‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 121 sur 486 · DRAGON, animal fabuleux, à formes monstrueuses · texte numérisé non relu

DRAGON, animal fabuleux, à formes monstrueuses

que l'imagination des anciens avajl composé à l'aide d'éléments empruntés à la constitution de différentes bêtes féroces ou sauvages. Les versions de la Bible emploient assez souvenl le mol Spâxwv, draco; unis c'e pour traduire des noms qui dans le texte original désignent, dans le sens propre, îles animaux réels. Les ternies hébreux rendus par dragon soûl les suivants : 1° nà- Ints, o serpent, o Exod., VU, 15: — 2" tannin, a serpent, » Exod., VII, 12; Dent., xxxn, 33; 11 Lsdr., il, 13; Ps. SCI

(xc), "13; Jer., i.i, 34; dans Daniel, xiv, 22-27, le « serpent » adoré dans le temple de Bel, à Babylone; — parfois « le crocodile » désigné par le même mot hébreu , Ps. i.xxiv (i.xxv), 13; Is., li, 9; Ezech., xxix, 3; xxxu, 2; ou un cétacé, Ps. CXi.vm,7; — 3° tan, « chacal, » Job, xxx, 29; Is., xxxiv, 13; xxxv, 7; xun, 20; Jer., ix, 11; x, 22; XIV, 6; xlix, 33; li; 37; Mieh., i, 8; Mal., i, 3; — 4" livijâtân, « crocodile, » Ps. lxxiv (lxxv), 14; ou cétacé, Ps.civ(cv), 26; — b° 'ohîm,t bêtes hurlantes, » Is.,xm, 21 ; — Sflsiyyim, « bêtes du désert. » Jer., L, 39. — Dans Esther, x, 7; xi, 6, le nom de « dragons » s'applique à des animaux que Mardoehée voit en songe et qu'on ne peut déterminer en l'absence du texte hébreu. — Dans la Sagesse, xvi, 10, il désigne les serpents qui firent périr les Israélites au désert, et dans l'Ecclésiastique, xxv, 23, une bète féroce quelconque. — Saint Jean se sert du mot « dragon » pour nommer le démon, Apoc, XII, 3-17; xiii, 2-11; xvi, 13, qu'il identifie expressément avec le « serpent antique » du paradis terrestre. Apoc, xn, 9; xx, 2. Voir t. i, col. 012. IL Lesiïtre.

3. DRAGON, constellation (hébreu : nâhâi bârialj ; Septante : oaâxcov iTroorâTn? ; Vulgate : coluber tartuosus). L'auteur de Job, xxvi , 13, célébrant la puissance du Seigneur sur la création, écrit :

Son esprit a fait la splendeur des oleux, Et sa main a formé le Serpent bnnah.

Il s'agil ici d'une constellation du ciel. Le mot bâriah vient du verbe bârah, « traverser » et « fuir». Quelques traducteurs s'en sont tenus à ce dernier sens, et ont rendu l'hébreu par « serpent qui fuit t. Septante: x-un-ùvr,:, « qui se retire; » syriaque: « qui fuit: « Frz. Delitzsch, Dus Ilucli loi', Leipzig, 1870, p. 339, etc. D'autres ont lu beriah , •> traverse, » ou « verrou », au lieu de bàriah. Symmaquej ôçiç o-uyxXeioiv, « le serpent qui ferme; » dans Isaïe, xxvii, I, où se trouve le même mot, Aquila traduit : oft( U.0//.0;; Vulgate : serpens redis : •• serpent-verrou; i Rosenmûller, lobus, Leipzig, 1806, t. n , p. 019, etc. Au premier abord, le nom de fugitive semble peu convenir à une constellation qui reste toujours à sa place relative dans le firmament, H est donc plus probable que l'auteur sacré a voulu parler d'un serpent qui s'étend à travers les autres constellations et les traverse comme un verrou. Mais comme les étoiles qui composent celle constellation ne sont pas en ligne droite, et forment même une figure assez sinueuse, on comprend l'épithète tortuosus de la Vulgate. — La constellation dont il est ici parlé- est celle du Dragon, connue des Arabes sous le nom ili7hajja,<! le serpent; » des Crées sous celui d'oui-, Aratns, Phsenomen., 82; des Latins sous celui i'anguis. Cicé- Kiii, De nui. ilenr.. n, 12; Virgile, Georg., i, 244. Cicéron traduisant Ai. dus, au passage cite, appelle le Serpent Ion-us draco, ■ > pe pies dans les mêmes termes que la Vulgate. La constellation du Dragon compte quatrevingts étoiles principales, dont deux de deuxième grandeur, el presque loules les autres de cinquième. Elle

s'étend, clans l'hémisphère boréal, entre* les constellations de la Grande et de la Petite Ourse, de Céphée, du Cygne et d'Hercule. Elle occupe pour nous différantes stations autour de la polaire, selon les mois de l'année. Dans l'astronomie égyptienne, le Dragon était représenté

à peu près parla constellation appelée flirt*, ou hippopotame, que les monuments figurés titrent dressé sur

les pattes de derrière et soutenant un crocodile sur ses épaules. Voir lig. 33(1, col. 921, Des éludes de Biot, Recherches sur plusieurs points de l'astronomie égyp- . Paris, 1823, p. 87-91, d résulte, en effet, que le lia-il correspondait probablement au Dragon, augmenté d'un certain nombre d'étoiles environnantes. \,ur Maspero, Histoire ancienne des peuples de Varient classique. Paris, t. i. 1895, p, 94, 95. Il est à croire que le

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