ÉDITIONS ET CORRECTIONS DES TEXTES OFFICIELS
La préoccupation que les Dominicains avaient fait paraître au xme siècle d'atteindre le sens primitif de l'Écriture par la correction du texte de la Vulgate latine ne pouvait que s'accroître en un temps où les questions philologiques et littéraires primaient toutes les autres. C'est pourquoi ils se sont occupés de l'édition des textes originaux et du texte latin de la Bible. — 1° A la première catégorie appartient l'œuvre entreprise par le Génois Au-
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gustin Giustiniani, évèque de Nebbio en Corse, et attiré par François Ier à l'Université de Paris, où le premier il enseigna pendant cinq ans la langue hébraïque. Giustiniani avait préparé la publication d'une grande polyglotte. Mais il lui Eut impossible de réaliser intégralement le projet, un particulier ne pouvant couvrir les énormes dépenses nécessaires pour un semblable travail. Le Psautier seul a été publié : Psalterium hebrœum , grxcum, arabicum et chaldaicum, cum tribus latinis in interpretationibus et glossis, in-f°, Gènes, 1516. Ce sont des octaples dont les huit colonnes sont distribuées sur une douille page dans l'ordre suivant : 1e' texte hébreu, 2» traduction latine de l'hébreu par l'auteur, 3° Vulgate latine, 4° grec, 5° arabe, 6° Targuai ou paraphrase chaldaïque, 7° traduction latine de la précédente, 8" scholies et brèves annotations. L'ouvrage fut tiré à deux mille exemplaires, plus cinquante sur vélin, Une grande partie de l'ouvrage total était achevée, spécialement le Nouveau Testament. C. Gessner a donné un spécimen de ce dernier, copié à Rome, en 1517, dans sa Bibliotheca mur,1, 'salis, Zurich, I.M'.i. La pdlyglntle de Giustiniani est la première en date. Non seulement son Psautier contient les versions chaldaïque et arabe, qui ne sont pas dans la polyglotte d'Alcala; mais bien que l'impression de celle-ci ait été commencée en 1514, les exemplaires n'en ont pas été mis en distribution avant 152-2, comme le remarque Tischendorf, Novwn Teslamentum grsece, Leipzig, IS'Jr, l. m, p. 205. Échard, 1. Il, p. 96; A. Giustiniani, .1 nnali délia republica Ji Genova, Gènes, 1834-1835, 2» édit., t. Il, p. 156-466.
2° L'édition et la révision du lexle de la Vulgate onl été l'objet de divers travaux. Jacques de Gouda, poêle et humaniste à Cologne, a publié un Correctorium Biblix cum difficilium quarumdatn diclionum luculenla interprelatione , Cologne, 1508. Hain [Repert., 7498) donne la date de 1500. Échard, t. n, p. 44; Geiger, Joli. Reuchlin, p. ;159. — Le Vénitien Albert Castellani a donné une édition corrigée de la Vulgate avec un appareil scientifique: BiUlia latina cum pleno apparatu versissime et nitidissime impressa, Venise, 1506, 1519; Lyon, 1506. L'édilion du lexle est qualifiée de studiosissime revisa, correcta, emendata, et ad instar correctissimorum exetnplariutn lam antiquorum quam nooorum incontracta, comparata et collata. Échard, t. n, p. 48. — L'édition corrigée de la Vulgate latine de Jean Uenten, hiéronymite en Espagne, puis dominicain à Louvain, a été une des plu- célèbres du xvr' siècle; c'est celle du moins qui a exercé le plus d'influence sur les corrections d'alors. A la suite de la suppression des Bibles réputées hétérodoxes par décret impérial, les théologiens de Louvain chargèrenl Henten, qui appartenait à l'université, de prépare! celle édilion. L'éditeur consulta les meilleurs exemplaires et une vingtaine de manuscrits, dont les plus anciens avaient su cents et plus d'années. Elle fui publiée à Louvain, en 1547 ; puis à Anvers, 1567, 1569, 1570; Francfort, 1571. Elle est connue sous le nom de Bible de Louvain. Echard, t. n, p, 196. Ungarelli déclare que « l'édition de Louvain, en général, vaut mieux et mérite plus de foi que l.i Bible ordinaire », c'est-à-dire celle qu'accompagne la glose dite ordinaire de Strabon. Dans les Analect. jur. piuii.. 1852, p. 1334. Le travail de Henten fut repris plus tard par les théologiens de Louvain, qui en développèrent l'appareil scientifique. Cette Bible lui publiée par Plantin , Anvers , 157:'.. Reusch, Die Selbstbiographie des Cardinal! Bellarmin, in-8», Bonn, 1887, p. 112.
