ENCAN N IM
A. Neubauer, La géographie du Talmud, Paris, 1S6S, p. 160. Le nom de l’antique cité biblique tombe ensuite peu à peu dans l'oubli. A. Legendre.
ENGALLIM (hébreu : 'E n-'Églaim, « source des deux veaux; » Septante : ’EvayaïAstu.), localité mentionnée une seule fois dans l’Écriture, Ezech., xlvii, 10. Le prophète, voulant faire saisir par des images frappantes les merveilleux changements que produira dans le inonde l’âge messianique, représente un torrent qui s’échappe du Temple de Jérusalem et vient assainir, adoucir la mer Morte. Alors, dit-il, « il y aura de nombreux poissons là où viendront ces eaux, et là où viendra le torrent tout sera sain et vivra. Les pêcheurs se tiendront sur ces eaux ; depuis Engaddi jusqu’à Engallim on séchera les filets. » Saint Jérôme, Comment, in Ezech., t. xxv, col. 473, commentant ce passage, dit : « Engallim est, en effet, à l’entrée de la mer Morte, là où le Jourdain a son embouchure, tandis qu’Engaddi se trouve où finit le lac. » Cette dernière assertion est certainement erronée, puisque Engaddi est située, non pas à l'extrémité méridionale de la mer, mais au milieu de la rive occidentale. Voir Engaddi. La première perd par là même quelque peu d’autorité. Bon nombre d’auteurs cependant s’en servent pour chercher l’emplacement d’Engallim. Les uns pensent à 'Aïn Feschkhah, source assez importante, qu’on rencontre vers la pointe nord -ouest du lac Asphaltite. Cf. Riehm, Handivôrterbuch des Biblischen Altertums , Leipzig, 1884, t. i, p. 378; C. F. Keil, Ber Prophet Ezechiel, Leipzig, 1882, p. 493. D’autres proposent Aïn Hadjlah, au-dessus de l’embouchure du Jourdain, dans la plaine qui monte vers Jéricho. Cf. R. von Riess, Bibel- Atlas, 2° édit., Fribourg-en-Brisgau , 1887, p. 10. Engallim serait ainsi identique à Bethhagla (hébreu : Bêt Hoglâh). Jos., xv, 6; xvm, 19, 21. Il y a un certain rapprochement entre les deux noms, bien qu'ils diffèrent au point de vue de l’orthographe et de la signification. Voir Bethhagla, 1. 1, col. 1685. — Quelques-uns cherchent plutôt la localité en question à l'est de la mer Morte, dans le pays de Moab. Ils l'assimilent à V’Églaîm (Septante : ’AyaO.S'p. ; Vulgate : Gallim ) d’Isaïe, xv, 8, qu'Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue. 1870, p. 98, 228, aux mots Agallim, ’Ayai.AEtu. , placent à huit milles (près de douze kilomètres) à Test d’Aréopolis. Iis supposent qu’il pouvait y avoir sur le bord oriental du lac un endroit empruntant son nom à cette ville, et qu’Ézéchiel aurait opposé à Engaddi , sur l’autre bord. Cf. Reland, Palæstina, Utrecht, 1714, t. n, p. 762; Hengstenberg, The prophecies of Ezekiel, Edimbourg, 1869, p. 474. Mais les deux noms diffèrent aussi d’orthographe et de signification, bien qu'ils soient moins éloignés l’un de l’autre que 'Églaim et Hôglàli. Voir Gallim. En somme, nous ne pouvons jusqu’ici que faire des conjectures plus ou moins plausibles, puisque nous manquons de bases solides pour les appuyer. A. Legendre.
ENGANNIM (hébreu : ’Ên- Gannîm, « source des jardins »), nom de deux villes de Palestine.
