‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 152 sur 486 · ÉCRITURE - ÉCRITURE HÉBRAÏQUE · texte numérisé non relu

ÉCRITURE - ÉCRITURE HÉBRAÏQUE

r,2; ils citent les prophètes en les appelant a; y^xzu: rwv TtpofYjTMV, Scripturse prophetarum, Mallli.. xxvi, 56; ••payai irpoçirnxaf, Scripturse prophetarum, lîoin., xvi, •20. et ils reproduisent des versets ou passages des auteurs sacrés en général en les nommant simplement •■■f.ajr,, scriptura : « N'avez- vous pas lu cette écriture? » c'està-dire ce passage de l'Écriture, Marc . xn, 10. Voir aussi Luc, IV, 21; Joa., XIX. 37; Art., 1 , 10. — Saint Pierre a appliqué le nom d'Écritures, ai rpaçxf, aux écrits du Nouveau Testament, aussi bien qu'à ceux de l'Ancien, il Petr., m, 16, et l'Église a adopté universellement cette manière de désigner tous les livres inspirés, de la même manière qu'elle a adopté les noms de Livres Saints, de Saintes Lettres, d'Ancien et de Nouveau Testament, qui sont également d'origine biblique. Pour le mot Bible, voir t. i, col. 1175-1176. F, ViGOUROUX.

2. ÉCRITURE HÉBRAÏQUE. L'écriture est l'art de représenter la pensée et de fixer la parole par des signes ou caractères, naturels ou conventionnels, tracés à la m;, in ou à l'aide d'un instrument. On appelle idéographique l'écriture qui exprime directement, par des peintures ou des symboles, les idées; phonétique, relie qui reproduit les sons de la parole. Celte dernière est m/llabique ou alphabétique, selon que les caractères représentent des articulations complexes ou des syllabes, ou bien des sons simples ou des lettres. Les Hébreux n'ont employé que l'écriture alphabétique; mais ils se sont servis successivement de deux formes différentes d'alphabets et ils ont eu deux écritures, la phénicienne el l'assyrienne, dont nous allons résumer l'histoire et les transformations.

I. Écriture phénicienne. — 1° Son origine. — Les Hébreux, parlant une langue semblable à celle des Phéniciens, adoptèrent de bonne heure l'écriture de ces derniers. Voir Alfmiabet hébreu, l. i, col. 402-416, pour l'origine et les éléments de l'écriture phénicienne. Sa dépendance des caractères hiératiques égyptiens paraît certaine. Toutefois l'emprunt n'a pas été fait de toutes pièces ni d'un seul coup. Le passage des hiéroglyphes à l'alphabet n'a été ni si simple ni si direct qu'on l'avait cru d'abord. Les hiéroglyphes héthéens et les inscriptions cypriotes, qui en dérivent, montrent par quels tâtonnements on a passé avant d'inventer l'alphabet. Le syllabaire cypriote (voir col. 467-469) se rattache au courant de simplification qui s'est produit presque simultanément dans les anciennes écritures idéographiques et d'où est sorti l'alphabet; c est un de ces essais qui onl précédé l'invention de l'alphabet et ont contribué soit directement, soit indirectement, à son éclosion. Il faut en rapprocher, semble-t-il, les caractères gravés suides sceaux en pierre, découverts récemment dans le Péloponèse et l'île de Crète. A côté de signes hiéroglyphiques, empruntés au corps humain, aux animaux, aux plantes et à d'autres motifs d'ornementation, on a trouvé des formes cursives qui en sont le développement et qui constituent un syllabaire, semblable à celui de Chypre. A. J. Evans, Primitive Pictographs and a prse-phœnician Script from Crète and t/ie Péloponnèse, dans le Journal of Hellenic Studies, t. xiv. I8'J4. Cf. Beilarje zur Allgemeinen Zeitung, du 21 octobre 1895. Des signes de même nature ont été rencontrés dans la Basse Egypte, à Kahoun, sur des objets de la XIIe dynastie, et à Médinet- Ghorab , sur des objets de la XVIIIe et de la XIXe dynastie. Ce sont des marques de potier ou de qui reproduisent des signes hiéra-