Au concile de 'trente, les Pères et théologiens de l'ordre de Saint -Dominique prirent une pari importante aux travaux et aux décrets sur l'Écriture [ février- avril 1546), comme le déclarent les légats au cardinal Farnese. Vercellone, Disse,/, acad., p. 82. Ce fut l'évéque de Fano, Pierre Bertano, qui soutint la nécessité d'avoir dans l'Église un texte officiel, qui put sen ir de base doctrinale ei faire foi. Le Plat, Monuments, Louvain, 17si, t. ut, p. 398. Ambroise Catharin mil en évidence les dif-
ficultés relatives à l'état dans lequel se trouvait alors la Vulgate. Tbeiner, Acta genuina SS. Concilii Tridentini, Zagrab, 1875, t. r, p. 49. Dominique Soto soutint que la Vulgate hiline était l'œuvre de saint Jérôme ( Pallavicini. lit. lune du Concile de Trente, Paris, 1864, liv. vi , eh. XMI, 5), contrairement aux doutes émis déjà par Sanle Pagnino et Cajetan.
Les Dominicains prirent aussi pari aux travaux qui, pendant près de quarante-cinq années ( 1540-1592), furent conduits à Rome, avec des vicissitudes diverses, pour aboutir à l'édition de la Vulgate de Sixte -Quint. Lorsque saint Pie V, un pape dominicain, réorganisa la commission, en lôli'.l, et donna une nouvelle vigueur à l'entreprise, trois des membres de la commission appartenaient a l'ordre: Sébastien Localclli, procureur général; Thomas Manriquez, maître du sacre palais, et maître Paolino. Sous Grégoire XIII, Pierre Chacon, depuis cardinal, fournit une collaboration importante, ainsi que le constate Pierre Morin, un des membres les plus actifs de la commission. Ungarelli, Analecta, p. 1325. Sixte-Quint, qui publia l'édition romaine, ne tint compte que 1res partiellement des travaux préparatoires, et ramena île son propre chef son édition à celle de Louvain. Ungarelli, p. 1334. Ce point de vue fut encore maintenu quand Grégoire XIV reprit le travail de correction en sous-œuvre. Le premiei des canons qui réglaient la méthode de revision portail : Revocanda esse Biblia Sixtina ad ordinarise lexlum, et Lovaniensem prœcipue (Ungarelli, Anal., p. 1335), de
suite que l'ieuvre de Jean Henten, qui tonnait le fond de la Bible de Louvain, se trouva fournir l'élément essentiel dans les éditions officielles romaines de la Vulgate.
III. TRADUCTIONS LITTÊRAIES LATINES l'i: LA BIBLE D'APRÈS LES TEXTES ORIGINAUX. — I e développement de la philologie el de la critique textuelle, plus la position prise par la Réforme a l'égard de l'Écriture, motivèrent les grands travaux de traductions scientifiques entrepris par les Dominicains dès le commencemenl du xvr siècle. La première el la plus célèbre des traductions littérales est celle de Saute Pagnino, de Lucques, sorti des écoles de Saint-Marc de Florence, érigées par Savonarole, n avait travaillé vingt-cinq ans à cette œuvre. Léon X s'élait engagé à l'aire les liais de la publication. Un comineiiceiiient de publication avait même eu lieu, quand le pape mourut (1521). Pagnino publia son œuvre avec le concours pécuniaire de généreux particuliers, ses parents el compati mies, à Lyon, en 1527 (ancien style): Yeleris et Novi Testament! nova translatio. Elle est dédiée à Clément VIL Rééditée à Cologne, 1541, et a Paris, 1557, cette traduction fut revue par Arias Montanus, qui maintint eu marge les leçons primitives de Pagnino et la publia dans sa célèbre polyglotte, Amers. 1572. Elle a ainsi pai a dan- les nombreuses éditions de cette œuvre. Voir t. i, col. 954-955.
