‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 367 sur 485 · ÉZÉCHIEL — ÉZÉCIIIEL (LE LIVRE D · texte numérisé non relu

ÉZÉCHIEL — ÉZÉCIIIEL (LE LIVRE D

trophe arrivée, de publier la folie d’espérances qui ne veulent pas mourir. Mais, pour arracher ses concitoyens à la fascination des cultes chaldéens et au péril de croire que Dieu, leur Dieu, avait été vaincu par Bel ou Mérodach, il ouvre devant leurs yeux les éblouissantes perspectives de la formation d’un Israël nouveau, avec le Messie lui-même pour roi. Il en décrit, dans des images qui demeureront classiques, la ville, le culte, les rites, la terre où seront admis les étrangers, et l'histoire, que clora la victoire finale de Jéhovah sur le monde de ses ennemis. On pourrait presque dire que « les destinées du monothéisme furent remises toutes, pendant un temps, entre ses mains ». Meignan, Les prophètes d’Israël, Paris, 1892, p. 089. Telle fut en somme sa mission.

2. ÉZÉCHIEL (LE LIVRE D' ). — I. CONTENU DU livre. — L’argument du livre est l’objet même de la mission du prophète. Il est tout entier dans ces deux phrases : que Jéhovah vengera la violation de l’alliance conclue autrefois, et qu’il en tiendra les promesses. — 1° Le prophète est envoyé pour dénoncer à Israël sa ruine, s'il ne se repent et ne cesse de pécher. Il a affaire à un peuple rebelle, à une race « irritante ». II leur annoncera des malheurs. Sa mission sera très difficile, très ingrate; mais la main de Dieu sera sur lui. Le sort de Jérusalem et du peuple est décrit par des symboles : la ville sera assiégée, prise, le peuple frappé, dispersé; un petit reste seul échappera. Et ce châtiment s’exercera par la faim, la peste, le glaive et les bêtes sauvages. Il

626. — Tombeau dit du prophète Ézéchiel, à Keffll (à une vingtaine de kilomètres au sud de Birs-Nimroud).

D’après Lof tus, Travels, p. 34.

Un mot cent fois répété par lui l’exprime heureusement : « Et ils sauront (vous saurez) que je suis Jéhovah. » Jéhovah (Jahvé) est le nom de Dieu en tant qu’il a fait alliance avec Israël. 11 signifie « celui qui est », partant l'immuable, le fidèle. Il désigne donc la fidélité à l’alliance, aux menaces comme aux promesses. Ézéchiel a été suscité pour faire resplendir à ce double égard cette fidélité. Il est le prophète de la fidélité divine. Son action, action si extraordinaire, n’a pas été sans effet. Il n’a pas sans doute détourné le châtiment tant de fois prédit : sa mission ne le comportait pas; mais du moins a-t-il ramené à Jéhovah pour toujours Israël abattu et humilié. Meignan, Les prophètes, p. 724. A dater de cette époque, l’idolâtrie décrût et cessa définitivement en Israël. On revint à la scrupuleuse observation des lois de Moïse, comme le prouvent : 1° les offrandes envoyées au Temple parles exilés, Bar., i, 6, 7, 10-13; 2° la belle prière qui se lit Bar., I, 15- in .38, et 3° le fait que nul reproche d'idolâtrie n’est adressé aux Juifs rentrés de captivité par les trois derniers prophètes. Tel fut le rôle d’Ézéchiel, telle la manière dont il le remplit. Cf. Eccli., xlix, 10-11. R. Cornely, Introductio, ii, 2, p. 435-438. W. J. Schrôder, Der Prophet Hesekiel, Bielefeld etLeipzig, 1878, p. 2, 3. Cf. A. Bertholet, Der Verf assungsentwurf des Hesekiel, Fribourg et Leipzig, 1896. E. Philippe.

sera comme un eu qui embraserait la forêt du sud, comme une vigne arrachée qu’on jetterait aux flammes. Ce sera le glaive de Nabuchodonosor: « Le glaive, le glaive est aiguisé, il est poli...; c’est contre mon peuple qu’il est tiré, contre tous les princes qui fuient. » xxi, 9, 12. Nul ne pourra se soustraire à la peine. Toute intercession sera inutile. « L’âme qui aura péché sera celle qui mourra. » Aucun égard aux péchés des pères. Or ces péchés, cause de l’effroyable ruine, s’étendent à tout Israël. Radicalement c’est l'idolâtrie, dont l'universalité apparait dans la vision du temple, vin, 1-18, la constance dans l'histoire souvent rappelée d'Israël, la hideur et la folie dans les allégories si réalistes d'Oolla et d’Ooliba. Cf. xvi ; xx, 5-44; xxm. L’injustice, la vaine confiance dans l’Égypte, le mensonge, tous les péchés se joignent à celui-là. Le mensonge est sur les lèvres des faux prophètes et des pseudo-prophétesses, qui dans leur optimisme trompeur paralysent l’œuvre du vrai prophète. xiii. Mais ce qu’il prédit arrivera , « la fin est venue. » - — A ces prophéties sur Israël sont rattachés les Chiera contre les nations, savoir : Ammon, Moab, Édom, le pays des Philistins, Tyr et Sidon et l’Égypte. Elles ont péché contre Israël par envie et par jalousie, en applaudissant à la catastrophe dans laquelle son existence a I péri ; elles vont éprouver 1a colère de Dieu , qui se sert

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pour cela du Chaldéen. 11 suit de là que Dieu tient sa parole en châtiant Israël de la violation de l'alliance. Il ne la tient pas moins en remplissant ses promesses. — 2° Les prédictions et les visions du prophète l’établissent. Cette partie est postérieure à la prise de Jérusalem. Israël, qui doit se relever par pure bonté divine, avait des pasteurs qui ne paissaient pas le troupeau, mais le ravageaient. Dieu les rejette. Il le rassemblera des quatre parties de la terre. Il le sanctifiera. Il lui donnera un pasteur unique, savoir « mon serviteur David ». xxxiv, 23-24. Et le troupeau vivra en paix, dans la bénédiction. Une gloire nouvelle brillera sur Israël, qui sera rétabli. Rétablissement pareil à une résurrection d’ossements arides, à qui l’Esprit rend le souffle et la vie. Les deux moitiés d’Israël seront réunies comme deux bois, qui ne feront plus qu’un seul bois. En ce temps-là, Gog, prince du pays de Magog, viendra avec une armée immense envahir ce nouvel Israël et le ravager; mais il sera défait par le jugement de Dieu, « et la maison d’Israël saura, que je suis Jéhovah, son Elohim, aujourd’hui et ensuite. » xxxviii et xxxix. Une vision grandiose avait ouvert le livre. Une vision plus grandiose encore le ferme, celle de la théocratie tant de fois prédite. Un nouveau temple d'une incomparable grandeur, un nouveau culte avec des lévites et des prêtres (de Sadoc) et un rituel sensiblement différent de l’ancien, une nouvelle Terre Promise enfin géométriquement divisée, sept tribus au nord et cinq au midi, avec des domaines réservés dans l’intervalle, pour les prêtres, les lévites, le prince ( nasi’ ) et ceux qui sont attachés au service du temple : tels sont les traits généraux de celte splendide mais très obscure vision. Une description de la ville centrale avec sa limite, ses portes et leurs noms, la termine. « Et à partir de ce jour le nom de la ville sera : Là est Jéhovah. »

