Manipulus
D’après Frotiner, La colonne Trajane,
pl. 47.
ÉTENDARD — ÉTHAM
avait son vexillum. Voir t. i, col. 995. Le vexillum fut toujours l'enseigne unique et particulière de la cavalerie romaine. C’était une pièce d'étoffe carrée, attachée par le haut à une traverse horizontale. Le cavalier qui le portait s’appelait vexillarius. Chaque cohorte avait son signum ou son vexillum particulier, selon que les soldats qui la formaient marchaient à pied ou à cheval. Les troupes auxiliaires eurent aussi leur vexillum, et les
®17. — Vexillarius. D'après Frôhner, La colonne Trajane, pl. 34.
vétérans leur drapeau séparé. Tite-Live, vm, 8; Tacite, Uist. , i, 41; ii, 83, 100; cf. Ann., i, 36. Quelques enseignes portaient entre autres dessins l’image de l’empereur, entourée d’une guirlande de lauriers. Végèce, Mil.,
I, 7. Pilate profita de la nuit pour les faire entrer à Jérusalem. Comme la loi mosaïque interdisait absolument toute figure humaine, les Juifs réclamèrent avec tant d’insistance, que Pilate fit rapporter ces enseignes à Césarée. Josèphe, Ant. jud., XVIII, ni, 1; Bell.jud., II, ix, 2. Sur le caractère idolàtrique des enseignes romaines, propria legionum Numina , comme s'exprime Tacite, Ann., ii, 17, voir Abomination, t. i, col. 74, et fig. 8, col. 75. E. Mangenot.
ETERNITE, attribut en raison duquel Dieu n’a ni commencement ni fin. Le nom d’Éternel a été constamment donné à Dieu par les Juifs et les chrétiens. Gen., xxi, 33; Bar., iv, 7 ; Dan., vi, 26, xm, 42 ; Eccli., xvm, 1 ;
Il Mach., i, 25; Rom., vi, 26. La Sainte Écriture exprime aussi 1 éternité de Dieu par des figures et des comparaisons. Le nombre de ses années ne saurait être compté. Job, xxxvi, 26. Il reste à jamais, pendant que les impies passent. Ps. ix, 8. Il habite l'éternité. 1s., lvii, 15. Il est l’Ancien des jours. Dan., vii, 9. Il est celui qui était, qui est et qui sera. Apoc., i, 4. Cette éternité sans comrnen- j
cernent est aussi attribuée au Christ, considéré comme Dieu. Mich., v, 2; Joa., vin, 58; Hebr., I, 8. La raison de l’éternité de Dieu, c’est, disent les théologiens, qu'il possède l’être par lui -même; d’où il est nécessaire qu'il soit toujours. C’est une des vérités marquées par le nom de Jéhovah : « Je suis celui qui suis. » Exod., iii, 14.
L’éternité dont nous venons de parler n’appartient qu’à Dieu. Seul, il n’a ni commencement ni fin. Le ciel et la terre, c’est-à-dire toutes les créatures, ont, au contraire, été faites au commencement. Gen., i, 1. Elles n’ont donc point toujours existé. Pour Dieu , il est le principe et la tin, le premier et le dernier. Apoc., i, 8; xxi, 6; xxii, 13; Voir t. i, col. 1. Cependant il a donné à ses créatures intelligentes, non pas sans doute d’être sans commencement, mais de vivre sans fin. Leur immortalité est exprimée assez souvent dans l’Écriture, par le terme d’ « éterj nité ». Dan., xn, 2; Eccli., xvm, 22, xxiv, 31; II Mach., i vu, 9; Matth., xvm, 8; xix, 16; Jude, 6, 7, etc. — La I même expression est aussi appliquée au règne sans fin I qui est promis au Christ. Dan., n, 44; ix, 24; Luc., i, 32.
! r A. Vacant.
ÉTERNUEMENT (hébreu : ’ âtl'sâh ; Septante : -jrrappiô; ; Vulgate : sternutatio), mouvement subit et convulsif du diaphragme, qui oblige les poumons à expulser l’air brusquement et bruyamment par le nez et la bouche. Le mot hébreu reproduit par onomatopée le bruit de l’éternuement. — Job, xli, 9, dit que l’éternuement du crocodile fait jaillir la llamme. Quand l’homme éternue, l'air expulsé entraîne avec lui et projette violemment au dehors les parties liquides qu’il rencontre sur son passage. De même le crocodile, quand il lève sa tète hors de l’eau, rejette brusquement, comme s'il éternuait, le liquide contenu dans sa gueule et ses fosses nasales. Ce liquide, vivement projeté au dehors, ressemble à de la vapeur, et même, sous les rayons du soleil, prend les teintes de l’arc-en-ciel pour le spectateur convenablement placé, et ressemble à la flamme. II. Lesètre.
