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Old Testament in Greék, Cambridge, 1893, t. i,p. 15; t. il, p. 1. En somme, ers autorités comparées et additionnées sembleraient faire pencher la balance en faveur de Dôdânîm. Malgré cela, les exégètes, comme nous allons le voir, ont gardé à Rôdànim son degré de probabilité.
II. Identifications. — « Aux deux lectures Dôdânîm et Rôdànim se rattachent deux systèmes d'interprétation anciens du quatrième fils de Yàvàn, entre lesquels la critique contemporaine hésite encore et ne saurait se prononcer d'une manière absolument affirmative, car tous les deux sont en mesure de faire valoir de sérieux arguments en leur faveur. » F. Lenormant, Les origines de l'histoire, Paris, 1884, t. n, 2= part., p. 143.
1° Dôdânim = Dardaniens. — Le premier système est celui de Knobel, Die Vôlkertafel der Genesis, in-8°, Giessen, 1850, p. 104-109, d'après le Targum de Jonathan ben Uziel et le Talmud de Jérusalem, Megillah, i, fol. 11, qui rendent Dôdânîm par Dardanya, c'est-à-dire les Dardaniens. Cf. A. Neubauer, LcL-géographie du Talmud, in-8", Paris, 1868, p. 424. Au point de vue linguistique, on explique l'assimilation par la contraction assez fréquente en hébreu et en phénicien de la syllabe ar en ô. On cite particulièrement, en hébreu, la forme verbale irrégulière ye'ô'ërû, pour ye'ar'êrû, de 'ûr, « éveiller, exciter, » dans Is., xv, 5, celle de hasôsèr pour hasarder (d'où hasôsrâh, « trompette »), d'un verbe hâsar ; enfin le nom géographique Arârêr, contracté de 'Arar'èr (de Vrac), qui conserve encore ses trois r dans la transcription égyptienne du temps de Thotmès III, Harhorar. En phénicien, le nom lyarba'al, transcrit en latin Jarbas, Biarbas, se contracte en Yoba'al, Jobal , Jubal. On trouve de même Bomilcar pour Barmilcar , Himilco pour Himilear, comme Auvergne vient de Arverni. Historiquement l'identification présenterait assez de vraisemblance. Les Dardaniens sont un des grands peuples de la haute antiquité. Nous les voyons des deux côtés de l'Hellespont, une partie ayant franchi ce détroit et passé en Asie Mineure, tandis qu'une autre restait en arrière sur le sol de l'Europe. Cette dernière nation, sauvage et guerrière, Strabon, vu, p. 316, habitait le sud-ouest de la Mysie européenne ou Mœsie , touchant à l'est aux Thraces, au sud aux Macédoniens et aux Péoniens, et s'étendant sur une partie de l'IUyrie. Ceux d'Asie Mineure, dont Diodore de Sicile, v, 48, affirme la parenté avec ceux d'Europe, disparurent de bonne heure comme peuple distinct, mais après avoir atteint un bien autre degré de civilisation et d'importance. Au temps de Strabon, xii, p. 565; xin, p. 596 et 6(J6, le peuple dardanien de Troade et son canton de Dardania n'étaient plus qu'un souvenir, et les limites du canton, situé au nord d'Ilion, n'étaient pas très exactement définies. Mais la mémoire s'en perpétuait dans le promontoire Dardanis ou Dardanion et dans la ville éolienne de Dardanos, d'après laquelle, à son tour, le détroit des Dardanelles a reçu le nom qu'il porte encore aujourd'hui. — On objecte à cette opinion que les Dardaniens sont un peuple thraco-illyrien, et non pas gréco-pélasgique. Par leurs affinités ethniques, ils devraient donc appartenir à la descendance de Gomer, non à celle de Javan. Le peuple dardanien est un frère d'Ascenez ou des Phrygiens, et il est difficile de croire que ce n'est pas ainsi que l'aurait représenté l'auteur de la Table ethnographique, s'il l'avait compris dans ses généalogies. Cf. Fr. Lenormant, Les origines de ' l'histoire, t. n, 2» part., p. 142-153. Cette hypothèse est admise par Gesenius, Thésaurus, p. 1266, et Frz. Delitzsch, Neuer Commentai- ûber die Genesis, Leipzig, 1887, p. 2U8. Malgré ses difficultés, elle est certainement , vl -rable à celle de J. D. Michaelis, Spicilegium geogr., t. i, p. 120; de Rosenmùller, Bibl. Alterthumskunde, t. I, 1" part., p. 225, et de Krûcke, Erklàrung der Vôlkerlafeln, p. 34 (cf. Knobel, Die Vôlkertafel der Genesis, p. 105), qui proposent un rapprochement entre Dô-
dânim et Dodone, la célèbre ville d'Épire, comme étant le plus ancien centre religieux et national des Hellènes proprement dits. Le chapitre X de la Genèse désigne des peuples ou des pays, et non pas de simples localités de ce genre. Ensuite il nous montre les fils de Javan habitant les îles et les cotes de la Méditerranée plutôt que les régions continentales.