IL Division. — Le livre est partagé en deux parties, que précède une introduction. — introduction : Vision du char. Appel. Mission. Difficultés. Instruction générale. Sanction, i-iii, 21. — première partie : Prophéties de menaces contre Israël, qui a violé l’alliance par son idolâtrie; puis contre les nations voisines, iii, 22-xxxn. — Deux sections. — Première section: Israël averti, menacé de Dieu, ni, 22-xxiv. — Quatre groupes distincts. — 1° Prophéties symboliques et verbales sur la prise de Jérusalem et le sort malheureux du peuple, ni, 22 -vu. Deux actions symboliques, ni, 22-v. Deux prophéties verbales, vi-vii. — 2° Extase du prophète. Vision de l’idolâtrie dans le temple. Ruine des idolâtres. Ville abandonnée de Dieu, vm-xi. — 3° Misérable sort du roi et du peuple. Raisons et causes : 1. corruption des faux prophètes et des fausses prophétesses, des «vieillards de Juda », xii-xiv; — 2. idolâtrie invétérée du peuple : parabole du sarment de vigne, allégorie de la prostituée (histoire d’Israël), paraboles des deux aigles (Chaldée et Égypte), de la vigne rampante et du cèdre. Règle de la responsabilité individuelle. Chant parabolique sur la ruine de la maison royale et du peuple, xv-xix. — 4° Prophéties répétées : 1. sur le jugement de Dieu nécessaire, exprimé en paroles et par figures : l’incendie de la forêt du négeb et le glaive qui marche contre Jérusalem ; — 2. sur les causes de ce jugement expliquées en paroles et par la parabole d’Oolla (Samarie) et d'Ooliba (Juda). Défense de pleurer sur la chute de la cité, xx-xxiv. — Deuxième section : Jugement et menaces de Dieu contre les nations voisines hostiles, xxv-xxxii. • — 1° Oracles contre Ammon, xxv, 1-7; Moab, 8-11; Édom, 12-14; la Philislie, 15-17. — 2° Trois oracles contre Tyr et Sidon. Ruine de Tyr. Effroi des peuples. Opulence de Tyr figurée par un vaisseau idéal, d une richesse inouïe, qui sombre tout à coup. Orgueil du roi de Tyr puni. Chant funèbre sur la ruine de toute cette gloire. Prédiction contre Sidon. xxvi-xxvm. — 3° Sept oracles contre l’Égypte, parus à des dates diverses. Chule et ruine de la puissance de Pharaon, conquête et dévastation de

l’Égypte : Nabuchodonosor exécuteur des jugements divins. Assur, cèdre magnifique, qui fut renversé, donné comme figure de l’Égypte. Lamentations sur la ruine de Pharaon, précipité dans le schéol. xxix-xxxii. — deuxième partie : Annonce du salut ou de la restauration , selon les promesses de l’alliance, xxxiii-xlviii. — Deux sections. — Première section : Rétablissement d'Israël et anéantissement de ses ennemis, xxxm-xxxix. — Quatre séries de sujets. — 1° Attitude du prophète vis-à-vis du peuple, dont il est la sentinelle responsable, et avertissements qu'il adresse à ceux qui sont en Palestine de ne pas se targuer de leur origine abrahamique ni du don qui leur a été fait autrefois du pays. xxxm. — 2° Promesse du bon « Pasteur », qui est le Messie, appelé ici David, xxxiv. — 3° Preuves et garanties de lu résurrection d’Israël, savoir : la destruction d’Édom, le retour du peuple et son relèvement exprimé par la saisissante vision du champ d’os et la figure des deux bois réunis. xxxvi-xxxvii. — 4° Invasion et extermination de Gog et de son armée infinie. Résultat de ce jugement pour les nations et pour Israël, xxxviii -xxxix. — Deuxième section : Restauration du royaume de Dieu, xl-xlviii. Vision. — 1° Le nouveau Temple : muraille et portique extérieurs, portique intérieur, cours; temple et bâtiments accessoires; galeries de cellules et de portiques; entrée de la « gloire de Dieu » dans le Temple; aulel des holocaustes. xl-xliii. — 2° Le nouveau culte : prêtres, lévites; impôt du aux prêlres, aux lévites, à la ville, au prince ; ordonnances concernant les sacrifices et les offrandes; droit du prince de disposer de ce qui est à lui; cuisines sacrificielles pour les prêtres, pour le peuple. xliv-xlvi. — 3° La nouvelle Terre : fleuve sortant du seuil du Temple et tombant grossi dans la mer Morte, qu’il adoucit; limites du pays et sa division par rectangles entre les douze tribus; description de la cité de Dieu, qui est nommée nnxtr mn>, « Dieu est Et. » xlvii-xlviii. — Notes sur les divisions du livre en trois parties dans R. Cornely, Introductio, n, 2, p. 440, 441. Voir en oulre Trochon, Ézéchiel, p. 4-7. Cf. Neteler, Die Gliederung des Bûches Ezeclnel’s . Munster, 1870 (trop artificiel); A. Rertholet, Bas Buch Hesekiel, p. v-x.

III. Langue et style. — La langue du livre n’est pas le pur hébreu, mais un hébreu mêlé d’aramaïsmes. On a dressé diverses listes des mots qui ne se trouvent que dans ce livre. La plus longue est celle de F. C. Keil, Lehrbuch der histôrich kritischen Einleitung , Francfort, 1873, p. 296. Mais il faut observer que dans ces listes plusieurs mots ont pu être empruntés par le prophète à la langue courante et plusieurs inventés par lui. Il en est d’autres qui viennent certainement du babylonien. Frd. Delitzsch, Specunen Glossarii Ezechielobabylonici, p. x-xvm, dans Baer, Liber Ezechielis, Leipzig, 1884. Trochon, Ézéchiel, p. 10, donne comme araméens , entre autres, les mots suivants: tazenût, « impudicité, » xvi, 15, 20; hittit , « terreur, » xxxii, 23, 25; sûrat, « figure, » xliii, 11; biniân, « constructions, » xl, 5; xli , 12, 13, 15; merîrût, « amertume, » xxi, 11; siltârôn, « ivresse, » xxni, 33. Quant aux particularités de grammaire, indiquons les principales. Infinitif avec a comme préfixe, xvn, 9; xxxvi, 5. Verbes lamcd aleph traités comme verbes lamed hé. v, 2 ; xxiii, 49; xxviii, 16; xxxm, 12. 2e pers. fém. sing. parf., participe fém. sing., suffixe de la 2e pers. fém. sing. terminés en ». Pluriel en p. iv, 9; xxvi, 18. Suffixes à forme longue de la 2e et de la 3e pers. plur. i, 11; xliii, 17. Suffixes du pluriel joints à des noms singuliers. Suffixes du singulier joints à des noms pluriels. Noms déterminés ayant un attribut sans l’article, xxxix, 27, XL, 28, et vice versa, il, 3. Signe de l’accusatif devant un nom, un participe sans article, n, 2, etc. Voir Hitzig-Sinend, Der Prophet Ezechiel, Leipzig, 1880, p. xxvni-xxix. Cf. Selle, De aramaisniis libri Ezechielis, 1890; W. Gesenius, Geschichte der hebraisclien Sprache und Sclirift, Leip-

