‹ Dictionnaire de la Bible (volume 5)Chapitre 451 sur 485 · FORNICATION — FORTIFICATIONS · texte numérisé non relu

FORNICATION — FORTIFICATIONS

fils de se tenir à l’écart de toute fornication et de ne rien savoir de ce qui peut porter atteinte à la fidélité conjugale. — 4. L’auteur de la Sagesse, xiv, 26, met au nombre des conséquences de l'idolâtrie la souillure des âmes, les vices contre nature, l’inconstance des unions, les désordres de la fornication et de l'impureté. — 5. L’Ecclésiastique représente la fornication comme une pourriture qui ronge le cœur et amène la mort, xix, 1-3; xix, 3; xxiii, 24. 11 décrit les conséquences honteuses d'un vice qui ne peut échapper au regard de Dieu, xxiv, 21-38. 11 recommande de fuir la fornicatrice , n6p v/j, fornicaria, ix, 6; xli, 25, qui est un vrai fumier, ix, 10, et se reconnaît à sa démarche, xxvi, 12. Il prie lui -même, xxiii, 5,6, pour échapper à un vice qui doit faire rougir de honte, xli , 21, 25. Voir Courtisane, col. 1091.

IL Dans le Nouveau Testament. —1° Noire-Seigneur admet la fornication comme cause de séparation, mais non de divorce, dans le mariage. Matlh., v, 32; xix, 9; Marc., x, 12; Luc., xvi, 18. Voir Divorce, col. 1452; Adultère, t. i, coi. 245. — Il rappelle que la vraie source du péché est dans le cœur, c’est-à-dire dans la volonté qui consent aux pensées et aux désirs criminels. Matth., v, 28; xv, 19; Marc., vii, 21. — 2° A l’assemblée de Jérusalem, les Apôtres mettent la fornication au nombre des trois choses qui seront spécialement défendues aux chrétiens venus de la gentilité. Act., xv, 20, 29; xxi, 25. La fornication est spécialement mentionnée parce qu'elle était regardée comme chose indifférente parmi les païens, Platon, Conviv., 9, 16, édit.Teubner, 1874, t. ii, p. 150, 163; Térence, Adelph., i, 2, 21; Eunuch., iii, 5, 35; Cicéron, Pro Cœlio , 20, et que même on en faisait un acte sacré dans certains cultes. Saint Jérôme, Epist. lxxvii, 3, t. xxii, col. 691, et saint Augustin, De civit. Dei, xiv, 18, t. xli, col. 426, témoignent que de leur temps encore certaines fornications passaient pour licites dans l’opinion des païens. Cf. Sap., xiv, 26, 27 ; Rom., i, 24; Eph., v, 19. — Les Apôtres signalent la présence de ce vice chez les païens, Rom., I, 27-29; Apoc., Il, 14, 20; chez les Juifs, Rom., ii, 22, et chez les chrétiens. I Cor., v, 1, 11 ; Il Cor.,

xii, 21. Ils le stigmatisent, Gai., v, 19; Eph., v, 5; Hebr.,

xiii, 4; Apoc., xvii, 16; xxi, 8, prescrivent sévèrement de

s’en abstenir, I Cor., vi, 18; x, 8; I Thés., iv, 3; Hebr., xn, 16, et défendent même de le nommer dans une assemblée chrétienne. Eph., v, 3. Ils rappellent que ce vice exclut du ciel. I Cor., vi, 9; 1 Tim., I, 10; Hebr., xiii, 4; Apoc., xxi, 8; xxii, 15. Pour le combattre, saint Paul recommande la mortification, Col., iii, 5, et rappelle le droit de Dieu sur le corps de l’homme, I Cor., vi, 13, 18; à ceux qui n’ont pas la force de garder la continence, il conseille le mariage. I Cor., vu, 2. — A l’exemple des prophètes, saint Jean parle de 1 idolâtrie sous la figure de la fornication. Apoc., n, 21; ix, 21; xiv, 8; xvii, 4, 5; xvm, 3. H. Lesétre.

FOROJULIENSIS (CODEX), manuscrit de la version latine des quatre Evangiles de la Vulgate, avec des notes de la version antérieure à saint Jérôme. Il est ainsi nommé parce que la majeure partie, c’est-à-dire les Évangiles de saint Matthieu, de saint Luc et de saint Jean, est conservée à Cividale del Friuli (l’ancien Forum Juin). L’Évangile de saint Marc se trouve en partie à Venise et en partie à Prague. Le manuscrit est écrit sur parchemin, en lettres onciales. Il a appartenu primitivement à l'Église d’Aquilée. Les deux derniers cahiers de saint Marc, comprenant xii, 21-xvi, 20, furent donnés, en 1354, à l’empereur d’Allemagne Charles IV par son frère, Nicolas de Luxembourg, archevêque d’Aquilée. L’empereur en fit présent au chapitre de Prague, où on Thonora comme une relique précieuse, parce qu’on crut, à tort, que c’était l'autographe même de saint Marc. En 1409, à cause des troubles politiques qui désolaient 1 Italie , les chanoines d’Aquilée confièrent le Codex des Évangiles, tel qu'il leur restait, à la garde des citoyens

