‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 14 sur 486 · Monnaie de Damas · texte numérisé non relu

Monnaie de Damas

Buste de Cléopâtre. a droite. - êj. AAMASKHNÛN | EOÏ, ou plutôt COS (275 ou 276). Femme coiffée de tours, assise sur un rocher, tournée a gauche, le bras droit étendu, et tenant de la main gauche une corne d'abondance. Devant ses pieds, un épi; sous ses pieds, un Fleuve vu a mi-corps. Le tout dans une couronne.

de Hadad revient dans celui de Bénadad. Pour la civilisation, la langue et la religion, voir Syrie.

IV. Bibliographie. — G. H. von Schubert, Reise in das Morgenland, 3 in-8°, Erlangen, 1840, t. m, p. 276-304; .1. Wilson, The Lands of Ihc Bible, 3 in-8°, Edimbourg, 1847, t. il, p. 325-369; J. L. Porter, Five years in Damascus, 2 in-8°, Londres, 1855, t. i, p. 21-148; The giant ciliés of liaslian, in-8°, Londres, 1871, p. 336-353; U. J. Seetzen, Reisen durch Syrien, etc., 4 in-8°, édit. Kruse, Berlin, 1854, 1. 1, p. 264-285; E. Robinson, Biblical Researches in Palestine, 3 in-8°, Londres, 1856, t. m, p. 443-172; A. P. Stanley, Sinai and Palestine, in-8°, Londres, 1866, p. 414 g-m; A. Chauvet et E. Isambert, Syrie, Palestine, in-8»3 Paris, 1887, p. 632-641; M. Baedeker, Palestine et Syrie, Leipzig, 1893, p. 308-334; W. M. Thomson, The Land and the Book, 3 in-8", Londres, 1886, t. m, p. 361-417; Lortet, La Syrie d'aujourd'hui, dans le Tour du monde, t. xliv, p. 358-384; V. Guérin, la Terre Sainte, 2 in-f°, Paris, 1882, t. i, p. 383-420; E. Le Camus, Notre voyage aux pays bi- 6/i'</ues,3in-8», Pans, 1890, t. n, p. 296-311 ; C. R. Couder, Tent Work in Palestine, in-S°, Londres, 1889, p. 123-129; IL Sauvaire, Description de Damas, dans le Journal asiatique, 1891, 1895 et 1896. A. LEGENDRE.

DAMNA (hébreu : Dimnâh ; Septante, Codex Alexandrinus: Aau.vi; omis par le Codex Vaticanus ou remplacé par SeMà), ville de la tribu de Zabulon, donnée aux Lévites fils de Mérari. Jos., xxi, 35. Mentionnée une seule t'ois dans l'Ecriture, e"e ne se trouve point dans l'énumération des cités assignées a la tribu. Jos., xix, 10-16. La liste parallèle de I l'ai., vi, 77 (hébreu, 62), ne donne que deux noms au lieu de quatre, et le premier est Remmono, dans lequel on a voulu voir la vraie l'orme du mot, dont Dimnâh ne serait qu'une lecture fautive. Il est, en effet, facile de comprendre comment -;-^, Rim-

mônO, ou peut-être ns'ai, Rimmônâh, a pu devenir

nid, Dimnâh, par le changement assez fréquent du

resch, -|, en daleth, t, deux lettres qu'il est aisé de confondre. La Peschito appuie cette hypothèse, car elle a mis, Jos., xxi, 35, Remin au lieu de Dimnâh, que la paraphrase chaldaïque a conservé. Cependant les manuscrits hébreux n'offrent pas de variantes. Il faut dire aussi

que le texte sacré a bien pu subir quelque altération. A la place des quatre villes lévitiques indiquées par Josué, xxi, 34-35, Jecnam, Cartha, Damna et Naalol, le premier livre des Paralipomènes, vi, 77, n'en désigne que deux, et encore sont -elles différentes, Remmono et Thabor. Les Septante, dans le Codex Vaticanus, ne mentionnent que trois villes, Jos., xxi, 35, Miàv, KâBi)ç et SeXXcc, et deux, comme l'hébreu, I Par., vi, 77, 'Pcu.awv et 0a-/XEià ou 0xêù>p. Le Codex Alexandrinus, qui suit assez exactement le texte original, Jos., xxi, 35, le complète, I Par., vi, 77, d'après Josué. Malgré ces difficultés, la conjecture : Damna =: Remmono , reste plausible, et dans ce cas la cité lévitique dont nous parlons serait actuellement représentée par Roummanéh , village situé au nord de Nazareth , et qui n'est autre que l'ancienne ville de Zabulon appelée Remmon (hébreu: Rinimôn). Jos., xix, 13. Cette identification est admise, quoique avec réserve, par G. Armstrong, W. Wilson et Couder, Names and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, p. 51. Van de Velde, Reise durch Syrien und Palâstina, Leipzig, 1855, t. i, p. 216, note 2, avait cru reconnaître Damna dans le bourg de Damoun, qui, à l'ouest de Kaboul (l'ancienne Cabul de Jos., xix, 27), domine la plaine de Saint -Jean -d'Acre ; mais cette localité appartient à la tribu d'Aser. A. Legendre.