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zig, 1815, p. 35, 36. — De là une diction spéciale, que distinguent en outre l'usage fréquent des mêmes expressions et l’imitation des anciens prophètes. Les expressions qui reviennent le plus souvent sont : — 1. « Fils de l’homme, » ii, 1 , 3 (près de cent fois) ; — 2. Dominus Deus, « le Seigneur Dieu, » ii, 4 (plus de deux cents fois) ; — 3. beit meri, « maison rebelle, » il, 5; — 4. « Et l'on saura (vous saurez) que je suis le Seigneur, » v, 13 (plus de soixante-dix fois); — 5. « Le Seigneur dit ceci, » v, 7 (plus de cent fois); — 6. « Dit le Seigneur, » ne'urn Yehôvâh, vin, 8, etc. (plus de quatre-vingts fois); — 7. « Terres, » 'aresôt, v, 5, 6; — 8. « Les monts d’Israël , » vi , 3 ; — 9. « Pose ta face vers ou contre , » vi, 1. Cf. R. Driver, Introduction, p. 279; F. Keil, Lehrbuch, p. 296. — D’autre part, l’imitation littéraire des anciens prophètes est très visible. Amos, Osée, Isaïe, Sophonie, sont imités très souvent, surtout Jérémie et l’auteur du Lévitique (Lev., xvii-xxvi). La parenté de textes va parfois dans ceux-ci jusqu’à l’identité verbale. "Voir pour les indications, mais non pas pour les conclusions, R. Smend, Der Prophet Ezechiel, p. xxv-xxvii.

Le style, malgré cela, est personnel, original. Il se fait remarquer notamment par une surabondance d’images, de ligures et de symboles. Images, figures et symboles caractérisés — 1. par le nombre, la variété, l’éclat; ■ — 2. par l’érudition précise et minutieuse : il y a telle vision, telle parabole, qui révèlent dans le prophète une connaissance étonnante des choses du sanctuaire, des arts, de la géographie, des relations commerciales lointaines, et — 3. par la hardiesse et même l’exagération : elle va si loin, que certains détails en sont inintelligibles. Style d'ailleurs un peu diffus, très délayé, avec, par intervalle, quelque chose d'âpre et de dur. On veut qu’il ait pris son genre de figures dans le milieu babylonien où il vivait. 11 y a de bonnes raisons pour n’en pas disconvenir. Disons cependant qu'il ne faut pas exagérer l’influence de ce milieu. F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, Paris, 1882, t. îv, p. 324-369; F. Kaulen, Einleitung, Fribourg, 1890, p. 383. Il se fuit remarquer en outre par son obscurité. Les Pères la reconnaissent. Les rabbins la confessent : ils ne voulaient pas qu’on lût la vision du char et la vision du Temple, les premiers et les derniers chapitres, avant trente ans. Ce I vre faisait à saint Jérôme, t. xxn, col. 547; cf. t. xxv, col. 17, 392, 468, l’effet des noires catacombes qu’il visitait étant enfant ; c’était pour lui « un labyrinthe, l’océan des mystères ». Mais celte obscurité vient moins du style que de la perpétuelle présence d’allégories et de paraboles, offrant toujours par elles-mêmes quelque chose d’énigmatique et de mal défini. R. Lowth porte sur Ézéchiel ce jugement : « Il est inférieur en élégance à Jérémie et presque l'égal d'Isaïe en élévation. (Voir sur ce mot la note contraire de Michaelis, De sacra poesi Hebræorum Prælecliones, not. 93, Oxford, 1663.) Mais cette élévation est d'un genre très différent. Il est terrible, véhément, tragique, toujours sévère et menaçant... 11 est riche en images pompeuses, effrayantes, souvent même capables de révolter. Son style est grand, plein de gravité..., un peu rude et quelquefois négligé... Quelque sujet qu'il entreprenne de traiter, il le poursuit avec persévérance, s'y tenant exclusivement attaché... Vaincu peut-être dans tout le reste par plusieurs des autres prophètes, il n'a jamais été égalé par aucun écrivain... en énergie, en véhémence, en majesté et en grandeur. » Leçons sur la poésie sacrée des Hébreux (Leçon 21e), Lyon, 1812, t. n, p. 86-89. Le jugement est bon. — Une des formes de son style est l’élégie qinûh, c’est-à-dire la « complainte », le chant de deuil et de ruine, p.125, 126. On trouve cependant aussi les autres genres. Budde, dans le Zeitschrift fur die altteslamentliche Wissenschaft, 1882, p. 15-22. Cf. R. Driver, Introduction , p. 278.

IV. Etat du texte. — Le texte classique est très incorrect, presque autant que celui des Rois (I et II). Les

variantes qu’il présente sont de toutes soties. Voir J. -B. de Rossi, Variæ lecliones Vet. Test., Parme, 1786, t. m, p. 126-271. Toutefois, au dire de C. IL Cornill, son récent critique, il n’y aurait entre le texte présent et « le plus ancien manuscrit connu que seize variantes réelles », c’est-à-dire qui touchent très légèrement et en partie au sens, savoir: iii, 22; vi, 5; vin, 1; xi, 19; xn, 25; xiii, 20; xvi, 50; xxm, 19; xxv, 5; xxvi, 14; xxvi, 20; xxvin, 26; xxxii, 23; xxxii, 30; xxxm, 23, et xlvii, 9. Das Buch des Prophelen Ezechiel, Leipzig, 1886, Prolegomena, p. 9. Ajoutez que ce manuscrit doit différer du premier texte massorétique, et celui-ci de l’autographe même : quinze siècles accumulent nécessairement des variantes, au moins accidentelles. C. IL Cornill, p. 10, 11. Quelques endroits sont particulièrement corrompus, irrémédiablement peut-être. Indiquons xli-xlii, 12. Quelquesunes de ces variantes seraient -elles le fait des rabbins, voulant, par la retouche du texte, lharmoniser avec d'autres passages? C. H. Cornill l’affirme (p. 475), mais ne le prouve pas. Les causes communes, la négligence des copistes, la hardiesse des correcteurs, les glossateurs téméraires, suffisent à les expliquer, semble-t-il. Et puis l’obscurité du sens a pu ne pas être étrangère à leur accroissement. Plusieurs essais de restitution ont été tentés. Le plus radical et le plus étendu, pensons-nous, est celui de C. H. Cornill. Après des prolégomènes où il traite de la version grecque (et de ses dérivés), du Targum, de laPeschito, de la Vulgate, il donne — 1. le texte hébreu tel qu’il était quand les Septante parurent : il se montre ainsi indépendant du texte massorétique, qu’il estime peu; puis, — 2. dans la page latérale, la version fidèle en allemand de l’hébreu ainsi rétabli; et — 3. dans la marge inférieure, un apparatus criticus très chargé. Les savants louent unanimement cette œuvre. Ils reprochent cependant à son auteur d’avoir trop donné à la conjecture. R. Driver, Introduction, p. 260. Le texte ainsi corrigé n’est donc pas encore définitif. On doit nommer après lui F. Hitzig, R. Smend (commentaires), P. Botcicher, Proben alttest. Schrifterklarung, Leipzig, 1833 (Vision du Temple), D. Muller, Ezecliielstudien , 1895; J. Knabenbauer, In Ezech., passim, et A. Bertholet, Hesekiel, passim. Quant au texte massorétique, il a été révisé, en 1884, par S. Baer : Liber Ezechielis. Texlurn massoreticum accuratissime expressif, e fontibus masoræ ua ie illustravit, notis criticis confirmavit S. B., Leipzig, 1884. — Le livre existe dans toutes les versions anciennes. La version des Septante est d'une « absolue (!) vérité », dit C. H. Cornill, p. 102, et on peut la regarder comme reproduisant exactement l’hébreu lu en Egypte au me siècle; le meilleur manuscrit est le B Vaticanus. Le Targum n’est pas aussi correct; il suppose un texte hébreu non encore arrêté comme il sera plus tard. La Peschito a une valeur réelle, car elle témoigne de la tradition exégétique et donne un certain nombre de bonnes leçons, ainsi que la Vulgate. Pour les versions, voir C. 11. Cornill , p. 1 - 160.