de Cividale del Friuli. Quelque temps après, ces derniers, sur la demande pressante du doge de Venise Thomas Mocenigo, lui donnèrent les cinq premiers cahiers de l’Évangile de saint Marc, i-xii, 30. Cette partie, en très mauvais état, est illisible, et n’a jamais été publiée. Les fragments du Codex conservé à Prague ont été édités par l’abbé Joseph Dobrowski, Fragmentum Praçjense Evangelii S. Marci, vulgo autographi , in -4°, Prague, 1778 (Ribliothèque Nationale, A 2612). Un spécimen sert de frontispice. — Joseph Bianchini, chanoine de Vérone, a publié la partie principale, saint Matthieu, saint Luc et saint Jean, conservés à Cividale del Friuli, dans un appendice de son Evangeliarium quadruplex latinæ versionis antiquæ, seu veteris Italicæ, in-f°, Rome, 1749, part, il, t. il, p. CDLxxiii- dxlii , avec un spécimen, p. dxlii. — Le Codex Evangeliorum de la Bibliothèque Nationale de Paris 17726, «en lettres onciales, est semblable au Codex Forojuliensis. Van Sittart, dans le Journal of Philology , année 1869, t. ii, p. 245. — Pour l’histoire et la description détaillée, voir Bianchini, part, n, t. n, p. dxliii - dlxi ; Dobrowski, p. 3-26. — On désigne ordinairement le Codex Forojuliensis par l’abréviation For. F. Vigouroüx.

FORTIFICATIONS. Constructions destinées à défendre une ville ou un pays contre les altaques de l’ennemi.

I. Noms. — Les villes fortifiées sont désignées en hébreu par les mots ’ir me sûr ah , Il Par., xi, 10, 23;

xii, 4; xiv, 6, etc.; mibesâr, Num., xxxii, 17, 36; Jos., x, 20; xix, 35, etc.; mâ'ôn, Is., xvii, 9. Les Septante traduisent ces mots par ôxv>pH>[xa, « ville forte, » Jos., xix, 29; IV (II) Reg., viii, 11; Is., xxii, 10, etc.; o/ôpoç, Num.,

xiii, 29; xxxii, 36, etc.; Tct/rjp t]z, « entourée de murailles, » Deut., ni, 5; xxvm, 52, etc.; Tsxet'Xurp.Évoi;, Num., xxxii, 17; 7iîpiTET£i;(t<Tp.svo:; , Os., x, 15; la Vulgate par v.rbs munita, Num., xxxii, 16, 36, etc.; civilas munita, IV (II) Reg., xvii, 9; xvm, 8; munitissima, Jos., xi, 13; xix, 29; II Par., vm, 4, etc.; clausa alque munita, Jos., vi, 1; murata, Num., xiii, 20, 29; Deut., ix, 1, etc.; munitio, IV (II) Reg., xix, 32; xxiv, 10; civitas firma , IV (II) Reg., x, 2; chutas fortitudinis. Is., xvii, 3. Dans Nahum, il, 1, le texte hébreu porte nâçôr me$ûrah, « garde la forteresse ; » les Septante traduisent par à|aipoôp.£vo; èx (Ddiiewç, et la Vulgate par qui custodiat obsidionem , « qui gardera le siège, » ce qui n’est pas un sens acceptable.

IL Espèces diverses de fortifications. — Les fortifications des villes se composaient de murailles (hébreu: hômâh ; Septante: tsî'/oç ; Vulgate: murus, mænia). Voir Mur. Ces murailles étaient protégées à intervalles et surtout aux angles par des tours (hébreu : birâh, migddl ; Septante : rcôp yo; ; Vulgate : turris ); les portes (hébreu : gélét, sa'ar; Septante : 6vpa, tz v),vj ; Vulgate : porta) étaient également protégées par des tours. Voir Porte, Tour. Il y avait souvent une citadelle (hébreu : birâh; Septante : 7iûpYo;, flàptç; Vulgate : arx) à l’intérieur de la ville ou à côté d’elle. II Esdr., i, 1; Esth., r, 2, 5; ii, 3, 5, 8; iii, 15, etc.; Dan., vm, 2. Parfois ces termes désignaient la ville fortifiée elle- même. Il Par., xvii, 12; xxvii, 14; Esth., i, 5; ii, 5, etc. Ce mot a été emprunté par les Juifs aux Perses. Cependant un mot semblable, birtu , existait dans la langue assyrienne. Frd. Delitszch, The hebrew language viewed in the light of Assjrian Research, in-8°, Londres, 1883, p. 22-23; F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes , 6e édit., in-12, Paris, 1896, p. 625, n. 2. En avant des murailles il y avait quelquefois des ouvrages avancés (hébreu: hél; Septante : ■KÇiOTs.’.yjau.ix , Tilpixer/o; ; Vulgate : antemurale, ager). I (III) Reg., xxi, 33; Is., xxvi, 1. Ces ouvrages consistaient en un fossé (hébreu : hârûs ; chaldéen : hâris; Septante : 7i).a-eïa ; Vulgate : platea ) et une contrescarpe ou un mur bas. Dan., ix, 25, etc.

