I. I, COl. 315), Jos., XXI, 15-16. Voir la carte de la tribu
de Juda. Elle devail être dans une position importante et d'un siège difficile, puisque Caleb, pour stimuler le courage de ses gens, promit sa fille Axa en mariage à celui
qui réussirait à s'emparer île la place. Jos., w. Ni; Jud., i, 12. L'eau était peu abondante sur sou territoire, car Othoniel, après l'avoir reçu comme prix 4e sa victoire, eut soin de faire demander un soi mieux pourvu el plus
fertile. Axa «fit d • à son père : » Vous m'avez donné
une terre au midi el desséchée; ajoutez-en une autre
bien arrosée. Caleb lui d ,i donc en haut et en lias
de lieux arrosés d'eau » (hébreu : » des sources supérieures et inférieures »). Jos.. \v, 19; Jud., ], 15. Il s'agil sansdgute de champs situés sur le flanc d'une colluu ou
dans une vallée, et possédant à différents niveaux des sources d'eaux vives ; ils devaient être dans les parages de Dabir.
C'est sur ces bases qu'ont été établies les trois hypothèses suivantes. — 1° Le Dr Rosen, dans la Zeitschrift des (Iriitschenmorgenlândischen Gesellschaft, 1857, t. Il, p. 50-64, a cru retrouver l'emplacement de la ville, à cinq quarts d'heure à l'ouest d'Hébron, sur une haute colline très abrupte, dont le nom Daouîrbàn lui semble une altération de celui de Debir. VAïn Nunkûr (ou plutôt Unqur, selon la carte anglaise du Palestine Exploration Fund), descendant d'un petit plateau dans une riante et fertile vallée, représenterait, d'après lui, les « sources supérieures et inférieures » signalées dans le texte sacré. Celle position expliquerait aussi l'expression dont se sert la Bible à propos de la conquête de Josué, qui, d'Eglon (Khirbet 'Adjlân) marchant en droite ligne sur Hébron, « revint ensuite à Dabir, » Jos., x, 36-38, ce qui permet de supposer que cette dernière ville était sur la route de la première à la seconde, et par là même à l'ouest de celle-ci. Il est facile de répondre, d'abord, que le rapprochement entre les deux noms n'otfre aucun fondement solide. Ensuite, le groupe auquel appartient notre antique cité, Jos., xv, 48-51, marque sa place non pas aux environs immédiats ni à l'ouest d'Hébron, mais plus l»i vers le sud. Enfin l'hébreu Sûb,« retourner, »ne signifie pas nécessairement « revenir sur ses pas »; il indique simplement un « détour », un changement de direction, et c'est ce que lit Josué en « tournant » au sud pour venir attaquer Dabir. Ajoutons à ces raisons, avec .M. V. Guérin, Judée, t. m, p. 264, 26l3, l'absence de ruines tant soit peu considérables sur la colline de Daouîrbàn, bien que la cité chananéenne ait pu, comme beaucoup d'autres jadis importantes, en Palestine, être presque effacée du sol. Il n'y a plus là que quelques tombeaux creusés dans le roc et divers amas de pierres qui peuvent provenir de constructions démolies. Le terrain a été, en elfet, depuis bien des siècles sans doute, livré à la culture et envahi par des plantations de vignes.
