, parfois avec une répétition emphatique, I Reg.,

i, 24, puer infantulus, ou avec l’indication du jeune âge, Jud., VIII, 20, vEwTEpo;, puer; IV Reg., IX, 4; 7taiSâpiov, adolescens ; I Par., xxii, 5; xxix, 1, véo;; tantôt un jeune homme, I Reg., xvii, 42; xxx, 17; Eccl., x, 16; Is., Lxv, 20, TTxiSâptov, vEioTEpoç , véo?, parfois approchant de la vingtième année, Gen., xxxiv, 19; xli, 12, vexvig-xoç ; Gen., xliii, 8, iiatôâptov; Gen., xliv, 22, uaiSiov;

II Reg., xviii, 5, 12, 29 et 32, irxioâpiov; II Par., xm, 7, veut Epo;. — 2. Yéléd, qui désigne soit un nouveau-né, Gen., xxi, 8; Ruth, iv, 16; Il Reg., xii , 15; III Reg., ni, 25, iratScov, puer ; soit un enfant de quelques années, IV Reg., ii, 24, ttxïç ; Gen., xxxiii, 13; Job, xxi, 11, TTcuStov; Zach., viii, 5, irxiSâpiov; Is., lxvii, 5, téxvov; soit enfin un adolescent, Gen., iv, 23, vEavia-xoç; Gen., xxxvii, 30; xlii, 22; III Reg., xii, 8, 10, 14; II Par., x, 8, 10, 14, TTxcôâpiov ; Dan., I, 4, 10, 13, 15, veaviuxo; et TiaiSxpiov; Eccl., IV, 13, irai;. — 3. Yônêq , 0ï)Xà!((ov, lactens , « s’allaitant, » Num., xi, 12; Deut., xxxii, 25; I Reg., xv, 3; xxii, 19; Ps. viii, 3; Jer., xliv, 7; Joël,

ii, 16; vï)7uov, Job, ni, 16; Is., xi, 8; Jer., vi, 11; ix, 21; Lam., I, 5; n, 11, 20; iv, 4. — 4 . ’Ul, enfant à la mamelle, uat'Siov, infans, Is., xlix, 15; véo;, infans, Is., I.xv, 20. — 5. ‘Ôlôl, vtqti’.ov, téxvov, Is., xm, 16, b 7iotit0:ov, Ose., xiv, 1, puer, infans, infantulus, dont la signification étymologique est discutée, mais à qui on attribue plus généralement le sens d’enfant d’un certain âge, « qui a déjà sa liberté d’allure, joue, va et vient, » Jer., vi, 11; ix, 20; Lam., i, 5; îv, 4. Ce mot au pluriel est souvent opposé à yônqim, pluriel de yônêq, Ps. viii, 3; Joël, ir, 16; Jer., xliv, 7; Lam., n, 11 ; I Reg., xxii, 19; xv,3. 11 est employé une fois, Job, ni, 16, pour désigner des enfants qui n’ont pas encore vu le jour, et ailleurs, IV Reg., vin, 12; Nah., ni, 10; Ps. cxxxvii, 9; Lam., n, 20, pour désigner de tout jeunes enfants. — 6. Taf, nacSiov, TraiSàpcov, Gen., xlv, 19; Deut., i, 39; ni, 6; Jos., i, 14; Gen., xliii, 8; vEavtdxoç, Ezech., ix, 6, etc. — 7. Ben, « fils, » 7txïç , puer, juvenis, iraioiov, Gen., xvii, 12; xxi , 7, 8; Deut., xi, 2; Is., xlvi, 3; téxvov, Prov., vu, 7, etc. — 8. ’Êlêm, enfant parvenu à l’âge de la puberté, TtxiSxptov, vEomo-xo; , I Reg., xvii, 56; xx, 22.

2° Dans le Nouveau Testament. — 1. Hplyo;, in fans.