L'utilité de l'œuvre de Pagnino fui si manifeste, que les protestants l'adoptèrenl el en donnèrent diverses éditions. Michel Servet la publia a Lyon, en 1542, avec une préface el »^ appareil de sa façon. Les Genevois l'éditèrent en 1568 et 1586; les protestants de Zurich en I57'.l (Échard, t. u, p. 117); R. Bertram l'introduisit dans la petite polyglotte de lleidelberg, 1580. H. Vuilleumier, Les hébraïsanls vaudois ou i vi' siècle, Lausanne, 1892, p. 78. Il va une édition de Francfort-sur-le-Main, 1600. R. Si-
m lits! crit. du r. T., p. 504, mentionne une édition
de Hambourg. La facullé de théologie de Leipzig joignail aussi la traduction Pagnino -Montanus à su Bible bébréogrecque de 1057. el l'on publiait encre à Bàle, en 1675, le Psautier hébraïque avec la version de Santé Pagnino,
Au moment où Pagnino achevait son œuvre, le cardinal Cajetan se livrait à une entreprise similaire. Dépourvu d'une connaissance personnelle des langues anciei il dirigea le travail de plusieurs spécialistes peur constituer une traduction littérale de toute l'Écriture. La tentative de Cajetan est fort remarquable, parce qu'à i
même des difficultés qu'il avait à la réaliser, elle témoigne combien l'ancien général des Dominicains, mêlé aux grandes affaires publiques de sou temps, se rendait compte du rôle qu'allait jouer l'Écriture et des exigences qu'allait imposer la nouvelle critique. Voir col. 47-50. — Augustin Giustiniani, qui a inséré dans son Psautier polyglotte une traduction latine de l'hébreu et de la paraphrase ehaldaïque, avait aussi traduit la plus grande partie de l'Écriture, sinon la totalité, dans son œuvre restée manuscrite. Il a publié une traduction littérale de Job, jointe a laVulgate: Liber Job nuper hebraice veritati restilutus cum duplici versions latina, Paris, 1516. Èchard. t. il, p. 98. — Au xvne siècle, Thomas Malvenda entreprit une nouvelle traduction littérale de l'Ecriture, qu'il commença en 1621. 11 la conduisit jusqu'au chapitre xvi d'Ézéchiel. Elle a été imprimée à Lyon, 1650, 5 in-f". La préoccupation de maintenir rigoureusement la littéralité du texte original a donné un caractère obscur et bizarre à la version. Échard, t. n, p. 4-56. -
IV. SCIEUCES AUXILIAIRES ET TRAVAUX POL'R VÉTUDX DES TEXTES ORIQIA'AUX Or OFFICIELS. — Le Thésaurus linguze sanclse, Lyon, 1529; Paris, 1548, de Santé Pagnino, est un ouvrage monumental et a joui d'un grand succès. Les professeurs protestants de Genève, Mercier, Chevalier et Bertram, en ont donné une édition, Genève, 1575 et 1614; la dernière mise à l'index romain. Le Thésaurus s'est aussi vulgarisé sous forme d' Epitome , et a un certain nombre d'éditions. Échard, t. Il, p. 117. Gesenius, un bon juge en matière de lexiques hébreux, en faisait le plus grand éloge, quand il disait à Quatremère: « Je ne crois pas qu'il existe aujourd'hui en Europe un seul homme en état de refaire un tel livre. » Journal des savants, 1844, p. 20. Pagnino a aussi publié Hebraicarurn Institutionum libri quatuor, Lyon, 1526; Paris, 1519; il existe plusieurs éditions de l'abrégé de ces Institutions i Échard, t. n, p. 117); Enc/ùridion expositionis vocabulorum Raruch, etc., Home, 1523; lsagogœ grœeas, Avignon, 1525. — François Donati. religieux du couvent de la Minerve, à Rome, missionnaire en Orient, où il mourut martyr 1035), donna, n'étant pas encore âgé de vingt ans, deux dissertations: De accentibus linguse hebenicœ, De illius abbreuiaturis , sous le titre de Puma aurea, Rome. 1018. — Pierre de Palencia, inquisiteur et professeur à l'université d'Alcala, rassembla sept mille passages destinés à montrer l'accord de la Vulgate et du texte hébreu sur les points controversés. L. de Tena, Isagoga in totam S. Scrîpluram, Barcelone, 1620, 1626. On possède manuscrit du même auteur, Tratado del expurgatorio sobre la leccion de la glosa de los Rabinos. Madrid, Bilil. Nation., A, 147. — Michel Vansleb (Wansleben), Saxon et luthérien, disciple de J. Ludolf, se rendit en Angleterre pour se perfectionner dans l'élude des langues orientales. 