DAMNATION, DAMNÉS. Voir Enfer.

DAN (hébreu: Dân ; Septante: Adév), nom d'un des fils de Jacob, de deux ou trois villes et d'un pays.

4. DAN, cinquième fils de Jacob, le premier qu'il eut de L da, servante de Rachel. Celle-ci, désolée de n'avoir pas d'enfants, pria Jacob de lui en donner de sa servante, comme Sara avait demandé à Abraham de lui donner un fils d'Agar. Jacob eut ainsi de Bala un premier fils, et Rachel dit : « Dieu a jugé [dân) en ma faveur, il a exaucé ma voix et m'a donné un fils. C'est pourquoi elle l'appela du nom de Dan. » Gen., xxx, 1-6. Le nom de Dan (sous -entendu : Dieu) correspond, comme l'a observé Josèphe, Ant. jud., I, xix, 8, à celui de Théoerile : Aiv, ÔEAxpitov ctv Ttve; sntoisv xotvà rr,v 'E>Xv)vù>v yXCaztav. Le patriarche Jacob fait aussi allusion au sens du nom de Dan dans sa bénédiction. Gen., xlix, 16. Bala eut plus tard un second fils, qui fut Nephthali. Le nom de Dina, fille de Jacob, parait être, à part le changement de genre, le même que celui de Dan. — Nous ne savons rien de particulier sur l'histoire du fils aine de Bala. Son nom apparaît seulement, Gen., xxxv, 25, dans l'énumération des fils de Jacob, et Gen., xlvi, 23, dans la liste généalogique des enfants des douze patriarches, où nous lisons : « Fils de Dan : Husim. » C'est le seul de ses descendants qui soit nommé; mais comme Husim est en hébreu [Husim) une forme plurielle, il est possible que ce mot désigne une famille, MM un individu. Cette explication permettrait de comprendre plus facilement comment la tribu de Dan, lors de l'exode, était la plus nombreuse de toutes, après celle de Juda; elle ne comptait pas moins do 02 700 hommes capables de porter les armes. Num., I, 38-39. Tous les autres passages de l'Écriture où se lit le nom de Dan, même dans la bénédiction de Jacob, Gen., xlix, 16-17, et dans celle de Moïse, Deut., xxxm, 33, se rapportent, non à la personne du patriarche, mais à la tribu issue de lui. Voir Ii.in 2. Le plus célèbre des descendants de Dan fut Samson. I". Vigouroux.

2. DAN, une des douze tribus d'Israël. — I. GÉOGRA- PHIE. — La tribu de Dan était bornée au nord et au nordest par celle d'Éphraïm, à l'est par celle de Benjamin, au sud par celle de Juda, et à l'ouest par la mer Méditerranée. Le territoire assez restreint qu'elle occupait comprenait la partie septentrionale de la plaine de Séphéla et les premiers contreforts de la montagne. Après avoir

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énuméré ses villes, dont plusieurs sont aujourd'hui bien identifiées, nous essayerons de tracer ses limites, pour la décrire ensuite dans son ensemble. Voir la carte.

1° villes principales. — Les principales villes de Dan sont mentionnées dans Josué, xix, 40-48. Nous donnons ici, en suivant l'ordre même de l'auteur sacré, leurs identifications ou certaines, ou probables, ou douteuses; on devra chercher les développements dans les articles qui concernent chacune d'elles en particulier.

1. Saraa (hébreu : Sor'àh; Septante : SapàO ; Codex Alexandrinus : Sapaà ; ailleurs: Sapai, Sapa, 'Paà ; Vulgate : Sarea, Jos., xv, 33), comptée d'abord parmi les villes de la Séphéla appartenant à Juda, Jos., xv, 33; assignée plus tard à Dan, Jos., xix, 41; patrie de Samson. Jud., xin, 2, 21-25. Elle porte encore aujourd'hui exactement le même nom, Sur'ah, suivant le Survey of Western Palestine, Names List, Londres, 1881, p. 329; Sara'â, selon M. Guérin, Judée, t. n, p. 15. Elle couronne une colline assez élevée, en dehors du massif proprement dit des montagnes de Judée, et forme groupe avec les deux suivantes au sud-est de la tribu.

