Fève , feuilles et fleurs
A gauche, gousse. — A droite, graine sortie de la gousse.
linéaire, et séparées par de fausses cloisons cellulaires. Le Faba vulgaris Mœnch est la seule espèce connue. La spontanéité de cette plante reste douteuse dans toutes les régions où elle a été indiquée, notamment sur les rives méridionales de la mer Caspienne et en Mauritanie. Sans ;loute la race en eût disparu sans l’intervention de l’homme, qui l'a sauvée par la culture. Elle constitue d’ailleurs l’un des plus anciens légumes, dont on a retrouvé des traces certaines datant de l'âge préhistorique. F. Hy.
II. Exégèse. — L’identification du pôl hébreu avec la fève n'a jamais souffert de difficulté : c’est le même mot, pol, polà’, dans les Targums, la Mischna, en arabe, foui,
et en éthiopien, fal, et même en égyptien,
aour, ou wour, qui équivaut à four, foui, nom assez fréquent dans les listes d’offrandes funéraires. Les fèves sont mentionnées dans deux endroits seulement de la Lible. — 1» Quand David s’enfuit devant Absalom, les habitants de Mahanaïm l’accueillirent avec empressement et lui offrirent du blé, de l'orge, de la farine, « des fèves, » des lentilles, etc., c’est-à-dire ce qui était nécessaire à sa subsistance dans la détresse où il se trouvait. II Reg., xvii , 28. — 2° Dans les prophéties symboliques d’Ézéchiel , iv, 9, se trouve aussi la mention de la fève. Pour figurer la famine que doivent endurer les habitants de Jérusalem pendant que la ville sera assiégée, le prophète reçoit l’ordre de prendre du froment, de l’orge, « des
fèves, » des lentilles, etc., et de s’en faire des pains de vingt sicles, c’est-à-dire de trois cents grammes, pour chacun des jours du siège. L’énumération des aliments va en gradation descendante pour exprimer qu'il en sera ainsi durant ces jours de calamité. Pline, H. N., xvm, 30, remarque, lui aussi, qu’on faisait parfois du pain avec des fèves; mais plus généralement elles se mangeaient avec de l’huile. La fève est abondamment cultivée en Palestine ; il est probable qu’il en a toujours été ainsi. En Égypte, on les semait en octobre ou novembre, et la récolte avait lieu au milieu de février; elle était plus tardive en Palestine. E. Levesque.
FIANÇAILLES , engagement que prennent deux futurs époux de contracter mariage.
I. Les fiançailles chez les Hébreux. — 1° Le mariage était précédé de différents préliminaires. Tout d’abord, les parents entamaient des négociations pour acquérir une épouse à leur fils, et l’alfaire se concluait sans même que les deux intéressés se fussent vus. Gen., xxiv, 3; xxxviii, 6. Plus tard, les rapports qui s’établirent entre les familles, au milieu d’une population plus agglomérée, permirent aux jeunes gens de faire eux- mêmes leur choix. D’après le Talmud, Taanith, iv, 5, deux fois l’an, les filles de Jérusalem, vêtues de blanc, allaient danser dans les vignes en répétant: « Jeune homme, vois donc et tâche de bien choisir; ne t’attache pas à la beauté, mais consulte plutôt la famille ; car la grâce est mensongère et la beauté vaine. C’est la femme qui craint Dieu qui sera louée. » Mais, même quand il arrêtait lui-même son choix, le jeune homme faisait adresser par ses parents la demande au père de la jeune fille. Jud., xiv, 2. — 2° Ces négociations s’entamaient de manière à permettre l'union des futurs époux à l’âge nubile, dix-huit ans pour les jeunes gens, douze ans pour les jeunes filles, d’après la tradition rabbinique. Abot/i, v, 