11 publia à Londres le dictionnaire éthiopien de Ludolf, avec des annotations personnelles, et fut le collaborateur d'Edmond Castel pour la partie éthiopienne de son Lexicon heptaglotton (1001). Il remplit une mission pour le duc de Saxe en Egypte et en Ethiopie (1003-1005), abjura à son retour le luthéranisme a Rome, et prit l'habit dominicain à la Minerve (1000). Eu 1070, il vient en France et entre au service de Colbert, qui lui donne une mission scientifique pour l'Orient (1071-1070), de laquelle il rapporta un riche butin. Tombé en disgrâce à son retour, il mourut à Bourron, près de Fontainebleau, le 12 juin 1079. Pendant les années 1071-1073, Vansleb envoya pour la bibliothèque royale 457 manuscrits orientaux. A. Pougeois, Vansleb, m-8», Paris, 1869, p. 4US; Échard, t. n, p. 693. - Noël Alexandre a écrit contre le P. Frassen : De Vulgala Scripturse versione, dans ses Dissertationum ecclesiastiea- '''-" très, Paris, 1678; Dissertalio ecclesiaslica, apologe- '■ i et anticritica, seu dissertalionis Alexandrins de Vulgala Scripturse Sacrse versione vindicise, Paris, 10S2. Alexandre établit que le concile de Trente, par sa décla-
ration d'authenticité de la Vulgate, n'a pas entendu la placer au-dessus des textes grec et hébreu. — Michel Lequien a écrit une Défense du texte hébreu et de la version Vulgate, servant de réponse an livre intitulé : L'antiquité des temps, Paris, 1690. L'auteur de L'antiquité îles temps était dom Paul Pezron. Lequien établit 1° l'autorité du lexte hébreu, 2° l'intégrité du même texte et de celui de la Vulgate en ce qui concerne la chronologie. Lequien écrivit un nouveau livre sur le même sujet pour répondre à la justification que son adversaire avait tenté de faire de son livre. Paris, 1693. Échard, t. Il, p. 808. — Henri délia Porta (a Porta), professeur d'Écriture Sainte et de langues orientales à l'université de Pavie depuis 1751, a laissé un éloge vigoureux et savant des langues orientales : De linguarum arientalium ad omne doctrinal genus prsestanlia, Milan, 1758. — De Benoit Olivieri, plus tard général de l'ordre, on a: De sacra hebraico textu, Parme, 1793; De linguarum eruditarum cultu graviorum disciplinant»! sluiliis jaugent!» , Rome, 1800. Olivieri, Di Copernic» et di Galileo, Bologne, 1872, p. xxii, xxix.
i'. i OMXESTAIRES sri; L'ÉCRITURE. — Les commentaires publiés par l'ordre à partir du xvie siècle suivent des directions différentes. Les uns sont conçus au point de vue de l'érudition textuelle et sont spécialement en dépendance du mouvement philologique développé par l'humanisme; les autres ont spécialement des préoccupations Ihéologiques et visent les nouvelles erreurs de la Réforme. De là la prédominance des commentaires sur les Épitres de saint Paul, spécialement sur celle aux Romains, dont la théologie protestante avait fait la base de sa dogmatique. D'autres enfin, les moins nombreux et les moins importants, cherchent à rendre service aux prédicateurs ou aux fidèles. Nous nous bornons à donner un catalogue chronologique de ces travaux. — Annius de Viterbe, Glossa super Apocalypsim de statu Ecclesiœ, Leipzig, 1490. — Clément Araneus, Expositio cum resolutionibùs occurrentium dubioruni, eiiam lutheranorum errores validissime confutanlium, super Epistolam Pauli ad Romanos, Venise, 1547. — Dominique Soto, lu Epistolam D. Pauli ad Romanos commentarii, Anvers, 1550; Salamanque, 1551 ; Annotaliones in J. Feri commentarios super Evang Joannis, Salamanque, 1554. — Ambroise Calbarin, Comment, in omîtes II. Pauli Epist. et alias septem canonicas, Venise, 1551. Échard, t. n, p. 144. — Dominique Baltanas, divers écrits en espagnol ayant surtout un but d'édification, Séville, 1555- 1557. Échard, t. n, p. 170. — Placide de Parme, In omnes Davidis Psalmos commentaria, Venise, 1559 ; Bàle, 1569. —Jérôme da Azambuja (ab Oleastro), ambassadeur de Jean III de Portugal au concile de Trente, I en-
laria in Pentaleucltum Mosi, Anvers, 1569; Lyon, 1580; les parties avaient paru séparémenl à Lisbonne, de 1556 à 1558; In Isaiam prophetam commentarii, Paris, 1622, 1656. L'auteur a écrit ses commentaires d'après la version de Santé Pagnino. Il a une science rabbinique consommée. La manière dont il parle de la Vulgate dans la préface de ses commentaires du Pentateuque le fil inscrire dans l'index de Quiroga, 1583. Échard, t. n, p. 1*3; Reusch, Der Index, t. i, p. 575; R. Simon, Lettres, t. i, p pj3. — Jran Viguier, professeur à l'université de Toulouse, Comme, il» cm ni D. Pauli ad Romanos Epistolam, Pans, 1553, 1558, etc. Échard, t. n, p. 137. — François Foreiro, théologien du roi de Portugal à Trente, Isaix prophètes retus et nocu ex hebraico versio, cum commentario, Venise, 1563, Anvers, 1505; Commentaria m omnes libros Prophetarum, ac Job, Davidis ci Salomonis, demeurés manuscrits. Inscrit à l'index de Lisbonne il,' 1624, comme n'étant pas assez respectueux de laVulgate. Reusch. Der Index, t. i, p. 574. — Grégoire Primatici, Expositio lilteralis omnium Epistolarum II. Pauli pr» incipienlibus et minus peritis, Venise, 1564; lu catholicas vel canonicas Epistolas, Senis, 1573. Echard,