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« nourrisson, » désigne l’enfant encore dans le sein de sa mère, Luc., i, 41, ou le nouveau-né, Luc., n , 12,' 16; Act.,vu, 19; I Petr., n, 2, ou un enfant déjà grand, Luc., xviii, 15. — 2. Nyîuioî, infans, qui ne parle pas, avec cette signification stricte, Matth., xxi, 16; I Cor., xm, 11; mais il désigne un enfant en tutelle, Gai., iv, 1. — 3. Nso;, nouveau, qui est entré récemment dans l’existence, Tit. , il, 4; plus souvent vecâtEpo;, juvenis, Act., v, 6; I Tim., v, 1, 2, 11, 14; Tit., n, 6; 1 Petr., v, 5. — 4. Néaviaç, adolescens, Act., xx, 9; xxm, 17, 18, 22, ou veaviV/o;, adolescens , juvenis, Matth., xix, 20, 22; Marc., xiv, 51; xvi, 5; Luc., vu, 14; Act., n, 17; v, 10; I Joa., il, 13, 14. — 5. Ilaîç , puer, puella , Matth., n, 16; xxi, 15; Luc., n, 43; viii, 51; ix, 42; Act., xx, 12, ou ses diminutifs, natSàpiov, puer, Matth., xi, 16; Joa., vi, 9; natScov, puer, Matth., n, 8; v, 9, 11, 13, 14, 20, 21; xiv, 21; xv, 38; xviii, 2, 3; xix, 13, 14; Marc., v, 39, 40, 41; puella, Marc., vu, 28; ix, 24, 36; x, 13, 14, 15; Luc., i, 59, 76, 80; n, 17, 21, 27, 40 ; vu , 32; ix, 47; xi , 7; xviii, 16, 17; Joa., iv, 49; xvi, 21; Hebr., xi, 23; 1 Joa., 1 1 , 13.

IL Condition physique et sociale de l’enfant. — 1° L’enfant fruit de la bénédiction céleste. — Ce fruit désiré et aimé d une union féconde forme le troisième membre de la famille; il sert de lien vivant entre le père et la mère et fait la joie et la consolation du foyer domestique. Aussi , chez les Orientaux en général et chez les Israélites en particulier, la naissance des enfants est regardée comme un effet de la bénédiction divine. Les frères de Rébecca souhaitaient à leur sœur avant son départ une nombreuse postérité. Gen., xxiv, 60. Chez le peuple juif, des motifs religieux se joignaient aux raisons de la nature pour accroître les familles. Dieu avait promis à Abraham que ses descendants égaleraient en nombre la poussière de la terre, le sable de la mer et les étoiles du ciel. Gen., xii, 2; xm, 16; xv, 5; xvii, 2, 4-6; xxn, 17. Dés lors, dans sa race, de nombreux enfants étaient un bienfait de Dieu et un titre de gloire, Gen., xlviii, 16; Deut., xxviii, 4; Ps. cxxvn, 3; Tob., vi, 22, tandis que la privation de postérité passait pour un châtiment céleste et un opprobre, Gen., xxx, 1 ; I Reg., i, 6 et 11; II Reg., xviii, 18; Is., liv, 1; ,1er., xxn, 30; Ps. cxn, 9; Luc., I, 25, et Dieu l'infligeait comme punition aux unions inceslueuses. Lev., xx, 21. Chaque famille se continuait dans les descendants et conservait avec le nom de son chef un héritage inaliénable et souvent de glorieux souvenirs. Si un homme mourait sans enfant, la loi donnait à ses proches le moyen et leur faisait le devoir de lui en susciter après sa mort. Deut., xxv, 5-10. VoirLÉviRAT. La naissance d'un enfant, surtout celle d'un garçon, était pour le père de famille israélite un joyeux événement, Jer., xx, 15; celle d'une fille était accueillie avec moins de satisfaction, à cause des sollicitudes particulières de l’éducation des filles. Eccli., xlii , 9 et 10.

2° Dieu auteur de la vie. — Dès sa conception , l'enfant appartenait à son père et à sa mère, même dans les unions illicites. Gen., xxxvm, 24-26; II Reg., xi, 5; Job, iii, 3-9. Salomon ignorait les lois physiologiques de la formation de l'enfant dans le sein maternel. Eccle., xi, 5. La mère des sept frères Machabées ne savait comment ses fils avaient apparu en elle, et elle attribuait leur origine à l'action toute-puissante du Créateur. II Mach., vu, 22-23. Job cependant, par des comparaisons très justes, décrit cette action réelle et souveraine de Dieu dans la génération des hommes et aussi les phases principales de la constitution de l’embryon. Quand le fœtus est formé, Dieu lui donne la vie, en lui unissant, au moment que lui seul connaît, une âme qu’il a créée. Le petit être est dès lors l’objet de sa bonté; il veille sur lui et s’en constitue le gardien. Ps. cxxxviii, 13-16; Job, x, 8-12. Cf. Lesêtre, Le livre de Job, Paris, 1886, p. 81 ; J. Knabenbauer, Comment, in lib. Job, Paris, 1886, p. 148-149. L’auteur de la Sagesse, vii, 1 et 2, connaissait les lois générales de la formation de l’enfant. Le Psalrniste, Ps. lxx, 6, et