21; Munk, Palestine, Paris, 1881, p. 378. Cependant Joram dut se marier à dix-sept ans, IV Reg., vin, 17, 26; Amon à quinze ans, IV Reg., xxi, 19; xxii, 1; Josias à treize ans, IV Reg., xxii, 1; xxiii, 36 ; Joakim à dix-sept ans. IV Reg., xxm, 36 ; xxiv, 8. On ne peut savoir si l’exemple donné par les familles royales était suivi dans les autres. — 3° Quand le choix de la future épouse était arrêté, le père du jeune homme s’entendait avec les parents de la jeune fille sur le niohar à fournir par le premier. Voir Dot, col. 1495- 1497. — 4° On demandait alors le consentement de la jeune fille, pour se conformer à l’exemple donné à l’occasion de Rébecca. Gen., xxiv, 57, 58. Puis on concluait la négociation par un contrat verbal, Ezech., xvi, 8; Mal., ii, 14, qu’un contrat écrit ne commença à remplacer qu’à l’époque de la captivité. Tob., vu, 16. — 5° Tout étant ainsi réglé de part et d’autre, on célébrait les fiançailles avec une certaine solennité. La Sainte Ecriture ne parle pas de la manière dont on procédait pour cette cérémonie. D’après le Talmud, les deux familles se réunissaient en s’adjoignant quelques témoins. Le fiancé remettait à la fiancée, ou à son père, si elle était mineure, un anneau d’or ou quelque autre objet de prix, en disant : «Voici, par cet anneau lu m’es consacrée, selon la loi de Moïse et d’Israël. » Kidduschin, i, 1 ; 5 ù; 65 a. Un festin terminait la fête. Gen., xxiv, 54; xxix, 22. — 6° La durée des fiançailles était de douze mois, et d’au moins un mois si la fiancée était une veuve. Dans les premiers temps, on n’exigeait que quelques jours d’intervalle entre les fiançailles et le mariage. Gen., xxiv, 55. Le délai beaucoup plus long que l’usage établit par la suite avait pour but, prétendent les docteurs juifs, de laisser à la jeune fille le temps de préparer son trousseau. Keluboth, 5, 2. D’autres raisons plus graves avaient dù sans doute inspirer cette longue préparation au mariage définitif. — 7° Pendant le temps des fiançailles, les deux futurs époux demeuraient chacun dans leur famille. Ils ne communiquaient ensemble que par l’intermédiaire
de l’« ami de l’époux », Joa., ni, 29, ou sôsbên, qui transmettait les messages réciproques et présidait spécialement à tous les préparatifs des noces. A partir des fiançailles, le jeune homme était dispensé du service militaire, et durant l'année qui précédait et celle qui suivait le mariage, les deux fiancés, tout entiers à la joie, pouvaient éviter de paraître à aucune cérémonie funèbre. — 8° En vertu des fiançailles, les deux époux s'appartenaient aussi légitimement qu’en vertu du mariage même. La mort ou le divorce pouvaient seuls les séparer. Kidduschin, i, 1. La fiancée était déjà considérée comme une véritable épouse. Ainsi, quand Jacob réclame Rachel qui lui a été promise et qui lui est fiancée, il demande à Laban ’ét-'i'slî, « ma femme, » yuvaïxâ p.ou , uxorem meam. Gen., xxix, 21. Plus tard, la loi régla que la jeune fille déjà fiancée, qui se laisserait séduire par un autre que son futur époux, serait punie de mort avec son complice, si le crime avait été commis à proximité des habitations ; le séducteur encourait seul la peine si la jeune fille avait été violentée dans les champs , où ses cris ne pouvaient lui attirer aucun secours. Deut., xxii, 23-27. Les docteurs juifs regardaient aussi comme une fiancée infidèle la jeune fille que son époux ne trouvait pas vierge, et qui en conséquence devait