2 Van de Vrlde, Memoir to accompanij themap of the llohj I.tuttl , Gotha, 1858, p. 307, adopte une autre conjecture, en cherchant, avec le D1 Stewart, la ville de Dabir au Khirbet Dilbéh, situé sur le sommet d'une colline, au
i I de l'ouadi Dilbéh, à deux heures au sud-ouest
d'Hébron. La conformité du nom avec celui de la ville ancienne, l'existence d'une belle source dont les eaux descendent par un conduit jusqu'à un réservoir appelé Birkét ed- Dilbéh, au pied de la colline, enfin les ruines éparses au milieu des broussailles sur la hauteur qui
d me le bassin : telles sont les raisons invoquées en
faveur de celle hypothèse, auxquelles on ajoutera proxiimlé d'Hébron et d'Anab. L'ouadi Dilbéh est peut-être l'ouadi Dibir que H. J. Sehwarz, Dos heilige Land, l rancfort-sur-le-Main, 1852, p. 59, signale, d'après les Arabes, au sud-ouest d I bron. (.'.elle opinion esl admise, mais non sans réserve, par Keil, Josua, Leipzig, 1874, p. ms ; Riehm, Handwôrterbuch des biblischen Altertums, Leipzig, Iss',., t. i. p. 265; Fillion, le Sainte Bible, Paris, 1889, t. n, p. i:i, iir. Elle paraît des problématique à M. V. Guérin, Judée, p. 265-266. « D'abord, dit-il, les ruines dr Helboh (Dilbéh) sont seulement celles d'un simple village et non point d'une ville de l'importance de Dabir, dont la conquête, regardée sans doute comme dillicile, valut a Othoniel la main d'Axa. fille de Caleb. En second lieu, le mot Delbéh n'a qu'un rapport assez i'i ligné avec celui de Dabir. Enfin, si 1 Ain Delbéh dérive d'un peu plus h.iui avant d'aboutir au réservoir mentionné, sa position n'explique pas le verset de Jos., xv, 19. Ces expressions irriguum superius et inferius... font er un plateau et une vallée ou bien deux vallées, l'une huile. l'autre plus basse, arrosées soit par des sources différentes, soit par la même source s'écoulant de la première vallée dans la seconde. Or l'Ain Delbéh
DABIR
semble sortir des flancs inférieurs de la colline dont les pentes sont couvertes par les ruines du Khirbet Delbéh, et cette source ne fertilise que la vallée au milieu de laquelle est le birket en question. »
3° Une troisième hypothèse, adoptée par les explorateurs anglais, place Dabir plus bas encore, à quatre ou cinq heures au sud-ouest d'Hébron, au village d'edh- Dhàheriyéh. Cf. Armstrong, Wilson et Conder, Names and places in the Old and New Testament, in-8", Londres, 1889, p. 49. Ce village, situé sur un plateau rocheux, visible d'une assez grande distance dans toutes les directions, occupe une position remarquable. Plusieurs maisons sont bâties avec de beaux matériaux, provenant d'anciennes constructions; quelques-unes même paraissent dater, soit en totalité, soit seulement dans leurs assises inférieures, de l'époque romaine. On y remarque un ouali construit, du moins en partie, avec des blocs antiques équarris avec soin, et un édifice carré, mesurant seize pas sur chaque face et bâti en belles pierres de taille, avec un soubassement en talus. Il renferme plusieurs compartiments voûtés, en pierres fort bien appareillées; c'est actuellement l'habitation d'un des scheikhs du village. Sur la colline et aux alentours, on trouve de nombreuses citernes, des tombeaux et des pressoirs creusés dans le roc , des caveaux qui servent encore aux besoins des habitants. Ce bourg semble appartenir à la ligne des petites forteresses qui apparemment existaient autrefois le long de la frontière méridionale de Palestine. Cf. V. Guérin, Judée, t. m, p. 301; E. Robinson, Biblical Ilesearches in Palestine, Londres, 1856, t. i , p. 211; Survey of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1883, t. m, p. 402, 40(3-407. Celte opinion s'appuie sur les raisons suivantes. — 1° On a cherché un