2. Esthaol (hébreu: 'Éstâ'ôl: Septante: 'Aii; Codex Alexandrinus : EafiadX; ailleurs: 'EtOmX, 'An-ratoX; Vulgate : Estaol, Jos., xv, 33), citée parmi les villes de Juda situées « dans la plaine », Jos., xv, 33; puis attribuée à Dan. Jos., xix, 41. Elle est toujours mentionnée avec Saraa, sa voisine, ce qui permet de la reconnaître dans le village actuel d'Eschou'a ou Aschou'a, placé à peu de distance au nord -est de cette dernière : identification qui devient certaine si l'on en croit une ancienne tradition recueillie sur les lieux par M. Guérin, Judée, t. n, p. 13, et d'après laquelle Aschou'a se serait primitivement appelé Aschou'al ou Aschthou al.

3. Hirsémès (hébreu : 'Ir Semés, « ville du soleil; » Vulgate : Civitas solis; Septante : no).ei? Sàtiiiau;; Codex Alexandrinus : icokis Sa^é;)- C'est, sous un nom dont le premier élément seul a été changé, la même ville que Bethsamès (hébreu : Bèt séméS , « maison du soleil »), située sur la frontière nord de Juda , entre Cheslon (Kesla ) et Thamna (Khirbet Tibnéh), Jos., xv, 10, donnée aux prêtres, Jos., xxi, 16; puis comptée parmi les cités de Dan. Jos., xix, 41. Nous croyons, en etîet, inutile de distinguer ici deux localités (voir Bethsamès 1, t. i, col. 1732); elles ont leur correspondant exact dans 'Ain Schems, « la source du soleil, » au sud de-Sara'âh.

4. Sélébin (hébreu : Sa'âlabbin, Jos., xix, 42; ba'albim, Jud., i, 35; III Reg., iv, 9; Septante : SaXapAv; Codex Alexandrinus: SaXâu.eiv; ailleurs : 0aXa6iv, Jud., i, 35; SaXa6iv; Codex Alexandrinus : SaXaSeiu., I" Reg., iv, 9; Vulgate : Salebim, Jud., i, 35; III Reg., iv, 9). La mention de cette ville avec Aïalon, qui suit, a fait conjecturer qu'elle subsistait peut-être dans Selbit, au nordouest de Yâlô (Aïalon). Cf. G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Names and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, p. 159. Si la correspondance onomastique laisse à désirer, il y a conformité au point de vue de l'emplacement.

5. Aïalon ( hébreu : 'Ayyâlon ; Septante : 'Au.u.wv ; Codex Alexandrinus: IaaXwv; ailleurs: AiXwv, AÏXù; Codex Alexandrinus : 'IaXwv, Jos., XXI, 24; 'HXoJv, I Par., vi, 09; AcaXùv, Il Par., xi, 10; AîXùv; II Par., xxvm, 18; Vulgate : llelon, I Par., vi, 69), immortalisée par la parole de Josué arrêtant le soleil et la lune, Jos., x, 12, est universellement reconnue aujourd'hui dans le village de Yâlô, au nord de la route de Jall'a, entre Ramléh et Jérusalem. Cf. Robinson, Biblical Besearches in Palestine, Londres, 1850, t. n, p. 253; V. Guérin, Judée, t. i, p. 290.

6. Jéthela (hébreu : Ytlâh; Septante : SiXaôa ; Codex Alexandrinus : 'kûXà). On a voulu l'identifier avec Beit Toûl, au sud-est de Yâlô. Cf. Survey of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1883, t. m, p. 43. C'est le voisinage d'Aïalon qui a suggéré cette idée; le rapprochement

entre les deux noms est insuffisant. C. F. Tyrwhitt Drake s'est appuyé sur le SiXaOà des Septante pour chercher cette localité dans Schilta, à l'est de Ramléh, au nord de Yâlô. Cf. Palestine Exploration Fund, Quarterly Slatement, 1873, p. 101. Ce serait bon si le mot grec représentait le nom primitif; ce qui n'est pas sur. Enfin, suivant d'autres, Youadi 'Atallah, à l'ouest de Yâlô, rappellerait notre cité biblique. Cf. Riehm , Handwôrterbuch des Biblischen Altertums, Leipzig, 1884, t. i, p. 726. En somme, identification incertaine.