ÉTHAÏ. Nom de trois personnages dans la Vulgate.
1. ÉTHAÏ (hébreu : ’lttay ; Septante : SeOfle: ; Codex Alexandrinus : ’EO0d, dans II Reg., xv, 19, 22, et ’EôSst, dans II Reg., xvm, 2, 5, 12), Philistin, né à Geth, d’où son nom de Géthéen. Il s’était attaché à David et était devenu un de ses plus fidèles serviteurs. II Reg., xv, 19-22. Durant la guerre contre Absalom, le roi lui confia le tiers de son armée. II Reg., xvm, 2, 5, 12.
2. ÉTHAÏ, Benjamite, fils de Ribaï, I Par., xi, 31, appelé plus justement I thaï , II R.eg., xxra, 29. VoirlTHAï.
3. ÉTHAÏ (hébreu: ' Attay ; Septante: ’leOQet ; Codex Alexandrinus : ’Ie00i), un des fils de Roboam , roi de Juda, qu’il eut de Maacha, la petite-fille d'Absalom. Il Par., xi, 20. Ce nom propre se retrouve dans les inscriptions palmyréniennes sous la forme >ny, et, en composition, jriany, npyny.
1. ÉTHAM (hébreu : ’Êtâm; Septante: ’OOoip., Exod., xm, 20; Bou6âv, Num., xxxm, 6), deuxième station des Israélites partant de Ramsès pour aller vers la mer Rouge. Exod., xm, 20; Num., xxxm, 6. La première fut Soccoth, probablement non loin du lieu de départ. La seconde se trouvait « à l’extrémité du désert » qui portait le même nom, midbâr-'Etam, « désert d’Étham, » Num., xxxm, 8, et que les Hébreux, après le passage miraculeux de la mer, parcoururent pendant trois jours avant d’arriver à Mara. La situation de ce point n’est pas facile à déterminer. On peut affirmer cependant qu’il était sur la route directe d’Égypte en Palestine, c'est-à-dire celle qui, longeant la Méditerranée, conduisait à Gaza, dans le pays des Philistins. C'est, en effet, celle que suivirent au début les fugitifs,
ÊTHAM — ÉTIIAN
jusqu'au moment où, à Étham précisément, Dieu les fit changer de direction, par un brusque mouvement vers le sud. Exod., xiv, 2. Voilà pourquoi, croyons -nous, quelques auteurs ont tort de placer cette étape au sud des lacs Amers. Cf. Robinson, Biblical Researches in Palestine, Londres, 1856, t. i, p. 55; Keil, Genesis und Exodus, Leipzig, 1878, p. 448. Les Hébreux, en quittant Ramsès, suivirent naturellement les bords du canal d’eau douce qui, longeant l’ouadi Toumilat, se dirige dans sa première partie d'ouest en est, vers le lacTimsah. Comme le point de départ était en somme peu éloigné de la frontière du désert où ils devaient aller, ils arrivèrent facilement, après une première étape qui fut courte, « à Etham, qui est à l’extrémité [occidentale] du désert, » situé entre l’Égypte et la Palestine. Cf. F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., Paris, 1896, t. il, p. 404-405. Étham devait donc se trouver dans le voisinage, peut-être dans la ligne même des fortifications élevées de ce côté par les pharaons contre les Arabes nomades. Les découvertes égyptologiques ont, en effet, confirmé l'existence d'une grande muraille qui allait de la mer Rouge à la Méditerranée et défendait le pays contre les invasions de certaines bandes asiatiques. Un papyrus de Berlin en suppose -'érection du temps de l’Ancien Empire. Ces fortifications s’appelaient en égyptien
® m |-5-j , yetem , yetam, et en copte B LU *3- ""T 0 >
tôm, tom, mots qu’on cherche à rapprocher de l’hébreu Dnx, ’Êtâm, et du grec ’OOcôg. Cf. G. Ebers, Durch
tiosen zum Sinai , 2e édit., Leipzig, 1881, p. 521-522 (dans la carte intercalée entre les pages 72 et 73, l’auteur place Étham à l’est et presque à la hauteur du lac Ballàh). Cette opinion est acceptée par bon nombre d’auteurs actuellement. On peut se demander cependant pourquoi les Hébreux, qui avaient dans leur langue le correspondant exact, comme orthographe et comme signification, de l’égyptien yetam, c’est-à-dire ann , hâtâm,
« enfermer, » ont modifié ce mot, comme s’il leur avait été étranger. — M. E. Naville, The store-city of Pithom, Londres, 1885, p. 23-24, voit dans Étham une région plutôt qu’une ville ou une forteresse. Ce serait, d’après lui, « le pays A'Atima, Atma ou Atuma, » dont parlent les papyrus, habité par les Schasou nomades, et dans lequel MM. de Rougé, Chabas et Brugsch auraient à tort reconnu « le pays d’Édom ». 11 trouve ainsi plus naturel le nom donné au « désert d’Étham ».