rapprochement entre les deux noms : Aj-Alk, Zàheriyéh (^o*Lô, Dâheriyéh, d'après V. Guérin), et ia-, Debir, mai, Debirdh. Le premier ne serait-il point une corruption du second ? On peut encore admettre le changement du T , dalelh hébreu, en la lettre emphatique arabe zà, et surtout en dàd; mais le remplacement du a, betli , par l'aspirée ha est moins facile à expliquer. Quelques auteurs ont cru trouver une certaine similitude de sens entre les deux mots; mais leur interprétation nous parait plus subtile que fondée. Cf. Keil, Josua, p. 88, note 1; Survey of Western Palestine, Memoirs, t. ni, p. 402. Ce premier argument philologique ne serait donc pas, à notre avis, suffisant pour établir l'identification. — 2° Le second a , pour nous , une tout autre portée : Edh- Dhàheriyéh rentre parfaitement dans le territoire où l'énumération de Josué, xv, 48-51, circonscrit le groupe dont fait partie Dabir, et dont nous avons plus haut rappelé les principaux points. Il suffit de jeter un coup d'œil sur la carte pour saisir l'exactitude de ce détail, et, quand on connaît l'ordre ordinairement précis qu'a suivi l'auteur sacré dans ses listes, on ne peut guère n'être pas frappé par cette raison. — 3° La position de ce village correspond à l'importance que l'Écriture attribue à l'antique cité chananéenne. La colline sur laquelle il est assis forme le centre d'où partent plusieurs routes anciennes, par lesquelles Dabir communiquait avec les villes qui en dépendaient. Ces routes vont ainsi vers Khirbet Zânoûla (Zanoé) et Khirbet 'Attir (Jether) au sud -est; vers Khirbet Schouéikéh (Socoth) et Es- Semou'a (Istemo) à l'est; vers 'Anâb (Anab) à l'ouest; Bir-es-Séba' (Bersabée) au sud, et Hébron au nord, tous chemins fréquentés dans les temps les plus reculés. D'un autre côté, les excavations pratiquées dans le roc sont en Palestine de sûrs vestiges d'antiquité. — 4° La nature du sol représente bien cette « terre desséchée », qui était loin de satisfaire Othoniel et Axa. Jos., xv, 19. Les environs paraissent nus et stériles ; les roches calcaires sortent en larges blocs des lianes et du sommet
des collines, donnant au paysage une teinte blanchâtre. L'eau n'est fournie que par la pluie du ciel : aucune source de quelque importance ; pas d'arbres ; quelques champs de blé seulement au fond d'étroites vallées. Ce terrain n'est guère favorable qu'aux troupeaux, qui y trouvent de bons pâturages. — 5» Mais, dans ces conditions, où placer « les sources supérieures et inférieures » ajoutées par Caleb au patrimoine de sa fille? Rien n'indique dans le texte sacré qu'elles fussent nécessairement auprès de Dabir. Il suffit de les trouver dans les environs, dans le district montagneux d'Hébron appelé « le midi de Caleb ». I Reg , xxx, li. Voir Caleb 4. On peut les reconnaître dans YOuadi ed-Dilbéh, dont nous avons déjà parlé, mais en le prenant dans toule son étendue. Il y a là une provision d'eau assez rare en Palestine, et plus extraordinaire encore dans le négéb ou « le midi ». Du haut en bas de la vallée , on rencontre des sources assez abondantes pour représenter la « terre bien arrosée », réclamée par Axa. On en compte jusqu'à quatorze, divisées en trois groupes. Le premier comprend : 'Ain cl Mâdjour, 'Ain el Eouréidis, 'Ain Abou Kheit, 'Ain Schekhàkh Abou Thôr, et une autre plus petite, 'Ain Abou Saif, sur la pente dn Rtis el Biàth, au sud de Doura; le second : 'Ain ed-Dilbéh, 'Ain el-Hedjeri, et trois autres plus petites, situées dans une large vallée et s'écoulant dans le torrent; la plus forte est 'Ain ed- Dilbéh, qui alimente un petit réservoir. Vouadi, quittant la direction de l'est, tourne au sud et s'avance vers le troisième groupe, composé A"Aïn el Foûouâr et de trois autres moins importantes. Cf. Survey of Western Palestine, Memoirs, t. m, p. 302, et la grande carte, Londres, 1880, feuille xxi. Les arguments que nous venons d'apporter nous semblent donner à l'hypothèse une assez grande probabilité. Cf. Palestine Exploration Fuiul , Quarlerly Slatement , 1875, p. 48-56.
