DIME — DINA
qu’à se procurer le nécessaire pour le manger, le boire et l'onction. Schebiith , vin, 2; Maaser scheni, i, 7, 11.
— 3. On joignait d’ordinaire au produit de cette dîme les fruits de l’arbre à sa quatrième année. Lev., xix, 24; Sephra, f. 210, 1; Gem. Hier. Peali , xx, 3. — 4. Ces festins auxquels étaient invités les prêtres et les lévites, conjointement d’ailleurs avec les membres de la famille de celui qui payait la dîme, avaient sans doute pour but de raviver les sentiments de confraternité entre les Israélites des autres tribus et les lévites. Dans ces conditions, la première dîme n’était plus payée pour des inconnus, mais pour des hommes que l'on connaissait, dont on estimait le caractère et la fonction. Les rentrées n’en étaient que plus faciles. — 5° La dîme des pauvres.
— 1. Cette dîme était due par tous sans exception, même par les lévites et les prêtres, à raison des villes qu'ils possédaient. — 2. Elle se payait tous les trois ans, la troisième et la sixième année après l’année sabbatique. Pour cette raison , chacune de ces années portait le nom de sénat hamma'âsêr, « année de la dîme, » Deut., xxvi, 12.
— 3. La loi ne dit pas si cette nouvelle dime s’ajoutait à la précédente, ou si elle se confondait avec elle, de façon que la dime des pauvres ne fût qu’une destination particulière imposée à la seconde dime. Josèphe, Ant.jud., IV, viii, 22, parait croire qu'elle s’ajoutait aux deux autres. Quelques auteurs sont de cet avis; mais la plupart pensent que la dime des pauvres n’était qu'une application triennale de la seconde dime à une certaine catégorie de personnes. Autrement la redevance eût atteint tous les trois ans les trois dixièmes du revenu, ce qui parait excessif, surtout pour la sixième année, qui précédait l’année sabbatique, durant laquelle l’Israélite ne tirait aucun profit de ses champs. A cette dime des pauvres avaient part les lévites, non plus seulement à Jérusalem, comme dans les années où l’on y faisait les festins légaux, mais partout où ils se trouvaient. Deut., xiv, 29. Cf. Munk, Palestine, Paris, 1881, p. 172. — 4. L’Israélite n’avait pas à murmurer contre ces redevances, car le Seigneur promettait ses bénédictions temporelles à ceux qui les acquittaient fidèlement. Deut., xiv, 29; xxvnr, 11, 12. D’autre part, les rabbins déclaraient digne de mort celui qui mangeait des aliments soustraits à la dime. Sanhédrin, f. 83 a. — 5. Dans le repas qui terminait l’acquittement de la dime des pauvres, l’Israélite protestait devant le Seigneur qu’il avait accompli son devoir. Il disait : « J’ai enlevé de ma maison tout ce qui était consacré, et je l'ai donné au lévite, à l’étranger, à l’orphelin, à la veuve, comme vous me l’avez recommandé; je n’ai pas trangressé vos ordres, je n’ai pas oublié votre loi, etc. » Deut., xxvi, 13. On prétend que, sur l'ordre de Jochanan, cette formule fut modifiée, sous prétexte qu’Esdras avait interdit de servir la dime aux lévites, pour les punir de n’avoir pas voulu revenir avec lui de Babylone. Sota, ix, 10; Maaser scheni, v, 15. Mais Esdras n’a pu porter cette peine, puisque des lévites sont revenus avec lui à Jérusalem. I Esdr., viii, 15-20. — 6. Amos, iv, 14, s’adressant aux dix tribus d’Israël, qui adoraient les idoles, leur dit ironiquement : « Amenez vos victimes le matin, et vos dîmes aux trois jours. » Suivant les différents auteurs, ces jours désignent soit les années, soit les trois grands jours de fête annuels, à moins que le prophète veuille se moquer des idolâtres en leur disant de faire pour leurs dieux tous les trois jours ce que les serviteurs du vrai Dieu ne font que tous les trois ans. — Voir Reland, Antiquitates sacræ, Utrecht, 1741, p. 205-208; Bahr, Symbolik des mosaischen Quitus, t. ii, p. 36-38; les auteurs cités par "Winer, Biblisches Piealwôrterbuch, Leipzig, 1838, t. n, p. 833-836.