i Jérémie, i, 5, ont célébré aussi la providence divine s'étendant sur eux dès avant leur naissance. Cf. Ps. xxi, 10-11; Is., xlix , 1; Luc., i, 42; ix, 27. Les rabbins ont continué d’enseigner que Dieu s’associait aux parents dans la génération des enfants. Talmud de Jérusalem, Péa, i, et Kilaim, viii, 4, trad. Schwab, t. n , Paris, 1878, p. 11 et 305-306.

3° Naissance de l’enfant. — Pendant les neuf mois de la grossesse, II Mach., vu, 27 (ou dix mois lunaires, Sap., vii, 2), l’enfant est vivant dans le sein de sa mère, et parfois il s’agite et tressaille. Gen., xxv, 22-24; Luc., i, 41. Il peut y périr et en être rejeté comme un avorton. Job, iii, 11 et 16. Voir t. I, col. 1294. Sur l’embryologie biblique, voir L. Low, Die Lebensalter in der jüdischen Literatur, in-8°, Szegedin, 1875, p. 42-45. — L’enfantement est douloureux, Gen., iii, 16; Eccli., xix, 11; Joa., xvi, 21, et il exige ordinairement le ministère d'une sage-femme. Gen., xxxv, 17; xxxvm, 27-30; cf. Exod., i, 15-21. L’enfant tombe à terre, s'il n’est personne po^r le recevoir, et c’est par des pleurs qu’il fait entendre sa voix. Sap., vu, 3; cf. Eccli., xl, 1. On coupe le cordon ombilical et l’on donne à l’enfant les premiers soins, le lavant dans l’eau pour le purifier, le frottant avec du sel pour sécher la peau et le fortifier, et l’enveloppant de langes. Ezech., xvi, 4. Cf. S. Jérôme, Comment, in Ezech., xvi, 4, t. xxv, col. 127-128, et Knabenbauer, Comment, in Ezechielem prophetam , Paris, 1890, p. 147-148; Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, 1881, p. 301. Pour les langes, Job, xxxvm, 9; Sap., vii, 4; Luc., il, 7 et 12. Celui qui annonçait au père la naissance d'un fils était accueilli avec joie et recevait quelque présent, comme c’est encore la coutume dans diverses parties de l'Orient. Cf. Jer., xx, 15. Le père ou le grand-père prenait ensuite le nouveau -né sur ses genoux, probablement en signe de reconnaissance et d’adoption. Gen., l, 22; Job, iii, 12; Ps. xxi, 1 1. A leur défaut, la grand’mère remplissait ce devoir. Ruth, iv, 16. Les fils de la servante étaient adoptés de la même manière par l'épouse principale, qui lui avait cédé ses droits auprès de son mari. Gen., xxx, 3. Voir Enfantement.

4° Fêtes de la naissance. — Le jour de la naissance d’un enfant, surtout si c’était un garçon, était un jour de joie, et les riches en fêtaient l’anniversaire, Job, i, 4; Matth., xiv, 6; Marc., vi, 21, selon une coutume qui existait aussi dans d’autres pays. Gen., xl, 20; II Mach., vi, 7; Hérodote, i, 133; Xénophon , Cyrop., i, 3, 9. Voir t. i, col. 648-649. En Orient, les parents et les amis font souvent des présents au nouveau -né, comme le firent les mages à l’enfant Jésus. Matth., n, 11. Dans les premiers temps , on donnait un nom à l’enfant aussitôt après sa naissance. Gen., iv, 1; xvi, 15; xxv, 25; xxxv, 18. Après l’institution de la circoncision , les fils des Hébreux reçurent leur nom le huitième jour de leur existence; les parents le leur donnaient, tantôt le père, tantôt la mère. Luc., I, 31, 60 , 62 et 63. L’enfant mâle devait être circoncis le huitième jour. Gen., xvii, 12; xxi, 4; Lev., xii, 3; Luc., ii, 21. Voir Circoncision, col. 774. Quarante jours après leur naissance, on était tenu d’offrir à Dieu un sacrifice pour le rachat des premiers-nés mâles. Lev., xii, 6; Luc., n, 22-24. Voir Purification.