2° Rôdànim = habitants de Rliodes. — Le second système se rattache à la leçon Râdânîm et voit dans ce peuple les habitants de l'île de Rhodes, comme les Septante, qui ont traduit par 'PéSioi, et saint Jérôme, Liber hebr. qusestionum in Genesim, t. xxm, col. 952, qui explique le nom par R/iodii. Il semble s'accorder mieux avec le texte biblique , qui, par l'expression Kittim ve- Rôdànim , indique un lien spécial et étroit entre ces deux groupes géographiques, c'est-à-dire Chypre et Rhodes. Le peu de place que cette dernière île tient sur la carte ne saurait être, comme l'a pensé Bochart, P/ialeg, lib. m, cap. vi, Caen, 1646, p. 181, un obstacle à ce qu'elle figure à elle seule sous un nom particulier dans la généalogie des fils de Javan. Elle a pu devoir ce privilège à son importance historique de premier ordre dans les annales primitives des contrées grecques. Dés le temps de la composition des poèmes homériques , occupée par des Doriens, elle constituait un des principaux États helléniques. Strabon, xiv, p. 654, parle du développement de ses colonies et navigations commerciales jusque dans le lointain occident, longtemps avant celles de la plupart des autres cités de la Grèce. Mais son insertion dans la Table ethnographique serait surtout justifiée par ce fait que la grande île de la côte de Carie a été de très bonne heure connue et fréquentée par les Phéniciens. Elle devint même le siège d'un de leurs principaux et de leurs plus anciens établissements dans les mers grecques. On peut voir dans F. Lenormant, Les origines de l'histoire, t. n, 2e part., p. 155-165, le fondement de ces rapports historiques entre les Phéniciens et l'Ile de Rhodes. Outre ce dernier savant, plusieurs auteurs admettent cette opinion, entre autres J. Halévy, Recherches bibliques, Paris, 1895, t. I, p. 261, et A. Dillmann, Die Genesis, 6" édit., Leipzig, 1892, p. 177, qui étend les Rôdànim d'une façon générale aux habitants des îles de la mer Egée. — La même leçon Rôdànim a fait naître une autre hypothèse que nous ne nous arrêterons pas à discuter, car elle est universellement rejetée : c'est celle de Bochart, Plialeg, lib. ni, cap. VI, p. 183-188, qui reconnaît ici les habitants des embouchures du Rhône, Rliodanus; elle est historiquement et géographiquement impossible.
A l'identification Rôdànim = Rhodiens on objecte l'ignorance où nous sommes du nom primitif de l'île, puis le manque de pleine conformité entre leux
mots, puisque le noun ou l'n de Rôdànim fail faut dans Rhodes, Rhodii. Un commentateur récent, F. de Hummelauer, Comment, in Genesim, Paris, 1895, p. 311, qui formule cette objection, préfère, à cause de la correspondance exacte entre les noms, assimiler les fils de Javan dont nous parlons aux Rotennu, qui payèrent tribut aux pharaons de la XIXe à la XXIe dynastie, et, au temps de Thotmès III, possédaient plusieurs villes confédérées depuis les rives de l'Oronte jusqu'au torrent de Cison et de là jusqu'à l'Euphrate. Les Rtnu, Rotanou ou Lotanou, sont, en effet, les Syriens du nord; cf. \V. Max Mûller, Asien und Europa nac/i allâgijptischen Denkmâlern, Leipzig, 1893, p. 143-147. Mais les égyptologues et les exégètes ne sont pas d'accord pour savoir quel peuple biblique ils représentent. Les uns ont pensé aux Ludim, Gen., x, 13; d'autres à Lud, fils de Sein, Gen., x, 22; d'autres à Lotan, fils d'Édoin. Gen., xxxvi, 20, 22. On les a ainsi rattachés tantôt à la race de Cham , tantôt à celle de Sem, plutôt qu'à celle de Japheth. Cette opinion d'ailleurs est-elle bien conciliable avec l'ensemble et la nature des territoires assignés par l'Écriture aux fils
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de Javan, Gen., x. 4, 5? Elle se heurte à de? difficultés ethnographiques et géographiques qui ne sont pas clairement élucidées. A. Legendre.
DODAU ( hébreu : Dôdâvâhû; Septante: Aufifa), père du prophète Éliézer de Marésa, qui vécut sous Josaphat. II Par., xx, 37. D'après une tradition juive, Dodaii était fils de Josaphat. S. Jérôme, Qusest. hebr.,in Par., t. xxm, col. 1393.