H. Lesètre.
DllVlOMA (hébreu : Dimôndh; Codex Vaticanus : 'Psy \iâ; Codex Alexandrinus : Aifj.wvà), ville de la tribu de Juda, située à l’extrémité méridionale, « près des frontières d’Édom. » Jos., xv, 22. Elle est mentionnée entre Cina et Aduda : la première localité est inconnue, mais
la seconde a été retrouvée de nos jours dans les ruines de même nom, El-' Ad'adah, à l’ouest de la mer Morte, au sud-est de Tell Arad. Eusèbe et saint Jérôme, Onomaslica sacra, Gœttingue, 1870, p. 115, 250, citent Dimona, Aei^c avà, sans en indiquer la situation, ce qui prouve que dès cette époque on avait perdu les traces de l’antique cité : on les cherche encore aujourd'hui. Il est probable que le nom réparait, avec une légère altération, dans un autre endroit de l’Écriture. II Esdr., xi, 25. Le texte original, il est vrai, porte Dibôn, Septante : Aatêwv, Atêwv ; mais il ne saurait être ici question de la ville moabite appelée aujourd’hui Dhibûn, puisque l’auteur sacré énumère les lieux réhabités par les enfants de Juda, après la captivité. Ensuite l’énumération comprend plusieurs des noms au milieu desquels Dimona se rencontre dans Josué, xv, 21-32, comme Cabséel, Molada, Bethphaleth, etc., ce qui place bien Dibon dans le négéb ou « le midi » de la Palestine. Enfin la permutation entre le n, beth, et le a, mem, s’explique très facilement. Aussi quelques auteurs sont-ils tentés de reconnaître notre cité dans les ruines signalées par Van de Velde, Memoir to accompany the Map of the Holy Land, Gotha, 1858, p. 252, au nord-est d’Arad, et appelées Ed-Dheib, comme l’ouadi au sud duquel elles se trouvent. Cf. Keil, Josua, 1874, p. 124. 11 faut dire cependant que Robinson, Biblical Researches in Palestine, Londres, 1841, t. ni, index arabe, p. 209, et 2e édit., 1856, t. ii, p. 102, écrit le mot Ehdeib. Il semble par ailleurs que cette double dénomination correspond au Khirbet et-Teibéh de la carte anglaise, Old and New Testament Map of Palestine, Londres, 1890, feuille 14. A. Legendre.
DINA (hébreu: Dînâh ; Septante : Ae!vx), fille de Jacob et de Lia. Elle fut peut-être la seule fille de ce patriarche. On ne saurait sans doute le conclure avec certitude de ce que Moïse ne parle d’aucune autre , car l’Écriture ne fait pas d’ordinaire mention des filles dans les généalogies postdiluviennes ; mais les détails dans lesquels la Genèse entre en racontant successivement la naissance des enfants que les quatre femmes de Jacob lui donnèrent, et la mention expresse qu’elle fait de la naissance de Dina, ont fait croire à quelques-uns qu’il n’y eut pas d’autre tille qu’elle dans la famille du patriarche. Gen., xxix, 31; xxx, 24. Josèphe, Ant. jud., I, xxi, 1, l’affirme formellement. Elle naquit à Haran en Mésopotamie, Gen., xxx, 21, et fut le dernier enfant que Jacob eut de Lia. A peu près vers la même époque, Rachel mit au monde son premier fils, Joseph, Gen., xxx, 22-24; et l’on peut par là déterminer approximativement l’âge qu’avait Dina lorsque se passèrent les faits racontés Gen., xxiv, 1-3. Elle devait avoir quinze ou seize ans, puisque Joseph, qui était à peu près du même âge qu elle, fut vendu environ un an après, à l’âge de dixsept ans (Vulgate : « seize ans »). Gen., xxxvii, 2.
Lorsque Jacob revint de la Mésopotamie dans la Terre Promise, il alla d’abord s’établir à Soccoth, d'où il se dirigea plus tard vers Sichern, Gen., xxxm, 17-19, et pendant le séjour du patriarche dans cette région, « Dina, tille de Lia, sortit pour voir les femmes de ce pays. » Gen., xxxiv, 1. Cette curiosité devait lui être funeste. Sichern, fils d’Hémor, roi du pays, l’ayant vue, conçut pour elle une violente passion; il l’enleva et lui fit violence. 11 pria ensuite son père de la demander pour lui en mariage à Jacob. Lorsque Hémor alla faire cette demande au père de Dina, celui-ci était déjà instruit du malheur de sa li lie ; mais il avait voulu dissimuler sa douleur et son ressentiment jusqu’à l’arrivée de ses fils. Gen., xxxiv, 4-6. Les frères de Dina furent remplis d’indignation et de colère en apprenant cette nouvelle; cependant ils se continrent et feignirent d’agréer la proposition d’Hémor et de Sichern, qui était venu appuyer vivement la demande de son père. Ils mirent seulement à leur consentement une condition insidieuse, qui leur
DINA — DIOTRÈPIIE
permit de venger de la manière la plus terrible et la plus cruelle l'outrage fait à leur sœur. Gen., xxxiv, 7-31. On voit par diverses circonstances du récit que Dina avait dù passer plusieurs jours en la possession de son ravisseur lorsque ses frères la délivrèrent. Gen., xxxiv, 3, 11, 20, 25-2G.