FORTIFICATIONS

Aucun mot n'existe en neureu pour dire fortifier une ville; on emploie le verbe bânâh , « bâtir, » I (III) Reg.,

xvi, 17; II Par., xi, 5, 10, etc.; les Septante se servent dans le même sens du mot, or/.oSotAEtv, et la Vulgate du mot ædificare.

En dehors des villes, les Hébreux fortifiaient souvent les hauteurs. Le mot bâmâh (Septante: ii'b-rj.i , -Li'l/o;; Vulgate : excelsa) désigne les hauteurs ainsi défendues. Ps. xvii ( xvm ) , 31; Am., iv, 13. Dans les endroits déserts, dans les forêts, on élevait aussi des tours isolées pour surveiller l'ennemi et protéger le pays. IV (II) Reg.,

xvii, 9; xvm, 8; I Par., xxvti, 15; II Par., xxvi, 10; xxvii, 4; I Mach., xvi, 10. La petite fortification de Doch, dont il est question dans I Mach., xvi, 15, était peut-être une tour de ce genre. Voir col. 1451 Quelquefois enfin on fortifiait, pour y trouver un refuge, des cavernes situées sur les montagnes. Jud., vi, 2; Judith, vin, 8. La loi donnait au propriétaire qui vendait sa maison un an pour la racheter, quand elle était située dans une enceinte fortifiée. Lev., xxv, 29. — Les assiégeants avaient aussi l'habitude de se protéger eux- mêmes par des fortifications qui formaient une sorte d’enceinte moins élevée que les murs de la ville et qui empêchait les assiégés de sortir. Ces fortifications sont appelées en hébreu hêl ou hêyl ( Septante : 7tpoter/io-p.a , uprio-'/wp-a , ^âpaî; j Vulgate : agger, munitio, vallum), comme les ouvrages avancés des villes. Deut., xx, 19; Il Reg. (Sam.), xx, 15; IV (II) Reg., xix, 32; xxiv, 10; Is., xxix, 31; xxxii, 24; xxxm, 4; llab., i, 10; Dan., xi, 15; Luc., xix, 43, etc. Titus, en particulier, suivant l'usage des Romains, construisit des fortifications autour de Jérusalem quand il l'assiégea, selon la prédiction faite par Notre -Seigneur. Josèphe, Bell, jud., V, xii, 1-2; Dion Cassius, lxvi, 4. Voir Siège.

