II. unis est coupée dans sa plus grande longueur, de
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l'est à l'ouest, par une rue connue des musulmans sous le nom de Es- Soultàni, « la Royale, » et qui va du Bdb esch-Scharqi au Bdb el-Djabijali. JElle s'appelle aussi en arabe Derb ou Tai-iq el-Moustaqim, « la rue Droite, » et occupe, en effet, l'emplacement de la Via Recta des Romains. C'est donc le Viens Rectus , p-ju.v] e-jflsïa, où saint Paul aveugle alla loger chez un certain Jude. Act., ix, 11. Jadis large de trente mètres, elle était ornée de deux rangées de colonnes corinthiennes qui constituaient trois magnifiques avenues répondant à chacune des trois baies que nous avons signalées aux portes. Cette colonnade, qui se prolongeait sur une longueur de seize cents mètres, comme à Palmyre, Djerasch et ailleurs, a depuis
de moulures fines et délicates représentant des espèces de stalactites d'un gracieux aspect. Leurs colonnes, en marbre, en pierre du pays, parfois même en porphyre, ont été d'ordinaire empruntées à des édifices plus anciens, et leurs fûts, presque tous monolithes, sont surmontés de chapiteaux divers, antiques, byzantins ou arabes. Nous n'en pouvons citer qu'une, la plus grande et la plus remarquable, une des plus belles même de l'Orient, la Djâmï el-Kebir, a la grande mosquée, » ou Djàmï cl-Oumaoui, « la mosquée des Ommiades. » Nous la décrivons telle que nous l'avons vue en mars 1893; car, le 14 octobre de la même année, un incendie qui dura douze heures l'a détruite en partie, avec quantité
467. — Ancien arc de triomphe, à Damas. D'après une photographie,
longtemps disparu. En creusant des ondations, on en trouve çà et là des débris épars et même des bases encore en place. Les nombreux remaniements qu'a subis cette rue l'ont rendue tortueuse et très resserrée en beaucoup d'endroits. Elle sépare les trois principaux quartiers de la ville : au sud, le quartier des juifs, au nord -est celui des chrétiens, et au nord-ouest celui des musulmans. Vers l'extrémité occidentale, une petite mosquée occupe le site traditionnel de la maison de Jude, où saint Paul reçut l'hospitalité. En la remontant vers l'est et en tournant au nord, on arrive à un sanctuaire bâti, dit-on, sur remplacement de la maison d'Ananie. Act., ix, 10-18. C'est une petite et pauvre chapelle, une crypte à laquelle on aborde par un escalier, débouchant en face d'un arceau en ciment et pierre basaltique qui ne semble pas très ancien.
ô. Monuments. — Les principaux monuments de Damas sont les mosquées, très nombreuses, mais la plupart très dégradées. Avec leurs sveltes minarets et leurs belles coupoles, elles produisent un effet pittoresque au-dessus (les maisons de la ville. Leurs portes sont souvent ornées
d'objets d'art et de manuscrits précieux qu'elle contenait. Située au centre de la ville et enfermée dans les bazars, elle forme un rectangle long de 160 mètres de l'est à l'ouest sur 105 de large du sud au nord, clos d'un mur en belle maçonnerie. Le côté septentrional est occupé par une grande cour, de trois côtés environnée de cloîtres dont les arcades reposent sur de magnifiques colonnes corinthiennes en granit. Jadis pavée de marbre précieux, elle possède au cenlre une fontaine, ornée de huit colonnettes et surmontée d'une coupole octogone, et de chaque coté, à l'est et à l'ouest, deux aulres petites coupoles. La mosquée proprement dite, à la partie méridionale, mesure 140 mètres de long sur 40 de large. Elle est divisée en trois nefs, parallèles au grand axe de l'édifice, par une double colonnade d'ordre corinthien. Ces nefs sont ellesmêmes coupées vers le milieu par un transept à fronton triangulaire que supportent intérieurement quatre immenses piliers et couronné à son centre par un dôme assez élevé. Près du transept, un gracieux monument entouré d'une grille, appelé a Tombeau de sain' Jean (, Maqâm Nébi Yayfia, passe aux yeux des musulmans
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pour renfermer la tète du saint Précurseur. Trois hauts minarets dominent la mosquée : celui de « la Fiancée » au nord, celui de « Jésus » à l'est, et celui qui est appelé « de l'ouest ». Ce monument occupe évidemment l'emplacement d'un ancien temple païen, primitivement peutêtre dédié à Rimmon, la principale divinité de Damas (IV Reg., v, 18), et plus tard, à l'époque gréco- romaine, à Jupiter. Ce temple était, comme celui de Palmyre, entouré de magnifiques colonnades, dont une partie se voit dans la cour actuelle de la mosquée, et dont l'autre, incrustée dans les constructions modernes, se retrouve dans le bazar des cordonniers et celui des orfèvres. A l'est et à l'ouest s'élevaient deux entrées triomphales. Celle