t. il, p. 825. — Jacques Nacchiante, évêque de Cliioggia, membre du concile de Treille, Enarrationes in Epistolas D. Pauli ad Ephesios, Venise, 1554; Enarrationes in Epistolas ad Romanos, Venise, 1567; les deux, Lyon, 1656. Éehard, t. il, p. '202. — Séraphin Capponi da Porretta, Veritates aurese super totam legem vétéran tum littorales tum mysticsB (Pentateuque) , Venise, 1590; Sacrum,, i Evangeliorum commentaria (Matthieu), Venise, 1602; Comment, in Evang. sec. Joannem, Venise, 1604; Comment, in Psalterium Davidicum, Bologne, 1736-1745. Éehard, t. n, p. 392. — Alphonse Avendano, Commentaria in Psalmum cxrin, Salamanque, 1584; Venise, 1587; Comment, in Evangelium D. Maltlisei, Madrid, 1592-1593. — Raymond Pascual, Comment, in Epist. B. Pauli ad Romanos, Barcelone, 1597. — Louis de Solornayor, théologien à Trente, Cantici canticorum Salomonis interprétatif) , Lisbonne, 1599; Paris, 1605; Ad Canticum canticorum noise posteriores et breviores, Paris, 1611; Commentarius in priorem et posteriorem Pauli apost. Epistolam ad Timoth. et ad Tituni, Paris, 1610. — Antoine-Nicolas du Bois, Catlioliea B. Judas Epistola ad sensum litteree ordinatie explicala, Paris, 1044.
— Ange Pacciuchelli, Lezioni morali supra Giona proz fêta, Venise, 1658, 1664, 3° édit. ; les mêmes en latin, Munich, 1672-1681, 3 vol.; Exposilio in Epist. B. Paul, ad Romanos, Pérouse, 1656; Excitationes clurmiluutis aniline in Psalmum lxxxvi Misericordias Domini, canticum Magnificat, etc., Venise, 1659, 1680; Trallato délia passione del Nostro Signor lies*' CristO, Pérouse, 1662. — Innocent Pencini , Commentaria in Genesim, etc. (Pentateuque), Venise, 1670; Comment, in Maltlinum , etc. (quatre Évangiles), Venise, 1678, 1685.
— Antoine Saleedo, seize volumes de commentaires probablement demeurés manuscrits. Éehard, t. il, p. 632.
— Emmanuel ab Incarnatione, Mattheèus explanatus, s. commentarii litter. et morales in Evangel. sec. tfatthseum, 4 in-f°, Lisbonne, 1695-1714. — Noël Alexandre, Exposilio litteralis et moralis sancti Evangelii second. quatuor evangelistas, Paris, 1704; Commentarius litteralis et moralis in omnes Epistolas sancti Pauli Apost. et ,,, septem Epist. catholicas, Rouen, 1710. Éehard, t. n, p. 810. — Augustin Chignoli, Exercitationes m Danielem prophetam, in -4°, Venise, 1761.
On peut rapprocher des commentaires les chaînes et les traductions d'ouvrages scripturaires. — Zenobio Acciajuoli, Olympiodorus in Ecclesiasten (trad. du grec), Paris, 1511; Auet. Bibl. grœc. Pair.. Paris, 1624. Pair, gr., t. xcin. Éehard, t. Il, p. 44. — Augustin Giustiniam, Philonis Judxi centum et dues quœstiones et totidem responsiones morales super Genesim, Paris, 1520; Rabi Mossei Mgyptix dus seu director dubilanlium aut perplexorum in 1res Kbi-os dieisus, Paris, 1520. — Santés Pagnini, Catena argentea m Pentateuchum, Lyon, 1536; Cote,, a argentea in lotum Psalterium i inédit). Éehard,
t. II, p. 118. — Jean llenlen, Commentaria in SOCrOquatuor Christi Evangelia ex Chrysostomi aliurumque veterum scriptis magna ex parte collecta aujuidem Euthymio Zigabeno, confutatio judaiess cujusdam impostures, sive libelli ■ De ficto legali Jesu Christi sacerdotio ex Suida desumpto », Louvain, 1514: Paris, 1547, 1560, 1602; Bibl. max. Pair., t. xix, Leipzig, 1792; roi,-.,,,:, t.cxxvui; Enarrationes vetusliss. theologorum m Acta Apostolorum et in omnes l>. Pauli <"' fat/,., h, a . ab Œcutnenio; in Apacalypsim
vero ah Aretha Csesara • <■ c,,isc; Selecta
fragmenta ex Epiphanio Cyprensi, Theodoreto Cyrensi episc. aliisque primm classis theologis; Remigii Allis-
iûdOJ . ni a, et, ■fini rustc . . , hetOS eaa rro In, ,
Anvers, 1545; Paris, 1515, etc. Pair, lai., t. r.xvin : Pair. gr., I. CXVUI. — Sébastien Bravo, Collectanea aureascripturx Veleris et Novi Testament! ex diversis loeis prœclarissimis expositionibus D. Thomas iquinatis, Pars i (Pentateuque), Alcala, 1595. — Augusie c.eriuclli, Cate,,,,
in Job et SS. Patrum scriptorumque ecclesiasticorum sententiis concinnala, Gènes. 1636. — François Maeiel, Expositiones selectse SS. Patrum, doclorunique classicorum in lotion historialem utriusque sacrée paginas textum, loin, prunus. Opéra sexdierum. I Pars, opéra unius diei continens tria millia selectarum expositionum, Naples, 1631.