III. Fortifications chez iæs Juifs. — Déjà au temps des patriarches il existait des villes entourées de murailles. Hébron et la ville de Sichem étaient de ce nombre. Gen., xxiii, 10, 18; xxxiv, 20. Au moment de la conquête de la Terre Promise, les Hébreux trouvèrent en face d’eux un grand nombre de villes fortifiées. Num., xm, 20, 28; Deut., i, 28; Jos., x, 19. Telles étaient les soixante cités du pays d’Argob, dans le royaume de Easan, Deut., in, 4, 5; Jéricho, dont les murailles tombèrent au bruit des trompettes, Jos., v, 4, 7, 15; vi, 1-20; Hésébon et d’autres cités, dans le pays des Amorrhéens, Num., xxi, 27; les villes des Moabites, Num., xxii, 36; les villes de Galaad. Num., xxxii, 17; Asor, Jos., xi, 3; Aroer, Deut., in, 12. Ils s’emparèrent de la plupart de ces villes. Quelques-unes furent détruites, Jos., xi, 13; dans d'autres les Hébreux s’établirent après en avoir restauré les murailles. Deut., ni, 4; Jos., x, 20; Il Esdr., iv, 25. Parfois ils en changèrent les noms. Num., xxxii, 24, 37-38. La tribu de Gad eut sur son territoire les villes fortes de Dibon, d’Ataroth, d’Aroer, d'Étroth, de Sophan, de .lazer, de Jegbaa, de Bethnemra, de Betharan , Num., xxxii, 31-36; celle de Ruben, Hésébon, Eléalé, Cariathaïm, Nabo, Baalméon. Num., xxxii, 37-38. Dans la répartition du territoire entre les tribus sont encore énumérées Bamothbaal, Jassa, Cédimoth, Mephaath, Sabama, Sarathasar, Bethphogor, Asédoth, Phasga, Bethjésimoth, dans la tribu de Ruben, Jos., xm, 15-20; Masphé, Béronim, Ramoth-Manaïm, Socoth, dans la tribu de Gad. Jos., xm, 25-27. Voir ces noms pour l’identification des villes. Dans la tribu de Manassé étaient les soixante cités du royaume de Basan, Astaroth, Edrai, Jos., xm, 30-31; dans la tribu de Nephthali, Assédim, Ser, Emath, Reccath, Cénéreth, Édéma, Arama, Asor, Cédés, Edraï, Enhasor, Jéron, Magdalel, Horem, Bethanath, Bethsamès. Jos., xix, 35-38. La Bible ne parle pas des fortifications des villes comprises dans les autres tribus. Il est probable qu’Ahion , Dan, Abelmaïm et Abel-Beth-Maacha, dans la tribu de Nephthali, Il Par., xvi, 4; Il Reg. (Sam.), xx, 15, et Gabaa et Ono, dans la tribu de Benjamin, furent fortifiées dans les premiers temps. Jud., xx, 25; 1 Par., vu, 22.

Les villes de refuge appartenant aux lévites devaient également être entourées de murs. Num., xxxv, 4.

Josué fortifia Thammath-Saré , sur le mont Éphraïm, et en fit sa demeure. Jos., xix, 50. David fortifia Jérusalem, Il Reg. (Sam.), v, 7, 9. Pour les fortifications de cette ville, voir Jérusalem. Salomon entoura de murs les villes de son royaume qui n’en avaient pas. III (I) Reg., IX, 49. Il construisit ou répara notamment les enceintes d’Asor, de Balaath , des deux Béthoron , de Gazer, de Mageddo, de Palmyre, à l’entrée du désert, III (I) Reg., ix, 14-19, ainsi que celles des villes du Liban et des pays que lui donna Iliram, roi de Tyr. II Par., vin, 2, 6. Pour ces constructions il employa comme gens de corvée les descendants des anciens habitants du pays de Chanaan. II Par., viii, 8. Roboam continua l’œuvre de son père. II bâtit ou restaura les murs d’un grand nombre de villes sur le territoire des tribus de Juda et de Benjamin. Parmi ces villes, la Bible nomme Bethléhem, déjà fortifiée au temps de Booz et de David, Ruth., iv, 1; II Reg. (Sam.), xxiii, 14; Étam, Thécué, Bethsur, Socho, Odolla, Geth, Marésa, Ziph, Adura, Lachis, Azéca, Saraa, Aialon et Hébron. II Par., xi, 5-10. Asa, Josaphat et surtout Ozias travaillèrent de même à la défense du royaume de Juda. II Par., xiv, 6, 7 ; xvii, 12; xix, 5; xxi, 3; IV (II) Reg., xiv, 6, 7, 22; II Par., xvii, 2; xxvi, 2, 9, 15. Ozias et après lui Joatham construisirent des tours dans le désert. Il Par., xxvi, 10; xxvii, 4. — Baasa, roi d’Israël, entreprit la construction des murs de Rama. Asa, après l’avoir vaincu, se servit à cet effet des pierres amenées pour bâtir les murs de Gabaa et de Maspha. Il Par., xvi, 1, 5-6. Ailath fut fortifiée par Ozias. IV (II) Reg., xiv, 22;

II Par., xxvi, 2. Ézéchias s’occupa aussi activement de fortifier les cités de son empire. Il L’ar., xxii, 5. Sous. Sédécias, les dernières villes fortes qui résistèrent aux Babyloniens furent Lachis et Azéca. II Par., xxxii , 9; .1er., xxxiv, 7. Dans le royaume d’Israël, Jéroboam Ier reconstruisit l'enceinte de Sichem et bâtit Phanuel,

III (I) Reg., xii, 25; Baasa essaya de fortifier Rama, III (I) Reg., xv, 17; Il Par., xvi, 1, 5-6; Ornri, Samarie. III (I) Reg., xvi, 24; cf. IV (II) Reg,, vu, 1, 3, 10, 17-19.. Au temps d’Achab, Aphec, dans la tribu de Manassé, fut entourée d’une enceinte, III (I) Reg., xx, 30, et un particulier, lliel de Béthel, reconstruisit les murs et les portes de Jéricho. III (I) Reg., xvi, 34. Il y avait d'autres villes fortifiées. IV (II) Reg., x, 2.