de l'ouest forme une des plus belles ruines de Damas (voir fig. 467). Quatre énormes colonnes, dont les fûts seuls sont visibles, sont ornées de ravissants chapiteaux corinthiens. Elles supportaient un arc magnifique, dont il reste encore une portion considérable. La frise et la corniche sont finement sculptées. Ce monument avait environ 25 mètres de large sur 20 de hauteur : il se rattachait au temple par une double colonnade d'environ 00 mètres de longueur. Le sanctuaire païen fut transformé en église chrétienne, sous le vocable de saint Jean-Baptiste : une inscription grecque, découverte près de la porte orientale de la grande cour, nous apprend que « l'église du bienheureux saint Jean-Raptiste fut restaurée par Arcadius, fils de Théodose » (395-408). Lors de la prise de la ville par les Sarrasins, elle fut partagée entre les chrétiens et les musulmans; mais ceux-ci l'occupèrent totalement en 705. Cependant, sur ces murailles profanées par l'islamisme, le nom du Christ vainqueur est toujours resté gravé dans une belle inscription grecque, qui porte : o Ta royauté, 6 Christ, est une royauté qui embrasse tous les siècles, et ta domination s'étend de génération en génération. »
6. Population et commerce. — Damas n'a point, comme le Caire ou Constantinople, de grandes places ni de larges promenades ; mais elle a pour nous un attrait que ne présentent pas, du moins au même degré, ces deux villes, c'est qu'elle a gardé presque sans mélange le caractère complètement oriental. Il y a dans sa physionomie quelque chose de la grandeur sauvage et mystérieuse des déserts qui l'entourent. Sa population, loin d'offrir, comme beaucoup d'autres cités de la Syrie, la variété des types et le mélange des races, a conservé dans la beauté et la fierté de ses traits la pureté du sang arabe. Elle passe cependant pour avoir assez mauvais caractère, s'il faut en croire le proverbe arabe : Schàmi schoûmi,* Damasquin, coquin. » Son fanatisme cruel ne s'est que trop révélé dans les massacres de 1860. Si elle laisse maintenant plus de liberté aux étrangers, ceux-ci n'en doivent pas moins montrer une très grande prudence.
Damas, avec ses 120000 habitants (d'après la statistique officielle de 1888; mais ce chiffre n'a qu'une valeur approximative), fait un commerce considérable et n'est qu'un vaste entrepôt pour les produits de l'Orient. Admirablement située au carrefour des grandes routes qui mènent de t'Euphrate à la Palestine, du Ilauran à la grande plaine de Cœlésyrie et aux côtes méditerranéennes, elle est le rende/.- vous de toutes les caravanes qui sillonnent ces chemins. Les Rédouins des contrées les plus éloignées y apportent leurs marchandises et s'y approvisionnent de tout ce qui leur est nécessaire. Aussi une des principales curiosités de la ville, ce sont ses bazars, qui forment tout un immense quartier. Le long de ces rues couvertes, entrecoupées de cours bien éclairées, s'ouvrent de petites échoppes assez étroites; mais dans tous ces quartiers distincts sont entassés les objets les plus variés, depuis les vieilles aunes, les porcelaines précieuses, les pièces d'orfèvrerie, jusqu'aux manteaux, sandales ou matières de première nécessité. Rien de plus pittoresque que de voir I . ■ foule bigarrée qui se presse, crie, gesticule dans ce dédale de ruelles, au milieu des-
quelles passent chameaux et ânes chargés. Damas fabrique beaucoup de soieries et d'étoffes pour abayéh (sorte de manteau), pour kouffiéli (voile dont les Arabes se couvrent la tête pour la protéger contre les ardeurs du soleil). Elle est maintenant reliée aux riches plaines du Hauran par un tramway; une route carrossable et un chemin de fer la mettent en communication avec Reyrout. De nombreuses caravanes établissent ses rapports avec Dagdad, Alep, Tripoli et Saint-Jean- d'Acre.
111. Histoire. — L'admirable site qu'occupe Damas est, on le voit, un de ceux qui semblent avoir été de tout temps destinés à l'emplacement d'une grande ville. Aussi celle qu'on a appelée « la perle iou t l'œil de l'Orient » peut -elle être rangée parmi les plus antiques cités du monde. Son origine et sa puissance n'égalent point celles des grandes capitales des bords du Nil et de l'Euphrate ; mais elle a sur elles l'avantage d'avoir, presque sans éclipse, gardé sa splendeur jusqu'à nos jours. Rabylone et Ninive, longtemps même ignorées, ne sont plus que des collines pleines de débris; Memphis est devenue un champ de palmiers, et Thèbes n'est plus qu'un splendide amas de ruines : Damas est toujours là vivante et gracieuse, dominant en reine, au moins par ses richesses et son commerce, les pays qui l'asservirent autrefois. C'est un exemple assez rare dans les annales de l'humanité.