VI. introductions a L'ÉCRITURE saintb. — Les travaux connus sous le nom d'Introductions sont devenus très nombreux depuis le xvi« siècle. Ils traitent soit de l'ensemble des questions relatives à l'Écriture, soit de quelques points particuliers. — Aug. Giustiniani, Precatio pietalis plena ad Deum omnipotentem composita ex duobus et septuaginta nominïbus divinis ebraicis et tatinis cum interprète commentariolo , Venise, 1513; Victoria Porcheti adrersus impios Hebreos, in ijua tum ex sacris lilteris , tum ex dictis Thalmud ae cabalistarum, et aliorinit omnium auctorum qttos Hebrei recipiunt monstratur renias catholiese fidei, Paris, 1520. — Jean Dietenberger, Tractatus de canonicis scripturis, Confluentia; 1527. Wedewer, /oA. Dietenberger, in 8°, Fribourg-en-Brigau, 1888. p. 353. 397. 167. — Santé Pagnino, Isagoges seu introductionis ad sacras lit ter as liber unus, Lyon, 1528, 1526 ; Isagogie ad sacras litteras et ad mysticos scriptural sensus, Lyon, 1536 [avec le précédent) ; Cologne. 1543. — Ambroise Catharin, Claves duœ ad aperienda» intell igendasee Sacras Scripturas, Lyon, 1543. — Sixte de Sienne, Bibliotheca sancta, Venise, 1566; nombreuses éditions, la dernière de Th. Milante, 0. P.. Naples, 1712. Cet auleur a été le véritable créateur de la scienci de l'introduction. Cornely, S. .!., Introductio in Libros Sacras, t. i, p. 6. — Dominique Baltanas, Concordaneias de muchos passas dificiles de la divina historia, Séville, 1556. — Melchior Cano, De locis theologicis (lib. il, De auctoritate Sacres Scriptural), Salamanque. 1563. — Joseph M. de Tune, Instituliones ad rerbi Dei scripli intelligentiam multis ab auctoribus collectée, Parme, 1611. — Dominique Gravina. Catholiese preescriptiones advenus omnes veteres et nostri temporis heereticos, t. I, Prolegomena, Sacra analysis. De divina revelatione. De principiis sacra- duc/rime. De sacris traditionibus, Naples, 1619; t. n, De verbi Dei seripti, hoc est Sacres Scripturas auctoritate, ce, interprétations, ex antiquitate, universitate, etc., \ 1627. — Bonaventure l'eus, Difficultates Sacres Scriptures aller SS. PP. controversée, Lyon, 1072 i?); — Guillaume Raynaud, Synopsis bibliorum folio patenli per tabulai» expansam lingua latina, eademque dei, nie utraque lingua latina et gallica e regione paginarum m iiiieum iisu commodum conversas, Paris, 1692. — -Noël Alexandre, dans son Histoire ecclésiastique, s publié plusieurs dissertations qui appartiennent à l'introduction scripturaire. — Hyacinthe de Graveson, Tract a lus de mysteriis et ■ mis Christi, Rome, 1711; Tractatus de Sccipluca Sacra, Rome, 1715; Venise, 1735. — J. Hyacinthe Serry, Eieercitottones historiée . ci ilicse, poU de Christo ejusque Virgine moire, Venise, 1719. — Vincent Nicolle, Synopsis variarum resolutionum in liistoriam sacrum Veteris d Novi Testament! , Douai, 1725.
— Vincent Awocati, Prœparatio biblica, Palerme, 1741.