Lors de l’invasion d’Holopherne , les Juifs fortifièrent les collines pour se protéger contre les Assyriens. Judith, viii, 8. A cette même époque, Béthulie est mentionnée comme une place forte. Judith, i, 3; viii, 32; x, 6, 10; xm, 12. Mais ces fortifications pas plus que les murs des villes ne purent arrêter l'ennemi. Les cités juives furent prises par les envahisseurs, Égyptiens, II Par., xii, 4, et Assyriens. IV (II) Reg., xvm, 13; xix, 25 ; Il Par., xxxii, 1; Is., xxvi, 4; .1er., xxxiv, 7. Les prophètes avaient du reste annoncé au peuple hébreu que, s’il était infidèle à Dieu, les remparts ne pourraient le proléger. Deut.,. xxviii, 52; Is., xxv, 12; xxvii, 10; xxxvn, 26; Jer., v, 10, 19; viii, 44; xxi, 4; xxxii, 24; xxxm, 4; Lam., n, 7, 9, 18; Ose., viii, 14; Mich., vu, 12; Soph., I, 16, etc. Seules Samarie et Jérusalem soutinrent un siège assezlong : Samarie résista trois ans, IV (II Reg.), xvm, 10, el Jérusalem quatre mois. IV (II) Reg., xxv, 3. Voir Siège. Ézéebiel, xxxvi, 35, annonce que les forteresses du peuple juif seront restaurées.

Les Machabées rétablirent les murs renversés par les Assyriens et les Babyloniens. Un grand nombre de villes fortes sont nommées par la Bible à cette époque. Les unes furent fortifiées par les Syriens et tombèrent ensuite au pouvoir de Judas ou de ses successeurs. Ainsi Béthoron, Emmaiis ou Ammuüs, Jéricho, Béthel, Thamnata, Phara, Thopus, Bethsura, Gazara, furent fortifiées par Bacchide, pour servir à abriter des garnisons syriennes.

I Mach., îv, 61; îx, 50, 52; xiv, 7; cf. II Mach., x, 32,.

FORTIFICATIONS

33, 37. Il y avait aussi des troupes du roi de Syrie à Gédorès, I Mach., xv, 39; à Ptolémaïs, I Mach., v, 21; xii, 45, 48, et à Camion. II Mach., xn, 21. Dans le pays de Galaad et dans la Palestine méridionale étaient les villes fortes d’Alimæ, d’Azot, de Bethsan, de Barasa, de Bosor, de Carnaïm, de Casbon, de Casphim, de Casphor, d'Éphron, de Gaza, de Gazer, de Jamnia, de Joppé, de Mageth, de Maspha, de Raphon, que prirent les princes asmonéens. I Mach., v, 8, 26, 29, 30, 35, 36, 43, 46, 52, 58,68; x, 32; xii, 32, 33; xm, 35, 43, 45; II Mach., xii, 13, 27. 11 faut y joindre Ascalon et Joppé. I Mach., xii, 33, 34. Les princes asmonéens travaillèrent également à munir d’enceintes d'autres villes. I Mach., x, 15; xii, 35. Dathéma sous Juda, I Mach., v, 9, 11; Adiala, l Mach., xii, 38; xm, 33, et Dora sous Simon. I Mach., xv, 13-14. Démétrius et Antiochus VJ1 Sidétès leur assurèrent la possession des forteresses construites par eux. I Mach., xm, 38; xv, 7. A la suite des victoires d’Antiochus VII Sidétès sur Jean Hyrcan, fils de Simon, les places de Joppé, de Gazara et d’autres encore furent démantelées; mais un décret du sénat romain permit au prince asmonéen de reconstruire leurs murs. Il fortifia aussi Cédron. I Mach., xvi, 9; Josèphe, Ant. jucl., XIII, vin, 2-3; ix, 2; Diodore, xxxiv, 1. Cf. E. Schürer, Geschichle des jüdischen Volkes im Zeitalter Jesu Christi, t. i, in-8°, Leipzig, 1890, p. 206. Il est fait allusion à ces constructions dans II Mach., xiv, 37. Hyrcan II continua l’œuvre d’Hyrcan Ier. Josèphe, Ant. jud., XIV, x, 3-6. Cf. E. Schürer, Geschichle , t. i, p. 281, n. 23.