/. PBSltTBSE période. — 1° Origines. — Nous ne savons rien de précis sur l'origine de cette ville. D'après Josèphe, Ant. jud., I, vi, 4, elle aurait été fondée par L's, O-jco;, fils d'Aram et petit -fils de Sem. Elle apparaît pour la première fois dans la Rible avec Abraham. Gen., xiv, 15; xv, 2. Placée sur la route de Mésopotamie en Palestine, elle vit passer la caravane du grand patriarche descendant de Haran sur les rives du Jourdain. Suivant une tradition locale, rapportée par Nicolas de Damas dans Josèphe, .1/i/. jud., 1, vu, 2, Abraham y aurait même fait séjour et en aurait été roi. Des souvenirs plus ou moins authentiques désignaient encore, au temps de l'historien juif, Ant. jud., I, vu, 2, près de Damas, l'emplacement de son habitation. Le texte sacré n'a pas expressément mentionné cette station de l'élu de Dieu, mais en nous montrant la ville comme la patrie d'Éliézer, son serviteur de confiance, Gen., xv, 2, il indique bien que, si celui-ci n'est pas le trophée d'une victoire sur les habitants, il est au moins la preuve d'un séjour au milieu d'eux. Cf. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6« édit., Paris, 1896, t. i, p. 452. Plus tard, le saint patriarche poursuivit avec sa petite troupe, jusqu'au nord de Damas, Chodorlahomor et ses alliés vaincus, qui suivaient en sens inverse la route de Mésopotamie, par lui parcourue pour venir en Palestine. — D'Abraham à David, l'Écriture ne nous dit absolument rien, et les monuments anciens très peu de chose, sur Damas. « Si le nom que les inscriptions cunéiformes donnent à Damas et au paya de Damas, Gar - ImiriHi , Imirisu, Imirïï, signifie réellement la forterewe des Amorrhéens (Sayce, dans The Academy, 1881, p. 161; Hommel, Dit' Semitischen Vôlker und Sprachen, p. 178; F. Lenormant, Les origines de l'histoire, t. il, p. 288, 338), on y trouverait la preuve que ce peuple possédait réellement la Syrie Damascène : elle leur aurait été enlevée par les Hittites, d'après Hommel vers le XXe siècle avant notre ère, selon Lenormant tout à la fin de la XVIII" dynastie. Si, d'autre part, le nom a été lu réellement par les Assyriens Saint i ri -su. de manière à signifier la ville de ses ânes
tlaupt , Der keilschriftliche Naine des Reiches von Damaskus, dans la Zeitscttrift fur Assyriohgie, t. Il, p. 321-322), ce serait par un jeu de mots purement assyrien, qui ne préjugerait rien sur la valeur primitive du nom. » G. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, Paris, '1S97, t. n, p. lk>, note 3. Soumise par Thoutmès III, elle reconnut la suzeraineté de l'Egypte, et son nom, comme nous l'avons dit plus haut,
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est inscrit sur les pylônes de Karnak dans la liste des villes de la Syrie que signale le bulletin de victoire.
2° Du temps de David et de Salonum. — A l'époque de David, la Syrie était morcelée en divers royaumes, ceux de Damas (hébreu : 'Aram Dammésêq , Vulgate : Syria Datnasci), de Soba {'Aram Sôbd' ; Syrus Soba), de Rohob {'Aram bêt-Rehôb; Syrus Rohob) et de Maacha {'Aram Ma'âkàh; Syria Maaclia). Le prince qui régnait alors sur Soba, Adarézer, fils de Rohob, s'apprêtait à les englober tous et rêvait même de porter ses armes jusqu'à l'Euphrate, profitant de l'abaissement de la puissance assyrienne, quand David, déjà vainqueur des Philistins et des Moabites, fondit sur lui et remporta une victoire signalée. Alarmés de cette défaite, les voisins du roi vaincu, principalement ceux de Damas, envoyèrent des troupes à son secours. Mais David leur tua vingtdeux mille hommes, plaça une garnison dans la Syrie Damascène, qui lui fut assujettie et paya un lourd tribut. II Reg., vin, 5-6; I Par., xvm, 5-6. Le roi de celte contrée, selon Nicolas de Damas, cité par Josèphe, Ant. jiitl., VII, v, 2, s'appelait alors Hadad, et sa postérité aurait occupé le trône de Syrie pendant dix générations. Si ce dernier détail est exact, il faut cependant dire que ce ne fut pas sans interruption; car un des principaux adversaires de Salomon fut Razon, fils d'Éliada, qui, après avoir quitté Adarézer, son maitre, assembla des gens contre lui, se fit chef d'une bande de voleurs, qui vinrent habiter Damas et l'y établirent roi. « Et il fut ennemi d'Israël pendant tout le règne de Salomon,... et il régna en Syrie. » III Reg., xi, 23-25.
//. DEUXIÈME PÉRIODE. GUERRES DE DAMAS AVEC ISRAËL ET V Assyrie. — Voici, pour l'intelligence de cette époque, la liste des rois de Damas, tels qu'ils nous sont connus par la Bible et par l'épigraphie assyrienne, d'après G. Smith, The Assyrian Eponym Canon, p. 191 :
Noms. Dates.