— Th. Vincent Monelia, De annis Jesu Cliristi Servatoris et de religione utriusque Philippi Augusti, Rome, 1741. — C. Innocenl Ansaldi. (Voir t. i, col. 655.) — Gabriel Fabricy, Des titres primitifs de la révélation, un Considérations critiques sur la pureté et l'intégrité du texte original det. Livres Saints de l'Ancien Testament, Rome, 1772. Ouvrage rare, de grande érudition, destiné à préparer une édition du texte hébreu; réédité dans Migne, t:ursus Scriptural Sacras. — Vincenl Fassini, Divines libri Apocalypseos auctoritatis vindi, iimuuiuciitis grsscis, Lucques, 1778. — Benoil Olivieri, Devocejz Chai in trwncum,el trunco incrucem <■ unde incognita haelenus de crucc vaticinia in bel-
1481 DOMINICAINS (TRAVAUX DES) SUR LES SAINTES ÉCRITURES - DOMMAGE 1482
textu cl. vir Franc. Ant. Baldi a se détecta exhilniil, lucubratiuncula , Rome, 1817; Sopra il luogo dell' Egilto abilato dagli Israeliti quando ne uscirono sotto la condotta di Mosè, dans les Annali di scienze religiose, t. vin. p. 45-61, 197-208, Rome, 1839. — Th. M. Boi De nummo hebraico prope Corgaciam (Cork) in Hibernia détecta, Rome, 1820. — Zéphirin Gonzalez, cardinal, La Biblia y la ciencia, Madrid, 1891. — Jean Gonzalez- Arintero, El diluvio uuirersal de la Biblia y de la tradicion, Vergaras, 1891. — II. Denifle, Die Handschriften der Bibel- Correctorien des 13 Jahrdunderti, dans l'Arcltiv fur Lilteratur und Kirchengeschichte , Fribourgen-Rrisgau, 1888, t. iv. — II. Didon, Vie de Jésus-Christ. Paris, 1890. — H. Ollivier, Essai historique sui' la passion de Notre- Seigneur, Paris, 1892; Les amitiés de Jésus, Paris, 1895. — Vine. Zaplelal, Hermeneutica bibliea, Fribourg, 1897.
17/. TRADUCTIONS E.V LANGUE VULGAIRE. — A CÔté des traductions scientifiques latines que l'ordre fit de la Cible au xvie siècle, il y eut aussi des traductions en langue vulgaire. Le concile de Trente avait d'ailleurs officiellement réglé la condition de ces traductions, et on trouve l'exposition de ce point de vue chez les deux auteurs suivants : Esprit Rotier, De non vertenda Scriptura Sacra in vulgarem linguam, Toulouse, 1548; Paris, 1661; — Martin Harney, De Sacra Scriptura linguis uulgaribus legenda, Louvain, 16.13. — Jean Henten, le célèbre réviseur de la Vulgate latine, a collaboré à la traduction française de la Rible dite de Louvain , publiée en 1550. La traduction du Nouveau Testament de René Cenoist a été publiée sous son nom, comme revue et corrigée par lui, Louvain, 1567; Rouen, 1579. — Nicolas Coelïeteau a traduit du grec en français, au commencement du xvir siècle, une partie du Nouveau Testament demeurée inédite : Évangile selon saint Matthieu, chap. i-xvm (Mazarine, 2119), les Actes des Apôtres (Mazar., 2119, 707, 3053), les Épitres de saint Paul (Mazar., 724, autogr.) aux Romains et première aux Corinthiens (Mazar., 707, 3053). Urbain, Nicolas Coejfeleau , Paris, 1894, p. 357. — Jean Dietenberger a traduit la Bible en allemand au moment de la Réforme. Il a revu et publié le Nouveau Testament traduit par Jérôme Emser, Cologne, 1529 ; Tubingue, 1532. Wedewer, J. Dietenberger, p. 469. La première édition de sa traduction de toute la Cible est de Mayence, 1534. L'historien de Dietenberger déclare qu' « aucune traduction catholique de la Bible depuis celle de Luther n'a à juste litre obtenu une plus liante considération, une plus grande dilïusion et une plus fréquente réimpression » (p. 4). Wedewer donne la liste de cinquante -huit éditions complètes de cette Bible depuis 1531 à 1776 (p. 470-477). Mais Gnesse écrit (t. i, p. 377) que « la dernière édition a paru à Augsbourg, 1785 ». Nous connaissons nous-même une ou deux éditions qui ne figurent pas dans la liste. Wedewer cite encore quatorze éditions du Nouveau Testament, quatorze du Psautier, six de l'Eeclésiaste (p. 477-479 j. Du même auteur, Episteln und Evangelien auf aile Sonntag und Feierlag durch ganze Jar, Coin , 1555, etc. (p. 419, 480). — Godefroi Slryrœde fut, avec Pierre de Cort, collaborateur à la traduction en llamand de Nicolas van Wingh, d'après la Vulgate, éditée en 1548, à Louvain et Cologne. Kirclienlexicon , 2e édit. , t. il, p. 762. — François Joyeulx, Sotie in translationem belgicam Novi Testamenli nuper Ambriacse evulgatum, ttuctore .Egidio de Wille, Anvers, 1701. — Santés Marmochini a traduit la Bible en italien : La Bibia nuovamente tradotta délia liebraica verità in lingua toscana, Venise, 1538, 1516. La traduction du Nouveau Testament est d'après le grec. — Zacharie de Florence, Il Nuooo Tcstamento tradotlo in lingua toscana, Venise, 1536, 15 W; Florence, 1566. — Remigio Nanni, plus connu sous le nom de Remigio Florentine Epistole e vangeli , che si leggono tulto V anno alla nie-sa secundo V uso délia sauta romana Chiesa ridolli ail' ordine del niessale
nuovo, Venise, 1575; nombreuses éditions. — Jean Sylvester, évèque de Czanad. On lui attribue la traduction hongroise, imprimée à Novae Insulae, 1541, et Vienne , 1571. Kirchenlexicon, t. il, p. 270.