5° Allaitement. — L'enfant était ordinairement allaité par sa mère, Job, iii, 12; Ps. cxxx, 2; 1s. , xi, 8, et les femmes juives ne se dispensaient pas de cette loi de la nature. Gen., xxi, 8; I Reg., I, 22-23; III Reg., iii, 21; Ose., I, 8. Cf. I Thess., il, 7. On ne donnait l’enfant à une nourrice que si la mère était morte ou malade. Cf. Exod., il, 7-9. Rébecca avait une nourrice, qui l’accompagna auprès d’Isaac, et dont la mort fut pleurée comme celle d’un membre de la famille. Gen., xxiv, 59; xxxv, 8. Voir Débora 1, col. 1331. Deux princes, Miphiboseth, fils deJonathas, II Reg., iv, 7, et Joas,IV Reg.,xi,

I 2; II Par., xxii, 11, eurent eussi des nourrices. Calmet,

ENFANT

Dictionnaire de la Bible , édit. Migne, Paris, 1845, t. i , au mot Allaitement, p. 304, pense que ces nourrices étaient seulement des esclaves ou des gouvernantes, à qui était confié le soin d’élever ces enfants. Il appuie son sentiment principalement sur le fait de Noémi, qui dans sa vieillesse fut la nourrice du fils de Booz. Ruth, îv, 16. La durée de l’allaitement était relativement longue. La mère de Moïse rendit à la fille de Pharaon l’enfant déjà grand. Exod., n, 9. Anne, mère de Samuel, nourrit son fils deux ans. I Reg., I, 23 et 24. La mère des Machabées allaita le plus jeune de ses fils pendant trois ans. II Mach.,vir, 27. On peut penser que ce n’était pas la règle ordinaire, et que c'est par l’effet d’une tendresse spéciale que cette femme avait prolongé le temps de

5GS. — Égyptienne portant son enfant sur les épaules.

D'après une photographie. Cf. fig. fc3a, col. 21hi).

l’allaitement de son dernier enfant. Cependant le scribe Ani, parlant à son fils du respect et de l’amour filial qu'il doit à sa mère, lui dit : « Elle t’a porté comme un véritable joug, sa mamelle dans ta bouche pendant trois années. » F. Lenormant, Histoire ancienne de l’Orient,

9e édit., t. m, Paris, 1883, p. 142. Il en résulterait que la durée de l’allaitement aurait été de trois ans chez les Égyptiens. Aujourd’hui encore, en Orient, les enfants sont allaités par leurs mères pendant trois années. Selon les rabbins, la durée nécessaire de l’allaitement était de deux ans ou de dix-huit mois. Talmud de Jérusalem, Guitin, vu, 7, trad. Schwab, t. ix, Paris, 1887, p. 55-56. La mère ou sa servante porte l’enfant, non pas ordinairement dans ses bras, mais, comme on le fait encore aujourd’hui en Palestine, sur ses épaules (fig. 568), ou suspendu à son dos (fig. 569), ou sur son sein (fig. 570). Num., xi, 12; Is., xlix, 22; Lam., n, 12. Le père le porte aussi exceptionnellement. Deut., i, 31. Cf. Ose., xi, 2.

6° Sevrage. — Le festin qu’Abraham donna, lorsque Isaac I fut sevré, Gen., xxi, 8, autorise à penser que le sevrage des enfants était célébré dans la famille par une fête et I

des réjouissances. Une fois sevré, l’enfant, ne demandant pluç constamment le sein de sa mère, est calme et garde une attitude paisible et résignée. Ps. cxxx, 2. On ne lui donnait pas l’instruction aussitôt après le sevrage, Is., xviii, 9, et il restait encore avec sa mère, la fille habituellement jusqu’à son mariage, le fils probablement jusqu’à l’âge de cinq ans. Cf. Prov., xxxi, 1; Hérodote, i, 136; Strabon, XV, ni, 17. Son éducation physique et morale exigeait beaucoup de soins et causait aux parents une grande sollicitude. Sap., vu, 4. Dans les familles opulentes, il était placé sous la direction d’un ou plusieurs gouverneurs (’ômnîm). IV Reg., x, 1, 5; cf. Is., xi.ix, 23; Gai., m, 24. L’enfant, abandonné à lui-même, ne pouvait attirer que de la confusion à sa mère. Prov., xxtx, 15. Voir

5GD. — Enfant porté suspendu au dns de sa merci D’après une photographie.