Razon (Rasin I"). 990-970
Tabrémon 970-950
Bénadad I". . . . 950-930 Roi dont le nom est inconnu . . 930-910
Bénadad II 910-886
Hazaël I"- 886-857
Bénadad III. . . 857-844
(Hazaël II 844-830)
(Bénadad IV. . . . 830-800)
Marina 800-770
Hadara (?). . . . 770-750
Rasin II 750-732
Contemporains de Salomon; III Reg., xi, 23-25;
appelé Hézion III Reg. ,
xv, 18.
Jéroboam Ier; III Reg., xv, 18.
Baasa; III Reg., xv, 18-20.
Amri; III Reg., xx, 31.
Achab; III Reg., xx.
Jéhu; IV Reg.' vin, 9.
Joachaz; IV Reg., xm, 3; Inscription de Salmanasar.
Joachaz et Joas ; IV Reg., xn, 17; xm, 22.
Joas et Jéroboam II ; IV Reg., xm, 24.
Jéroboam II ; Inscription de Rammannirar III.
Manahem ; Inscription de Théglathphalasar III (Extract xvi, II).
Phacée; IV Reg., xv, 37; Inscriptions de Théglathphalasar III.
M. Smilh fait suivre, non sans raison, ce tableau en partie hypothétique des rétlexions suivantes : « Les deux rois les plus douteux dans cette liste sont Hazaël II et Bénadad IV; il est possible qu'ils ne soient que des dédoublements de Hazaël Ier et de Bénadad III. » La date des premiers rois n'est pas non plus exacte. Cf. F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, t. m, p. 457-458.
Sous les descendants de Bazon, la puissance de Damas s'accrut au point que les deux royaumes d'Israël et de Juda, dont elle était pourtant l'ennemie naturelle, se disputèrent son amitié. C'est ainsi qu'«Asa, prenant tout
l'argent et l'or qui étaient restés dans les trésors de la maison du Seigneur et dans les trésors du palais du roi, les mit entre les mains de ses serviteurs, et les envoya à Bénadad, fils de Tabrémon, fils d'Hézion, roi de Syrie, qui demeurait à Damas, et lui fit dire : Il y a alliance entre vous et moi, comme entre mon père et le vôtre. C'est pourquoi je vous ai envoyé des présents, de l'argent et de l'or; et je vous prie de venir et de rompre l'alliance que vous avez avec Baasa, roi d'Israël, afin qu'il se retire, de dessus mes terres. Bénadad , s'étant rendu à la prière du roi Asa, envoya les généraux de son armée contre les villes d'Israël, et ils prirent Ahion, Dan, Abel-Beth- Maacha, et toute la contrée de Cennéroth, c'est-à-dire toutes les terres de Nephthali ». III Reg., xv, 18-20;
II Par., xvi, 2-4. Cette puissante diversion sur la frontière nord d'Israël força Baasa d'abandonner ses conquêtes temporaires dans la partie septentrionale de Juda. Mais une telle alliance, conclue avec un roi païen, déplut à Dieu, qui par la bouche d'un prophète adressa de graves reproches à Asa. II Par., xvi, 7-9.
Le prophète Élie reçut un jour du Seigneur l'ordre d'aller à Damas et de sacrer Hazaël roi de Syrie. III Reg., xix, 15. Cetle mission ne fut remplie que plus tard, et par Elisée, IV Reg., vin, 7-15; mais le prince syrien n'en fut pas moins dès lors désigné comme le futur instrument des vengeances divines, III Reg., xix, 17, et son glaive devait, en effet, être terrible pour le royaume d'Israël. Cf. IV Reg., vin, 28-29; x, 32-33; xm, 3. Cependant Samarie, à peine fondée par Amri, avait vu un de ses quartiers occupé par les Syriens, sous le successeur de Bénadad Ier, dont le nom est inconnu. III Reg., xx, 34. Bénadad II vint l'assiéger, sous Achab, avec trente -deux dynastes, ses vassaux, et une nombreuse armée. Vaincu, il recommença la guerre un an après; mais, battu de nouveau et fait prisonnier à Aphec, il sut fléchir son vainqueur et en obtenir une paix honorable. Entre autres conditions, il proposa de lui rendre certaines villes enlevées précédemment, et lui permit « de se faire des places publiques dans Damas », c'est-à-dire probablement d'y occuper, pour le commerce, certains emplacements ou des rues qui appartiendraient en propre aux Israélites. Achab accepta ses propositions avec une étonnante légèreté , sans consulter celui qui lui avait donné la victoire.