Pour reprendre ses anciennes traditions, l'ordre des Frères Prêcheurs a établi à Jérusalem, en 1892, une école pratique d'études bibliques à laquelle sont admis les religieux de l'ordre et les ecclésiastiques. J. Lagrange, Saint Etienne et son sanctuaire à Jérusalem, Paris, 1894. La Bévue biblique internationale est l'organe de l'école, tout en étant ouverte aux savants catholiques (Paris, 1892-1897 . — L'imprimerie de la mission dominicaine de Mossoul a édité, en 1887-1891, le texte syriaque de la Peschito, et, en 1874- 1877, une traduction arabe de la Cible. p. Mandonnet.
DOMMAGE (hébreu: 'âsôn; Vulgate : damnum), préjudice causé au prochain dans sa personne ou dans ses biens. — 1° La loi mosaïque ne prévoit qu'un petit nombre de cas spéciaux, mais elle frappe toutes les atteintes à la personne ou aux biens du prochain, même celles qu'elle ne mentionne pas, de la peine du talion ainsi formulée : « Œil pour œil , dent pour dent , main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, plaie pour plaie. » Exod., xxi, 24, 25. Cette loi a pour but d'établir l'équivalence entre la réparation et le dommage, tout en opposant un frein aux exigences excessives de celui qui a été atteint. Voir Talion. — 2° Dommage causé aux personnes. — 1. Celui qui a blessé le prochain dans une rixe doit lui payer ce que le blessé n'a pu gagner par incapacité de travail (lurrinn cessans) et ce qu'il a dépensé en frais de médecins [damnum cmergens). Exod., xxi, 18, 19. — 2. Celui qui, dans une rixe, a frappé une femme enceinte, doit une compensation déterminée à la fois par les exigences du mari et l'appréciation des juges. Exod., XXI, 22. — 3. Celui qui fait perdre à son esclave un œil ou une dent lui doit en retour la liberté. Exod., xxi, 26, 27. — 4. Quand une blessure est faite par un animal et que la responsabilité du propriétaire est engagée dans l'accident, celui-ci est obligé de payer en compensation tout ce qu'on lui réclame. L'indemnité n'est que de trente sicles d'argent quand le blessé est un esclave. Exod., xxi, 30, 32. — 3° Dommages causés aux biens. — 1. Celui qui laisse une citerne ouverte doit le prix de l'animal qui y tombe et y périt. Exod., xxi, 34. — 2. Celui qui vole un bœuf, pour le vendre ou le tuer, doit rendre cinq bœufs. S'il s'agit d'une brebis, il en rend quatre. Exod., xxii, 1. — 3. Le voleur insolvable est lui-même vendu. Exod., xxii, 3. S'il a encore l'objet volé en sa possession , il en rend le double. Exod., xxii, 4. — 4. Le dommage causé par un animal dans un champ ou une vigne est réparé d'ap tima-
tion. Exod., xxii, 5. — 5. L'incendiaire indemnise tout le tort qu'il a causé. Exod., xxii, 6. — 6. Celui qui cherche à s'approprier frauduleusement une chose confiée ou trouvée doit la rendre, avec une majoration du cinquième de sa valeur. Lev., VI, 2-5. D'après Josèphe, Ant. jud., IV, vm, 29, celui qui trouvait un objet d'or ou d'argent devait chercher le propriétaire et faire connaître par le crieur public l'endroit de sa trouvaille. — Sur les dommages causés à l'occasion des dépôts, voir Dépôt. Voir aussi t. i, col. 1831. — La loi ne visant que ces quelques cas, il est à croire que les règles ainsi formulées servaient à résoudre par analogie les nombreuses contestations auxquelles devaient donner lieu les atteintes volontaires ou involontaires aux personnes et aux propriétés. — 4° Dans le Nouveau Testament, Notre-Seigneur semble abroger la loi du talion quand il recommande de tendre la joue gauche à celui qui a souffleté la droite, d'abandonner le manteau à celui qui veut s'emparer de la tunique, etc. Mat th., v, 38-42. Mais, dans ce passage, Notre -Seigneur formule une loi de perfection chrétienne, sans vouloir abroger la loi de la justice. Le