Éducation et Écoles. Simon, L’éducation et l’instruction des enfants chez les anciens Juifs , 1879.

7° Droits dit père sur l'enfant. — Le père, qui était le chef naturel de la famille, jouissait de droits très étendus sur ses enfants. Ceux-ci travaillaient pour son compte et lui obéissaient en serviteurs soumis. Les jeunes filles gardaient les troupeaux dans les familles ordinaires, Gen., xxix, 9; Exod., n, 16; elles allaient chercher l'eau à la fontaine, comme elles le font encore aujourd'hui, Gen., xxiv, 15-20; elles s'occupaient de cuisine. II Reg., xm, 8-9. Voir Cuisinier, col. 1151. Cf. Palestine Exploration Fund, Quarterhj Statement , 1881, p. 301. La loi accordait au père le droit d'annuler les vœux de sa fille, Num., xxx, 4-6; elle lui permettait même de la vendre pour un temps comme esclave. Exod., xxi, 7. Mais elle lui enlevait le droit de vie et de mort sur ses enfants. Le père dont l’autorité était méprisée devait accuser le rebelle devant les anciens, qui jugeaient la cause, et le peuple était chargé d’exécuter la sentence et de lapider le coupable. Deut., xxi, 18-21. .1. D. Michaelis, Mosaisches Redit, 3e édit., Francfort-sur-le-Mcin, 1793, t. n, p. 103-108. Le pouvoir paternel cessait pour les filles au moment de leur mariage; pour les fils, il durait jusqu’à la mort du

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père. Les enfants héritaient des biens de leurs parents. Voir Héritage. Cf. J. -H. Glaire, Introduction historique et critique aux livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, 2e édit., Paris, 1843, t. n, p. 356-365; S. Munk, Palestine, Paris, 1881, p. 376-377; Trochon, Introduction générale, Paris, 1887, t. n, p. 358-362; card. Meignan, De Moïse à David, Paris, 1896, p. 132-135.

III. Condition morale de l'enfant. — Par une conséquence rigoureuse de sa descendance d’Adam, l'enfant est pécheur; il a été conçu dans le péché, Ps. l, 7, et lyii , 4, et il est impur. Job, xiv, 4. Ses sentiments sont charnels, et il a besoin d’une régénération spirituelle. Joa., ni, 9. Voir Péché originel et Baptême. 11 a apporté en naissant de mauvaises tendances, que l'éducation peut et

570. — Mère portant un de ses enfants suspendu sur son dos et l’autre sur son sein. D’après une photographie.

doit réprimer. Prov. xxii, 15. On peut juger d'après ses inclinations quelles seront l’innocence et la rectitude des actes de toute sa vie, Prov., xx, 11, et c’est dans le bas âge qu'il contracte des habitudes dont il lui est difficile de se défaire. Prov., xxii, 6. Toutefois, avant qu’il n’ait fait usage de sa raison, il est exempt de toute faute personnelle; il est innocent, pur et confiant. Son âme, à la vue des merveilles de la création , s’élève naturellement vers Dieu, qui tire des enfants encore à la mamelle une louange parfaite à la confusion des impies. Ps. vm, 3. Au jour des Rameaux, les enfants acclament Jésus au Temple de Jérusalem, alors que les prêtres se taisent et ne reconnaissent pas l’envoyé de Jéhovah. Matth., xxi, 16. Jésus, du reste, avait eu pour les enfants une prédilection marquée, en raison de leur simplicité, de leur humilité et de leur candeur. Quand ses disciples discutaient sur la première place dans l’Église, il appela un petit enfant, le plaça au milieu d’eux et, le caressant, le leur proposa pour modèle. Celui qui ressemblera à l’enfant, qui en aura la simplicité et l’humilité, sera le premier et le plus grand dans le royaume des cieux. Jésus tire ensuite les conséquences pratiques de ce principe et dé-