tiques et des lettres des alphabets phénico- grecs. L'auteur de cette découverte, FI. Pétrie, les attribue à des nniers de race méditerranéenne, que les Égyptiens employaient comme captifs aux travaux publics. Ces travailleurs étrangers ne furent pas vraisemblablement initiés à l'écriture hiéroglyphique; mais ils purent apprendre des maçons égyptiens, avec qui ils vivaient, l'usage des

marques d'ouvrage. On finit par employer ces marques hiéroglyphiques pour reproduire le son des mots qu'elli s représentaient. Après avoir été d'abord une simple convention d'ouvriers, ces signes syllabiques furent transportés à travers la Méditerranée par le commerce international et servirent de mode d'écriture pour d'autres usages que leur emploi primitif. Ainsi ils pourraient être

considérés comme un ; au intermédiaire entre les

signes hiératiques et l'alphabet phénicien. FI. Pétrie, Kahun, Gurob and Hawara, in-4°, Londres, 1890. Cf. Revue critique d'histoire el de littérature,da 27 avril 1891,

poque à laquelle les Phéniciens nul tiré leur alphabet des caractères hiératiques égyptiens esl incertaine. On la fixe au temps de la domination des llyks<is. M. de Vogué, Corpus inscriptionum semiticarum, part, h, t. i, Paris, 1889, p. ii. Renan, Histoire du peuple d'Israël, t. i, Paris, 1887, p. I.".'i-l:i0, ,i précisé le lieu de l'emprunt. Ce lieu serait San ou Tanîs, centre de l'empire des Hyksos.Ces Chananéens adaptèrent L'hiéroglyphisme égyptien à leur langue et transcrivirent les noms sémitiques au moyen d'un choix de vingt-deux caractères hiératiques. L'emprunt doit être plus ancien, cardes découvertes récentes nous ont appris que les relations des tribus chananéennes ave l'Egypte ont précédé l'invasion des rois Pasteurs. D'ailleurs la présence de signes identiques aux caractères phéniciens sur les monuments de Kahun, qui remontent à trois mille ans environ avant notre ère , prouve au moins que les premiers essais d'alphabétisme sont bien antérieurs aux Hyksos. Tout ancienne que soit son origine, l'écriture alphabétique n'est devenue usuelle et commune chez les tribus palestiniennes qu'à une époque assez tardive, vers le xive ou le xme siècle avant notre ère. En effet, la correspondance trouvée à Tell-el- Amarna nous a révélé que l'écriture cunéiforme était employée au XVe siècle avec la langue assyrienne comme moyen officiel de communication entre le roi d'Egypte et ses tributaires ou alliés de la Mésopotamie, de la Syrie et de la Palestine. Si l'écriture alphabétique avait été répandue alors dans les pays ararnéens et phéniciens, les gouverneurs de Byblos, de Sidon et de Jérusalem auraient sans doute écrit au pharaon en phénicien, avec des caractères alphabétiques. L'emploi de ces caractères était donc alors limité. La nouvelle écriture n'était pas encore une écriture littéraire ; elle servait surtout aux Phéniciens dans leurs relations commerciales et n'était guère employée par les tribus chananéeimes et autres qui habitaient l'intérieur de la Palestine. A. Loisy. Histoire critique du texte el ties versions de la Bible, dans L'enseignement biblique, Paris, 1892, p. 01-70.

2° Époque à laquelle les Hébreux ont ad ture phénicienne. — Nous manquons de renseig mts