1. ENGANNIM (omis ou méconnaissable dans les Septante; Vulgate : Ængannim) , ville de la tribu de Juda. Jos., xv, 34. Mentionnée entre Zanoé et Taphua, elle fait partie du premier groupe des cités de « la plaine » ou de la Séphélah. R. J. Schwarz, Bas heilige Land, Francfort-sur-le-Main, 1852, p. 73, et quelques-uns après lui l’identifient avec un bourg nommé Bjénîn, situé à une heure au sud-est d’Ascalon. Un premier inconvénient, c’est qu’on ne trouve dans les parages indiqués aucune localité de ce nom. Cf. Hirsch Hildesheimer, Beitràge zur Géographie Palàstina’s , Berlin, 1886, p. 72. Un second, c’est que l'antique ville dont nous parlons est placée ailleurs par l’énumération de Josué. Celles du même groupe, en effet, comme Estaol ( Eschu'a ),
j Saréa (Sarâ'a) , Zanoé ( Khirbet Zanuâ) , Jérimoth ( Khirbet el-Yarmuq), indiquent nettement sa position. C’est pour cela que M. Guérin, Judée, t. u, p. 26, la cherche à Beit el-Bjemâl, tout près de Khirbet Zanuâ. La proximité de ce dernier endroit et l’existence, au bas du village, d’une excellente source qui coule dans la vallée, seraient pour lui deux raisons suffisantes de cette assimilation. Cependant la correspondance onomastique manque totalement. On la trouve d’une manière satisfaisante un peu plus haut dans Khirbet Umm Bjïna, près à.’ Aïn Schems , l’ancienne Bethsamès. Aussi cette hypothèse, proposée par Clermont- Ganneau et les explorateurs anglais, nous semble - 1 - elle préférable. Cf. Survey of Western Palestine, Memoïrs , Londres, 1881-1883, t. m, p. 42; G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Names and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, p. 58. Oumm Djina est un petit village silué sur un monticule, et dont les maisons sont aux trois quarts renversées. Parmi les matériaux avec lesquels elles avaient été bâties, on remarque un assez grand nombre de pierres de taille très certainement antiques, ce qui prouve que ce pauvre hameau, qui compte à peine aujourd’hui une quarantaine d’habitants, avait autrefois beaucoup plus d’importance. Cf.V. Guérin, Judée, t. n, p. 28. A. Legendre.
2. ENGANNIM (hébreu : ' En - Gannîm ; Septante : Codex Vaticanus , ’letov xa\ Top.p.àv; Codex Alexandrinus , ’Hvyavvtjx, Jos., xix, 21; IlqyY) ypap.p.tzTwv, Jos., xxi, 29), ville de la tribu d’Issachar, Jos., xix, 21, donnée « avec ses faubourgs » aux Lévites fils de Gerson. Jos., xxi, 29. Dans I Par., vi, 73 (hébreu, 58), passage parallèle à Jos., xxi, 29, on lit Anem au lieu de Engannim, et la plupart des auteurs regardent le premier mot comme une contraction du dernier. Voir Anem, t. i, col. 573. C’est probablement aussi la même localité qui est citée, IV Reg., IX, 27, sous le nom de Bêt haggân, « maison du jardin ; » Septante: Baiâyâv ; Vulgate : Bomus horti. Ochozias, roi de Juda, étant venu à Jezraël ( Zer'in ) pour faire visite à Joram, souffrant des blessures qu'il avait reçues au siège de Ramoth-Galaad, vit le roi d’Israël immolé par Jéhu dans le champ de Naboth. Craignant pour luimême un sort semblable, il dut naturellement reprendre tout de suite le chemin de ses États, c’est-à-dire la route qui, passant par Djénin, traverse la Samarie pour arriver à Jérusalem. Mais, poursuivi de près pur les gens de Jéhu, il fut frappé près de Jeblaam ( Khirbet BeTaméh), et, changeant de direction, s’enfuit à Mageddo, où il mourut. Cet épisode nous montre déjà d’une certaine façon la position que devait occuper Engannim. Josèphe, Ant. jud., XX, vi, 1; Bell, jud., III, m, 4, nous parle d’un bourg nommé Ginæa, Fiv-Aa, situé sur les limites de la Samarie et de « la grande plaine », c’est-à-dire de la plaine d’Esdrelon. On l’assimile généralement à la petite ville actuelle de Bjénîn, qui correspond aussi exactement à la vieille cité d’Engannim. En elfet, l’arabe
. ,^0*. représente bien le dernier élément du mot corner.. . 1
posé D>35 py, 'En- Gannîm , le premier étant tombé,
comme il arrive parfois: c’est ainsi que Bethsetta (hébreu : Bêt has-siltâh), Jud., vu, 23, est devenu Schouttah. Voir Bethsetta, t. i, col. 1744. Cf. G. Kampffmeyer, Alte Namen im heutigen Palastina und Syrien, dans la Zeitschrift des deutschen Palastina-Vereins , 1893, t. xvi, p. 1, 55. La situation est également d’accord avec les données scripturaires. On a cru retrouver cette ville parmi celles que mentionnent les pylônes de Karnak.
« Le n° 43 , Ganôtou- Asnah ,
< les jardins d’Asnah, » ’Asndh étant un nom d’homme (I Esdr., il, 50), est probablement une désignation nouvelle de En-Gannirn, Beth-hag-gân, Tcvata, Djénin. » G. Maspero, Sur les noms géographiques de la Liste de
ENGANNIM