clare que recevoir un de ces petits, le bien traiter pour l’amour de lui, c’est le recevoir lui -même, et que scandaliser une de ces âmes innocentes et pures, c’est un crime digne d’une sévère punition. 11 faut donc avoir soin de ne pas mépriser une seule de ces faibles créatures, que Dieu a confiées à la garde spéciale de ses anges. Matth., xviii, 2-6, 10, Marc., ix,35, 36 et 41. Aussi quand les mères lui apportaient leurs petils enfants pour les bénir et prier pour eux, Jésus s’indignait contre ses disciples, qui les écartaient de lui , et il déclarait hautement que pour entrer dans le royaume des cieux il fallait leur ressembler. Puis il les caressait et leur imposait les mains. Matth., xix, 13-15; Marc., x, 13-16; Luc., xvm, 15-17. L’enfant, dont la sensibilité est plus développée que l’intelligence, juge les objets d’après les apparences, leur beauté et leur agrément. C’est pourquoi, au sujet de la glossolalie ou du don de parler les langues, saint Paul recommande aux Corinthiens de n’être pas des enfants par le jugement et l’appréciation, mais seulement par la malice. Si l’enfant se trompe, il n’a pas l’intention de nuire. Le chrétien doit être parfait dans son jugement, qui est porté avec réflexion et prudence; qu’il ait seulement la malice de l’enfant, c’est-à-dire qu’il n’en ait pas. I Cor., xiv, 20. Dans le même ordre d’idées, saint Pierre exhorte ses lecteurs à dépouiller toute malice et toute fraude et à désirer comme les nouveau -nés le lait spirituel de la doctrine évangélique, qui les fera croître en Jésus- Christ pour le salut. I Petr., n, 1 et 2.

IV. Devoirs de l’enfant. — 1° En vertu de la loi naturelle. — Les liens d’étroite dépendance que lu nature a établis entre les parents et les enfants servirent dès l'origine à régler les devoirs des uns à l’égard des autres, et notamment l’amour et le respect que les enfants devaient porter à leurs parents. Cham fut maudit parce qu’il avait manqué à cette loi; Sem et Japhet furent bénis parce qu’ils l’avaient observée. Gen., ix, 20-27. Isaac obéit à son père Abraham, qui va l’immoler, Gen., xxii, 9; plus tard il reçoit l’épouse que le choix paternel lui destine, et seul son mariage avec Rébecca est capable de tempérer la douleur que lui avait causée la mort de sa mère. Gen., xxiv, 67. Moins soumis, Ésaü prend des femmes qui déplaisent à ses parents. Gen., xxvi, 34-35; mais Jacob se rend au désir de sa mère et va en Mésopotamie pour s’unir avec une fille de sa famille. Gen.,

xxvm , 7. Joseph, comblé d’honneurs en Égypte, honore son père, qu’il aimait tendrement. Gen., xlv, 3, 9, 13; xlvi , 29.

2° D’après la loi mosaïque. — Quand Dieu promulgua la loi morale aux Israélites sur le mont Sinaï, il inscrivit au Décalogue les devoirs des enfants envers leurs parents, et il les plaça à la suite des commandements qui se rapportent immédiatement à lui : « Honore ton père et ta mère, afin que tu vives longtemps sur la terre. » Exod.,

xx, 12. Cf. Deut., v, 16. L’honneur dù aux parents comprend l’amour, l’obéissance, l’assistance; en un mot, tous les devoirs que la nature impose aux enfants. La crainte liliale et respectueuse est spécialement commandée. Lev., xix, 3. Le quatrième précepte du Décalogue est le premier à qui Dieu ait attaché une récompense spéciale. Eph., vi, 2. Une longue vie sur terre est promise aux enfants qui honorent leurs parents. Cette promesse divine est bien appropriée à l’obligation qu’elle sanctionne : il convient de prolonger la vie de ceux qui respectent les auteurs de leurs jours. Les anciens Egyptiens connaissaient aussi cette promesse, car on lit sur le papyrus Prisse cet adage : « Le fils qui reçoit bien les ordres de son père vivra longtemps.» F. de Hummelauer, Comment, in Exod. et Levit., Paris, 1897, p. 204. Ce précepte divin fut renouvelé plusieurs fois, et des peines sévères furent infligées aux enfants qui ne l’observaient pas. « Maudit soit celui qui n’honore pas son père et sa mère. » Deut.,

xxvn, 16. Le fils qui maudit son père et sa mère, Exod.,

xxi, 17; Lev., xx, 9; celui qui les frappe, Exod., xxi, 15,

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