‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 405 sur 485 · FIÈVRE · texte numérisé non relu

FIÈVRE

Frz. Delitzsch, System derbibl. Psychologie, Leipzig, 1861,

II. Le fiel dans la Sainte Écriture. — Job parle deux fois du fiel traversé par une flèche et par un glaive, xvi, 13; xx, 25. Il s’agit ici de la vésicule biliaire, que l’arme transperce. La mort s’ensuit, parce que le fer ne peut pénétrer ainsi au milieu de la poitrine sans léser les organes essentiels à la vie. — Dans plusieurs autres passages de l’Ancien Testament où les versions parlent de fiel, Deut., xxix, 18; xxxii, 32, 33; Ps. lxviii, 22; Jer., vin, 14; ix, 15; xxm, 15; Lam., m, 5, il est question de rô's, « venin. » Dans Lam., m, 19, le texte hébreu porte le mot merôrîm, « amertumes, » et dans Habac.,. il, 15, le mot hemèt , boisson chaude et enivrante. — Au livre de Tobie, vi, 5, 9; xi, 4, 8, 13, le fiel du poisson est présenté comme salutaire pour oindre les yeux malades et les guérir. Le fiel entrait, en effet, dans la composition de certains collyres des anciens. Voir Collyre, col. 844. Mais, dans ce passage de Tobie, la vertu curative du fiel, si tant est qu’elle ait jamais existé naturellement, Pline, H. N., xxxii, 4, doit être attribuée totalement à l’intervention directe de l’ange, dépositaire de la puissance de Dieu. C’est un spécifique du même ordre que la fumée qui provient du cœur du poisson mis sur des charbons. Tob., VI, 9. Il n’agit que quand Dieu lui communique surnaturellement l’efficacité. Peut-être même faut- il croire que l’ange a fait intervenir ces éléments matériels uniquement pour dissimuler sa présence et son pouvoir. — D’après saint Matthieu, xxvir, 34, du fiel est mêlé au vin qu’on offre à Notre-Seigneur avant de le crucifier. Le mot « fiel » n’est employé ici par l’évangéliste que dans un sens large, pour désigner une substance très amère, que saint Marc, xv, 23, appelle de la myrrhe. Saint Matthieu s’est sans doute référé au passage du Psaume lxviii (lxix), 22 : « Ils mettent du rô’s (xoXrjv, fel) dans ma nourriture, et ils m’abreuvent de vinaigre. » Voir Myrrhe. — Dans la parole de saint Pierre à Simon le Magicien : « Je te vois [aller] dans le fiel de l’amertume, eh; y o).ï]v 7uxpiaç, in felle amaritudinis , » Act., viii, 23, c’est-à-dire dans le fiel le plus amer, le fiel désigne la malice envieuse et acharnée. H. Lesètre.

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