La faute et l'infortune de Dina ne sont qu’un épisode d'une importance fort secondaire dans l’histoire patriarcale; elles eurent néanmoins, dans les vues de la Providence et pour seconder ses desseins, une grande influence sur la suite de cette histoire. Si Jacob s'était définitivement établi au milieu des Sichémites, comme il parait en avoir formé d’abord le projet, Gen., xxxm, 17-19, ce séjour aurait été extrêmement dangereux pour la foi et les mœurs de ses enfants. C’est à ce péril que Dieu voulait arracher les descendants d’Abraham en ne leur permettant de se fixer nulle part d'une manière permanente dans le pays de Chanaan avant d’ètre devenus un peuple capable de résister, par la force du nombre et par l’organisation sociale et religieuse, aux influences corruptrices du paganisme et de la civilisation des indigènes. La vengeance sanglante de Simeon et de Lévi (voir ces noms) servit à l’exécution de ce plan divin; elle rendit impossible la prolongation du séjour de la famille de Jacob au milieu d'un peuple désormais hostile. Gen., xxxiv, 25-30.
Le patriarche replia donc ses tentes et reprit le cours de cette vie errante à laquelle Dieu l’appelait. Gen., xxxv,
1, 16, 21, 27; cf. xxxvii, 12, 17.
L’Écriture se tait sur la suite de l'histoire de Dina, et nous ne savons plus rien d'elle. La tradition juive, conservée dans la paraphrase chaldaïque, d’après laquelle la femme de Job ne serait autre que la fille de Jacob et de Lia, n’a aucune vraisemblance. E. Palis.
DINÉENS (chaldéen : Dînâyê' ; Septante: Aetvaïoi; Vulgate: Dinæi), captifs transplantés par les Assyriens dans l’ancien royaume d’Israël. Nous voyons dans I Esdr., iv, 9, qu’ils voulurent s'opposer, après le retour des Juifs dans leur patrie, à la reconstruction des murailles de Jérusalem ; ils écrivirent dans ce sens à Artaxerxès. Mais ils ne sont plus mentionnés 1 Esdr., v, 6, et vi , 6, parmi ceux qui firent une tentative analogue sous Darius, pour empêcher la reconstruction du Temple. — On place généralement ces Dinéens à l'est ou au nord-est de l’Assyrie ou dans la Médie; mais on ne sait rien de certain sur ce sujet. Iveil, Ezra, 1870, p. 437, croit que les Dinéens venaient de la ville mède de Deinaver, nommée par Aboulféda; d’Herbelot, Bibliothèque orientale, Deinour; Bertheau , Ezra, 1863, p. 62, d'après Ewald, Geschichte des Volkes Israël, 1866, t. ni, p. 727. — Clair, Esdras et Néliémie, 1882, p. 24-25, rapproche les Dinéens des Dayaini ou Dayani des textes cunéiformes, qui habitaient aux environs du lac de Van et non loin des sources de l'Euphrate. Cf. Eb. Schrader, Keilinschriften und Geschichtsforschungen, 1878, p. 134, 150- 154. Assurbanipal et Asarhaddon, en qui l’on croit voir TAsénaphar d’ Esdras, ne les attaquèrent pas, ou du moins ne les mentionnent pas; mais on pourrait supposer qu’ils sont, en effet, compris parmi les Minni ou habitants de l’Arménie, entre les lacs de Van et d'Ourmia, qu’Assurbanipal attaqua et subjugua dans sa campagne contre Ahseri (ive ou ve expédition, les chiffres variant suivant les textes). Ménant, Annales des rois d’Assyrie, p. 279 et 259; Schrader , Keilinschrif tliche Bibliothek, t. ii, p. 176. — Leur mention à côté des Apharsatachéens et des Apharséens permettrait aussi de les placer dans le voisinage de la Médie ou d'un district contigu, nommé Parsoua dans les inscriptions assyriennes, ce qui ne les éloigne I pas beaucoup du pays des Minni. On sait qu’Asaraddon fit la conquête de ces provinces et en transplanta les habitants dans le pays de Chanaan ou en Syrie. Voir Apharsatachéens et Apharséens, t. i, col. 724 et 726.