V. Autorité. — Nul doute que le livre soit d'Ezéchiel. Il est d’une si étroite unité de plan, d’une rédaction si uniformément originale, qu’il faut « l’admettre tout entier ou le rejeter tout entier ». Cf. R. Smend, op. cit., p. xxi. S’il en est ainsi, il est tout entier d'Ezéchiel, qui l’aurait écrit vers l’an 573 (xli). A. Berlholet, op. cit., p. xxii, xxui. Le livre, I, I, 3, 4; il, 1, 2, etc., et l’opinion unanime le prouvent. Les rationalistes eux- mêmes en conviennent. Voici le témoignage de l’un d’eux : « S'il est un livre portant au front le signe de son authenticité et se présentant tel qu’il est sorti de la main de son auteur, c’est le livre d'Ézéchiel. Aucun autre n’est un tout si savamment organisé, si clairement enchaîné. Aucun autre ne trahit à ce degré, de la première lettre à la dernière, une même main, un seul esprit, une même individualité très accusée... Un pareil livre, on ne peut que l'admettre ou le rejeter tout entier. Le rejeter, Zunz

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et Seinecke, parmi les modernes, l’ont fait. » Ils en reculent l’apparition, celui-ci au temps de la domination persane (440-400), celui-là au temps de la domination syrienne (160), et encore pour une raison dogmatique : l’attribuer à Ézéchiel serait, en effet, reconnaître la prophétie, qu’ils disent métaphysiquement impossible. « Mais c’est très justement que l'on ne prend pas au sérieux ces opinions et qu’on les regarde comme des curiosités. » C. II. Cornill, Einleitinig in das Alte Testament, Fribourg et Leipzig, 1896, p. 176. — L’inspiration du livre n’a jamais été contestée dans l’Église; elle est incontestable. Les rabbins du Ier siècle voulurent exclure le livre du canon , parce qu’ils le croyaient en désaccord avec la Loi. Mais R. Hanania ayant concilié ces antinomies apparentes, ils l’y maintinrent. J. Fürst, Der Kanon des Alt. Test, nacli der TJeberlieferungen im Tahnud und Midrascli, Leipzig, 1868, p. 21, 24. L’Ecclésiastique, xlix, 10, 11, le place immédiatement après Jérémie. Le Nouveau Testament ne le nomme pas, mais c’est bien à lui que sont empruntées certaines images de l'Évangile (le bon Pasteur, Joa., x, 11-18, cf. Ezech., xxxiv; le grain de senevé devenu un grand arbre, Matth., xm, 82, cf. Ezech., xvn,23), et surtout de l’Apocalypse. La longue liste de ces points de contact entre Ézéchiel et l’Apocalypse est donnée par G. Currey, Ezekiel (The Hohj Bible de C. Cook), Londres, 1882, t. vi, p. 12-16. L’autorité divine et humaine du livre est donc entièrement certaine : son inspiration est de foi définie et son authenticité incontestable.

VI. Prophéties strictement dites. — Il y en a, si l’on veut, deux séries. Les unes concernent directement Israël , les autres le Messie et son règne.

1° Prophéties concernant Israël. — On peut en former deux groupes, selon qu’elles regardent proprement Israël ou les nations étrangères mêlées à sa ruine. — Premier groupe. — Il comprend les jugements que Dieu va exercer à très brève échéance contre la ville, le Temple, le pays, le roi, les princes et le peuple. Prédictions du siège et des maux qui en sont la suite, iv; — du sort des assiégés, voués au glaive, vm-ix, au feu, x; — de la prise et du renversement de Jérusalem, xxi, 18-19 ; xxn, 18-22; xxm, xxiv, xv; — de la dévastation et du ravage s’étendant sur tout le pays, monts et vallées, par le feu, le glaive, la famine, les bêtes sauvages : elles ont été pleinement accomplies; l’histoire sainte, pour nous en tenir là, en témoigne clairement. IV Reg., xxv, 1-3, 8-17 ; II Par., xxxvi, 19; Jer., xxxix, 1-3, 8; lii, Lam., i-ii, 20.

— Prédictions de la fuite, du jugement et du sort de Sédécias, xii-xvn, 21; — de la mort violente des princes et des magistrats aux frontières, xi, 8-12 ; xvn, 20; — de la captivité, de la dispersion et de l’extermination (partielle) du peuple, xxn, 13-16 ; xxi; xx, 32-38; xiv, 10-14; xii : elles ont été réalisées, on peut le dire, avec une vérité frappante. Voir IV Reg., xxv, 4-6; Jer., xxxix, 4, 5, 7; lu, 8, 9, 11; IV Reg., xxv, 18-21; II Par., xxxvi, 17-22; Jer., lu, 10, 27; xxxix, 6. Il en est de même des prédictions qui concernent le retour et la restauration pris dans toute la large acception du mot. xv, 53-63; xxxiv.

— Autre groupe. — Il est formé des prophéties contre les nations étrangères. Le grand crime de celles-ci, aux yeux divins, est l'hostilité jalouse qu'elles ont manifestée contre Israël, ou le cri de joie qu’elles ont poussé en apprenant son humiliation. L’histoire met hors de doute l’accomplissement de ces prophéties. — Prophétie contre Arnrnon, xxi, 28-30; xxv, 1-7, réalisée par les « fils d’Orient » ( Nabuchodonosor), Josèphe, Ant.jud., X, ix,7, et par les Arabes plus tard. Cf. J. Knabenbauer, p. 254.

— Prophétie contre Moab, xxv, 8-11, réalisée par Nabuchodonosor. Josèphe, loc. cit. — Prophétie contre Édom, xxv, 12-14, réalisée dans les temps machabéens, par Judas. I Mach., v, 65; II Mach., x, 16-17. Cf. Josèphe, Ant.jud., XIII, ix, 1. — Prophétie contre les Philistins, xxv, 15-17, réalisée d’abord par les Égyptiens, Jer., xlvii, et puis par les Chaldéens. G. Currey, Ezekiel, p. 109. —

Prophétie contre Tyr et Sidon, xxvi-xxvm, réalisée certainement, quoique les anciens y paraissent contraires; car « Tyr, lit-on dans Troehon, Ezéchiel, p. 188; cf. p. 186, n’est plus actuellement que la ruine d’une ville bâtie avec des ruines ». Nabuchodonosor, à s’en tenir strictement aux anciens (Josèphe, Ant.jud., X, xi, 1 ; Cont. Apion., I, 21 ), aurait assiégé cette ville pendant treize ans. É’a-t-il prise, et comment, c’est « le point débattu ». 11 est certain toutefois qu'il a commencé sa ruine, ce qui suffit à vérifier le texte. Voir G. Brunengo, L’Impero di Babilonia e di Ninive, t. n, p. 294-300; A. Bertholet, Das Buch Hesekiel, p. 154; cf. A. Kuenen, Histoire critique des livres de l’Ancien Testament, Paris, trad. Picrson, t. il, p. 624-626.