précis pour déterminer cette époque, et nous ne pouvons dire avec certitude si les Israélites connurent l'alphabet durant leur passage en Palestine' avant leur entrée en Egypte, ou seulement pendant leur séjour dans la terre de Gessen. Les philosophes français du siècle dernier niaient que Moïse fût l'auteur du Pentateuque, sous le faux prétexte que l'écriture n'était pas inventée de son temps. Tout en reconnaissant l'existence de l'alphabet avant Moïse, les rationalistes prétendent encore que les Hébreux ont appris à écrire sous les Juges, et qu'en Israël l'écriture est postérieure à Moise et à Josué de trois à quatre cents ans. E. Reuss, L'histoire sainte et la loi, Paris, 1879, t. i, p. 114; E. Renan, Histoire du peuple d'Israël, Paris, 1887, t. i. p. 143 el p. 1^1, note 3. Cf. Vigoureux, La Bible et les <!■■• ouvertes modernes, 0e édit., 1896, t. Il, p. 548-551. On peut soutenir que l'écriture était connue en Chanaan avant l'exode, et que malgré leur vie nomade les patriarches Abraham Isaac et Jacob s'en servirent dans leurs relations d'affaires avec les habitant <li la Palestine. Trochon, Introduction générale, Paris, 1886, 1. 1, p. 259-260. Il y a tout lieu de penser que, s'ils n'avaient

ECRITURE HEBRAIOUE

pas auparavant l'usage de l'alphabet, les Israélites le prirent durant leur séjour dans la terre de Gessen. Ignorant la langue des Égyptiens, Gen., xlii, 23, ils ne furent guère sans doute initiés aux hiéroglyphes. Ne se mêlant pas avec la population égyptienne, habitant près de la frontière, en contact avec des Chananéens, ils adoptèrent plutôt l'écriture phénicienne, qui servait à reproduire une langue voisine de la leur. D'ailleurs ils comptaient parmi eux, durant la persécution, des chefs d'équipe qui, sous les ordres des officiers royaux, surveillaient les corvées. Exod., v, G, 10, 15. On les nommait Sôterim, c'està-dire o scribes ». Ils savaient écrire et ils notaient la présence de tous les ouvriers, la quantité de matériau: employés et la besogne accomplie. Les quatre derniers livres du Pentateuque nous fournissent d'autres renseignements qui montrent que les Israélites faisaient au temps de Moïse un usage fréquent de l'écriture. Sans

Jud., vin, li. Lorsque la royauté fut établie en Israël. Samuel rédigea le pacte de la monarchie et le déposa auprès de l'arche. I Reg., x, "25. A partir de cette époque, l'usage de l'écriture fut très répandu. David et ses successeurs eurent auprès d'eux une sorte de secrétaire d'Lïat. qui rédigeait et conservait les actes publics. Les annales du royaume furent tenues régulièrement depuis Salomon. Malheureusement nous ne possédons aucun document de ces temps reculés. Les plus anciennes inscriptions sémitiques sont seulement du IXe siècle avant Jésus-Christ. Nous pouvons suivre dès lors les modifications successives de l'écriture hébraïque.

3° Développement de l'écriture hébraïque. — Au moment où nous la trouvons, cette écriture est encore presque identique avec l'écriture phénicienne. Cependant les deux alphabets se diversifient déjà dans deux sens divergents, qui donneront deux types différents. Les divei -

519. — Inscription phénicienne sur le bord d'une coupe en bronze dédiée à Baal-Lebanon. Cabinet des antiques de la Bibliothèque nationale de Pari». — D'après le Corpus Inscriptionum semilicarum, part, i, t. i, pi. iv, n" 5. l'unie supérieure de la coupe : n riwns tWMia -:"is pa'l hjjh pii ;>! ans -'~o Din "t" r'~-r---. pDl. « ... Sôken de Qartahdast , serviteur 4e i.liram, roi des Sidonlens. Il a Sonné ceci à Baal-Lebanon, son seigneur, des prémices de l'airain. Petit fragment a gauche : n nwinnp pD --, « ...tob, Sôken de Qartahdast... i — Petit fragment à droite: ':"* ;~--~ —:.z-}. " ... [a Bajal-Lebanon, son seigneur. i>

