‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 450 sur 485 · FORGERON — FORNICATION · texte numérisé non relu

FORGERON — FORNICATION

ses travaux, à la gueule du four de sa forge, les doigts rugueux comme la peau des crocodiles et puant plus que le frai de poisson. » G. Maspero, Histoire ancienne des ; peuples de l’Orient, t. i, 1895, p. 311. Une peinture du tombeau de Rekhmarà représente deux forgerons manœuvrant avec leurs pieds les soufilets de la forge (fig. 677). Cf. Rosellini, Monumenti civili, pl. 2, a.; Mémoires de

678. — Forgerons grecs. — Vase grec. Musée de Berlin. D'après L. Beck, Geschichte des Eisens, t. i, 1884, fig. 75, p. 462-

la mission archéologique française du Caire, t. v, pl. xmetxiv; G. Maspero, Histoire ancienne, p. 311. Aucun monument ne nous les montre frappant le fer. Les forgerons égyptiens formaient une corporation représentée par des chefs auprès des autorités locales. Les stèles d'Abydos nous font connaître les noms de quelques-uns de ces chefs. Mariette, Catalogue général des monuments d’Abydos, p. 287, n° 856. Homère mentionne les soufflets de forge et nous montre les forgerons assis devant le foyer. lliad., xviii, 410, 470 (fig. 678). C’est dans la même attitude qu’est représenté dans les peintures de vases celui qui tient le fer à l’aide d’une pince, tandis que son compagnon le frappe à l’aide d’un marteau. Le forgeron assis

679. — Forgerons romains. — Bas-relief d'un sarcophage de Rome. D’après Beck, Geschichte des Eisens, t. i, fig. 114, p. 537.

préserve son visage contre la chaleur en étendant la main gauche. I.enormant et de "Witte, Élite des monuments céramographiques, in-f°, Paris, t. i, p. 51; Monumenti dell’ Instituto archeol., t. xi, pl. xxix, 2. Cf. Bliimner, Technologie und Terminologie der Gewerbe und Künste, in-8°, Leipzig, 1886, t. iv, p. 365-368. — Sur les monuments romains, les forgerons sont installés à la manière moderne fig. 679). Clarac, Musée de sculpture; Basreliefs, 216, n° 30; Marti gny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes , 2e édit., in-8", Paris, 1877, p. 379. — Voir,

pour les divers instruments du forgeron, Four, Marteau, Soufflet. E. Beurlier.

FORNICATION (hébi eu : zenûnîm, du verbe zânâh, « commettre l'impureté; » Septante : Ttopvsta, gor/Hai Sap., xiv, 26; Vulgate : fornicatio, prostitutio, mœchia, impudicitia, immunditia), toute faute contre les mœurs, proscrite par le sixième précepte du Décalogue. La Sainte Écriture appelle de ce nom général non seulement les fautes commises entre personnes libres , mais encore l'adultère, Ose., ni, 3; Matth., v, 32; l’inceste, Gen., xxxviii, 24; I Cor., v, 1, etc.

I. Dans l’Ancien Testament. — 1° Chez les ancêtres et les voisins des Hébreux. — 1. Des actes de la plus grave immoralité sont signalés par la Sainte Écriture dans la famille de Lot, Gen., xix, 30-38; parmi les fils de Jacob, Gen., xxxvii, 2; dans la famille de Juda. Gen., xxviii, 9, 15-26. — 2. Les pires abominations se commettaient à Sodome. Gen., xix, 4; Is., ni, 9; II Petr., ii, 7. En Égypte, l'immoralité ne connaissait pas de limites. Hérodote, n, 46. La femme de Putiphar en fournit un exemple. Gen., xxxix, 7. Les excès n’étaient pas moindres chez les Moabites, Num., xxv, 1, 6; les Chananéens, Jos., il, 1; les Philistins, Jud., xvi, 1, et tous les peuples qui occupaient ou entouraient la Palestine. Cf. Astarthé, t. i, col. 1187; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, Paris, 1896, t. ni, p. 92-95. — 3. 11 est à remarquer que, chez les Arabes, on regarde comme beaucoup plus grave et plus digne de vengeance l'outrage fait à une sœur que celui dont est victime une épousé. Cf. Arvieux, Mémoires , Paris, 1735, t. ni, p. 263; Niebuhr, Besclireibung von Arabien , Copenhague, 1772, p. 31 ; Michaelis, Mosaisches Recht, Francfort-sur le-Main, 1775, t. v, p. 253. On en donne comme raison qu'un mari peut toujours répudier sa femme, quand elle s'est mal conduite, tandis qu'une sœur, même déshonorée, fait toujours partie de la famille. De la Roque, Voyage dans la Palestine, Amsterdam, 1718, p. 235. Cf. Hérodote, in, 119.