E. Pannier.
DSODÂTI Jean, théologien calviniste, né à Genève le 6 juin 1576, mort dans cette ville en 1649. 11 appartenait à une famille de Lucques, qui, ayant embrassé les erreurs de Luther, avait dù abandonner l’Italie. Grâce à la protection de Théodore de Bèze, il était à vingt et un ans professeur d’hébreu. Pasteur de l’église réformée, en 1608, il était l’année suivante appelé à enseigner la théologie. Ayant fait un voyage en Italie, il se lia avec Fra Paolo Sarpi, et essaya, sans succès, de répandre à Venise les erreurs de Calvin. Il prêcha à Nimes pendant les années 1614 et 1617. Quoiqu'il fût d’origine étrangère, il représenta l’église de Genève au synode de Dordrecht, dont il fut chargé de rédiger les articles. On avait cependant à lui reprocher ses violences contre ceux qui n’admettaient pas complètement les opinions de Calvin. Il traduisit la Bible en italien,' én accompagnant le texte de notes et de courts commentaires : La Biblia, cioe, i libri del Vecchio e del Nuovo Testamento ; nuovamente traslatati in lingua italiana da Giov. Diodati di Nation Lucchese, in-f°, Genève, 1644; la seconde édition a pour titre : La Sacra Biblia, tradotta in lingua italiana e commentata, seconda editione , migliorata ed accresciuta , con l’aggiunta de’ sacri Salmi messi in rime, in-f°, Genève, 1641. Une traduction française fut publiée sous le titre : La Sainte Bible interprétée par J. Diodati , in-f», Genève, 1644. Ces ouvrages eurent de nombreuses éditions, et les éditeurs publièrent séparément diverses parties de la Bible, avec les notes et les commentaires de cet auteur. — Voir Richard Simon, Histoire critique du Vieux Testament, p. 340; Tiraboschi, Storia clella letteratura italiana, t. vin, p. 227 ; Schotel (G. û. J.), J. Diodati, in-8°, la Ilaye, 1844. B. IIeurtebize.
DIODORE D'ANTIOCHE, évêque de Tarse. Voir t. i, col. 684.
DIORYX. Mot grec, 6twpv£, employé dans la version grecque de l’Ecclésiastique, xxiv, 31, 33 (Vulgate, 41, 43). Dans le second passage, la Vulgate a traduit exactement le mot grec par trames, « chemin » suivi par l’eau; dans le premier, notre version parait reproduire deux fois le même membre de phrase, la première en rendant le mot ôtù>pu£ par trames, la seconde en le transcrivant simplement en latin, diorix. Quelques commentateurs ont cru à tort que diorix était un nom propre de fleuve et désignait l’Araxe, une des rivières du paradis terrestre auquel l’auteur sacré fait allusion. Voir J. Frd. Schleusner, Novus thésaurus philologico - criticus Veteris Testamenti, 1820, t. ii, p. 182; Calmet, Commentaire littéral, l’Ecclésiastique, 1730, p. 325.
DIOSCORE (grec : Aïoo-xoptvBio; ; Vulgate : Dioscorus), mois macédonien inconnu. II Mach., xi, 21. Voir Mois.
DIOSCURES. Voir Castor.
DIOTRÈPHE ( grec : A«np l<prtç, « élevé par Jupiter;» Vulgate : Diotrephes), personnage influent d’une Église à laquelle appartenait Gaius, le destinataire de la troisième Épitre de saint Jean. III Joa., 9-10. Cette Église parait être de l’Asie Mineure, mais on ne saurait préciser davantage. Tandis que Gaïus avait exercé une généreuse hospitalité envers les ouvriers évangéliques, Diotrèphe, au contraire, les accueillait mal et ne souffrait pas que d’autres les reçussent, jaloux qu’il était de faire sentir son autorité. Dans ses paroles il ne ménageait pas l’apôtre lui -même. Cette situation influente, jointe au soin des étrangers, qui parait lui incomber, permet de voir en Diotrèphe un des surveillants ou plutôt un des diacres de cette Église, dont la doctrine parait avoir été irréprochable, mais qui manquait des vertus requises pour ces fonctions : l'humilité dans le commandement et l’hospi- I talité. E. Levesque.