— Prophétie en sept oracles contre l'Égypte et son roi. xxix-xxxii. L’expédition de Nabuchodonosor en Égypte, en 572, expédition attestée par les anciens, dans Josèphe, Cont. Apion., I, 19,20, et par l’épigraphie égyptienne et ehaldéenne,est la réalisation sinon entière, au moins principale, de ces oracles. Les opinions contraires ne tiennent plus. Voir G. Brunengo, L’Impero, p. 302-322; Troehon, Ezéchiel, p. 228; F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, t. iv, p. 244-253. Cf. A. Bertholet, p. 156.

2° Prophéties messianiques. — Quelques-unes regardent la personne, les autres le royaume du Messie.

— Il y a des raisons de penser que, dans la vision du char, celui qui est assis sur le trône , demût kemar, ëlt âddm,« l’apparence comme la ressemblance d’un homme, » i, 26, 27, est le Messie lui-même : l’analogie des textes le prouve. Is.,vi, 1, et Joa., xii, 40, 41; Dan., vii, 13, et Apoc., i, 13-16. Il sera comme une petite (raq) branche coupée dans la pointe d'un cèdre, plantée sur le plus beau sommet des monts d'Israël et devenant un arbre magnifique, où tous les oiseaux habitent et font leur nid, dans l’ombre de son feuillage, xvii, 22-24; cf. Is. , iv, 2; xi, 1; liii, 2; vi, 13; Matth., xm, 31; Marc., iv, 31; Luc., xm, 19. Celte branche, ce rejeton figuratif, n’est autre que le roi venant après Sédécias, longtemps après, après un long abaissement; il est nommé « celui à qui est dû le royaume », 'ad bô' asér lô ha-mispât xxi, 31, 32 (hébreu, 26, 27); cf. Gen., xlix, 10. J. Knabenbauer, In Ezech., p. 215-217. Ce roi, le Messie certainement, sera le « Pasteur » d’Israël. « Je susciterai sur mon troupeau, dit Dieu, un pasteur pour le paître, mon serviteur David; il le mènera au pâturage et lui servira de berger.» Image employée pour marquer la nature débonnaire de son gouvernement et les biens apportés par lui, qui sont la sainteté, la paix, la sécurité, «des pluies de bénédictions. » xxxiv, 23-31. Voir, sur cette dernière prophétie, J. Knabenbauer, p. 356-360. Cf. Troehon, Introduction générale aux Prophètes, Paris, 1883, p. xcix-cii ; L. Reinke, Die Messianischen Weissagungen , n, 2, Giessen, 1862, p. 87- 1 10. — Telle est la personne du Messie dans Ézéchiel. Son royaume y est aussi décrit 1. par des traits particuliers, 2. dans la divine synthèse qui ferme le livre. — Ce royaume est formé d'Israël, mais aussi des peuples convertis qui lui sont unis, union symbolisée par le retour de Sodome et de ses filles, de Samarie et de ses filles, c’est-à-dire par la conversion de tout le monde païen, qu’elles figurent, xvi, 53-63 ; cf. Rom., xi.

Ses sujets sont marqués au front du signe r , thav

(6au), exprimant la croix rédemptrice. IX, 4, 6. Son trait distinctif est la sainteté, qui consiste dans le changement du cœur, le renouvellement de l’esprit et la droiture de la vie pratique et des mœurs, xi, 19, 20; cf. Rom., vm, 3, 4; xxxvi, 20. Plus précisément, c’est une transformation d'ordre spirituel, qui atteint toute l’âme; c’est la justification personnelle et ses effets, le baptême, xxxvi, 25, la rémission des péchés, le don de la grâce, 26, l’inhabitation de l’Esprit, 27a, avec, comme suites de cet état nouveau, la paix, la sécurité, la sainteté, la familiarité avec Dieu , l’abondance des biens. Ce sera comme « un

ÉZÉCHIEL (LE LIVRE D

jardin de volupté », 27a-32, 33. La messianité de ces prophéties est prouvée par les arguments ordinaires, c’està-dire par l'interprétation des Pères et des docteurs, pur le contexte ou la matière inapplicable, totalement et strictement du moins, à Israël, et par l’analogie avec d’autres oracles certainement messianiques. En voir les preuves dans J. Knabenbauer, In Ezecli., p. 371-374, et G. K. Mayer, Die messianischen Prophezieen , Vienne, 1864. — Insistons seulement un instant sur la dernière vision, le rétablissement du royaume de Dieu. XL- xlviii. Les uns, les Juifs et les rationalistes, l’entendent au sens littéral proprement dit; plusieurs, du temple de Salomon, dont le prophète veut perpétuer limage; d’autres, du temple de Zorobabel, dont il trace par avance le plan strict et obligatoire ; les millénaristes, du temple, du culte, du pays, tels qu’ils existeront, selon eux, dans « le règne de mille ans ». Ils se trompent. Ils ont contre leur conception —

I. l’histoire et le texte : ces temples, ni le premier ni le second , ne répondent pas exactement à celui de la vision, et — 2. l’évidente irréalisation des détails, par exemple, xlvii, 1-12. Les autres, presque tous les catholiques, l’entendent au sens littéral improprement dit ou allégorique et figuré; un petit nombre, partie au sens littéral, partie au sens spirituel; la plupart, au sens littéral allégorique de l’Église et du royaume messianique, présenté dans des symboles au goût et selon le génie du prophète. Nommons entre autres saint Jérôme, In Ezecli., t. xxv, col. 388; saint Éphrem (Syrien), In Ezech., xl, Op. syr., t. ii, p. 209. Le temple, dans cette doctrine, symbolise l’Église répandue par toute la terre, appelée « Maison de Dieu, » I Tim., ni, 15; « Édifice de Dieu, » I Cor., ni, 9; « Temple de Dieu, » 1 Cor., in, 16; cf. vi, 19; Ephes., ii, 20-22; « Maison spirituelle, » I Petr., n, 5. Le culte rituel, les offrandes et les sacrifices sont la liturgie extérieure et la sainteté intérieure produite par la grâce et les sacrements. L’absence de grand prêtre, car il n’en est rien dit, répond à l’absence visible du prêtre invisible, le Christ, seul grand prêtre. Telle est par le sommet extrême la signification générale réelle de lu vision. Poursuivre dans le menu détail cette réduction de symboles et de figures n’est pas nécessaire ; on pourrait aisément tomber dans l’arbitraire. Voir à ce sujet

J. Knabenbauer, p. 500-526; R. Cornely, ii, 2, p. 454-458. Cf. S. Davidson, An Introduction to the Old Testament, Londres et Édimbourg, 1863, t. ni, p. 152-157 (rationaliste); E. Kühn, Ezechiel’s Gesicht vom Tempel der Vollendungszeit , dans Theologisclie Studien und Kritiken, t. lv, 1832, p. 601-688; J. J. Balmer-Rinck, Des Propheten Ezechiel Gesicht vom Tempel, in-8°, Ludwigsburg, 1858.