7. Élon (hébreu : 'Êlùn; Septante : 'EXùv ; Codex Vaticanus : AiXôjv). On a proposé de la reconnaître dans le village de Beit Ello , au nord-ouest de Bélhel, au nord de Béthoron. Cf. G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Names and places, etc., p. 56. Ce point appartient plutôt à la tribu d'Éphraïm. Quelques-uns ont pensé à 'Ellin {'Alin, suivant la carte anglaise), au sud-est et tout près d'.lm Schems (Bethsamès). Cf. Keil, Josua, Leipzig, 1874, p. 163.

8. Themna (hébreu: Timnàtàh , Jos., xix, 43; Jud., xiv, 1, 2, 5; Timnâh, Jos., xv, 10; Septante : 0au.vâO« ; Codex Alexandrinus : 0au.vi, Jos., xix, 43; Vulgate : Thamna, Jos., xv, 10; Thamnatha, Jud., xiv, 1, 2, 5), sur la limite septentrionale de Juda, Jos., xv, 10, non loin de Saraa, Jud., xiv, 1-6, est généralement identifiée avec Khirbet Tibnéh, à l'ouest à"Aîn Schems. Cf. V. Guérin, Judée, t. il, p. 29-31. Nous préférons cette opinion à celle des explorateurs anglais, qui placent, bien que d'une manière douteuse, Themna de Dan à Tibnéh, au nord-est et assez loin de Lydda. Cf. Survey of Western Palestine, Memoirs, t. il, p. 299; G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Names and places, etc., p. 175. — Themna est la Ta-am-na-a ou Tam-na des inscriptions cunéiformes. Cf. E. Schrader, Die Keilinschriften und dasAlte Testament, Giessen, 1883, p. 170.

9. Acron (hébreu: 'Éqron; Septante: 'Axxapoiv; Vulgate ordinairement : Accaron, Jos., xm, 3, et ailleurs), une des cinq satrapies philistines, se retrouve aujourd'hui, sans aucun doute, sous le nom à peine changé, simplement privé de la désinence finale, i"Aqir, au sudouest de Ramléh. Cf. Robinson, Biblical Besearches in Palestine, t. il, p. 227; V. Guérin, Judée, t. n, p. 37. Les inscriptions assyriennes la mentionnent sous la forme Am-qar-ru-na. Cf. E. Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament , p. 164.

10. Elthécé (hébreu : 'Élteqêh; Septante : 'AXxa8à ; Codex Alexandrinus : 'EX6cxù>, Jos., xix, 44; 'EXxw6âin; Codex Alexandrinus : 'EX6exù>, Jos., xxi, 23; Vulgate : Eltheco, Jos., xxi, 23) n'a pu jusqu'ici être identifiée. Les auteurs anglais, G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Names and places, p. 57, ont proposé Beit Liqia, au sud de Béthoron inférieur ; mais il n'y a la aucune analogie de nom, ni même de position. Elthéc est bien VAltaqu (Al-ta-qu-u) des inscriptions assyriennes. Cf. E. Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament, p. 171. Or celles-ci fixent très approximativement notre ville dans les environs d'Accaron et de Thamnatha.

11. Gebbéthon (hébreu : Gibbetôn; Septante: Be-feOwv; Codex Alexandrinus : raga8ûv, Jos., xix, 44; ailleurs : TeeeSâv, Jos., XXI, 23 ; raSa(lu>v, III Reg., xv, 27; xvi, 17. Faêawv, III Reg., xvi, 15; Vulgate : Gabathon, Jos., xxi, 23). Nous n'avons rien de certain sur son emplacement. On peut cependant reconnaître cette localité dans le village actuel de Qibbiyéh, au sud-est d'El-Yehoudiyéh, la ville de Jud, qui vient presque immédiatement après. Cf. Names and places, p. 69.

12. Balaath (hébreu : Ba'âldt; Septante : TEëi-eXiv; Codex Alexandrinus: BaaXùv, Jos., xix, 44; BaXiO, III Reg., IX, 18; BaXaà6, II Par., VIII, 6; Vulgate : Baalatli, III Reg., îx, 18). VandeVelde, Memoir toaccompany the Map of the Holy Land, Gotha, 1859, p. 291, pense qu'elle se retrouve probablement dans Deir Balloût , au

DAN (TRIBU DE

nord-est d'El-Yehoudiyéh, Ce point pourrait, en effet, croyons-nous, rentrer dans les limites de Dan. Mais Josèphe, A m. jud., VIII, vi, 1. la place plus bas : si son indication est vraiment basée sur la tradition, il est permis d'accepter la conjecture qui assimile Balaath à Bêla' in, un peu au nord-ouest de Béthoron inférieur.

