‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 1 sur 486 · LETOUZEY ET ANE, ÉDITEURS · texte numérisé non relu

LETOUZEY ET ANE, ÉDITEURS

76bis, RUE DES SAINTS-PÈRES, 76bi

TOUS DROITS RÉSERVÉS ff -itfYTVAEC^

Imprimatur

Parisiis. die 21 Octobris 1899.

| Fbakqscus, Card. RICHARD,

Arcli. Par.

H HO rt/a

DABIR

D, quatrième lettre de l'alphabet hébreu. Voir Daleth.

OA AH, mot hébreu qui vient du verbe dd'dli , « voler, » et qui désigne un oiseau de proie rangé parmi les animaux impurs. Lev., xi, 14* Dans le passage parallèle, Deut., xiv, 13, ce nom est remplacé par rà'âh, qui vient du verbe rà'àh, « voir. » Dans les deux cas, les Septante traduisent par yrl, « vautour; » la Vulgate rend le premier mot par milous et le second par ixion. Faut -il voir dans dâ'àh et dans rà'âh deux noms différents du même oiseau, considéré tantôt à raison de son vol, tantôt à raison de sa vue, comme le croient quelques interprètes? 0 a bien faut- il supposer une faute de copiste, par suite de la confusion si facile et si fréquente entre les deux lettres daleth , i, et resch, t? C'est ce que donnerait à penser le texte samaritain, qui dans les deux cas lit dà'àh. Voir plusieurs cas de la confusion entre le daleth, i, et le resch, i, dans Rosenmùller, Scholia in Leviticum, Leipzig, 1798, p. 63. Gesenius, Thésaurus , p. 309, 1247, incline à croire qu'il faudrait lire dâ'àh dans les deux gcs. C'était aussi l'avis de Iïochart, Hierozoicon, Leipzig, 1793, t. ir, p. 777, qui pensait qu'un nom d'oiseau tire plus convenablement son étymologie du verbe qui signifie « voler » que de celui qui signifie « voir » Rosenmùller, loc. cit., rapproche de dà'àh le nom arabe du milan, Indu. D'autre part, Tristram, The nutural hislonj of the Bible. Londres, 1889, p. 186, ne fait aucune mention du dà'àh, et s'en tient au rà'âh du Deutéronome, qui désigne probablement le busard. Voir Busard. 11 est probable que les deux mois dâ'àh et rà'âh doivent être ramenés à la même leçon. La place qu'ils occupent dans les deux passages parallèles montre assez qu'Us désignent des oiseaux de proie à peu près semblables et faciles à prendre l'un pour l'autre. Si le rà'âh peut s'identifier avec le busard, le dà'àh désignerait le milan ou le vautour. Voir Milan, Vaitotr. Aquila, Deut., xtv, 13, a traduit rà'àli par i'-o;, et la Vulgate par i.rion. Ces deux mots n'ont le sens d'oiseau ni en grec ni en latin. Leur emploi prouve que les traducteurs n'ont pu saisir la signification du mot hébreu. H. Lesètre.

DABÉRETH (hébreu : had-Dàberat, avec l'article, Jos., xix, 12; Dàberat, Jos., xxi, 28; Dobrat, I Par., VI, 57 [Vulgate, 72]; Septante : Aa6ipo>6; Aïêpie, dans le Codex Alexandrinns et plusieurs autres manuscrits, Jos., xix, 12; tt,v Asêoi; Codex Alexandrinus : AeSpàB, Jos., xxi, 28; tt.v \ifjZç,\... mi :,;/ Aa6(ip, répétition fautive, I Par., vi, 72), ville située sur les frontières de Zabulon, Jos., XIX, 12; mais attribuée à Issachar, Jos., xxi, 28; I Par., VI, 72, où elle est comptée parmi les cités lëvitiques données aux fils de Gerson. C'est sans doute « le village de Dabaritta ;, Aaëïpi-rrx, Aa6apércS>v v.'.'vrr, , mentionné par Josèphe, « à l'extrême frontière de Galilée, dans la grande plaine » d'Esdrelon, Bell.jud., II, xxi, 3; Yita,G2. RelanJ, Palssslina, Utrecht. 171t. t. u. p. 737, nie sans raisons suffisantes cette assimilation, admise par les auteurs modernes. C'est aussi la localité appelée Dabalar- (ah par le Talmud de Jérusalem, Orlah, i, I ; cf. A. Neubauer, La Géographie du Talmud, in -S', Paris, 1868,