Hérode le Grand reconstruisit l’enceinte de Samarie, qu’il nomma Sébaste en l'honneur d’Auguste. Josèphe, Ant. jud., XV, vm, 5; Bell, jud., I, xxi, 2. Cf. Eckel, Doctrina numorum, t. iii, p. 410. Il bâtit et fortifia Césarée, Ant. jud., XV, ix, 6; XVI, v, 1; Bell, jud., I, xxi, 5-8. A ces constructions il faut encore ajouter la citadelle de Jéricho, les villes d’Antipatris et de Phasælis, Josèphe, Ant. jud., XVI, v, 2; Bell, jud., I, xxi, 9; Agrippæum, l’ancienne Anthédon, Josèphe, Bell, jud., I, xxi, 8; cf. Ant. jud., XIII, xm, 3; Bell, jud., I, iv, 2; Ilérodium. Ant. jud., XIV, xm, 9; XV, ix, 4; Bell, jud., I, xm, 8; xxi, 10; III, ni, 5; IV, ix, 5; Pline, H. N., V, xiv, 70. Alexandriurn, bâtie par les Arméniens, mais détruite par Gabinius, fut restaurée par Hérode et pourvue de nouvelles fortifications. Josèphe, Ant. jud., XIII, xvi, 3 ; XIV, iii, 3; v, 2-4; Bell, jud., I, vi, 3; vm, 2-5. Il en fut de même d'Hyrcania. Josèphe, Ant. jud., XVI, il, 1. Alexandrium fut plus tard fortifiée à nouveau par Phéroras, frère d'Hérode. Josèphe, Ant. jud., XIV, xv, 4; Bell, jud., I, xvi, 3. C'est encore à Hérode que sont dues la restauration de la forteresse de Machéronte, bâtie par Alexandre Jannée, Bell, jud., VII, vi, 2, et celle de Massada, bâtie par le grand prêtre Jonathan. Josèphe, Bell, jud., VII, vin, 3. Enfin il fortifia et rebâtit Gaba en Galilée et Ilésébon en Pérée. Josèphe, Ant. jud., XV, vm, 5; Bell, jud., III, iii, 1. Cf. E. Schürer, Geschichte, t. I, p. 320-321.

III. Fortifications des peuples du pays de Chanaan. — Lorsque les Hébreux entrèrent en Palestine, ils y trouvèrent un grand nombre de villes fortifiées. Num., xm, 20, 28; xxi, 24; Deut., i, 28; Jos., x, 19. Ces fortifications étaient déjà anciennes. Les Égyptiens avaient rencontré des forteresses nombreuses quand ils firent la conquête du pays sous la XVIIIe dynastie. Les villes royales et même un grand nombre des villages qui en dépendaient étaient entourés de murs. Au croisement des routes, aux gués des rivières, à l'entrée des vallées, il y avait souvent des forteresses ou des tours de guet, migdal. Ces forteresses étaient tantôt construites sur un éperon de montagne, tantôt sur une éminence isolée au milieu de la plaine. La plupart du temps l’enceinte consistait en un simple mur de briques sèches ou de pierres bordé de tours, haut de dix à douze mètres et épais de trois à quatre mètres à la base. La porte était à elle seule une forteresse; elle se composait de trois corps de logis formant tenaille, plus

élevés que les courtines attenantes et percés au sommet d’ouvertures carrées munies de mantelets. La porte se fermait par des battants de bois garnis de métal. Parfois les fortifications étaient plus compliquées; il y avait un avant- mur de quatre à cinq mètres de haut protégeant le mur principal, et l'entrée était placée dans un coin, en sorte qu'il y avait en réalité deux enceintes. Au point culminant se dressait une citadelle contenant à la fois le sanctuaire du dieu principal et le palais du roi. G. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique, t. n, 1897, p. 127-129; Champollion, Monuments de l'Égypte et de la Nubie, in-f°, Paris, 1833-1845, t. i, p 880-881; Lepsius, Denkmâler, t. iii, pl. 136. Parmi les villes ainsi fortifiées à l’époque de la conquête égyptienne se trouvent Aduram, Ascalon, Aialon, Céila, Dapour, Gabaon, Gazer, lourza, Jérusalem, Joppé, Lachis, Mageddo, Migdol, Cédés, Schokolo. Mariette, Les listes géographiques des pylônes de Karnak, in-8°, Leipzig, 1875, p. 33, 34, 43; F. Lenormant, Histoire ancienne de l’Orient, t. ii, in -8°, Paris, 1882, p. 227, 230, 231, 232, 258-259; G. Maspero, Histoire ancienne, t. II, p. 131, 395, 399, 400, 696. Voir Aduram 1, t. i, col. 246; Aïalon 1, t. i, col. 296; Ascalon, t. i, col. 1060-1069; Cédés des Hétiiéens, col. 1 14 ; Céila 2, col. 387 ; Gabaon, Gazer, Jérusalem, Joppé, Lachis, Mageddo.