13. Jud (hébreu : Yehud; Septante : 'AÇùp; Codex Alexandrinus : Moû8) 11 n'y a pas lieu, ce nous semble, d'hésiter, comme Robinson, Biblieal Researches, t. n, p. 242, et Y. Guérin, Judée, t. i, p. 322, à l'identifier avec El-Yehoudiyéh, à l'est de Jatïa : la correspondance est exacte au point de vue du nom et de la position.

14. Bané et Baracb (hébreu: Benê-Bcraq; Septante : Bïvai&xxcrr; Codex .1 lexandrinus : Pavr)oapâx). Ces deux mots, comme l'indiquent l'hébreu et le grec, ni- désignent qu'une seule ville, qui, mentionnée après Jud, subsiste encore près d'elle, sous le nom à peine changé d'Ibu- Ibrâk. Cf Survey of Western Palestine, Menioirs, t. n, p. 251. La même situation lui est assignée dans l'inscription de Sennachérib, où elle est citée sous la forme Bu-na-ai-bar-qa , parfaitement semblable à l'hébreu. Cf. E. Schrader, Die Keilinschriften , p. 172,289.

15. Gethremmon (hébreu: Gat -Rimmôn ; Septante: I': v.L'j|iwv. Jos., xix, 45; ailleurs : reBEpEpuMov , Jos., xxi, 24; feBupùiv; Codex Alexandrinus : FsOpîaçiùv, I Par., vi, 69); inconnue.

•lb\ Méiarcon (hébreu : itê hayyarq.ôn, les eaux du Yarqon, » ou aquie flavedinis, « eaux de couleur jaune; » Septante : àrcô 8âXa<ro7|ç 'Icpâxtov, ce qui suppose la lecture : miyyâm Yeraqûn,« à partir de la mer, Yeraqon ») se retrouve peut-être dans le Nahr el-Aoudjéh, qui se jette dans la mer au nord de Jaffa. Cf. Couder, Handbook 'tu tin- Bible, Londres, 1887, p. 262.

17. Arécon (hébreu : Hà-Raqqôn, avec l'article) a été assez justement identifiée par les explorateurs anglais avec Tell er-Reqqeil, localité située sur les bords de la mer, au nord du Nahr el-Aoudjéh. Cf. G. Armstrong, AV. Wilson et Couder, Naines and places, p. 147.

18. Joppé (hébreu : Yàfô; Septante : 'I&mcq) est le poil bien connu de Jaffa; arabe : Yafa. Son nom se retrouve sous la tonne Iopou ou lapon dans les listes géographiques de pylônes de Karnak ( n° 02). CI. Maspero, Sur les nions géographiques de In Liste de Thoutmès III qu'un peut rapporter à la Judée , 188S, p. 1. Les inscriptions assyriennes le donnent sous celle de Ia-ap-pu-u = Iap-pu. Cf. E. Schrader, Die Keilinschriften und dus Aile Testament , p. 172.

On peut ajouter à celte liste quelques villes, mentionné* ailleurs dans l'Écriture et englobées dans le territoire de Dan, comme Gazer ( TeU-Djezer), Gamzo [Djimzou), Modin (El-Midiyéh), Lod (Loudd) et Ono (Kefr 'Ana).

2' limites, — Dans cette énumération, Josué, fidèle à sa méthode, suit un ordre régulier, connue pour Aser, Benjamin et d'autres tribus. (Voir, en particulier, notre reniai que sur ce sujet, à l'article Aser 3, t. 1, col. 1086.) On y distingue deux groupes bien déterminés, celui du sud cl celui du nord, reliés entre eux par quelques localité- iln ..-iiiie et de l'est. Le groupe méridional comprend : Saraa, Esthaol, Hirsémès, Sélebin, Aïalon, Jéthéla, Êlon, Xhemna, Accaron et Elthécé. L'auteur sacre passe ensuite pai1 (iehljéthuu et Balaath pour arriver au groupe

septentrional, formé de Jud, liane et Barach, Gethremmon, Méiarcon, Ai écon el Joppé.