III. Histoire. — L'importance historique de Daoir ne correspond pas à son importance topographique ou à celle qu'elle avait au début de l'histoire Israélite; tout se borne pour elle à cette époque et à la période chananéenne. Ville royale, Josué marcha droit sur elle après la conquête d'Hébron; « il la prit et la ravagea; il en fit aussi passer le roi au fil de l'épée avec tout ce qui se trouva dans la place et dans les villes d'alentour, sans y rien épargner. » Jos., x, 38, 39; xu, 13. Il extermina les Énacim qui l'habitaient. Jos., XI, 21. Mais, comme cette race de géants était restée encore assez nombreuse dans le pays philistin, à Gaza, Geth et Azot, Jos., xi, 22, il est probable qu'elle reprit possession de l'antique cité, pendant que les Hébreux combattaient les Chananéens du nord. Nous voyons, en effet, Caleb, qui avait obtenu ce territoire en partage, Jos., xiv, 12-15, « marcher vers les habitants de Dabir, appelée auparavant Cariath-Sépher, » et s'en emparer par la valeur d'Othoniel. Jos., xv, 15-17; Jud., i, 11-13. Assignée à la tribu de Juda, Jos., xv, 49, elle devint ville sacerdotale. Jos., xxi , 15; I Par., vi, 58. Après cela elle tombe complètement dans l'oubli : Eusèbe et saint Jérôme, qui résument son histoire, Onotnastica sacra, Gœttingue, 1870, p. 115, 250, ignorent son emplacement. A. Leciendre.
3. DABIR (hébreu : Debir; on le trouve pleinement écrit dans un certain nombre de manuscrits, cf. B. Kennieott, Vet. Test. heb. cum variis lect., Oxford, 1776, t. I, p. 463; Septante : Aaiëwv; Codex Alexandrinus : Aa6eip), ville frontière de la tribu de Gad, à l'orient du Jourdain. Jos., xm, 26. L'hébreu porte : "DiS biaj-iy,
'ad-gebûl Lidbir, « jusqu'à la frontière de Lidbir; » on ne saurait, en effet, prendre ici le S, lamed, pour un préfixe; voir la même locution dans ce chap. xm, 3, 10, et ailleurs. Mais un copiste n'aurait -il point par erreur répété devant Debir la dernière lettre du mot précédent, gebùl? Quelques-uns l'ont cru. Cf. E. F. C. Rosenmùller,
DABIR
DADAN
Scholia in Vet. Test., Josua, Leipzig, 1833, p. 255. A part la paraphrase chaldaïque, qui offre la même leçon Lidbir, les autres versions anciennes, Septante, Vulgate, Peschito (Dobir), arabe (Doubira), semblent donner raison à cette hypothèse. D'un autre coté cependant, on ne trouve aucune variante sous ce rapport dans les manuscrits hébreux. Aussi a-t-on généralement supposé que Lidbir était identique à Lodabar, hébreu -oiVî, Lôde-
bâ>; -i2-inh, Lô'ilebâr, localité transjordanienne, dont il
est question II Reg., ix, 4, 5; xvn, 27. Cf. Reland, Palœstina, Utrecht, I71i, t. n, p. 734; Keil, Josua, Leipzig, ls"i, p. 109; F. de Ilummelauer, Comment, in lib. Samuelis, Paris, 1886, p. 335, etc. Voir Lodabar.
A. Legendre.
DABRI (hébreu : Dibrî; Septante: Aaêp£-), Danite, père de Salumith, la mère de cet Israélite qui fut lapide' dans le désert du Sinaï pour avoir blasphémé !e nom de Jéhovah. Lévit., xxiv, 11.
OACUS , insecte de l'ordre des diptères et île la famille des alhéricères. Il existe plusieurs espèces de dacus, dont la plus importante est celle ilu dacus olene ou dacus des olives (fig. 459). Cette mouche, moitié moins