être lapidée. Deut., xxii, 20, 21. Enfin, ils jugeaient qu’en vertu de la loi du lévirat, Deut., xxv, 5, le frère du défunt n’avait pas seulement sa veuve, mais même sa fiancée à épouser. Selden, Deuxor. Hebræor., Francfort-sur-l’Oder, 1673, i, 12; Muni;, Palestine, p. 203; Stapfer, La Palestine au temps de Jésus- Christ, Paris, 1885, p. 155-157. Il est à noter que, même chez les Romains, à partir d’Antonin, les lois contre l’adultère furent appliquées contre les fiancées infidèles, « parce qu’il n’est permis de violer ni le mariage, ni l’espérance du mariage. » Digest., xlviii, 5, ad leg. Jul. de adulter. , xiii, 3. Dans l’esprit des anciens, les fiançailles constituaient donc un contrat aussi inviolable que le mariage lui -même. — 9° Les fiançailles n’ont pas de nom particulier en hébreu, probablement parce qu’on les considérait comme un véritable mariage, au moins quant au caractère définitif de l’engagement. La jeune fille fiancée ou nouvellement mariée était appelée ne'ârah betûlâh, irai; 7tap0fvoç, puella virgo, Deut., xxii, 23; 7txp0Évoç veâviç, adolescentula virgo, III Reg., 1,2; xopâdtov TtapOevt xdv, puella virgo. Esth., Il, 3. Le nom de Itallâh, « parée, » vou/py , sponsa, était réservé à la fiancée revêtue de tous ses atours pour le jour de ses noces. Is., xlix, 18; lxi, 10; lxii, 5; Jer., ii, 32; vu, 34; xvi, 9; xxv, 10; xxxm, 11; Cant., iv, 8. Cet état de la fiancée s’appelait kelûlôt, tîXeuoot;, desponsatio. Jer., n, 2.
IL Les fiançailles de la sainte Vierge et de saint Joseph. — 1° Marie est èp.vY|<jTeupivï) , desponsata, à un homme du nom de Joseph, et elle déclare elle -même qu’elle « ne connaît point d'homme ». Luc., I, 27, 34. Comme elle était p.vï]<rTEu0£t<jï) , desponsata, à Joseph, avant d’habiter avec lui, il se trouva qu’elle avait conçu du Saint-Esprit; Joseph, qui était juste, ne voulut pas la livrer, SeiytiaTto-ai, traducere , mais songea à la renvoyer, ànoXudai, dinüttere. Sur l’avis de l’ange, il n’hésita pas cependant à la prendre pour « sa femme », rr|V yvvatxa aù-roO, conjugem suam, Matth., i, 18, 19, 24. Au moment voulu, Joseph partit pour Bethléhem avec Marie, Tyj Èu.vyara'juh/y aù-rw, otftrr) iy/.'jç), desponsata sibi uxore prægnante. Luc., n, 5. — 2° Le verbe grec (ivridiedw a habituellement le sens de « désirer », spécialement « rechercher une femme en mariage », Euripide, Alcest., 720; Iphig. Aul., 841, « consentir à un mariage, » Euripide, Iphig. Aul., 847, et au passif « être recherchée en mariage ». Euripide, Iphig. Taur., 208; hsocrate, édit. Baiter- Sauppe, 1839, 215 e. Comme conséquence, ce verbe signifie quelquefois « épouser ». Théocrite, xvm, 6; xxii, 155. Mais le sens initial et ordinaire est bien celui de a fiancer», comme l’indiquent les dérivés gvï]arôîa, « re-
cherche en mariage;» gvycrrsipa, «fiancée; » (xv^dieuga,
« fiançailles, » Euripide, Plienic., 583; « pré-
tendant; « [xvvjdTvç , » demande en mariage. » Odys., il, 199; xix, 13, etc. En latin, le verbe desponso signifie | exclusivement « promettre en mariage, fiancer ». Sué- i tone, Cæs., 1 ; Claud., 27. Le verbe despondeo, plus usité, j a la même acception. Plaute, Pœn., v, 3, 37; Cicéron, j De orator., i, 56, 239; Ovide, Metam., ix, 715, etc. En disant que la sainte Vierge était (j.vr|dreu0£id'o , desponsata, les évangélistes ont donc eu en vue une« promise», | une « fiancée », et non une épouse. C’est pour rendre la chose indubitable que saint Luc, i, 27, appelle