Josué n'a pas pris soin, comme pour Juda el Benjamin, Jos., xv, 1-12; wni. 11-20, de nous décrire luimêrae les limites de Dan. Cependanl l'énumération seule des Mlles principales nous donne des jalons bien suffisants. Si la Méditerranée forme barrière naturelle a

l'occident, Arécon [Tell er-Reqqeil . de ce coté, marque la frontière nord, tandis que le point opposé, A ('A(jir), l'arrête vers le sud. Le coin sud-est est parfaitement déterminé par la ligue courbe que dessinent

Themna {Khirbet Tïbnéh . Hirsémès {'Ain-Schenis), Saraa Sara'a) et Esthaol (Escnou'a ; peut-être même pourrait-on y faire rentrer Élon en la plaçant à Alin. L'orient, enfin, est délimité par Aïalon | Yâlô), Balaath [Bela'in | et Gebbéthon {Qibbiyéh . Ce tracé est encore précisé davantage au sud et à l'est par celui que Josué nous offre des tribus de Juda et de Benjamin. Voici, en effet, comment l'auteur sacré établit la frontière septentrionale de Juda, et par là même celle de Dan, du côté du midi, à partir de Baala ou Cariathiarim (Qariet el-

Enab), point de jonction des trois tribus voisines: « Et de Baala elle tourne vers l'occident jusqu'à la montagne de Séii" (Sâris), passe à côté du mont Jarim au septentrion vers Cheslon (Kesla), descend vers Bethsamès I 'Aïn-Schems), passe jusqu'à Thamna {Khirbet Tibnéh i, vient vers le côté d'Acearon vers le nord, incline vers Séchrona, passe le mont Baala, s'étend jusqu'à Jebnéel

Yebna . et se termine enfin du côté de l'occident par la grande mer. » Jos., xv, 10, 11. Celte ligne de démarcation nous semble assez bien suivre, d'un, fai on générale, l'ouadi es-.Sourar et le Nahr Boubin. D'autre part, déterminant la limite occidentale de Benjamin, Josué nous dit : o Elle descend a Ataroth-Addar {Khirbet ed-Dâriyéh), près de la montagne qui est au midi de Béthoron inférieur (Beit 'Our et-Taljta); puis elle tourne en inclinant vers la mer. au midi de la montagne qui i Béthoron du côté du midi, et elle se termine à Cariathbaal, qui s'appelle aussi Cariathiarim, ville des enfants de Juda. » Jos., XVIII, 13, 14. Comme on le voit, il n'y a guère que la frontière nord don! les contours restent un peu indécis. Josèphe. ,4/i(. jud., V. i. 22. nous parait exagérer les possessions de Dan, du col.'- de l'ouest, en les étendant d'Azot 1 Esdoûd | au midi jusqu'à Dora | tantourah) au nord, c'est-à-dire à la plus grande partie de la plaine fertile qui longe la Méditerranée.

3» HESCMi'Tio.v. — La tribu de Dan occupait, on le voit, comme celle de Benjamin, sa voisine, un territoire assez restreint, mais qui avait l'avantage de la richesse et l'importance de la position. Il comprenait deux parties distinctes : la plaine et les premiers contreforts de la montagne. La plaine était le centre de celte large bande de terre, d'une merveilleuse fertilité, qui s'étend, parallèlement a la mer, de Gaza au Cal mel . et porte, au sud de Jaffa, le nom de Séphéla, au nord celui de Saron. Elle se développait, dans la région dont nous venons de tracer les limites, sur une longueur approximative d'une dizaine de lieues et une largeur de sepl a huit. Après le- dunes de sable qui longent la côte, on rencontre celle va-le plage légèrement ondulée, qui, aux dernières époques géologique-, émergea du sein des eaux, quand la mer cessa de battre le pied des montagnes calcaires d Êphraîm et de Juda. Les hauteurs dont elle esl parsemée \on\ de 50 à 00, NI mètres el plus au-deSSUS du niveau 'le la mer. Elle e-t composée d'une arène fine id rougeàtre que la pluie ou de fréquentes rrigations transforment en un véritable terreau extrêmement fertile. En dehors de la saison des pluies, il est facile de l'arroser; car, si l'on veut se donner la peine de creuser, on est à peu près sûr de trouver l'eau part. .ut, a quelques ineire- seulement de profondeur. Aussi, malgré la déchéance du pays, même au p. .int de vue physique, la richesse de ses produits

rappelle- 1- elle l'Egypte. A certains moments de l'année,

cette vaste plaine n'est qu'une immense nappe veil,

jaune d'or suivant le degré plu- ou moins avancé des

moissons, s étendant a perte de vue. D endroits en endroits, son uniformité est coupée par des bouquets de verdure qui marquent les villages. Ceux -ci sonl placés sur de petits monticules élevés de trois ou quatre mètres, collines souvent artificielles formées par le- restes des anciennes habitations écroulées. Ils sont entourés de palmiers élancés, de figuiers, de sycomore- et d impénétrables haies de cactus. Les maisons sont bâties en pisé ou terre mélangée de paille hachée; parfois de petites

