‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 164 sur 486 · ÉGYPTIENNES (VERSIONS) DE LA BIBLE. Voir · texte numérisé non relu

ÉGYPTIENNES (VERSIONS) DE LA BIBLE. Voir

Coptes (versions) de la Bible.

4. ÉGYPTIENS (ÉVANGILE DES). L'Évangile selon les Egyptiens, Eia-;y;/.iov /.a-' Aîyutctîo'jç , est un évangile apocryphe, qui est signalé par les écrivains ecclésiastiques anciens, mais dont nous ne possédons que quelques fragments. Saint Épiphane écrit, Hxr., lxii, 2, t. xli, col. 1052: a L'erreur des sabelliens et l'autorité de leur erreur est puisée par eux dans certains apocryphes, surtout le prétendu évangile égyptien , ainsi que quelques-uns l'ont nommé : dans cet évangile se rencontrent maintes maximes semblables [au sabelli inisme], soi-disant énoncées en secret et mystérieusement par le Sauveur enseignant ses disciples : par exemple, que le Père est le même que le Fils et le même que le Saint-Esprit. » L'auteur des Philosophoumena , v, 7, t. xvi, col. 3130, écrit des gnostiques naasséniens : « Ils enseignent que l'âme est insaisissable et inintelligible : car elle ne demeure pas en la même ligure ou la même forme toujours...; et ces transformations diverses, les naasséniens les trouvent exprimées dans l'évangile qui s'intitule Évangile selon les Égyptiens. » Origène, Huma, f in Lue., t. xin, col. 1S03 : « L'Église a quatre Évangiles, les hérésies plusieurs, parmi lesquels un est intitulé selon les Égyptiens. » Clément d'Alexandrie surtout connaît et cite un même passage de ce faux évangile à maintes reprises, Strom., ni, 15, 9, 13; Excerpta ex TheniL. 67, t. vin, col. 1149, 1165, 1192; t. ix, col. 689; il le donne comme une autorité chère aux encralites, pour la parole que cet évangile prête au Sauveur sur la continence, et dont les encratites tirent la condamnation du mariage. — Ainsi au n« siècle l'Évangile des Egyptiens circulait dans les milieux gnostiques et encratites. Le

passage mentionné par les Philosophoumena fait penser que cet évangile ne répugnait pas à la métempsycose; le passage mentionné par saint Épiphane, qu'il préludait au monarebianisme modalisle; le passage i-ilé par Clément, qu'il abondait dans la morale rigoriste et antipénitentielle. Ces trois passages, tout ce qui nous reste de sur de l'Évangile des Egyptiens, ont été souvent reproduits : on les trouvera au mieux dans E. Nestlé, Novi Testamenti grseci supplementum, Leipzig, 1896, p. 72-7.'!. Clément d'Alexandrie, dont le canon est si peu sur, Revue biblique, 1895, p. 030, n'exprime aucune réserve sur l'autorité attribuée par les encratites à l'Evangile des Égyptiens; il n'est même pas prouvé que Clément cite cet évangile directement, et l'on peut penser que l'unique passage qu'il produit est pris par lui à l'encratite Cassianos. On a voulu retrouver l'Évangile des Egyptiens, mis au rang des Écritures canoniques, dans le morceau que l'on désigne sous le titre de seconde Épitre de saint Clément Romain, et qui est sans doute une homélie romaine datant de 150 environ. L'auteur a connu l'Evangile des Égyptiens; il cite, en effet, une parole qu'il attribue au Sauveur, et cette parole est précisément celle que Clément d'Alexandrie rapporte d'après Cassianos comme empruntée à l'Évangile des Égyptiens. Il est à noter que la Secundo démentis attribue cette pan île au Sauveur, sans exprimer qu'elle soit prise à une écriture quelconque. — Mais il y a dans la Secundo démentis d'autres citations de paroles du Christ : trois sont prises dans les Synoptiques textuellement, d'autres sont des citations infiniment plus libres, trois sont tenues par des critiques comme Hilgenfeld, Lightfoot, Harnack, pour des emprunts faits à l'Évangile des Égyptiens. — 1° « Le Seigneur dit : Si vous êtes avec moi réunis dans mon sein, et si vous n'observez pas mes préceptes, je vous rejetterai et vous dirai : Relirez -vous de moi, je ne sais d'où vous êtes, artisans d'iniquité. » IV, 5. — 2° « Le Seigneur dit : Vous serez comme des brebis au milieu des loups. Et Pierre répondant lui dit : Et si les loups déchirent les brebis? Jésus répondit à Pierre : Que les brebis ne redoutent point les loups après leur mort : et vous ne redoutez point ceux qui vous tuent et après ne vous peuvent plus rien faire; mais redoutez celui qui, après que vous serez morts, a pouvoir sur votre àme et sur votre corps, et vous peut jeter dans la géhenne du l'eu. » v, 2-4. — 3° « Le Seigneur dit dans l'Évangile : Si vous n'observez pas le petit, qui vous donnera le grand? Je vous dis ; Qui est fidèle dans le moindre sera iidèle dans l'important i VIII, 5. — Le fait que ces trois textes proviendraient de l'Évangile des Égyptiens est « suppose ,i\oc une haute vraisemblance », nous assuret-on (Harnack), et cette « haute vraisemblance » tient uniquement à ce que l'on trouve dans la Se l dé-

mentis un emprunt à ce même évangile. A quoi nous répondons: l» Il n'est pas établi que l'auteur de la Secundo démentis ait eu en mains l'Évangile des Égyptiens, cité par Clément d'Alexandrie d'après l'encratite Cassianos, et il est plus vraisemblable qu'il rapporte le même propos que Cassianos, mais de mémoire et comme un propos courant: la preuve en est que l'auteur de la Secunda démentis interprète le propos en question en un sens qui n'est nullement encratite, c'est-à-dire qui n'esl nullement celui du propos même, et qu'il l'attribue a Jésus parlant a un personnage innommé, tandis que Cassianos l'attribue à Jésus parlant à Salomé. — 2° 1! n'est pas établi même comme vraisemblance que les trois propos ci-dessns doivent appartenir à l'Évangile des Égyptiens: le premier dépend pour sa majeure part de saint Luc, xm, 27; le second de saint Matthieu, x, 28, et de saint Luc. x, 3; le troisième de saint Matthieu, XXV, 21-23, et de saint Luc, XVI, 10. Et si quelques traits, comme « Si vous êtes avec moi réunis dans mou sein... Et si les loups déi hirent les brebis... », peuvent l'aire penser à un évani. apocrvphe, l'idée que l'àme et le corps sont ensemble

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