VIL Bibliographie. — 1° De très savants rabbins ont commenté Ézéchiel. Indiquons entre autres ; Raschi, traduit en latin par Breithaupt, 3 in-4°, Gotha, 1713; David Kimchi (Radak), Biblia rabbinica , 2 in-f°, Bâle, 1618; Abarbanel, éditions de Pesaro, 1520; d’Amsterdam, 1661 et 1685, in-f°. — 2° Les Pères ont moins écrit sur Ézéchiel que sur les autres grands prophètes. Pères grecs: Origène, Homélies (xix), t. xm, col. 665-768 (traduites par saint Jérôme, t. xxv, col. 691-786); Selecta in Ezech., t. xm, col. 768-828; Fragments d'un commentaire en vingt-cinq livres provenant des Chaînes grecques. S. Éphrem (Syrien), Explanatio in Ezech., Op. syr., t. il, p. 165-202, cultive le sens littéral ; Théodoret, Commentarii in Ezecli., t. lxxxi , col. 807-1256, s'attache aussi au sens littéral; d’autres bons extraits sont entrés dans les Chaînes grecques. — Pères latins : S. Jérôme, Commentarii in Ezech., t. xxv, col. 15-512, le maître excellent des interprètes qui suivirent; S. Grégoire pape, Homiliarum in Ezecli. libri duo (vingt-deux homélies allégoriques et morales), t. xxvi, col. 785-1072; Rhaban Maur, Commentarii in Ezecli., t. ex, col. 493-1084 (vingt livres écrits à la prière de l’empereur Lothaire); Rupert de Deutz, In Ezech. prophetam libri duo, t. clxvii, col. 1419-1498; Richard

’) - ÉZEL (PIERRE D’)

de Saint-Victor, In visionem Ezech. (vision des chérubins et du temple), t. exevi, col. 527-600. — 3° Les principaux interprètes d’Ézéchiel dans Page d’or de l’exégèse catholique sont : IL Pinto, Commentarii in Ezechielem, in-f°, Salamanque, 1568, réimprimés cinq fois ailleurs; P. Serrano, Commentarii in Ezechielem, Anvers, 1572; H. Prado et J. B. Villalpando, jésuites, In Ezechielem explanatio et Apparatus urbis ac tenipli commentariis et imaginibus illustratus , 3 in-f°, Rome, 1595-1604, travail immense, plein d’érudition, dont une juste appréciation, mérites et défauts, se lit dans J. Knabenbauer, In Ezech., p. 14 et 15 ; cf. H. Hurter, Nomenclator litterarius , Inspruck, 1873,. t. i, p. 165; G. Sanctius, Commentarius in Ezechielem , in-f°, Lyon, 1612; J. Maldonat, Commentarius in quatuor proplietas..., Ezechielem, Paris, 1609. — 4° Les modernes ont bien mérité aussi du grand prophète. Interprètes catholiques: Trochon, Ézéchiel, Paris, 1897; Le Hir, Les grands prophètes, in -12, Paris, 1876; J. Knabenbauer, In Ezechielem, Paris, 1890, et Beitràge zur Wiïrdigung des Propheten Ezechiel , dans les Stimmen ans Maria- Laach, xvii, xviii, Fribourg, 1879-1880; le cardinal Meignan, Les prophètes d'Israël. Quatre siècles de lutte contre l’idolâtrie , Paris, 1892. — • Interprètes non catholiques marquants : F. Ilitzig, Der Prophet Ezechiel, Leipzig, 1847; Iiliefoth, Das Buc.li Ezecliiel’s , 2 in-8°, Rostock, 1864; Ilengstenber, Die Weissagungen des Prophet Ezechiel, Berlin, 1867, 1868; C. Fr. Keil, Der Prophet Ezechiel, 2e édit., Leipzig, 1882; J. Schroder, Der Prophet Hesekiel, Bielefeld et Leipzig, 1873; R. Smend, réédition de Ilitzig, Leipzig, 1880; C. 11. Cornill, Der Prophet Ezechiel geschildert, Leipzig, 1882, et Das Buch des Propheten Ezechiel, Leipzig, 1886; IL Meulenbelt, De prediking van den profeet Ezechiel, 1888; P. Fairbairn, Ezechiel and the Book of liis prophecy , 4e édit., Édimbourg, 1876; G. Currey, Èzekïel, in -8°, Londres, 1882; A. Bertholet, Das Buch Hesekiel, in-8°, Fribourg, Leipzig et Tubingue, 1897. Cf. Trochon, Ézéchiel, p. 18- 20; R. Cornely, Introductio, n, 2, p. 462-465; J. Schrôder, Hesekiel, p. 26-28. E. Philippe.

3. ÉZÉCHIEL, chef de la vingtième famille sacerdotale sous David. I Par., xxiv, 16. Dans la Vulgate, l’orthographe du nom est Hézéchiel.

4. ézéchiel (hébreu: Yaliazî'êl; Septante: ’AÇti)),), père de Séchénias, qui fut un des Juifs qui revinrent de la captivité de Babylone avec Esdras. I Esdr., vm, 5. Dans la Vulgate comme dans l’hébreu, on lit : « Des fils de Séchénias, le fils d’Ézéchiel; » construction qui suppose l’omission d’un nom propre. Les Septante nous montrent que c’est le nom de famille qui a été omis : ’A no Tôiv uiùv ZaOâïi; Sîy.évtaç o \6c, ’AÇirjX. Cf. III Esdr., vin, 32.

ÉZÉCIAS (héb reu : Ilizqiyyâh ; Septante: ’EÇextaç ),, ancêtre du prophète Sophonie, i, 1. Voir Ézéchias 4, col. 2148.

ÉZEL (PIERRE D’) (hébreu : liâ-'èbén hâ-’Ézél; Septante: Codex Vaticanus, rb ’Epyàë èxsïvo; Codex Alexandrinus : epyov ; Vulgate: lapis cui nomen est Ezel), pierre près de laquelle se tenait David le jour où, d’après un signe convenu, Jonathas, en lançant des flèches, lui fit connaître les sentiments de plus en plus haineux de Saül contre lui. I Reg., xx, 19. Le même endroit est mentionné plus loin, 'jt. 41, mais sous une formule tout à fait vague et obscure : mê-'êçél lian-nêgéb , « d’auprès du midi; » Vulgate : de loco qui vergebat ad austrum, « du lieu qui regardait le midi.» Les Septante ont mis, comme plus haut (avec un A au lieu d’un E), àîtb toü ’Apyàg. Il est donc probable que, dans un cas pour ’ébén, et dans l’autre pour négéb, ils ont lu ’argôb, « monceau de pierres. » Voilà pourquoi Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sa-

2163 ÉZEL (PIERRE

cra, Gœltingue, 1870, p. 120, 256, font d’Ergab un nom de lieu. Si la leçon des traducteurs grecs était juste, il faudrait traduire, au f. 41 : « David se leva d’auprès du monceau de pierres. » C’est le sens qu’offre la version syriaque. Le pronom èxeïvo suppose la lecture hallâz au lieu de hâ-’ézél. Jonathas alors, en disant à David : «Tu te tiendras près de cette pierre, » désignait un lieu bien connu des deux amis et avait ajouté une spécification que l'auteur sacré n’a pas cru devoir rapporter. Cependant la Vulgate et la paraphrase chaldaïque ont vu ici un nom propre. Cette dernière, en mettant ’Atâ, a suivi le sens delà racine hébraïque, ’âzal et ’âtâ signifiant « aller, venir ». C’est de là que quelques commentateurs ont donné à ’Ébén hâ-’ézél la signification de lapis viatorius, « pierre du Voyageur, » ou borne indiquant le chemin. Cf. F. de Hummelauer, Commentarius in libros Samuélis, in-8°, Paris, 1886, p. 202. D’autres traduisent « pierre du départ », nom qu’elle aurait reçu en souvenir de la séparation de David et de Jonathas. Cf. Fillion, La Sainte Bible, Paris, t. ir, 1890, p. 293. Elle devait se trouver aux environs de Gabaa. A. Legendre.