DAN (TRIBU DE

pierres non taillées entrent dans la construction. Plusieurs villes importantes, comme Jaffa, Ramléh, Lydda, ont de magnifiques jardins, qui rappellent la beauté première de cette Terre Promise, si brillamment dépeinte par la Bible, et en particulier de cetle plaine de Saron, dont Isaïe, xxxv, 2, chantait « la magnificence ». Les vergers de Jall'a surtout sont célèbres; on croirait, en les parcourant, crier dans les fabuleux jardins des Hespéri les. C'est dans celle plaine, qui faisait l'orgueil et la richesse des Philistins, que Samson lança les trois cents chacals qui devaient, pour le venger, détruire sur pied les blés déjà mûrs. Jud., xv, 1-5.

A mesure qu'on avance vers l'est, la plaine ondule davantage, et le terrain se relève en collines plus ou moins accentuées. La partie montagneuse forme le pied de la glande arête qui traverse la Palestine du nord au sud et en constitue comme l'épine dorsale. Elle n'atteint guère, dans ses points les plus élevés, que la moitié de la hauteur moyenne de celle-ci, de 3 à 400 mètres, excepté vers la frontière sud-est, -où, dans les environs de Sàris et de Qariet el-Énab, l'altitude dépasse 700 mètres. Olle chaîne, qui domine la plaine et la ferme comme une barrière, prend, sous les rayons du soleil couchant, des teintes aussi belles que variées. Les nombreux ouadis qui en descendent, se dirigeant tous vers la Méditerranée, la coupent en fossés plus ou moins profonds, et de larges vallées ou d'étroits ravins, s'abaissant graduellement vers la Séphéla, la relient aux plateaux élevés de Benjamin et d'Éphraïm. Les vallées sont parfois bien cultivées. Les rochers, quoique dénudés, sont néanmoins souvent tapissés d'une belle végétation de Heurs. Étages sur les hauteurs, les villages s'élèvent, entourés de verdure, avec de nombreuses glottes creusées dans la montagne et servant de tombeaux ou de silus. magasins souterrains destinés a ramasser la paille, le blé, l'orge, etc. Des citernes également taillées dans le roc gardent les provisions d'eau si nécessaires dans une contrée où les sources sont rares et les torrents seulement temporaires. Si l'on veut avoir une belle vue d'ensemble du territoire de Dan, il faut monter au sommet de la tour de Ramléh.

Les principaux ouadis, dont nous ne citons que les plus importants, ouadis Nousrah, Deir Balloùt, En-Nâlûf, M/;/. Es-Sourdr, alimentés par des branches secondaires, vont se déverser dans la mer par deux canaux, dont l'un est situé au nord de Jall'a, le Nahr el-Aoudjéh, et l'autre au sud, le Nahr Roubin, tous deux marquant à peu près, nous l'avons dit, les frontières de la tribu.

La tribu de Dan n'avait pas seulement la richesse du sol; sa situation était des plus importantes. Et d'abord elle possédait le port de Jall'a, de tout temps le plus fréquenté dans cette partie de la cote méditerranéenne. Il ouvrait à ses vaisseaux, objet de toutes ses préoccupations, Jud., v, 17, les routes du commerce maritime. Quoique d'un accès assez difficile, il n'en était pas moins la clef de toute la contrée. De là partent maintenant les routes qui aboutissent au cœur même du pays, Jérusalem. Le chemin de fer traverse d'un bout à l'autre le territoire danite, suivant la plaine et l'ouadi Sourar pour entrer en Juda. Une route carrossable passe par Yazoùr, Sarfend, Ramléh, El-Qoubâb, Lût rotin, Qariet el-'Enah, et va directement à la ville sainte. Un autre chemin, passant par Loudd [Lydda), se ramifie à Djimzou, une de ses branches se dirigeant vers les deux Beit 'Our Béthoron inférieur et supérieur), l'autre plus bas, allant par 'Auuiibéli, Berqah, Beit Nouba, etc., sans compter une voie intermédiaire et quelques embranchements, aboutissant à Jérusalem. C'est par les vallées et les sentiers (lui unissent la plaine à la montagne que les Philistins faisaient leurs incursions dans le haut pays. Ensuite, outre ces communications qui reliaient le rivage aux plateaux élevés, la grande route d'Egypte à Damas et en Assyrie, suivant la plaine cûtière, traversait du sud au nord la tribu de Dan. Il y avait là des places importantes;

c'est pour cela que tant de noms dans ce petit coin nous ont été conservés par les monuments égyptiens et ,e^riens : Iopou, Iap-pou (Jalfa), A-zou-rou (Yàzoùr), Bit-Da-gan-na (Beit-Dedjan ; Vulgate : Bethdagon, selon l'identification adoptée par quelques auteurs , Ba-nai-bar-qa (Ibn Ibràk, Rané-Baracii), Aounaou (Kefr 'Ana, O.no), Houdili (Hadithéh, Haiud, Addus), Salouti (Schilla), Gaziro (Tell Djézer, Gazer), Am-qarrou-na ("Aqlr, Accauon), Tam-na (Khirbet Tibnéh,

TllAMNATHA).