parler des tables du Décalogue, gravées par liieu luimême, Exod., xxiv, 12; xxxi, 18; xwii, 15 et 16, etc., Moïse écrit par ordre divin le récit de la victoire remportée sur Amalec, Exod., xvn, li: les conditions de l'alliance avec le Seigneur, qu'il lut au peuple. Exod., xxiv, t et 7; la suite des campements depuis Raraessès jusqu'au ment Ilor, Num.. xxxin , 2; le livre de la Loi, qu'il remit aux lévites el aux aie eus. Deut., xxxi, 9. Cf. xxvm, 58 et 61 ; xxrx, 20 et 27 ; xxxi, 19-26. Les noms des tribus d'Israël sont gravés sur l'éphod d'Aaron. Exod., xxvm, 9-12. Une inscription se lil sur la lame d'or qui servait de coiffure au grand prêtre. Exod., xxvm, 30, et xxxix, 29. Les noms des tribus seul écrits sur douze verges. Num., XVII, 2. Le piètre devait transcrire les

malédictions lancées contre la femme adultère, et les effacer dans les eaux amères que l'accusée devait boire. Num., v, 23 et 24. Chaque Israélite était obligé d'écrire sur sa porte le Déi alogue.Deut., vi, '.); xi, 20. Le mari qui répudiait sa femme était tenu de lui remettre un acte de divorce. Deut., xxiv, 1. Moïse ordonne au peuple d'écrire sur .le.- pierres une partie de la législation, Deut., xxvn, 2-8, el cet nnlie est exécuté après le passage du Jourdain. .Ins., vm, 32. Une description du pays de Chanaan est écrite dans un livre pour préparer le partage entre les tribus. .Ins., xvin, 6-9. Le renouvellement de l'alliance

divine l'ut rédigé par JoSUé dans le vol le la Loi du

Seigneur, Jos., xxiv, 26. Un punie homme de Soccoth écrivit pour Gédéon les noms des notables de l'endroit.

genres se produisent sous l'influence de la rapidité du mouvement, qui amène la main à se soulever le moins possible. Le plus ancien spécimen du type phénicien est une inscription tracée sur le boni d'une coupe en bronze, qui a été découverte, vers 1876, dans l'Ile de Chypre, et qui est dédiée au dieu Liban (fig. .">19i. Le caractère archaïque de l'écriture oblige à placer cette inscription au plus tard

à 800 ans avant notre ère. Quelques pierres gravées, telles que le sceau de Molokram, trouvé sous le pied d'un des grands taureaux .iiés du palais de Khorsabad , appartiennent à la même période. Certaines inscriptions de Sardaigne, quoique plus récentes, reproduisent le même type. Dans les épigraphes tracées sur les jambes d'un des colosses du grand temple d'ipsarnboul, entre 050 el 595 avant notre ère (fig. 520), l'écriture phénicienne est en voie de transformation; quelques lettres ont déjà la forme du phénicien classique. La stèle de Byblos ofire l'exi le plus remarquai. le de cette écriture de transition. La

plupart des caractères y ont une t nure moderne. Les

inscriptions les plus récentes (-100-100 avant J.-C.) se rappellent a trois types bien distincts : le type sidniuen. dans l'inscription du sarcophage d'Esmunnzar, vers 380; mie, dont le sommet des lettres s'entr'ouvre, et le type carthaginois, dont l'écriture est plus légère et plus élancée, l'ar une dernière modification, l'écriture phénicienne aboutit en Afrique, sous la domination romaine, à l'alphabet néo-punique. Ph. Berger, Histoire de Pécriture dans l'antiquité, Paris. 1891, p. 100- 187.

écriture hébraïque

De son coté, l'écriture hébraïque se développe dans une direction différente. Nous en possédons peu de monuments. Bien que moabite, la stèle de Mésa appartient à la même famille paléographique que l'hébreu. L'inscription qui y est gravée reproduit la série complète des lettres de l'alphabet. On y observe déjà une tendance marquée à pencher les caractères et à recourber leur queue. Les lettres quiescentes y sonl employées plus souvent que dans le phénicien. Tous les mots sont séparés l'un de l'autre par un point. L'écriture présente des traces d'usure qui attestent un emploi déjà assez Ion;; de l'alphabet. Elle a aussi les traits distinetifs qui deviendront les marques caractéristiques de l'écriture hébraïque. Les angles sont très aigus et fortement accusés ; les barres transversales du hé, du iod, du zaïn et du tsadé acquièrent une importance qu'elles n'ont pas en phénicien ; le vav présente une forme arrondie très particulière. Ces caractères sonl encore plus sensibles sur les pierres gravées