III Reg., XX. Peut-être cependant le roi d'Israël, alors inquiet des progrès menaçants de la puissance assyrienne, et en particulier des excursions d'Assurnasirabal sur le littoral de la Méditerranée, était -il bien aise de ménager le roi de Damas, qui devait servir de rempart à son royaume contre les attaques de ces nouveaux ennemis. Si le texte sacré ne nous dit pas que l'alliance fut faite dans ce but, cela résulte des documents assyriens. Bénadad II régnait quand Salmanasar II monta sur le trône d'Assyrie. C'était le plus puissant prince à l'ouest de l'Euphrate; la ligue dont il était le chef comprenait douze rois, parmi lesquels Irkulini de Hamath et Achab d'Israël. Cette confédération entreprit d'arrêter le monarque de Ninive dans sa marche triomphante vers l'occident. Celui-ci nous raconte, dans une inscription, la victoire qu'il remporta sur elle. Voici ce qu'il dit sur Damas et Israël :
« 90. ...Il réunit à son secours 1200 chars, 1200 cavaliers et 20000 hommes de Benhadar
« 91. de Damas (du pays d'ImeriSu) , 700 chars, 700 cavaliers et 10000 hommes d'Irkulini de Hamat, 2000 chars et 10 000 hommes d'Achab
« 92. d'Israël {Sirlaai), etc.
« 95. ...Ces douze rois ensemble se liguèrent...
« 97. ...De Karkar à Gilzau j'achevai leur défaite : 14000 hommes
a 98. de leurs troupes je tuai. »
Cf. Cuneiform Inscriptions of Western Asia, t. III, pi. 8; Kurkli Monolilh, Reverse, 1. 78-102; E. Schrader, Die
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Kcdinschriften und dus Aile Testament, p. 193-198; A. Amiaud et V. Scheil, Les inscriptions de Salmanasar II, p. 40-1 1 ; F. Vigoureux, La Bible et les découvertes modernes, t. m, p. 458-401. Acliab profita sans doute de cet échec pour rompre .son alliance avec Bénadjd. Après trois années de paix entre la Syrie et Israël, 111 Reg., xxii, 1, la guerre recommença à propos de Ramolh- Galaad, et c'est sur ce champ de bataille que mourut Aehab. 111 Reg., xxii. 1-37. Son iils et successeur, Ochozias, fut probablement obligé par Bénadad, comme condition de paix, de fournir son contingent à la ligue formée par les puissances de l'Asie occidentale contre le redoutable empire de Ninive. Il dut donc être l'un des douze princes alliés contre l'Assyrie dont parlent les inscriptions de Salmanasar. Il en fut de même pour Joram, son frère, qui lui succéda au bout de deux ans, et qui dut être au nombre des rois vaincus, avec Damas, par le monarque assyrien, la dixième, la onzième et la quatorzième année de son règne. Cf. E. Schrader, Die Krilinschriften und dus A. T., p. 202; Amiaud et Scheil, Les inscriptions de Salmanasar II, p. 52-57; F. Vigoureux, La Bible et les découvertes modernes, t. m, p. 475-177. 11 avait cependant été d'abord en bons ternies avec Bénadad, comme le prouve la lettre de recommandation que lui écrivit ce dernier en faveur de Naaman, le chef de sou année, bien que la façon dont la reçut le roi d'Israël nous montre aussi ses sentiments de défiance à l'égard de son puissant et exigeant voisin. IV Reg., v, 5-7. On sait comment l'officier lépreux, d'abord irrité et humilié qu'Elisée préférât le- eaux du Jourdain à celles des «fleuves de Damas, l'Abana et le I'harphar », trouva la guérison dans le fleuve sacré, en s'y lavant sept fois. IV Reg., V, lu- 11. Voir Aii.yna. Plus tard, le prince syrien forma un plan d'invasion du royaume d'Israël. Anéanti une première fois, le projet lut repris, el le roi de Damas vint assiéger Samarie, qui fut réduite aux horreurs de la famine; mais nue panique miraculeuse mit son armée en déroule. IV Reg., VI, 8-33; vu, 1-16. Bénadad, malade, touchant à sa lin, envoya un de ses principaux officiers, Hazaèl, consulter sur sa guérison Elisée, qui se trouvait alors à Damas. 11 lit présenter au prophète, sur quarante chameaux, do riches présents,!! tous les biens de Damas, » c'est-à-dire ses plus beaux produits et les objets les plus précieux que renfermaient ses entrepôts. L'homme de Dieu prédit la mm t du roi. la prochaine élévation d'IIazaël au trône, et les cruels traitements que celui-ci infligerait aux enfants d'Israël. Bientôt, en effet, l'officiel' assassinait -un prince el régnait à sa place. IVReg.,vni, 7-15.