Certaines particularités naturelles du territoire de Dan se reflètent dans les noms mêmes des cités bibliques : les charmes et la richesse dans Joppé (hébreu : Yâfô, « beauté »), Élon (hébreu : 'Ëlôn, ■• chêne »), Gethremmon (hébreu: Gat-rimmôn, « pressoir de grenades »); la faune dans Sélebin (hébreu : Sa'âlabbin ou Sa'albim, « les chacals »), Aïalon (hébreu : 'Ayyâlôn, « gazelle »). Les lions, mentionnés avec les chacals dans l'histoire de Samson, Jud., xiv, 5, 8, ont aujourd'hui disparu de ces montagnes; mais ces derniers y sont encore très nombreux. Les différents aspects de la contrée sont indiqués par des mots comme Séphéla (hébreu : Sefèlâh), « pays bas; » Gebbethon (hébreu : Gibbetùa). « hauteur; » comme Soir (hébreu : Soir) qui veut dire « escarpé ». Le nom arabe de Ramléh, « sable, » caractérise bien la nature du sol sur lequel la ville est bâtie.

IL Histoire. — L'histoire de Dan n'offre en somme rien de bien extraordinaire, à part son expédition dans le nord de la Palestine et l'épisode de son héros principal, Samson. Au dénombrement du Sinaï, elle comptait soixante -deux mille sept cents hommes en état de porter les armes. Num., i, 38-39; n, 26. Son contingent était ainsi le plus nombreux après celui de Juda (74 000). Num., i, 27. Elle avait alors pour chef Ahiézer, fils d'Ainmisaddai. Num., i, 12. Dans les campements, elle était placée au nord du Tabernacle, avec Aser et Nephthali, issus comme Dan de femmes secondaires. Num., n, 25-30. L'effectif total de ce corps d'armée était de cent cinquantesept mille six cents hommes, et leur ordre de marche à ['arrière-garde. Num., n, 31; x, 25. Les offrandes que fit au sanctuaire, au nom de la tribu, Ahiézer. son prince, sont ainsi énumérées : « Un plat d'argent qui pesait cent trente sicles, et un vase d'argent de soixante -dix sicles au poids du sanctuaire, tous deux pleins de farine mêlée d huile pour le sacrifice; un petit vase d'or du poids de dix sicles, plein d'encens; un bœuf de troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, un bouc pour le péché, et, pour les hosties pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'un an. » Num., vu, 07-71. Parmi ses personnages remarquables à cette époque, l'Écriture cite Ooliab, habile artiste, qui fut adjoint à Béséléel de Juda pour la fabrication de- destinés

au culte divin, Exod., xxxi, 0; xxxv, 3t; x\\ m, 23, et Amniiel , fils de Gémalli, qui fut un des explorateurs de la Terre Promise. Num., xnr, 13. La Bible a également conservé le nom de la mère du blasphémateur lapidé par ordre de Moïse : c'était Saluiuith, tille de Dabir, de Dan. Lev., XXIV, 11.

Pendant le séjour au désert, le nombre des guerriers daniles varia beaucoup moins que celui de plusieurs autres tribus. Au second recensement qui se fit dans les plaines de Moab, le long du Jourdain, ils étaient soixantequatre mille quatre cents, c'est-à-dire avec une augmentation de dix-sepl cents. Num., XXVI, 42-43. Le prince qui fut choisi parmi eux pour travailler au partage de la Terre Sainte fui Bocci , fils de Jogli. Num. , xx.uv, 22. Dans la scène solennelle des bénédictions et malédictions, à Sichem, la tribu de Dan se tenait sur le monl Ébal, « pour maudire, » avec celle de Ruben ( le fils aîné, dépouillé de ses droits), Gad (le dernier fils de Lia), Aser, Zabulon et Nephthali (fils d'esclaves). Deut., xxvn, 13. Nous avons vu la part qui lui revint dans le pays de Chanaau. Jos., xix, IU-47. Elle fournit quatre villes aux Lévites, fils de

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