‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 441 sur 485 · Plûtes égyptiennes. Musée du Louvre · texte numérisé non relu

Plûtes égyptiennes. Musée du Louvre

ne paraissent pas avoir été munis de clés; leur facture resta toujours incomplète et défectueuse , parce qu'on ne se souciait pas de la justesse ; enfin ils ne devaient fournir qu'une échelle tonale restreinte. Pour les instruments à anche en particulier, Gevaërt démontre comment, par suite de la simplicité des ressources, ils ne pouvaient être utilisés que pour les régions graves. Histoire et théorie de la musique dans l’antiquité, t. n, p. 81. Les syringes ou flûtes à sifflet avaient une échelle plus étendue dans le domaine des sons aigus.

Les Hébreux purent connaître toutes les variétés d’aùXot en usage chez leurs voisins. La flûte droite, p.6vau- Xoç, formée d’abord d’un simple tube de roseau. Notre moderne clarinette en est le perfectionnement ; mais le maniement le plus primitif d’un tube simple se retrouve dans le jeu du naï, ^13, arabe.

L’embouchure de cette flûte a le diamètre même du roseau; le joueur en incline l'orifice de manière à frapper par son souffle la paroi intérieure du tuyau. De bonne heure pourtant on pratiqua les autres modes d’insufflation, et l'embouchure du chalumeau fut taillée en sifflet, comme dans le flageolet moderne, ou munie d’une anche, faite d’une entaille pratiquée dans le tube, selon le procédé champêtre toujours usité, ou encore construite au moyen d’une languette ou d'une paille, type de l’embouchure de la clarinette et du hautbois. Les Orientaux ont gardé la pratique de faire

vibrer l’anche de leur zamr, j-oj , sorte de hautbois, en

l'introduisant tout entière dans la bouche. Le monaule avait à peu près les dimensions de la coudée , et son diapason était plus élevé que celui de la flûte oblique. Celle-ci, appelée par les Grecs ■nXayca-jXo;, atteignait en Egypte , si nous nous en rapportons aux représentations monumentales, une longueur de soixante-quinze ou quatre-vingts centimètres; mais les flûtes obliques égyptiennes conservées dans nos musées, quoique beaucoup plus longues que les flûtes droites, n’atteignent pas ces dimensions. La plus longue, celle de Florence, a exacrnent 0m 693 ; la plus courte, un monaule gardé au musée de Berlin, a 0m 214. Voir V. Loret, Les /lûtes égyp-

tions des divers types de monaule. On les appelait vîyXxpoç, ylyXapoç, et aussi serrana ou sarrana, c’est-à-dire « tyriennes » (Sûr, « Tyr »), et cette origine donne à conclure que les Juifs en empruntèrent. l’usage à leurs voisins. La sonorité aiguë de cette sorte d’instrument permettrait, selon Gevaërt, Histoire et théorie de la musique, t. n, p. 273, 278, de le rapprocher de la llùte dite « phénicienne ». Voir Chanteurs du Temple , col. 557. On l’employait dans les funérailles aussi bien que dans les cérémonies nuptiales.

Enfin l'autos double , fréquemment représenté , consistait soit en deux tuyaux droits, de longueur égale et accordés au même diapason, tibiæ pares, soit en deux tubes inégaux, tibiæ impures, réunis à l’embouchure ou parfois attachés ensemble dans j toute leur longueur.

J L'aulos à deux tuyaux | parallèles est le plus ancien type de la flûte double, le seul conservé chez les Orientaux, qui « n’en jouent pas autrement aujourd’hui qu’on en jouaitautrefois «.Voir V. Loret, L’Égypte au temps des Pharaons, Paris, 1889, p. 144. Le tuyau de gauche fournit l’accompagnement, formé souvent d'une simple tenue à l’aigu; l’autre, celui de la main droite, donne le chant. Voir V. Loret, Journ. asiat., 1889, p. 111-142, 197-237.

III. La flûte dans l’Écriture. — La flûte apparaît dans la Bible lors de la rencontre de Saül et des prophètes, I Reg., x, 5 : « Une troupe de prophètes descendra de la hauteur, ayant devant elle un nable, un tam-

numents of Nineveh, t. n,

pl. 48.

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