Joram semble avoir mis à profit ce qui se passait à Damas pour fortifier sa frontière orientale et reprendre Ramoth-Ualaad. Hazaël se vengea de la perle de cette
Mlle en battant les Israélites dans les environs de Ramolli et blessant le roi dans le combat. 1 Y Reg., vin, 28. Jehu, qui succéda à Joram, chercha dès le commencement à se prémunir contre les attaques des Syriens, et, inaugurant la politique fatale que .levait suivre plus tard Achaz, roi de Juda, il implora contre Hazaèl la protection de Salmanasar 11. et s'assura son appui en lui payant tribut. C'est ce que nous permettent de croire les inscriptions cunéiformes, qui nous racontent la campagne du roi de Ninive contre Hazaël, peu de temps après l'avènement de ce dernier au trône. Cl. Bull Inscription, Cuneiforni Inscript. ../ West. Asia, t. m, pi. 5, n 6; E. Schrader, Die Keilinschriften und dus .1. T., y. 209-210; Amiaud et Scheil, Les inscript. deSalni., p. 58 61 ; F Vigoureux, /." liil/lc el 1rs découv. mod., p. is-j. L'obélisque de Nimroud mentionne brièvement une dernière campagne de Salmanasar contre Hazaël, la vingl el unième année de son règne. Cf. Black Obelisk, Layard, ïnscriptiom, pi. 92, I. 102-104; Schrader, p. 207; Amiaud et Scheil, p. 60-61; I. Vigoureux, p. 184. Le roi de Damas fut, suivant la prédiction d'Elisée, le constant ennemi d'Israël et lui
causa les plus grands maux, principalement sur les frontières orientales, qui étaient en contact avec la Syrie, « depuis le Jourdain, vers l'orient, [il ruina] tout le pays de (ialaad, de Gad, de Ruben et de Manassé, depuis Aroër qui est le long du torrent d'Arnon, et Galaad et Basan. » IV Reg., x, 33. C'est ainsi que Damas se vengeait des défaites essuyées et punissait Jéhu de s'être reconnu vassal du grand roi. Elle fit également une expédition contre le royaume de Juda, et Joas obtint la paix a prix d'argent. IV Reg., xn, 17, 18; II Par., xxiv, 23, 24.
Cependant, a mesure que la puissance ninivite se développait, le pouvoir de Damas s'affaiblissait. Il déclina surtout sous Bénadad III, fils et successeur d'Ilazaél, prince faible, qui n'avait ni la valeur ni l'habileté de son père. Du reste les crimes de ce dernier, qui « affligea Israël pendant tous les jours de Joaehaz », fils de Jéhu, IV Reg., xin, 22, criaient vengeance, et le berger de Thécué, Anios, i, 3-5, lui prédit le châtiment qui l'attendait. L'Assyrie, par les armes de Rammauirar III, accomplit en partie cette prédiction, en dévastant la ville. Cf. Cune Inscriptions of West. Asia, t. i, pi. 35, 1. 1-21; E. Schrader, Die Keilinschriften, p. 212-216; F. Vigouroux, La Bible et les découv. mod., t. ni, p. 488. En attendant que Théglathphalasar III en achevât l'exécution, Jéroboam II, roi d'Israël, sul mettre à profit l'affaiblissement de la puissance syrienne, pour reconquérir l'est du Jourdain et pour faire cette pointe contre Damas dont il est question IV Reg., xiv, 28.
Le dernier roi cité dans notre liste, Rasiu II, tributaire de Théglathphalasar 111, mais toujours prêt à se révolter centre l'Assyrie, se ligua avec Phacée, roi d'Israël, el tous deu cherchèrent à s'emparer de la Judée, pour se la partager, et peut-être faciliter ainsi l'attaque du pharaon, leur allié, contre le monarque ninivite. Ils avaient commencé à inquiéter Juda vers la fin du règne de Joatham, fils d'Ozias. IV Reg., xv, 37. Achaz, son fils et successeur, jeune encore, faible et sans caractère, se voyant assailli de tous cotés, se laissa aller au découragement malgré les assurances dlsaïe, vu, 1-9, qui annonçait que bientôt « la force de Damas » serait enlevée, et montrait déjà l'invasion assyrienne, vin, 4. Cependant les doux confédérés avaient infligé à Juda des pertes sanglantes, Il Par., xxvni, 5, lj. Ils étaient allés mettre le siei vaut Jérusalem, qui avait résisté à leurs efforts. IV Reg., XVI, 5; Is., VII, 1. lsaie disait, en efl'et, au roi de ne pas craindre o devant ces deux bouts de tisons fumants ", que « Damas, capitale de la Syrie », ne remplacerait peint Jérusalem pour le royaume de Juda. Is., vu, 4, 8. .Mais Achaz, effrayé de la puissance de ses ennemis et ne comptant que sur les ressources de la politique humaine, implora le secoure de Théglathphalasar 111, en lui envoyant l'argent et l'or qu'il put trouver dans le Temple et dans ses propres trésors. IV Reg., XVI, 7; Il Par., xxvin, 10. Celle requête servait à merveille le- desseins du nioii.ii que assyrien, qui levait précisément de soumettre à sou pouvoir toute l'Asie occidentale. U partit, en 734, à la tête d'une année considérable, et tailla en pièces les troupes alliées. Dans une inscription, il raconte Comment les chars du roi de Damas furent détruits, et les divers corps de son année, cavaliers, archers, lancers, faits prisonniers. Le prince lui-même, « pour sauver sa vie, s'enfuit seul, et, semblable à une gazelle, dans la porte de sa ville il entra, a Ses généraux, pris et empalés, furent
exposés en spectacle à leur pays. Damas fut assiégée, et
le roi entériné g comme un oiseau dans sa cage ». Les plantations d'arbres et de roseaux furent saccagées, et « seize districts de Damas comme une inondation furent balayés ». Cf. A. Layard, Inscriptions in tlic cuneifonn char acier, plate 72; E. Schrader, Die Keilinschriften und dus A. ï'., p. 201-203: Y. Vigouroux, La Bible cl les découv. mod., t. ni, p. 521. Cependant le vainqueur ne put se rendre tout de suite maître de la ville. Laissant autour d'elle une partie de ses troupes, il alla châtiei les
DAMAS
alliés de Rasin. Il revint ensuite consommer la ruine de celui-ci, chef de la confédération, désormais isolé. Il lui fallut deux ans pour réduire complètement Damas. Après un long siège, elle succomba; Rasin fut tué, et les habitants furent transportés à Kir. IV Reg. , xvi, 9. Alors Achaz alla rendre hommage à son suzerain dans la ville conquise, et, ayant vu un autel païen, peut-être un de ceux que les rois d'Assyrie emportaient avec eux dans leurs expéditions pour y offrir leurs sacrifices, il en fit faire un semblable, qu'il établit dans la cour du Temple, à Jérusalem. IV Reg., xvi, 10-12.