Les murailles des villes chananéennes étaient bâties de blocs énormes et bruts , semblables à celles des dolmens que l’on retrouve en Galilée. Les restes d’enceintes que l’on a retrouvées sont de l’appareil appelé cyclopéen. Ce sont de grosses pierres posées les unes sur les autres, avec de plus petites insérées dans les intervalles. Telle est l’enceinte d’Asor. G. Perrot, Histoire de l’art, t. iv, 1887, p. 395-396, fig. 208. Un grand nombre de ces villes tombèrent au pouvoir des Israélites, ainsi que nous l’avons dit plus haut. D’autres restèrent en possession des habitants. Au temps des Juges et des rois, on rencontre encore des villes restées indépendantes des Juifs ou qui l’étaient devenues.

IV. Fortifications des Ammonites, des Madianites et des Jébuséens. — Les Ammonites avaient un grand nombre de villes fortifiées au moment de la conquête. Deut., iii, 11; Num., xxi, 24. Ils conservèrent ou reconquirent la plupart d’entre elles, car nous les voyons au temps des rois maîtres de Rabbah, II Reg. (Sam.), xi, 1, 20; xii, 26, 27; I Par., xxi, 1; Jer., xlix, 23; Ezech., xxv, 5; Am., i, 14, et de Medeba. I Par., xix, 9. Au temps des Machabées, Gazer ou Jazer était également en leur possession. I Mach., v, 8. Voir ces noms. — Les Madianites conservèrent Sichem et Thébez, Jud., ix, 40, 46, 49, 51-52; ils avaient aussi des tours fortifiées, entre autres celle de Penuel. Jud., vm, 9, 17. — Les Jébuséens restèrent maîtres de Jérusalem jusqu'au temps de David. H Reg. (Sam.), v, 6, 7 ; I Par., xi, 5.

V. Fortifications des Moabites. — Les Moabites conservèrent aussi en leur pouvoir un certain nombre de places entourées d'une enceinte. Plusieurs d’entre elles furent détruites par Josaphat. IV (II) Reg., iii, 19. Mais ils en restaurèrent les murs, car Ozias dut encore démanteler Geth, Jabnia et Azot. Il Par., xxvi, 6. Après ce roi ils restaurèrent à nouveau leurs places de guerre, car elles étaient nombreuses au temps d’Isaïe et de Jérémie. Les prophètes, en annonçant la ruine de la puissance moabite, énumèrent parmi ces places : Aroer, Jer., xliii, 19; Ar Moab, Is., xv, 1; Bethgamul, Jer., xlviii, 23; Bethmaon, ibid.; Bosra, Jer., xlviii , 24; Cariathaïm , Jer., xlviii, 23; Carioth , ibid., 24,41; Deblathaïm, ibid., 22; Dihon ou Dibon, Is., xv, 2, 9; Jer., xlviii, 18, 22; Gallim, Is., xv, 8; Éléalé, Is., xv, 4; xvi, 9; Jer., xlviii, 34; Hélon, ibid., 21; Hésébon, 1s., xv, 4; Jer., xlviii, 34, 45; Jasa, Is., xv, 4; Jer., xlviii, 21, 34; Jazer, Is., xvi, 8; .Jer., xlviii, 32; Kir- Moab ou Kir- Hâréset (Septante : tô teï/o; t?,; Mwaêi-tSo;, oî xoctocy.oJvTsç Xî6; Yulgate : Mv.rus Moab, murus cocti laleris).

FORTIFICATIONS

Is. , xv, 1; xvr, 7; Médaba, Ts., xv, 2; Méphaath, .Ter., xlviii, 21; Nabo, Is., xv, 2; .1er., xlviii, 1, 22; Oronaïm, Is., xv, 5; Jer., xlviii, 2, 5, 34; Sabama, Is., xvi, 7; Jer., xlviii, 32; Ségor. Is., xv, 5; Jer., xlviii, 34. Peut-être aussi faut- il compter parmi ces villes Be'ér ’élim; ' Ege lat Selisiâh et Luith, si ce sont des noms propres. Is. , xv, 5, 8; .1er., xlviii, 5. Voir tous les noms de ces villes. — Sur la stèle élevée par lui en l'honneur de son père Chamos, à Qorka, citadelle de Dibon, le roi de Moab, Mésa, énumère parmi les villes qu’il a fortifiées Baalméon, Cariathaïm, Aroer, Beth-Bamoth, Bosor, Madaba, Beth-Diblathaïm, Beth-Baal-Méon, Oronaïm, lig. 9, 10, 26, 27, 31, 31; il cite en particulier la construction de Qorka, la citadelle de Dibon, des murs et des tours de cette ville, lig. 21-23. F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., in- 12, Paris, 1896, t. iii, p. 471-474. Voir Mésa. Les villes fortes des Moabites