p. 265. Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœtlingue, 1870, p. 1 10, 250, la nomment également Aigpctft, Dabrath; mais elle doit en même temps correspondre à Aaî)£tpi, Dabira, « bourg des Juifs, » qu'ils signalent «sur le [au pied du] mont Thabor, dans la région do Diocésarée » Sepphoris, aujourd'hui Se(fouriyéh, au nord de Nazareth), p. 115,250. Ces diverses identifications jointes à celles de l'Écriture, qui place Dabérelh sur la limite des deux tribus de Zabulon et d'Issachar, et dans le voisinage de Céseleth Thabor (Iksàl), nous amènent à reconnaître avec certitude la cité biblique dans le village actuel de Debouriyéh, à l'ouest et au pied du Thabor. L'arabe Aj,^>>, Debûriyéh, reproduit exactement l'hébreu n-2-ï, Dàberat, sauf la différence des deux terminaisons féminines. Les écrivains du moyen âge ont défiguré le nom en retranchant la première syllabe ; mais Buria ou Bourie, situé près de Naïm et de la montagne de la Transfiguration, désigne bien le même endroit. Cf. Les chemins et les pèlerinages de la Terre Sainte (avant 1205), dans les Itinéraires français publiés par la Société de l'Orient latin, Genève, 1882, t. m, p. 197. « Ce village [Debouriyéh], peu considérable, est assis en amphithéâtre sur différents monticules au bas du Thabor. Des jardins bordés de cactus l'environnent. On remarque au milieu des maisons les restes d'un ancien édifice, mesurant vingt-deux pas de long sur dix de large et orienté de l'ouest à l'est. Il avait été construit en pierres de taille, et un certain nombre d'assises sont encore debout. L'intérieur est actuellement occupé par une habitation particulière et par une écurie, au-dessus desquelles s'élève le medafêh ou maison affectée à la réception des étrangers. Tout porte à croire, à cause de son orientation, que cet édifice était jadis une église chrétienne. Dans ce cas, il aurait été probablement bâti à l'endroit où Notre-Seigneur guérit un possédé du démon et en souvenir de cet événement... C'est à Daberath que, d'après une tradition très accréditée, les net apôtres attendirent Notre-Seigneur, pendant qu'avec Pierre, Jacques et Jean, son frère, il gravit le Thabor et s'y transfigura en la présence de ces trois disciples privilégiés. En redescendant de la montagne, le Sauveur rejoignit en cet endroit ses autres disciples, et guérit devant eux un jeune homme possédé d'un démon qu'ils n'avaient pu chasser eux-mêmes. Matlh., XVII, 11-17; Marc, ix, 16-20; Luc, ix, 38-43. »V. Guérin, Galilée, t. i, p. 141, 142. — Lors de la conquête de Chanaan par les Israélites, Dabéreth devait avoir une certaine importance, puisqu'elle est mentionnée, I Par., VI, 72, « avec ses faubourgs, » c'est-à-dire des hameaux voisins placés sous sa dépendance. Elle marque exactement la limite de Zabulon vers 1,. sud -est. A. Legendre.

DABIR, nom d'un roi d'Églon et, de deux villes situées, l'une à l'ouest du Jourdain, appartenant à la tribu de Juda; l'autre à l'est, de la tribu de Gad.

1. DABIR (hébreu : Dchir ; Septante, AaS:'v ; Cndex Alexandrinus: Aai::>j, roi d'Églon, auquel Adoiiisé-

DABIR

dech, roi de Jérusalem , demanda du secours pour attaquer Gabaon, qui avait passé du côté de Josué. Avec Adonisédech et trois autres rois alliés il fut pris, mis à mort et pendu. Josué, x, 3. 2;;.