///. troisième période, décadence. — Combien de temps Damas resta-t-elle sous le coup de cette humiliation'.' nous ne savons. Mais, une fois relevée, elle devait encore subir des jours mauvais. Elle reçut, comme les autres tributaires de l'Asie occidendale, les sommations de Nabuchodonosor ( Assurbanipal), Judilh, i, 7, et un jour Ilolopherne « descendit dans la plaine de Damas, aux jours de la moisson du froment, et il mit le feu à tous les champs, et il enleva les brebis et les bœufs, et il pilla leurs villes, il ravagea leurs campagnes, et il fil passer tous les jeunes gens au fil de l'épée ». Judith, II, 27 (texte grec). La Vulgate, n, 17, ajoute qu' « il fit couper tous leurs arbres et leurs vignes ». Et d'autres épreuves l'attendaient dans la suite. De même qu'Isaïe avait autrefois annoncé qu'elle cesserait d'être une ville, qu'elle serait comme un monceau de pierres en ruines, perdant la royauté, comme Éphraïm perdrait tout appui, Is., xvii, 1, 3, ainsi Jérémie la contemplait plus tard en proie à une indicible douleur, xi.ix, 23-27. Quand et comment s'accomplirent ces prédictions? Aucun monument ne l'indique. On peut croire cependant que les Chaldéens furent pour elle ce qu'avaient été les Assyriens. Ézéchiel néanmoins nous la montre, xxvn, 18, faisant avec Tyr un important commerce de « vin d'Helbon » (d'après l'hébreu; voir Hiïlbon) et de « laines d'une couleur exquise ». Le même prophète la cite plusieurs fois dans sa de. l riplion des nouvelles limites delà Terre Sainte, xlvii, 16, 17, 18; xlviii, 1. Enfin une parole de Zacharie, ix, 1, nous fait voir que la colère divine n'était pas encore apaisée à cette époque et pesait toujours sur la ville.
Damas va maintenant suivre les vicissitudes des différents empires qui se succéderont en Asie. Après une éclipse momentanée, elle reprit une place brillante, et Strabon, xvi, p. 7.">0, trad. franc., Paris, 181)5-1819, t. v, p. 219, nous dit qu'elle était une des villes les plus remarquables de la Syrie au temps de la domination des Perses. Avant la bataille d'Issus, Darius y envoya, pour plus de sécurité, une bonne partie du trésor royal. Après cette bataille (333 avant J.-C.), la Syrie tomba tout entière au pouvoir d'Alexandre, el Damas fut livrée à Parménion. A l'époque des Séleucides, Antioche seule lui disputa le premier rang. C'est pendant les démêlés qui agitaient le trône de Syrie que Jonathas put pousser ses expéditions jusqu'à la Damascéne. I Mach., xi, 02; XII, 32. Vers l'an 112 avant J.-C, la grande cité devint la capitale du roi Antiochus IX Cyzizène, dont les possessions comprenaient la Phénicie et la Cœlésyrie. Voir Cœlésyuie, col. 820. Ensuite Démétrius Eucœrus, le quatrième fils de Gryphus, avec l'aide de l'Egypte se fit reconnaître roi de Damas, et, l'an 88, appelé par les Juifs, il envahit la Palestine et délit Alexandre Jannée à Sicheui. Josèphe, Ant.jud., XIII, xm, 4; xiv, 1. Renversé à son tour par son frère Philippe, allié des Parthes, il mourut en captivité. Josèphe, Ant.jud., XIII, xiv, 3. Son autre frère, Antiochus XII Dionysus, régna en Syrie pendant trois ans; mais il périt dans une bataille contre Arétas III Philhellène, roi des Arabes (851, qui devint roi de Damas. Josèphe, Ant. jud., XIII, XV, 1, 2. Plus tard, la ville tomba aux mains de Tigrane, roi d'Arménie, et fut ensuite conquise par le général romain Métellus. Josèphe, Ant. jud., XIV, II, 3. Pompée y reçut, l'an 01, les am-
bassadeurs et les présents des princes voisins, et, en 63' la Syrie fut réduite en province romaine. Josèphe, Ant. jud., XIV, III, 1. C'est là que le jeune Hérode rendit visite au proconsul Sextus César et obtint de lui le territoire de la Béqà'a, entre le Liban et l'Anti- Liban. Rien que Damas ne fit point partie de son royaume, il y fit néanmoins construire un théâtre et un gymnase. Josèphe, Bell, jud., I, xxi, 11.
