‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 298 sur 485 · ESDRAS (TROISIÈME LIVRE D · texte numérisé non relu

ESDRAS (TROISIÈME LIVRE D

qu’un avec le Second livre d’Esdras. — Le livre apocryphe dit Troisième livre d’Esdras est pour une part une compilation. Il reproduit le livre canonique d’Esdras (ii, 1-14 = I Esdr., i; n, 15-25 = I Esdr., iv, 7-24; v, 7-70 = 1 Esdr., il, 1-iv, 5; vi-vii = I Esdr., v-vi; vm-ix, 36 = I Esdr., vii-x), auquel il ajoute : — 1° en tête, chapitre premier, un fragment des Paralipomènes (II Par., xxxvxxxvi), c’est-à-dire l’histoire du royaume de Juda depuis la restauration du culte sous Josias jusqu'au départ pour la captivité; — 2° à la fin du chapitre neuvième (37-55), un fragment de Néhémie (II Esdr., vu, 73-vm, 13) racontant la lecture de la Loi de Dieu, que fait Esdras aux enfants d’Israël. Au milieu de ces pièces rapportées, l’auteur a inséré (m-v, 6) un texte qui lui est propre. A l’exception de ce texte , auquel nous allons revenir, notre apocryphe n’est donc qu’une suite de deutérographes. Le compilateur parait avoir travaillé, non sur une version grecque, mais sur l’original hébreu - araméen : à ce compte, sa compilation peut servir à faire la critique du texte original des morceaux qu’il a employés, quoiqu’il traduise assez librement. On a soutenu, il est vrai, que notre apocryphe était antérieur à l’Esdras canonique que nous disons qu’il a compilé; mais ce paradoxe, soutenu par Iloworth, n’est pas pris au sérieux. Tout ce que l’on peut dire pour fixer une date au Troisième livre d’Esdras, c’est qu’il est très postérieur aux événements qu’il rapporte, et antérieur à Josèphe, qui le transcrit presque en entier ( Ant . jud., XI, i-v).

Le compilateur n’a pas suivi les données chronologiques de l’Esdras canonique : il paraît distinguer entre l’expédition de Sassabasar, sous Cyrus, et celle de Zorobabel , qu’il avance jusqu’à la seconde année de Darius (520). 11 ignore que le passage iv, 7-24, de l’Esdras canonique n’est qu'une parenthèse, ou plutôt un fragment hors de sa place; il le reporte plus avant encore, entre l’édit de Cyrus (536) et le retour de Zorobabel (520). Le Temple est achevé en 516, et on en fait une dédicace solennelle. Puis le récit passe immédiatement, comme dans l’Esdras canonique, à l’action réformatrice d’Esdras, favorisée par un Artaxerxès (II ou III), roi de Perse. Il n’est pas le moins du monde question de Néhémie; le compilateur n’emprunte à ses Mémoires que le morceau (ix, 37-55, correspondant à II Esd., vu, 73vm, 13) consacré au récit de la lecture solennelle de la Loi par Esdras.

La partie propre du Troisième livre d’Esdras (m-v, 6) parait être une légende ou haggada fixée directement en grec. A la suite d’un festin , trois gardes du corps de Darius font un pari à qui écrira la sentence la plus sage et méritera par là les faveurs royales. Le premier écrit : « Le vin est fort. » Le second : « Le roi est plus fort. » Le dernier: « Les femmes sont plus fortes, mais la victoire resta encore à la vérité. » Le roi, à son réveil, lit les sentences , assemble son conseil , et ordonne aux sages de défendre chacun son opinion. Suit une description de la force du vin , de la puissance royale et de la séduction féminine. Toutefois l’avocat de cette troisième cause conclut par l’éloge de la vérité et de son pouvoir invincible : c’est que la vérité est Dieu. Toute l’assemblée acclame le dernier orateur et s’écrie après lui : « Grande est la vérité, à elle reste la victoire. » Le roi, charmé luimême, promet au vainqueur de combler tous ses désirs. Or le vainqueur est Zorobabel : il rappelle au prince le dessein qu’il avait formé de relever Jérusalem et de rebâtir le Temple. Darius lui permet de rentrer dans la patrie de ses pères, de relever le Temple aux frais du trésor royal , et Zorobabel part avec une escorte octroyée par Darius. Suit l’énumération des expéditionnaires.

Le dessein du compilateur du Troisième livre d'Esdras parait avoir été de fournir une histoire du Temple depuis Josias jusqu'à une époque que nous ne pouvons déterminer avec précision; le livre se termine trop brusquement pour qu’il ne soit pas naturel de penser à une lacune

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