villes de fortifications (fig. 680). Comme ces villes étaient en plaine, leur enceinte était régulière, et les Égyptiens avaient adopté la forme quadrangulaire. Les murs étaient de briques crues et ont parfois jusqu'à vingt mètres d’épaisseur, avec des tours carrées placées à intervalles égaux sur chaque face. Ces tours avaient généralement la même hauteur queues murs. C’étaient donc plutôt des bastions. Les tours et le reste des murailles avaient un parapet, couronné par des créneaux arrondis en haut comme les boucliers. Par un arrangement singulier, les tours des quatre coins du rectangle étaient placées de chaque côté de l’angle, qui ressortait entre les deux et était légèrement arrondi. Les forteresses avaient quelquefois deux entrées, mais le plus souvent une seule, avec une porte en saillie. Dans les forteresses de grande dimension, il y avait souvent, du côté le plus exposé à l’attaque, un mur à angle droit avec le mur principal et

680. — Fortifications égyptiennes. — Beni-Hassan. D’apiès Champollion, Monuments de l’Ègypte, t. iv, pi. 379.

furent conquises et détruites par Josaphat. IV (II) Reg., iii, 19.

VI. Fortifications de Philistins. — A l’époque des Juges et des rois, les Philistins possédaient un certain nombre de places fortes, notamment Accaron , Jud., xvii, 52; Gaza, Jud., xvi, 3; Ascalon, I Reg. (Sam.), vi, 7; Céda, I Reg. (Sam.), xxm, 7; Bethsan, I Reg. (Sam.), xxxi, 10, 12; Gebbéthon, III (I) Reg., xv, 27; xvi, 15, 17: Geth, Jamnia et Azot furent prises par Ozias. II Par., xxvi, 6. Les villes des Philistins furent détruites par Ézéchias. IV (II) Reg., xvm, 8. Arnos, i, 6-8, prédit la destruction du mur de Gaza, des villes d’Azot, d’ Ascalon et d’Accaron.

VII. Fortifications des Iduméens. — Parmi les villes fortifiées des Iduméens, on comptait au temps des rois : Bosra, Is., xxxiv, 6; lxiii, 1; Jer., xlix, 22; Dédan, Jer., xlix, 8; Théman. Jer., xlix, 7, 20. Au temps des Machabées, ils avaient Gazara, II Mach., x, 32, et Chébron ou Hébron. I Mach., v, 65. On trouvait également dans ce pays des tours isolées, comme celles dont nous avons parlé plus haut. Il Mach., x, 16, 18.

VIII. Fortifications égyptiennes. — Il n’est question des villes fortifiées d'Égypte qu’à l’époque des Machabées. Antiochus Épiphane s’empara des places de ce pays, I Mach., i, 21; presque toutes remontaient à une époque reculée et avaient été plusieurs fois restaurées. Dès les temps les plus reculés, les Égyptiens entourèrent leurs

de même hauteur que celui-ci. Du haut de ce mur on pouvait lancer des projectiles sur le liane des assaillants.

Ce que les Égyptiens cherchaient surtout, c’était à éloigner l’ennemi du mur. Pour y parvenir, ils construisaient à une certaine distance du rempart principal un second ouvrage plus bas que le premier. De chaque côté de l’entrée de cet ouvrage avancé était placée une tour. L’entrée était d’ordinaire sur la face la moins exposée. Parfois aussi on creusait en avant du mur principal un fossé, défendu par une contrescarpe. Au centre du fossé s’élevait un mur de pierre parallèle à la contrescarpe, une sorte de demi-lune, puis l’escarpe de la plate-forme ! sur laquelle s’élevait la muraille principale. Sur le fossé était un pont de bois, qu’on relevait en cas d’attaque. Enfin la contrescarpe était quelquefois protégée par un glacis de pierre, qui s’inclinait vers la plaine. Les Égyptiens connaissaient donc toutes les parties qui composent une fortification moderne. Il semble que l’habitude de fortifier les villes ait cessé après l’avènement de la XVIIIe dynastie, excepté sur les frontières du désert. Les i fortifications furent remplacées par les tours pyrami- ! dales de pierre placées à l’entrée des temples. Le temenos , ou mur de l’enceinte sacrée, tint lieu d’ouvrage il avancé. G. Wilkinson, The Manners and Customs of the I ancient Egyptians, 2e édit., 1878, t. i, p. 268-269. Les palais des pharaons de l’ancien empire étaient des cités fortifiées, entourées de murs de briques crénelés. G. Mas- :

FORTIFICATIONS

pero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique, in-4°, t. i, 1895, p. 275; t. n, p. 83. Les seigneurs égyptiens, à l’exemple du pliaraon, habitaient des forteresses. Ibid., t. I, p. 297, 298, 450.

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