2. DABIR (hébreu : Debir, défectivement écrit, Jos., xi. 21; xii, 13; xv, 15, A'.); xxi, 15; pleinement écrit, Jud., 1, 11; I Par., vi, 43 [Vulgate, 58]; Debîrâh, avec hé local, Jos., x, 38, 39; Septante: Aaêt'p; Codex Alexandrinus : Ac<Si:p), ville royale chananéenne, Jos., xii, 13, habitée par les Énacim, Jos., xi. 21 ; prise par Josué, x, 38, 39; xn, 13, el par Othoniel, Jos., xv, 15; Jud., i, 11; assignée à la tribu de Juda et rangée parmi les villes de o la montagne », Jos., xv, 49; donnée « avec ses faubourgs » aux enfants d'Aaron, Jos., xxi, 15; I Par., vi, 58; primitivement appelée Cariath-Sépher, Jos., xv, 15; Jud., i, 11, et Cariathsenna, Jos., xv, 49.

I. Nom. — L'hébreu debir signifie « la partie la plus reculée » d'un édifice, d'un temple; cf. Gesenius, Thésaurus, p. 318. C'est le nom que portait le Saint des saints dans le tabernacle de Moïse et dans le Temple de Salomon. III Heg., vr, 5, 19-22; vm, 6, 8, etc. Aussi quelques auteurs, comme A. H. Sayce, La lumière nouvelle apportée par les monuments anciens, trad. franc., in-8°, Paris, 1888, p. 126, appliquent- ils à l'antique cité biblique le titre de « sanctuaire », qui rappelle celui de Cadès, <i la ville sainte. » D'autres, rattachant le mot à la racine dàbar, ■■ pai 1er, voient plutôt ici le sens de « parole, oracle », et veulent rapprocher celte étymologie de celle de Cariath-Sépher, hébreu: Qirya(-Sêfér,« ville du livre, » cherchant parfois dans d'autres langues certains points de comparaison plus ou moins problématiques. Cf. Palestine Exploration Fund, Quarlerly Statement, 1888, p. 282; .1. Fûrst, Hebrâisches Handwôrterbuch, Leipzig, 1876, t. i, p. 281. Il convient de ne pas trop insister sur ces soi 1rs d'explications. Ce qu'il y a de certain, c'est que non seulement le vocabulaire, mais la tradition et l'histoire, donnent un réel fondement à l'interprétation de Cariath-Sépher, la -or.; ypa|A|j.âTii>v des Sept. mie, la i il itas littéral > m de la Vulgate, la « ville des archives i de la

p.irapln h.ililaïquc. Voir CARIATH-SÉPHER et CARIATH- SENNA, t. Il, col. 278.

II. Identification. — L'emplacement de Dabir n'est pas encore connu d'une manière certaine. Pour le fixer, au moins approximative ni, examinons d'abord les indications de l'Écriture. Celle ville se trouvait dans la con-

tr montagneuse >• de la Palestin téridionale ». donl

Hébron occupe un des points culminants. Jos., x, 36-39; xi, 21; xn, 13. L'ensemble du groupe auquel elle appartient dans la tribu de Juda, Jos., xv. 18-51, détermine parfaitement le raj lans lequel nous la devons chercher; c'esl le premier de » la montagne «, comprenant les localités suivantes, donl la plupart sont bien identi Bées : Samir i aujourd'hui Khirbet Sômerali, au sud-oucsl d'Hébron), Jéther [Khirbet 'Attir), Socoth (Khirbet Schouéikéh) Vnab | inâb), Istemo | Es-Semou'a), Anim (Ghououéin el Fôqâ ou et-Tahta). Elle esl citée entre Hébron el Auab, Jos., m, 21 ; Danna ( inconnue i el â.nab, Jos., xv, 19-50; Holon inconnue) el Ain (voirAïN2,

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