Damas subit naturellement l'influence de la civilisation gréco-romaine, qui dut y jeter des racines plus profondes que chez les Juifs, opposés à toute innovation païenne. Ceux-ci y formaient toutefois une importante colonie, comme le montre l'histoire de saint Paul. Si, en effet, la brillante cité est célèbre dans l'Ancien Testament, elle l'est aussi dans le Nouveau par la conversion et la première prédication du grand Apôtre. Elle était à ce moment gouvernée par Arétas IV Philodème, roi des Arabes, qui y avait établi un ethnarque pour l'administrer. Les Nabatéens avaient étendu jusque-là leur royaume. Voir Arétas 2, t. i, col. 943. La communauté juive y avait alors une grande puissance. D'après Josèphe, Bell, jud., II, xx, 2, on comptait parmi les Israélites qui l'habitaient dix mille hommes en état de porter les armes, ce qui suppose une population totale de cinquante mille Juifs environ. Leur influence était telle, qu'ils avaient attiré presque toutes les femmes au culte de Jéhovah. Josèphe, Ant. jud., XVTII, v, 1 , 3. C'esl donc dans des vues politiques, pour gagner le corps le plus considérable de la cité, qu' Arétas lui avait octroyé les libertés dont jouissait Israël dans tout l'empire romain, lui attribuant une véritable autonomie, des tribunaux qui décidaient des questions religieuses et possédaient la puissance coercitive, tout en relevant de Jérusalem. C'est ce que nous montrent les instructions dont se munit saint Paul pour les synagogues de Damas, Act., ix, 2; xxn, 5; il savait aussi qu'au besoin les officiers d'Arétas lui prêteraient main-forte : il devait lui-même en faire plus tard l'expérience au péril de sa vie. On sait comment le lion fut changé en agneau, « comme il approchait de Damas. » Act., ix, 3; xxn, 6; xxvi, 12. Pour le lieu probable de cette conversion, cf.V. Guérin, La Terre Sainte, t. i, p. 409. Introduit dans la ville, et logé chez Jude, dans la rue Droite, Act., IX, 11; xxn, 10, 11, il y reçut le biptéme des mains d'Ananie, puis se mit à prêcher Jésus- Christ, confondant les Juifs par la force et l'éclat de sa parole. Act., ix, 8-22; xxvi, 20. Exposé à leur haine et à de pressants dangers, appelé d'ailleurs à la solitude par . la voix du divin Maître, il quitta Damas et se retira en Arabie. Mais il revint ensuite, Gai., I, 17, et parut de nouveau dans les synagogues, pour y annoncer la doctrine du Sauveur. Aux arguments irréfutables de leur ancien coreligionnaire, les Juifs répondirent par la violence, et cherchèrent par toule sorte d'embûches t mettre à mort le vaincu de Jésus, qui devenait leur vainqueur. Pour s'en emparer sûrement, ils firent garder nuit et jour les portes de la ville, Act., IX, 24, aidés dans leurs poursuites par l'ethnarque d'Arétas. II Cor., xi, 32. C'est alors que les disciples de l'Apôtre « le prirent et, durant la nuit, le descendirent dans une corbeille, par une fenêtre, le long de la muraille ». Act., ix, 25. Malgré cela, le christianisme ne tarda pas à faire des progrès à Damas, qui fut plus tard le siège d'un évéché, le second du patriarcat d'Autioche. Mais là s'arrête pour nous l'histoire de la ville.
Nous avons vu, en parcourant Damas, les souvenirs qui restent de l'époque gréco- romaine, les plus anciens constatés jusqu'ici; car l'élude archéologique de la ville est encore à faire. Les traditions relatives à saint Paul s'y sont maintenues, malheureusement avec un caractère d'authenticité que nous aimerions à voir mieux affermi, en ce qui concerne la détermination des lieux historiques. Nous avons un assez grand nombre de monnaies de Damas, autonomes ou non, avec ou sans date. Il y en a
DAMAS — DAN (TRIBU DE
entre autres de Cléopâtre, frappées dans les années 37, 36 et 3'2 avant J.-C, offrant le type de la ville assise sur un rocher, avec le fleuve Chrysorrhoas (Abana) à ses pieds (fia 468) Cf. F. de Saulcy, Numismatique de la Terre Solde, in-4», Paris, 1874, p. 30-56, 404, pi. 2. La Bible, nous l'avons vu aussi, fait plusieurs fois allusion à la beauté, à la richesse et au commerce de la capitale syrienne. Elle mentionne également un des dieux qu'on y adorait, Remmon, IV Reg., v, 18, dont le nom se retrouve dans celui d'un roi, Tabrémon, comme le nom