DODD William, théologien protestant, né en juin 1729 à Bourne, dans le Linrolnshire, mort le 27 juin 1777. Il fit ses éludes à Cambridge, où il publia quelques poèmes facétieux, puis vint à Londres, et épousa, le 15 avril 17Ô1 , Mary Perkins, dont le luxe et la folle dépense lui furent fatals. Entré dans les ordres le 19 octobre 1751, il se fit vite une grande réputation comme prédicateur, tout en publiant certains écrits d'un caractère peu ecclésiastique, et en s'abandonnant de plus en plus à ce penchant pour les plaisirs mondains et pour la prodigalité, qu'il partageait avec sa femme. 11 s'occupait néanmoins activement de plusieurs travaux fort sérieux, et surtout d'un commentaire de la Bible, ouvrage de mérite, qu'il lit paraître d'abord par semaines et par mois, en 17(35, et qu'il réunit ensuite en trois volumes in-folio. Mais il fit des dettes, et sa position empira de plus en plus. Après de nombreuses aventures, il finit par faire un faux pour se procurer de l'argent : le 1er février 1777, il signa une traite du nom de son ancien élève, Philippe Stanhope, devenu lord Chesterfield, et se procura ainsi une somme de quatre mille deux cents livres. La fraude ne tarda pas a être découverte, et, malgré les efforts que l'on fit pour le sauver, il fut arrêté, jugé, condamné à mort, et exécuté le 27 juin 1777. Parmi ses nombreux écrits, le plus célèbre est A new commentary of the Bible, 3 in-f», Londres, 1765-1770, qu'Adam Clarté disait, non sans exagération, être le meilleur commentaire qu'on eut publié en anglais. Voir W. Orme, Bibliotheca biblica, 1824, p. 152. A. Régnier.
DOODRIDGE Philip, théologien anglais non conformiste, né à Londres le 26 juin 1702 , et mort à Lisbonne le i octobre 1751. Sou éducation fut commencée par sa mère, qui lui enseigna l'histoire sainte d'après 1rs peintures de la cheminée. 11 étudia d'abord à Londres, puis à Saint -Albans. 11 suivit les leçons du ministre presbytérien Samuel Clarke, puis de Jennhigs, qui professait une grande indépendance de doctrine. 11 succéda à ce dernier comme professeur à Kibworth, où il exerça en même temps les fonctions de prédicateur, de 1723 à 172'.). A cette époque, il alla enseigner la théologie à liai borough, et peu après fut nommé prédicateur à Northampton. Mais sa santé l'obligea de se retirer à Lisbonne, où il mourut. On lui a reproché d'avoir trop écl il. Citons parmi ses œuvres: The family Expositor, Or, a and version of the New Testament, with critical notes and a practical improvement of each > di posed in order of an harmony, 3 in - 1 ". Londres, 1738. A. Meunier.
DÔDERLEIN Johann Christoph, théologien luthérien, né à Windheim en Franconie, le 20 janvier 1745, mort à léna le 2 décembre 1792. Il lit ses études à l'université d'Altorf, où il devint professeur de théologie, en 1772. De la il passa i n la même qualité a léna, où il demeura jusqu'à la lin de sa vie. Il lut un des pères du rationalisme en Allemagne. Voir Ain. Saintes, Histoire du rationalisme, 2 édit., Hambourg, 1843, p. 169-170. Parmi ses Ouvrages, on remarque : L'saias ex recensione texlus hebraici, in-8°, Altorf et Nuremberg, 1775, 177s, 1780, 17s;i; Oie Sprûche Salomonis ûber&etzt und mit Anmerkungen, in-8», Altorf, 1778, 1782, 1786; Dos hohe Lied, in-S". Léna, 1784, 1792, etc. 11 édita avec des additions
les tomes n et m des Annolationes de Grotius in Vêtus 2'estamentum, in-4", Halle, 1775-1776, et publia AnnOr tationum in Velus Testamentwn auctuarium in libros poeticos, in-4°, Halle. 1779. Son édition de la Bible hébraïque mérite aussi d'être mentionnée : Biblia hebraica, olim ab C/ir. Reineceio édita et ad opt codices recensita . nunc denuo édita a J. C. Dœderleinio et .1. H. Meisner, in-8°, Leipzig, 1793; Halle, 1818. Il faut enfin citer celui de ses ouvrages qui eut le plus de succès en Allemagne et où il enseigne qu'on doit expliquer les Écritures d'après la seule raison : Institulin theologi christiani in capitibus reKgionis theoreticis noslris temporibus accommodata. Pars ia, Altorf, 1780. Pars II*, in-80, Altorf. 1781. Réimprimé en 1781, 1784, 1787 et 1797. — Voir H. Doring, dans Ersch et Gruber, Allgemeine Encyklopâdie, sect. i, t. xxvi, 1835, p. 251 -200.
DODO (hébreu: Dôdô), nom de trois personnages. Ce nom propre se trouve déjà sous la forme Dûdu dans les tablettes cunéiformes de Tell el-Arnarna, antérieures .i l'exode. Records of the past, nouv. série, i. m, p. 57.
1. DODO Septante: jtaTpïSéXço; oe-jtoû; Vulgate : jialruus Abimelech), père de Pluia et grand-père ou ancêtre de Thola, juge d'Israël, de la tribu d'Issachar. La
Vulgate, en suivant les Septante, a pris Dôdô de l'hébreu pour un nom commun, ts oncle paternel, » et elle insère ici le nom d'Abimèlech pour donner un sens à la phrase.