2 1 La législation mosaïque sur l'immoralité. — 1. Le sixième précepte du Décalogue est ainsi conçu : lo’ tin’âf, où jior/eùa-et;, non mœchaberis. Exod., xx, 14; Deut., v, 18; Matth., v, 27; Luc., xviii, 20. Le verbe nâ'af se rapporte au péché commis par l’époux avec une étrangère, Lev. , xx, 10; Prov. , vi, 32; Jer., xxix, 23; par l’épouse avec un étranger, Ose., iv, 13, ou par la nation d’Israël infidèle à son Dieu. Jer., ni, 8; Ezech., xxm, 37. C'est donc l’adultère qui est spécialement visé. Mais en disant: « Vous ne commettrez pas d'adultère, » le Seigneur défend tous les péchés de la chair, de même que par les paroles : « Vous ne tuerez point, vous ne déroberez point, » il défend en général toutes les violencss contre les personnes et toutes les injustices. — 2. En dehors de la prohibition générale, la Loi entre dans le détail. Il est défendu aux Hébreux de se permettre ce qu’ils ont vu en Égypte et en Chanaan. Lev., xviii, 3, 24-30; xx, 23. — La peine de mort est portée contre celui qui commet le crime de bestialité, Lev., xviii, 23; xx, 15, 16; contre les adultères et les incestueux, Lev., xx, 10-14; contre la fille du prêtre qui s'est prostituée, Lev., xxi, 9; contre la jeune fille qui s’est rendue coupable avant son mariage. Deut., xxii, 21. — Il est défendu d'exposer sa tille au péché, Lev., xix, 29; de se marier avec une femme qui a perdu son honneur, Lev., xxi, 7, 14; d'admettre dans la société israélite, même à la dixième génération, celui qui est né d'une union illicite. Deut., xxm ,2. — La Loi proscrit d'une manière générale la ; résence des femmes de mauvaise vie en Israël. Deut., xxm, 17. Pour éviter toute surprise, elle défend même de porter des habits qui ne sont pas de son sexe. Deut., xxii, 5. — Comme on s’abandonnait au mal moyennant salaire, Gen., xxxviii, 17; Ezech., xvi, 31-34, la Loi déclare abominable le prix du crime et défend exprès-

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sèment de présenter au Seigneur ce qui vient de la courtisane ou du kéléb, c’est-à-dire du « chien ». Deut., xxm, 18. Ce mot ne désigne pas, comme l’ont cru certains auteurs à la suite de Josèphe, Ant. jud. , IV, vm, 9, le chien proprement dit, dont il serait défendu d’offrir au Seigneur le prix de vente. Le kéléb n’est autre ici que le débauché infâme qui vit de sa honte, l'un de ceux que les Grecs appelaient xtvaiSoi, Platon, Gorg., 49i a; les Romains, exoleti, Cicéron, Pro Milon. , 21, 55, etc., et que saint Jean, Apoc., xxn, 15, range parmi « les chiens et les impudiques ». Voir Chien, col. 702. — 4° Le texte sacré, Deut., xxm, 17, donne aussi au kéléb le nom de qâdés, « séparé, » consacré au culte d’une divinité impure, Septante : T£),«r/.op.evo; ou TszO.iagé'ioç , « initié; » Vulgate : scorlator. Le qâdés est le débauché qu'une honteuse mutilation a voué au culte d’une divinité infâme. Saint Jérôme, In Osee, i, 4, t. xxv, col. 851, le compare aux Galles ou prêtres de Cybèle, bien que la mutilation n’eùt pas lieu chez les Hébreux. Les Grecs appelaient d’un nom analogue, Iepo6ou7oi, Strabon, 272, les créatures dégradées qui entouraient les temples des divinités sensuelles, particulièrement à Corinthe le temple de Vénus Aphrodite, à Rome les sanctuaires d’Isis, etc. Les êtres de l’un et de l’autre sexe qui devaient servir à la débauche, partie essentielle du culte des faux dieux, vivaient toujours en nombre autour des temples païens, aussi bien dans le monde oriental que dans le monde grec et romain. Cf. Hérodote, il, 64; Dollinger, Paganisme et judaïsme, trad. J. de l1., Rruxelles, 1858, t. i, p. 129, 261, 825; t. ii, p. 146, 241, 287; t. ni, p. 242 , 266 - 272; t. iv, p. 34-47, 86, etc.

