‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 110 sur 486 · DOMMAGE — DONS SURNATURELS · texte numérisé non relu

DOMMAGE — DONS SURNATURELS

conseil de renoncer à son droit ne peut être suivi que dans certains cas particuliers. Les exemples donnés par le divin Maître lui-même, Joa., XVIII, 22, 23; par saint Paul, Act.. xvi, 37; xxxm, 3, etc., le montrent assez. Le devoir de réparer le dommage et le droit d'exiger cette réparation subsistent donc sous la Loi évangélique, aussi bien que sous l'ancienne. Seulement l'Évangile laisse aux pouvoirs humains le soin de régler l'application de ce droit et de ce devoir. H. Lesètbe.

DOMMIM, localité ainsi appelée dans la Vulgate, 1 Reg., xvu, 1, mais dont le nom complet est en hébreu 'Efés Dammim (Septante : 'E^spu.Év: Codex .1 il, mus : 'AçtaSoiniei'v). Saint Jérôme a traduit 'Efés par in finibus, « sur les frontières » (de Dommiui). Au premier livre des Paralipomènes, xi, 13, nous retrouvons le même nom de lieu sous la forme abrégée Pas Dammim (Septante : 4>acro8ofMj; Vulgate: Phesdomim). — 1° Le texte sacré nous apprend que l'endroit ainsi appelé était situé entre Socho et Azéca, sur le versant d'une colline. I Reg., xvn, 3. Les Philistins, du temps de Saûl, ayant avec eux Goliath, y avaient établi leur camp. Au bas de cette hauteur était la vallée du Térébinthe. Elle séparait les ennemis de la colline opposée, sur les lianes de laquelle campaient les Israélites. Voir Térébinthe (Vallée du). Quand David eut terrassé le géant, les troupes de Saûl poursuivirent les Philistins, qui s'enfuirent de leur camp, depuis la vallée du Térébinthe jusqu'aux portes d'Accaron. 1 lleij., xvn, 52. — 2° Dans

I Par.. XI, 13, Phesdomim ou Dommim est nommé une seconde fois, à l'occasion d'une défaite infligée aux mêmes Philistins par les gibborîm ou forts de David. Van de Velde , Narrative of a Journey through Si/ria. 2 in-8°, Londres, 1854, t. H, p. 193, a cru retrouver le site de Dommim dans les ruines de Dàmim , près de la route de Jérusalem à Beit-Djibrin, à une heure et demie au nordest de Socho (Schoueikéli).

DONS SURNATURELS. Cette expression comporte, dans la langue biblique, deux significations générales, qui ont entre elles une certaine affinité, mais sont néanmoins tout à fait distinctes. Elle désigne d'abord les dons qui ont pour objet la sanctification personnelle de celui qui les reçoit, et que les théologiens caractérisent en conséquence par la formule générale de « grâce qui rend agi cable à Dieu, gratia gralum faciens », terme calqué sur un passage de l'Épilre aux Ëphésiens, i, 6. Elle désigne également certaines faveurs extraordinaires, qui ne sanctifient pas de leur nature, et ne sont accordées qu'en vue de l'utilité du prochain. 1 Cor., xu. 7. Ces dons sont bien inférieurs aux premiers. 1 Cor., XII, 31. Les théologiens les appellent ordinairement « des grâces gratuitement données, nraliœ gratis data ». Leur vrai nom biblique, du moins dans la Vulgate, et celui qui les spécifie bien, est cliarismata, 1 Cor., XII, 30, simple reproduction du mot grec yi^.'yii.x-x. Cette expression sans doute désigne aussi, dans le grec des Épitres, la première catégorie des dons surnaturels : par exemple, Rom., v, 15-16; vi, 23; 1 Tim , iv, H; 11 Tim., i, 6. Mus le contexle permet toujours de déterminer le sens; et la Vulgate alors emploie le mot générique gratia, grài

II est donc facile de voir, dans le texte sacré, a quelle espèce de dons on a affaire. Notons d'ailleurs que les cliarismata sont non seulement distincts, mais séparables de la grâce sanctifiante. Saint Paul admet clairement la possibilité de cette séparation, quand il affirme que ces dons ne sont rien sans la charité, qui est un des éléments essentiels de l'étal de grâce, I Cor., xni, 1. S. Jésus-Christ le dit d'ailleurs dans l'Évangile. Malth., vu, 21, 22.