Marie TrxpÔÉvo; èixvï)d-reup.fvri, virgo desponsata , « vierge fiancée. » — 3° Marie n’étant que fiancée, il est tout naturel j que Joseph n’ait pas cohabité avec elle. La cohabitation n’était autorisée par l’usage qu’après les noces. Après ou avant la célébration des noces, Joseph, qui est déjà appelé « son époux », ô àvï)p adr/j;, vir ejus, Matth., 1, 19, s’aperçoit de son état. Il ne veut pas faire à son égard ce que i marque le verbe Ssiyp.a-ndai , ou 7rapot8eiyp.at£dat , selon la leçon d'un bon nombre de manuscrits. Ce mot veut dire « donner en exemple », montrer au doigt. Dans Plutarque, De curiosit., 10, édit. Didot, t. ni, p. 629, le second verbe signifie « déshonorer ». Le déshonneur aurait lieu si la fiancée soupçonnée était traduite devant les juges, qui lui appliqueraient la sentence dont est frappée l'adultère. Le latin traducere veut dire également « exposer j à la risée », Suétone, Tit., 8, « flétrir. » Tite-Live, II, xxxvm, 3; Juvénal, Saf.,vm, 17, etc. Cette dénonciation, si elle avait lieu , n’impliquerait pas le mariage , puisque la loi sur l'adultère vise même la fiancée. Deut., xxii, 23-27. Joseph veut renvoyer, àTroXùaat, dimittere, sa fiancée. Matth., i, 19. Ce verbe est celui que les évangélistes emploient à propos du divorce. Matth., v, 32; xix, 9; Marc., x, 11 ; Luc., xvi, 18. Mais, comme nous l’avons vu plus haut, les fiançailles étaient de telle nature, qu’elles ne pouvaient être rompues que par la mort ou le divorce. Ij Ici encore le terme employé n’autorise pas à croire la sainte Vierge mariée plutôt que fiancée. Cf. Fr. Baringius, De TTapaSciyp.aTtcj-ij.âi sponsæ adultéras. , dans le Thésaurus de Ilasée et Iken, Leyde, 1732, t. n, p. 97-105.
— 4° C’est seulement après la visite de l'ange que saint l Joseph prend Marie pour « sa femme », Matth., i, 24, et que celle-ci passe de l'état de fiancée à celui d’épouse.
— 5° Saint Luc, n , 5, appelle Marie, même après son mariage , âp.vY)<TTeupivY] a J toi , desponsata sibi uxore,
« fiancée à lui. » Il est possible que cet évangéliste prenne ici le verbe [/.vYiareéio dans le sens d’ « épouser », qu'il a quelquefois. Il paraît cependant plus probable que saint Luc s’exprime avec une suprême délicatesse, de manière à faire entendre que, si Marie porte dans son sein , elle n’est sous ce rapport particulier que la fiancée de Joseph. La Vulgate ajoute au texte grec le mot « épouse », caractérisant ainsi exactement sa situation vis-à-vis de saint Joseph. Voir Sepp, La vie de Noire- Seigneur Jésus-Christ, trad. Ch. Sainte-Foi, Paris, 1861, t. i, p. 223; Fillion, Évangile selon saint Matthieu, Paris, 1878, p. 42-43; Liagre, In SS. Matth. et Marc., Tournai, 1883, p. 24-25 ; Fretté, Notre- Seigneur Jésus-Christ, Paris, 1892, p. 69-74; Ivnabenbauer, Evang. sec. Matth., Paris, 1892, t. I, p. 47-50. H. Le&étre.
FIDÈLE (ittorôç, fidelis). Ce mot est employé dans l’Écriture comme adjectif et comme substantif. — 1° Comme adjectif, il a le sens classique ordinaire et se dit d’une personne qui se montre digne de la confiance qu'on lui témoigne dans les affaires dont on la charge, Luc., xi, 44, etc.; ou qui accomplit exactement les ordres qu’on lui donne, Matth., xxiv, 46, etc.; ou enfin qui lient ses promesses. I Cor., i, 9, etc. Les Septante et la Vulgate ont généralement rendu par ttkttqç et fidelis le terme hébreu né'énidn et, à cause du sens de ce dernier mot,
« fidèle » dans la Bible signifie aussi quelquefois « ferme,