jours dans l'écriture samaritaine. Les monuments de cette écriture sont des manuscrits du Pentateuque et des inscriptions provenant de Naplouse. Les manuscrits ne remontent pas au delà du xe siècle de notre ère. Les inscriptions sont plus anciennes. On a voulu les rapporter à l'époque du temple de Garizim, qui fut détruit l'an 129 avant J.-C. Mais, plus probablement, elles sont seulement antérieures à la révolte des Samaritains sous Justinien Ier, en l'an 529 de notre ère. L'alphabet qu'elles reproduisent est sensiblement le même que celui dis manuscrits, et il dérive de l'ancienne écriture hébraïque. Les enjolivements y tiennent une trop grande place et donnent à l'écriture samaritaine quelque chose de factice el de capricieux. Elle parait s'être arrêtée à un moment de son développement et être devenue hiératique. Anguleuse et massive, elle se replie sur elle-même et elle s'immobilise dans ses caractères stéréotypés. Ph. Berger, Histoire de l'écriture dans l'antiquité , p. -188-204.

Vj QÏ/teXOs/'*

520. — Inscription phénicienne des colosses d'Ipsamboul, D'après le Corpus inscriptionum semiticarum , part, i, pi. C'est une série de gra/Jiti, contenant des noms propres. Voir ibid., p. 131-135.

à légendes hébraïques. Mais ces cachets n'ont que très peu de lettres. Un monument plus complet, c'est l'inscription commémorative du percement du canal de Siloé. Voir t. I, col. 803-806. Il date du règne d'Ézéchias, do la fin du vme siècle. Les mots sont séparés par un point , comme dans l'inscription de Mésa (voir Mésa). Les lettres ont quelque chose d'archaïque et de heurté; leurs profils sont nettement accusés. Les queues, déjà penchées sur la stèle de Mésa, se replient de plus en plus sous la lettre.

Telles sont les modifications qu'a subies l'écriture monumentale. Nous ne pouvons, faute de documents, suivre les transformations de la paléographie manuscrite. Il nous est impossible de savoir si l'écriture a subi les mêmes changements dans les manuscrits que sur les monuments. Nous pouvons soupçonner seulement, d'après la règle générale et par analogie avec l'écriture araméenne, que l'écriture manuscrite des Hébreux s'est •altérée plus ;ite que celle des inscriptions. Une grande lacune nous dérobe pendant plusieurs siècles l'écriture hébraïque, et, quand nous la retrouvons, elle est totalement modifiée; elle s est confondue avec l'écriture araméenne, dont est sorti l'hébreu carré. Cependant, même après cette substitution, l'ancienne écriture a persévéré dans la numismatique. Sous Us Machabées, quand l'hébreu carré est déjà devenu l'écrilure courante, les monnaies frappées par Simon et ses successeurs ont toutes des légendes eu caractères archaïques. Le même retour aux forme! anciennes se retrouve sur les monnaies de Barcochébas, dont la révolte amena la ruine définitive du judaïsme, en l'an loi après Jésus-Christ.

