‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 235 sur 485 · Coupe de la falaise d’Aïn-Djédi · texte numérisé non relu

Coupe de la falaise d’Aïn-Djédi

a. Calcaire compact gris.

b. Marnes blanchâtres.

c. Calcaire marneux.

d. Marnes blanches.

e. Calcaire marneux blanchâtre.

/. Marnes à Ostrea Olisiponensis , flabellata grand cardium , etc., avec un banc d'O. Olisiponensis à la partie supérieure.

g. Calcaire et marnes.

h. Marnes crayeuses bigarrées de jaune et de rouge, avec vési-

cules de gypse parcourant la masse dans tous les sens, écailles de poissons et quelques foraminifères.

i. Calcaire gris blanchâtre, avec Ostrea Mermeti, var., Minor,

petites O. VesieulaHs, var., Judaica , Janira sequicostata , et nombreux foraminifères.

j. Calcaire compact, avec les mêmes fossiles.

k. Calcaire dolomitique gris foncé , avec quelques silex gris et

des empreintes de janires et d’exogyres.

A. Dépôts récents de la mer Morte.

E. Dépôts d’incrustation, avec empreintes végétales.

D. Brèches calcaires.

papyracée se brise et laisse échapper des graines soyeuses, dont se servent les Bédouins pour faire des mèches de fusils, ou que les femmes filent avec le coton pour en tresser les cordes destinées à retenir le kouffiéh des hommes sur le front. On trouve de même à Ain Djédi la pomme de Sodome ( Solarium melongena), dont le fruit, de la grosseur d’une pomme d'api , laisse échapper, lorsqu’on l’écrase , une quantité innombrable de fines graines, qu’on a quelquefois prises pour de la cendre. Enfin , sur les hauteurs désertes du nord , on trouve la célèbre crucifère appelée à tort rose de Jéricho ( Anasta tica hierochuntia). Cf. Lortet, La Syrie d'aujourd’hui , dans le Tour du monde, t. xun, p. 156-159.

Les seules ruines que l’on rencontre aujourd’hui en cet endroit sont celles d’un moulin et de deux bassins antiques assez profonds, situés entre le plateau et la plage. La plaine, qui s’étend un peu au sud, est cultivée par les Arabes Rscheidé, qui y sèment un peu de blé, de doura et une assez grande quantité de concombres. Les montagnes environnantes sont percées de nombreuses grottes ; on sait comment David y vint un jour chercher

un refuge, et coupa un pan du manteau de Saiil. I Reg., xxiv, 1, 2-5. Cf. W. M. Thomson, The Land and the Book , Londres, 1881, t. i, p. 313. De nos jours comme a cette époque , ces rochers escarpés sont habités par de nombreux troupeaux de bouquetins bedens, d’une admirable agilité, et dont les cornes noueuses servent à faire des manches de poignards. Cf. 1 Reg., xxiv, 3. Voir Bouquetin, t. i, col. 1893. Ces montagnes dénudées, longue série de roches blanchâtres et calcaires, déchirées çà et là par des bandes de silex noirs, constituent le désert d’Engaddi. I Reg., xxiv, 2. Des herbes à la teinte grise, des genêts rabougris, animent seuls le paysage.

Du plateau d’Ain Djédi la vue est splendide. Au pied des falaises s’étend la mer Morte, que Ton aperçoit à peu près dans toute son étendue; au nord, c’est le promontoire de Rds Feschkhah et l’embouchure du Jourdain; à Test se dressent les monts de Moab avec la ville et le château fort de Kérak , puis la presqu'île basse et marécageuse de la Lisân. Vers le sud, la vue est bornée par la sombre montagne de Sebbéh, sur laquelle était bâtie la ville forte de Masada. Enfin, à l’ouest, les hauts escarpements déchirés et arides rappellent certains passages des Alpes. Cette région, sur laquelle plane le silence du désert, a, sous les feux du soleil couchant ou les rayons argentés de la .lune, quelque chose de très impressionnant. — Cf. U. J. Seetzen , Reisen durch Syrien, Palastina, édit. Fr. Kruse, Berlin, 1854, t. n, p. 220-239; Robinson, Biblical Researches in Palestine, Londres, 1856, t. i, p. 504-509; duc de Luynes, Voyage d’exploration à la mer Morte, t. i, p. 83-86; Survey of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881-1883, t. ni, p. 384-386; W. M. Thomson, The Land and the Book, t. i, p. 312-320.

III. Histoire. — Engaddi apparaît pour la première fois dans la Bible sous son nom d’Asasonthamar, à propos de l'expédition de Chodorlahomor. Gen., xiv, 7. Elle était alors au pouvoir des Amorrhéens, qui furent battus par le roi d’Elam et ses alliés. Au moment de la conquête de la Terre Promise par les Hébreux, elle tomba dans le lot de Juda. Jos., xv, 62. Son désert servit de retraite à David, pendant qu’il subissait la persécution de Saül. I Reg., xxiv, 1, 2. A l’époque de Salomon, elle était renommée pour ses vignobles, Cant., i, 13, qui existaient encore aux XIIe, XVe siècles, et même au commencement du siècle dernier. « Un passage fort intéressant de Ludolphe de Suchen relate que les Templiers transportèrent des cépages provenant d’Engaddi dans leur domaine de Chypre, situé près de la ville de Baphe, et le pèlerin allemand dit qu’il ne compta pas moins de dix espèces de raisins cultivés dans cet enclos. » E. Rey, Les colonies franques de Syrie aux xne et xme siècles, Paris, 1883, p. 250, 251. Les Moabites et les Ammonites avec leurs alliés, marchant contre Josaphat, roi de Juda, vinrent camper à Asasonthamar ou Engaddi, suivant la coutume des bandes pillardes qui envahissent la Palestine du sud en venant de Moab. Elles sont sûres de trouver là de l’eau et des pâturages. Elles peuvent en même temps choisir les routes les plus propices à l’attaque. Le prophète Ézéchiel, xlvii, 10, pour montrer les changements merveilleux que l’Évangile apportera au monde, représente les eaux du lac Asphallite comme adoucies, remplies de poissons, et « les pêcheurs se tenant sur ces eaux, séchant leurs filets, depuis Engaddi jusqu’à Engallim ». Josèphe, Bell, jud., III, vu, 5, la cite parmi les onze toparchies de Judéé, et plus loin, IV, m, 2, il raconte que les sicaires réfugiés à Masada s’emparèrent un jour de cette petite ville, peu de temps avant la prise de leur forteresse par Flavius Silva, préfet de Judée sous Vespasien (an 73). Josèphe, Bell, jud., VII, vin, 1-7. — Pline, R. N., v, 17, mentionne les ermites esséniens qui y vivaient. Les Talmuds parlent du baume qu’on cueillait depuis Engaddi jusqu’à Ramatha. Cf.

ENGALLIM

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