3° La fornication chez les Israélites. — 1. A l’origine, on constate chez les Hébreux d’énergiques répressions de l’immoralité. Quand le peuple se laisse séduire par les filles de Moab, le Seigneur s’irrite, Moïse ordonne le massacre des prévaricateurs ët Phinées frappe du poignard deux coupables. Vingt-quatre mille hommes payent ensuite leur crime de leur vie. Num., xxv, 1-9. — Lorsque les Benjamites de Gabaa abusent de la femme du lévite d’Ephraïm, tout Israël se lève contre eux, et vingt- cinq mille hommes de la tribu coupable sont mis à mort. Jud., xix, 1-xx, 47. — 2. Sous l’iniluenee du climat, des exemples de leurs voisins et des mauvais instincts de leur nature, les Israélites laissèrent souvent les représentants de l'immoralité s’établir chez eux. Sous Salomon, deux prostituées sont admises à plaider devant le roi en personne. III Reg., iii, 16. Les désordres qui signalèrent la fin du règne facilitèrent l’entrée du royaume à un grand nombre d'étrangères aux mœurs équivoques. III Reg., xi, 1-8. Elles sont encore là sous Roboam. 111 Reg., xiv, 24. Asa les chasse, III Reg., xv, 12, et Josaphat fait de même. III Reg., xxii, 47. Josias démolit les réduits que les qedêsîm, xaSrjo-îp., effeininati, s’étaient pratiqués sous les portiques mêmes du Temple. IV Reg., xxm, 7; cf. III Reg., xiv, 24. Les fornications se multiplient en Israël sous Jézabel et Joram. IV Reg., îx, 2. Cependant l’influence néfaste des Assyriens et des Chaldéens s’exerçait déjà à Jérusalem et se traduisait par l’imitation de leur immoralité, Ezech., xvi, 26-29, si bien que la cité sainte n’avait rien à envier ni à Sodome ni à Samarie. Ezech., xvi, 46, 47, 52; III Reg., xxii, 38. Pendant l’exil, les Israélites trouvèrent à Babylone un foyer actif de corruption. Bar., vi, 42, 43; Hérodote, i, 199. — 3. Ézéchiel, xvi, 24, 31, 39, parle de lieux de débauche auxquels il donne le nom de gab. Ce mot désigne originairement ce qui a une forme convexe, comme le dos, le bouclier. Rosenmüller, Ezechiel, Leipzig, 1808, t. i, p. 439, pense qu’il s’agit ici d’une colline, d’un lieu élevé et arrondi, mis en parallélisme avec les bâmôt, les hauts lieux que le prophète nomme dans la seconde partie du verset. Les versions l’ont compris autrement : Septante : cuy.pp.a uopvixév, iropveïov, <c maison de fornication; » Vulgate : prostibulum, lupanar; Sym-

rnaque et Théodotion : n opveïov ; Aquila : goSuvov, « fosse. » C'est aussi le sens qu’assignent à ce mot Robertson, Thésaurus linguæ sanctæ, Londres, 1680, p. 108 ; Gesenius, Thésaurus , p. 256; Hoffmann, Lexicon , Leipzig, 1847, p. 170, etc. Le gab serait alors une chambre voûtée analogue à la fornix romaine, qui a donné son nom à la fornication. Juvénal, Sat., iii, 156; xi, 171; Horace, Ep.,

I, xiv, 21. On en a retrouvé de semblables dans les ruines de Pompéi. Bædeker, Italie méridionale , Leipzig, 1883, p. 152. — 4. Au temps des Machabées, la corruption païenne fit une nouvelle invasion à Jérusalem, grâce à l'influence néfaste des Séleucides. I Mach., i, 16.