L'alphabet phénicien a même persévéré jusqu'à nos

4P Manière dont l'écriture phénicienne était transcrite. — Les verbes qui désignent l'action d'écrire , kdtali , bê'êr, lidrat , « tailler, sculpter, » nous indiquent que l'écriture fut d'abord gravée. Nous savons que les Hébreux ont gravé sur la pierre- des inscriptions eotnmémoratives ou des textes assez courts, comme le Décalogue et des passages de la Loi. Exod., xxxi, 18; xxxiv, 28; Deut., xxvn, 8; Jos., vin, 32. Ils écrivaient aussi sur des plaques de métal, Exod., xxvm, 36; Job, xix, 24, et sui des lablettes de bois. Num., xvn, 3; Ezech., xx.wu l' Mais cette écriture monumentale ne pouvait être employée pour les œuvres littéraires un peu étendues, ni dans l'usage ordinaire. On ne voit pas que les Israélites aient eu coutume d'écrire sur l'argile, comme on le faisait à Ninive et à Babylone. Une Bible écrite sur des briques exigerai! une grande bibliothèque pour la loger. Nous n'avons pas de renseignements explicites sur la matière dont les Hébreux se servaient pour écrire leurs livres. Mais le nom de «rouleau », megillâh, Ps. xxxix, 8; Jer., xxxvi,2; Ezech., il, 9; ai, 1-3; Zach., v, 1-2, laisse supposer que les livres étaient formés d'une matière flexible, peau préparée, papyrus ou étoffe. Des bandes de papyrus ou de cuir étaient rattachées l'une à l'autre et s'enroulaient autour de deux bâtons. De simples feuillets de papyrus ou des morceaux de parchemin servaient à recevoir des écrits plus courts. On n'écrivait que d'un seul côté. Dans les rouleaux, le texte était disposé en colonnes perpendiculaires, allant de droite à gauche. Les pages étaient appelées delitôt, « portes, » Jer., xxxvi, 23, probablement à cause de leur ressemblance avec une porte rectangulaire.

Les caractères étaient gravés sur la pierre avec un

écriture hébraïque

style, l.iérét. [s., vin, I. Cf. .lob. xix, 24. Pour l'écriture ordinaire, on employait le calame, 'et (voir col. 50-53), qu'on taillait .nvc If canif (voir col. 131). Le calame por-

i.iii l'e Ji i-. xxxvi. 18 (voir Encre), et traçait les

lettres. A l'origine, les scribes hébreux ne séparaient pas les mois 1rs uns 'les antres, et leur écriture était continue, sans interruption ni intervalle. Sur la stèle de Mésa et dans l'inscription de Siloé, les mots sonl distingués par un point. On ne peut affirmer avec certitude qu'il en était de même dans l'écriture cursive, et il se pourrait que dans les manuscrits la séparation n'ait pas élé marquée. Le Pentateuque samaritain a conservé l'usage du style

lapidi , et des points s. .ni placés entre les mots. Cf. Tro-

chon. Introduction ip-néinle, Paris, t. n, 1887, p. Ikjli -tiïi'.i; A. Loisy, Histoire critique du texte et des versions de

Voir d'autres variantes dans Monlfaùcon, In IL prxlim., Pair. .;;'., t. XV, col. 41-46.

II. Ecriture assyrienne. — 1° Écriture araméenne. — Les Hébreux, après le retour de la captivité de Babylone, changèrent d'écriture et remplacèrent l'alphabet phénicien, dont ils s'étaient servis dès l'origine, par l'alphabet araméen. Celui-ci dérivait du premier, et il s'en était distingué par des modifications successives, dont on peut se rendre compte par les monuments. Les Araméens ou Syriens donnèrent peu à peu à l'écriture phénicienne qu'ils avaient adoptée, cette forme cursive, qui est appropriée au génie de leur race, qui a été acceptée par les autres peuples sémitiques, et qui a fait d'eux les propagateurs «le l'alphabet dans le monde oriental. Lue in lion découverte à Singerli, au nord d'Antioche, et con-

521. — Papyrus Borglauus. — D'après le Corpus Inacriptionum aemltlcarum, part, n, t. i, pi. xv, n° 144. , .., .s- N-.- .... - N,n 2 ...D>ns -|t:" T---—7- >n-\v ~n .1 <i 1. A or Mii!n;iv.ihw , t<>n serviteur Patum... — 2. vivant. Joyeux et fort. Mon seigneur, qu'il soit..

In liihie, d.ms L'enseignement biblique, Paris, 1892, p. 96-100.