ÉZER. Hébreu : 'Êzér, « secours. » Nom de quatre Israélites. Le nom d’Azùr, porté par trois autres Israélites (voir 1. 1, col. 1311), est le même nom , autrement vocalisé.

1. ézer (Septante : ’Atfp), père, c’est-à-dire fondateur •de la ville d’Hosa. Il était descendant de Hur, de la tribu de Juda. I Par., iv, 4.

2. ézer (hébreu : 'Êzér; ’AÇép ; Codex Alexandrinus : ’EÇip), Éphraïmite, tenta avec son frère Élad de s’emparer des troupeaux de Gelh ; ils furent tués l’un et l’autre par les habitants aborigènes de cette ville. Ézer, selon la Vulgate , était fils de Suthala , un des descendants d'Éphraïm ; mais plus probablement, d’après le texte hébreu, Ézer était le frère d’un autre Suthala, ancêtre de celui qui vient d’être nommé, et fils d’Éphraïm. Aussi celui-ci pleura-t-il sa mort et celle d’Élad. IPar., xii, 21-22.

3. ÉZER (hébreu: 'Êzér; Septante: "AÇa ; Codex Alexandrinus : "Ai^sp), un des chefs de la tribu de Gad , qui se joignirent à David durant la persécution de Saül. Il est nommé le premier de la liste dans I Par., xii, 9,

4. ézer (hébreu : ’Âzér, à la pause; Septante : t- 41, omis dans le Codex Vaticanus ; Codex Alexandrinus et Sinailicus : ’PÇoùp), lévite, qui revint à Jérusalem avec Zorobabel et prit part à la célébration de la dédicace des murs de la ville. II Esdr., xii, 41 (hébreu, 42).

E. Levesque.

ÉZtEL (hébreu : 'Uzzî'êl, « Dieu est ma force; » omis dans les Septante), fils d’Araia, chef des orfèvres, bâtit une partie cîu mur d’enceinte de Jérusalem au retour de la captivité. II Esdr., ni, 8.

EZRÂ (hébreu : ’Ezrâh; Septante; ’Ecrpsi), père de Jéther, de la tribu de Juda. 1 Par., iv, 17.

EZRAHITE (hébi 'eu ! hâ'ézrâhî; Septante : ZapE.fr r,; ; Codex Alexandrinus : ’Eilpa-çXfrçç , III Reg., v, 11, et ’I'jpay)).EiTT)ç , Ps. Lxxxvni, 1, et lxxxix, 1), dénomination qui accompagne le nom d’Ethan, III Reg., IV, 31 (Vulgate, v, 11), et Ps. lxxxix (Vulgate, lxxxviii), 1; et le nom d’Éman, Ps. lxxxviii (hébreu, lxxxvii), 1. Éthan et Éman sont dit Zérahites, c’est-à-dire fils de Zara, conformément à I Par., ii, 6. H y a cependant une certaine difficulté, à cause de Yaleph prosthétique. D’autre

D’) — EZRIHEL 2164

part, Éman et Éthan sont appelés Ezrahites dans le titre des Psaumes lxxxviii et lxxxix; or le Psaume lxxxviii (Vulgate, lxxxvii) est attribué à des fils de Coré, c’està-dire à des Lévites; ce qui ne peut s’accorder avec la seconde partie du tilre, qui donne pour auteur au Psaume Éman, de la tribu de Juda. I Par., n , 6. 11 est à remarquer cependant qu’un Héman et qu’un Éthan sont regardés comme lévites. I Par., xv, 17. V aurait-il une erreur, non dans le nom d’Éman et d’Éthan des Psaumes lxxxviii et lxxxix, mais dans la dénomination d’Esrahite? C’est ce qu’ont peut-être soupçonné les Septante, qui substituent à ce nom patronymique celui d’Israélite. On a imaginé de nombreuses hypothèses pour résoudre la difficulté; peut-être y a-t-il, comme il arrive assez souvent, soit dans le titre des Psaumes, soit dans la généalogie de I Par., ii, 6, quelque faute de copiste. Voir Éman 3, col. 1715 et Éthan 1 et 3, col. 2004.

E. Levesque.

EZREL (hébreu: Âzar’êl; Septante : ’E'epr,).), un des descendants de Bani, qui au retour de la captivité se séparèrent des femmes étrangères qu’ils avaient épousées contre la loi. I Esdr., x, 41.

1. EZK1 (hébreu: ’Àbi hâ'ézrï, « Abiézérite, » que la Vulgate rend par patrem familiæ Ezri, .Tud., VI, 11; par familiæ Ezri, Jud., vi , 24, et par de familia Ezri, Jud., vm, 32), nom patronymique de Gédéon. Les Septante ont également: Tiaxpôç toü ’Ea-Spet dans Jud., vr, 11, où le Codex Alexandrinus porte ’AgieÇpi. Mais dans Jud., vin, 32, tous les manuscrits grecs ont ’Aêiecôpl ou ’Aëieïpci. Abiézer, un de ses ancêtres, était descendant de Manassé. Voir t. i, col. 47.

2. EZRI (hébreu : ’Êzrî; Septante: ’Ecôpst; Codex Alexandrinus: ’EÇpai), fils de Chelub, intendant des travaux agricoles dans les possessions de David. I Par., xxvu, 26.

EZRICAIV3 (hébreu : ‘ Azrîqâm , « mon secours sc lève; » Septante : ’EÇpixip.), nom de quatre Israélites.

1. ezricam , fils de Naaria, un des descendants de Jéchonias par Zorobabel. I Par., ni, 17, 19, 23.

2. EZRiCANî , un des fils d’Asel, dans la descendance de Saül. 1 Par., vm, 38; ix, 44.

3. EZR1CAW! , lévite, de la branche de Mérari, ancêtre de Séméia. I Par., ix, 14. Il est appelé Azaricam, II Esdr., xi, 15. Voir Azaricam, t. i, col. 1302.

4. ezricam, grand maître de la maison d’Achaz, roi d’Israël, massacré par Zechri. II Par., xxvm, 7.

EZRSEL. Hébreu : ’Azrî’êl, « Dieu est mon secours.» Nom de deux Israélites.

1. EZRIEL (Septante : ’EcSprç).; Codex Alexandrinus: TsÇpivj).) , puissant chef de famille dans la demitribu de Manassé, restée au pays de Basan. I Par., v, 24.

2. EZRIEL (Septante: ’Eo-pi^).; Codex Alexandrinus : ’Ecropiv))» ) , père de Saraïas, qui reçut l’ordre d’arrêter Baruch et Jérémie. Jer., xxxvi, 26.

EZRIHEL (hébreu: 'Azrî’êl, «Dieu est mon secours; » Septante : ’AÇapa-/|), ; Codex Alexandrinus : ’EÇpajX), fils de Jéroham et chef de la tribu de Dan, sous le règne de David. 1 Par., xxvii, 22 (hébreu, 19).