A. Legendre.
2. étham (DÉSERT D’) (hébreu: midbâr-’Êtâm ; les Septante n’ont mis que ■>] i prqjioç, « le désert »), région que les Hébreux, après le miraculeux passage de la mer Rouge, parcoururent pendant trois jours avant d’arriver à Mara. Num., xxxm, 8. Pour la signification du mot midbâr , voir Désert, col. 1387. C’est une partie du désert de Sur. Exod., xv, 22. Elle se trouvait ainsi à la pointe nord-ouest de la péninsule Sinaïtique, tout près de l’Égypte, et elle tirait son nom d’Étham, pour ceux qui regardent cet endroit comme une ville ou une forteresse. Voir Étham 1. Cependant, comme elle s'étendait fort loin au sud, M. E. Naville, The store-city of Pithom, Londres, 1885, p. 24, se demande si cette ville pouvait lui valoir sa dénomination, si en outre une cité égyptienne pouvait donner son nom à un désert habité par une population sémitique, et dont la plus grande partie était sur la côte opposée de la mer. Voilà pourquoi il assimile Étham à « la région d’Atuma » dont parlent les papyrus. Quoi qu’il en soit, il est probable que ce territoire commentait vers les lacs Ballah et'ïimsah, pour descendre vers la pointe du golfe de Suez et se confondre avec le désert de Sur, comme il résulte de la comparaison entre Exod., xv, 22, et Num., xxxm, 8. Voir Sur. A. Legendre.
ÉTHAN . Hébreu: 'Êlân. Nom de plusieurs personnages.
1. ÉTHAN (Septante: TaiOiv, 111 Reg., iv, 27; A10âp.- Codex Alexandrinus : Aiôàv, I Par., n, 6), un des quatre fils de Mahol, que Salomon surpassait en sagesse. III Reg., iv, 31 (hébreu, v, 11). Sur cette dénomination des fils de Mahol, voir Chalcol, t. il, col. 505. On identifie généralement ’ Êtân , Hêmân , Kalkol et Barda' de III Reg., iv, 31 (hébreu, v, 11), avec les personnages de même nom, 'Etân, Hêmân , Kalkôl et Dura' , ou mieux Darda', de I Par., n, 6. 11 faut pour cela entendre « fils de Zara » de ce dernier passage dans le sens de « descendants de Zara ». Dans III Reg., iv, 31 (hébreu, v, 11), Éthan est appelé l’Ezrahite, hâ'ézrâhî, que le Codex Alexandrinus traduit par ’E^pa-qXîxrjç , « Israélite, » comme s’il y avait ha ézrâh l’indigène. » Mais le Vaticanus a Zapcitr,;, c’est-à-dire descendant de Zara : ce qui est probablement le sens du nom patronymique, ’ézrâhi. Éthan de HI Reg., iv, 31 (hébreu, v, 11), est ainsi appelé descendant de Zara, comme dans I Par., il, 6. Il reste cependant une certaine difficulté d’expliquer ïaleph prosthétique devant le nom de Zèrah , qui ne paraît pas usité en pareil cas. Le Psaume lxxxix est attribué à Éthan l’Ezrahite, Ps. lxxxix (Vulgate, lxxxviii), 1, comme le Psaume précédent à Héman l’Ezrahite : ce qui peut bien s’entendre d’Éthan fils d’Ezra. Mais il faut renoncer à vouloir identifier cet Éthan l’Ezrahite avec Éthan le fils de Cusi ou Casaia de I Par., vi, 44 (hébreu, 25), et I Par., xv, 17. Ce dernier est lévite, fils de Mérari ; le premier est descendant de .luda. Voir Étiian 3 et Ezraiiite.
2. ÉTHAN, lévite, descendant de Gerson et ancêtre d’Asaph le chanteur. I Par., vi, 42 (hébreu, 27). Dans la généalogie des Gersonites, y. 21, le nom d’Éthan parait remplacé par celui de Joah.