5° Influence île l'ancienne écriture sur l<i version îles

Septante. Cette traduction a été l'aile sur des manuscrits c'a ails en caractères phéniciens. Lu effet, Origène, Sclecta in Ps. n. t. xn , col. 1104, dit que les meilleurs manuscrits vices de cette version reproduisaient le nom ineffable de Dieu avec les anciens caractères hébraïques, îëpïïxoû; àp^aioi; ^-pip-naTi. Or certaines variantes qui existent entre la version grecque et le texte hébreu s'expliquent seulement par l'ancienne écriture. Ainsi plusieurs leçons proviennent d'une confusion de lettres , qui n'a été |mssil)le qu'avec l'alphabel phénicien: 8aso6â|j i i-"^r ) an heu de ;i>s. (.en., XXVI, lli ; ïr,; ètiocJ/.eco; (nnsnn) au lieu de rvwnn, Èxod., XIV, -1; rf,; (rroi6TJc ;---•.■-) au lieu de -."-y. Kulh, m, 7; 'i.x'ir^r, i-">) an lieu de Tayi, Ps. XVII, 3; [loi (•-) au lieu' de s-, Ps. XXXV, 20; v.-.irx",.: :'-:s| au lieu de :>->-N,

Ps. cxxxvi, 18; .' , î|uvo( (ids) .m heu de --■*. I im . i, 12, eti . Cf. I'. Kauieii, Einleilung in die heilige Schrift, '■■ édil . Fribourg, \X'M, p. 63. D'autre pari, l'écriture continue a produit des coupures différentes de la séparation actuelle' des mOtS. Ainsi les mots ;x;- ••;•„■ ;;-, /,ieli.,

xi. 7 et II. nul été traduits : sl< tt,v Xxvaav(nv, parce que les traducteurs o'onl fait qu'un seul mol des deux premiers et ont lu likna'ani au lieu de làkên aniyê. I ■'. Vigourouxj Manuel bibliq 1895, t. i, p. 190.

temporaine de la chute de S. nu. nie. sinon antérieure, par conséquent de la seconde moitié du vnie siècle avant notre ère, montre la transition entre l'écriture phénicienne et l'araméenne. Les caractères y sont très mélangés; quelques-uns ont gardé les anciennes formes niciennes; d'autres, comme le iod , ont déjà les signes ■ lislinclifs de récriture araméenne. Les mots et parfois même des lettres isolées sont séparés par des points, comme sur la stèle de Mésa. Le même mélange se rencontre dans les plus anciennes inscriptions araméennes des poids de bronze qui ont été trouvés dans les ruines de Ninive, et dont l'alphabet se confond presque avec le phénicien. Le changement est très petit en apparence, mais il est caractéristique. Dans toutes les lettres qui oui une tête fermée, le sommet s'ouvre: il se fait comme un trou, et au lieu d'un triangle il ne reste qu'une petite cavité dont les parois latérales vont en diminuant. Les divergences s'accusent de dès bonne heure et \"nt rapidement en augmentant. Ces modifications rapides proni de l'emploi fréquent de l'écriture araméenne comme écriture cursive et populaire.

A l'époque perse, l'écriture ara enne prit une grau le

extension el devint l'instrument officiel des ni ts

quotidiennes des rois perses avec leurs vassaux. Par suite, elle s'altéra vite. On peut suivre la marchi modifications et en déterminer les lois. La transformation s'opéra de trois façons à la fois : 1. par la suppressi

ECRITURE 11ÉISRAIQUE

la tète des lettres; 2. par l'effacement des angles; 3. par une sorte de retour des lettres sur elles-mêmes. Elle s'explique par l'usage du papyrus et de l'écriture cursive. L'élan de la main en écrivant amène ces modifications. Toutes les inscriptions de cette période ne présentent pas le même degré d'altération pour toutes les formes. Il y a de grandes variétés d'un pays à l'autre et parfois sur le même monument. Les nouveaux caractères se trouvent réunis sur les papyrus (fig. 521) et les monuments araméens d'Egypte qui datent de 500 à 200 avant Jésus-Christ. L'écriture diffère tout à fait de la phénicienne, et on l'a appelée araméenne de transition, parce qu'elle sert d'intermédiaire entre l'ancien alphabet et toutes les écritures sémitiques modernes. Sur la stèle de Teima , découverte en Arabie, en 1883, par Ch. Huber (fig. 522), les lettres sont mieux formées que sur les mo-

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