4° La fornication d’après les prophètes. — 1. Les auteurs sacrés représentent très fréquemment l’idolâtrie sous les traits de la fornication. Exod., xxxiv, 15; Lev., xvn, 7; xx, 5, 6; Deut., xxxi , 16; Jud., ii , 17; vm, 33; I Par., v, 25; Il Par., xxi, 13, etc. Cette assimilation n’est pas arbitraire. En vertu de l'alliance, la nation israélite appartient au Seigneur et lui doit fidélité comme l’épouse à l’époux. En passant au service des faux dieux, elle commet donc un crime analogue à la fornication et à l’adultère. Voir Idolâtrie. C’est à ce point de vue que les prophètes parlent de la fornication. — 2. Isaïe, xxm, 16, reproduit, au sujet de Tyr, un refrain de chanson que redit la courtisane : « Prends la harpe, parcours la ville, courtisane qu’on oublie, joue bien, répète ton chant, pour qu’on se souvienne de toi! » Il appelle les Israélites prévaricateurs « fils de devineresse, race d’adultère et de courtisane ». lvii, 3. Notre-Seigneur adressera des reproches analogues aux Juifs de son temps, qui lui diront : « Nous ne sommes pas nés de la fornication. » Joa., vm, 4L — Jérémie, iii, 2-9, accuse Israël et Juda d’avoir souillé le pays par leurs fornications, et Jérusalem de s’ètre abandonnée à toutes les abominations, xm, 27. — Ézéchiel, xvi, 15-34; xxm, 5-43; xliii, 7, 8, a des prophéties entières dans lesquelles il fait la peinture de la fornication, prise comme symbole de l'idolâtrie de Jérusalem et de Samarie. — Osée se sert d’images analogues et ajoute même des actions symboliques pour peindre les vices de son peuple.

l, 2; ii, 4-9; iii, 1; iv, 11-19; v, 4; vi, 10. — Nahum,

m, 4-6, décrit avec les mêmes traits les crimes de Ninive. — Bien que, dans ces peintures, les prophètes j aient surtout en vue l’idolâtrie , il faut bien croire qu’ils

se servent de comparaisons familières aux Juifs de leur temps, et qu'à leur époque toutes les sortes de fornications qu’ils décrivent étaient connues de tous et pratiquées par quelques-uns.

5° La fornication dans les livres sapientiaux. —

1. Job, xxxvi, 14, parle de la mort prématurée qui est la conséquence de la débauche, et indique la précaution qu'il a prise pour ne pas donner lieu à la tentation, xxxi, 1 :

J’ai fait un pacte avec mes yeux

Et n'aurais pas regardé une jeune fille.

— 2. L’auteur des Proverbes signale l’influence que les mauvais instincts peuvent exercer sur le cœur de l’homme, v, 1-19; vi, 24-35; vu, 5-23. Il ne veut pas que l’on combatte de front la tentation ; la fuite est la seule défense efficace, n, 16-17, car la moindre étincelle peut allumer l'incendie, vi, 27. 11 révèle à la jeunesse tout ce qui peut la faire tomber dans le piège : les douces paroles, il, 16; les charmes extérieurs, VI, 25; le luxe effréné, vu, 16, 17; l’espoir de l’impunité, vu, 19, 20, et même les prétextes religieux mis parfois en avant pour atténuer i l’horreur du mal. vm, 14. II ne craint pas, pour prémunir son disciple, de faire la description d’une malheureuse chute dont il a été témoin, vu, 5-23, et ne cesse de répéter que la fornication conduit à la mort de l’âme l et du corps, ii, 18; v, 5; vu, 27; xxm, 27-28, mort que , l’on évite en se tenant sur ses gardes, xxm, 28, à moins , que Dieu ne permette la chute en punition de fautes précédentes. xxii, 14. — 3. Tobie, iv, 13, recommande à son H

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