I. Première classe. — 11 faut distinguer, dans la première catégorie, une acception générale et une acception spéciale. — 1° Dons en général. — Celle-là s'applique

indifféremment à tout l'ordre surnaturel ou à l'une de ses parties les plus importantes, comme l'Incarnation et la Rédemption. Les principales formules bibliques où elle se rencontre sont les suivantes : le don que Dieu a fait au monde de son Fils unique, Joa., ni, 16; le don du Saint-Esprit, Act., u, 38; Rom., v, 5; I Joa., m, 25, etc.; le don de la grâce, Ephes., m, 7; le don de Dieu, Joa., IV, 10; le don inénarrable, II Cor., ix, 15; le don céleste, Hebr., vi, 4; le don (pur et simple) par opposition an péché d'Adam, Rom., v, 15; le don de la vie éternelle (en principe et en espérance). Joa., x, 28; I Joa., v. II. — 2» Dons du Saint-Esprit. — L'acception spéciale du mot s'applique aux sept dons du Saint-Esprit. Si la teneur même de cette formule n'est' pas strictement biblique, mais plutôt traditionnelle et théologique, il faut pourtant reconnaître que les Pères et les th lologiens qui l'ont employée n'ont pas fait autre chose, en définitive, que traduire en langage technique une doctrine qui est contenue dans l'Écriture. En ell'et, la Bible nuis apprend deux choses : d'abord que tous les justes sont formés à l'image du Christ et configurés à sa ressemblance, Rom., vin, 29, ou, en d'autres tonnes, qu'ils reçoivent une participation du même Esprit-Saint qui a présidé au mystère de l'Incarnation, Rom., vm, 9 et suiv. ; en second lieu, que les grâces du Saint-Esprit se sont déversées dans l'âme de Jésus-Christ, sous la forme d'effusions particulières ami mcées par le prophète [sale, XI, 2-3. Ces deux vérités, combinées entre elles, sont l'équivalent biblique de cette formule théologique : justes reçoivent les sept dons du Saint-Esprit. » Or.de ces deux vérités, la première esl indiscutable et indiscutée. Quant à la seconde, elle a été contestée pour le nombre des dons. Voici le pass,.. d I- lie El sur lui reposera l'Esprit du Seigneur : esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de piété; l'esprit de la crainte du Seigneur le remplira également. » Etant donné que ce texte est certainement messianique (voir Almah), il y a là, d'après beaucoup de théologiens, sept manifestations distinctes d'un seul et même principe, l'Esprit de Dieu, qui concernent le Messie ou le Christ. Le texte hébreu n'en contient que six. attendu que là où la Vulgate a mis l'esprit de piété et l'esprit de crainte, il y a dans l'original un seul et même mot, yire'af. Quelques interprètes catholiques, entre autres Calmet. Commentaire littéral. Tsaïe, 1714. p. K2, n'admettent en conséquence que six dons dans l'hébreu. Voir aussi Huiler. Compendium tlieologisz, in-8», 1893, t. ni, n 206, p. 165. — Un mot seulement de la lîcaiion particulière des dons un ntionnés par Isale. Pour quatre d'entre eux. voir Sagesse, Intel] igi ni i . Si ience, Crainte de Dieu. L'esprit de conseil est un don qui nous aide pratiquement à tenir la meilleure conduit sible dans les circonstances critiques. C'est son influence qui explique l'admirable prudence du roi Salomon, quand il rendit le jugement célèbre qui l'a immortalisé. 111 Iteg., m, 16-28. L'esprit de force est un don qui nous aide à triompher des obstacles extraordinaires qui entravent la gloire de Dieu ou s'opposent à notre salut. L'action de David allant au combat contre Goliath, I Reg., xvm, 32, est une manifestation de l'esprit de force. L'esprit de piété est un don qui nous fait apporter un empressemenl affectueux au service de Dieu, et met dans notre cœur un désir ardent de lui plane en toutes choses. C'est à son impulsion qu'il convient d'attribuer les élans d'amour qui apparaissent à chaque instant dans les Épilres de saint Paul.

IL Seconde classe ; cbartsmata. — Les données bibliques qui concernent les charismala sont assez obscures. Saint Jean Chrysostome en faisait déjà la remarque, Hom. in I Cor., xxix, 1, t. i xi, col. 239, attribuant cette obscurité à la disp.o ition des phénomènes dont parle s ml Paul. Aussi ne faut-il pus s'étonner des divergences qui ent les interprètes, quand ils veulent expliquer,

Page 1