F. Voir Phé, Pé.

FABLE. Voir Apologue, t. i, col. 778.

FABRSCIUS Jeun Albert, luthérien, né à Leipzig Je 11 novembre 1668, mort à Hambourg le 30 avril 1736. 11 commença par étudier la médecine, qu’il abandonna bientôt pour la théologie. A Hambourg, il devint le bibliothécaire de Jean Frédéric Mayer, savant pasteur de cette ville, où Fabricius obtint la chaire d’éloquence et de philosophie. Il put alors s’abandonner entièrement à ses travaux littéraires, et à l'abri du besoin, grâce aux générosités du sénat de Hambourg, il refusa de quitter cette ville, malgré les offres brillantes qui lui étaient faites de divers côtés. Parmi ses nombreux écrits : Codex apocryphus Novi Testamenti collectas, castigatus, testimoniisque, censuris et animadversionibus illustratus, 2 in-8°, Hambourg, 1703-1719; Codex pseudepigraphus Veteris Testamenti seu pseudepigrapha Testamenti Veteris , sive scripta sanctis patriarcharum ac prophetarum nominibus temere supposita ; collectas, castigatus, tcstimoniisque censuris et animadversionibus illuslratus, 2 in-8°, Hambourg, 1713; une seconde édition augmentée en 2 in -8°, Hambourg, 1723; Votum Davidicum : Cor novum créa in me Deus, a centum quinquaginta amplius metaphrastis expressum , carminé hebraico, græco, latino , germanico , etc. Præmissus est elenchus, subjunctaque brevis notitia alphabctica metaphrastarum qui Psalmos vel universos vel nonnullos per linguas sive idiomata amplius viginti versibus reddiderunt, in -4°, Hambourg, 1729; Bibliotheca antiquaria sive introductio in notitiam Scriptorum qui antiquitates liebraicas , græcas, romanas et chrislianas scriptis illustraverunt , in-4°, Hambourg, 1713. Dans sa Bibliotheca græca, dont la meilleure édition fut publiée en 14 in -4°, à Hambourg, 1718-1754, nous signalerons les dissertations suivantes : De versionibus græcis librorum Veteris Testamenti, t. ni, p. 658; De Jesu Sirachide et aliis scriploribus sacris qui non fuere in canone hebræorum primorumve chris tianorum, t. ni, p. 718; De Sacris Libris Novi Fœderis, t. iv, p. 755; De catenis Patrum græcorum in Sanctæ Scripturæ libros, t. vm, p. 637. — Voir S. Reimar, Commentarius de vila et scriptis J. A. Fabricii, in -8", Hambourg, 1737; De vita et scriptis J. A. Fabricii, en tête de l’édition de la Bibliotheca latina de cet auteur, 6 in-8°, Florence, 1858.

B. Heurtebize.

FACE (hébreu : pânîm, mot qui n’est employé qu'au pluriel; Septante: npoo-wTiov; Vulgate : faciès, vultus), visage de l'homme.

I. La face de l’homme. — 1° C’est sur la face que se reflètent les sentiments du cœur, Gen., xxxi, 2; Eccli., xni, 31, etc.; la joie et la tristesse, Gen., XL, 7; 1 Reg., i, 18; Prov., xv, 13; Eccle.. vii, 3; Il Esdr., ii, 2, 3; Eccli., xxv, 24, etc.; la honte. Ps. lxix (lxviii), 8; lxxxiii (lxxxii), 17, etc. — 2° Comme c’est au visage qu on reconnaît la personne, la face est souvent prise

, en hébreu pour la personne elle -même. Ps. xlti (xu),

J 6, 12; xliii (xlii), 5; lxxxiii (lxxxii), 10; Is., m, 15; J etc. — « Voir la face » de quelqu’un , c’est le regarder j avec un sentiment d’affection ou de respect pour sa personne. Gen., xxxii, 20; xlvi, 30; II Reg., ni, 13; II Par., ix, 23, etc. — 11 est à remarquer que le grec irpoircoTrov prend aussi quelquefois ce sens de « personne ». 1 Thess., il, 17; Polybe, VIII, xiii, 5; XII, xxvii, 10, etc. — 3° La Sainte Ecriture se sert de plusieurs locutions dans lesquelles entre le mot « face » avec un sens particulier. Voir, parler, connaître, juger « face à face », c’est voir et connaître directement, sans voile, Gen., xxxii, 30; Deut., xxxiv, 10; Jud., vi, 22; I Cor., xiii , 12, parler et juger sans intermédiaire. Exod., xxxm, 1 1 ; Ezech., xx, 35, etc. — Faire une chose « à la face » de quelqu’un, c’est agir vis-à-vis de lui avec effronterie, Job, i, 11; n, 5; Is., lxv, 3, ou sans crainte d’être démenti. Job, xiii, 15; xvi, 8; Os., v, 5; vu, 10; Gai., ii, 11, etc. — « Tourner la face vers quelqu’un, » c’est avoir pour lui des sentiments tantôt bienveillants, III Reg., il, 15, tantôt malveillants. Ezech., xxix, 2, etc. — « Tourner la face vers un lieu, » c’est s’efforcer de l’atteindre. Gen., xxxi, 21 (hébreu : il mit sa face vers la montagne de Galaad) ; IV Reg., xu, 18; Jer., xlii, 15; Luc., ix, 53: « Il avait la face de quelqu’un qui va à Jérusalem. » — « Mettre sa face sur quelqu’un » se prend toujours en mauvaise part. Lev., xx, 5; Ps. xxxiv (xxxm), 17; Jer., xxi, 10; Ezech.,

xv, 7, etc. — « Tomber sur sa face, » c’est se prosterner à terre par respect ou par crainte. Lev., ix, 24; Num.,

xvi, 4; Ruth, il, 10; Tob., xii, 16; Il Reg., i, 2; III Reg., xviii, 39; Matlh., xvii, 6; Luc., v, 12, etc.

IL La face de Dieu. — 1° Dans la Sainte Écriture, la face de Dieu ne désigne jamais autre chose que la personne même de Dieu. Job, i, 12; Ps. xxxi (xxx), 21 ; lxxx (lxxix), 17; lxxxix (lxxxviii), 15; cxxxix. (cxxxvm), 7, etc. — Dans les inscriptions carthaginoises revient fréquemment, appliquée à la déesse Tanit, l’appellation de pen-Ba'al, « face de Baal. » Cette appellation s’appliquait primitivement à Baal considéré comme le dieu unique. Par la suite, Tanit, « face de Baal, » devint comme « une forme subjective de la divinité primitive, une deuxième personne divine, assez distincte de la première pour pouvoir lui être associée conjugalement, mais pourtant n’étant autre que la divinité elle-même dans sa manifestation extérieure ». De Vogué, Mélanges d’archéologie orientale, Paris, 1808, p. 55. Chez les Hébreux, l’expression « face du Seigneur », bien que figurée, n’a jamais désigné quelqu’un de distinct du Seigneur. On l’employait par respect, pour ne point multiplier l’appellation de la personne elle-même et donner une idée de la majesté souveraine de Jéhovah, si grand, si puissant, que sa face, comme son nom, sa main, etc., suffisent à accomplir des merveilles. Cf. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., t. iv, p. 445. — 2° En conséquence, la face de Dieu est nommée quand on veut parler de la présence de Dieu : Samuel est élevé devant la face du Seigneur, I Reg., il, 18; de sa faveur, de son assistance,

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