‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 165 sur 486 · ÉGYPTIENS (ÉVANGILE DES) — EL · texte numérisé non relu

ÉGYPTIENS (ÉVANGILE DES) — EL

pris dans la géhenne du feu fait penser à une doctrine très contraire à la métempsycose, que nous avons vu reprocher à l'Évangile des Égyptiens. 11 se pourra donc que la Secundo, démentis ail cité un évangile apocryphe d'une certaine valeur; mais cet évangile n'est pas l'Évangile des Égyptiens. Quant a ce dernier, il convient d'y voir une compilation apocryphe, sans valeur comme tradition évangéhque, fiction égyptienne hérétique des enviions de 150. loin d'y trouver, comme M. Harnack, une tradition parallèle aux évangiles synoptiques et dont la rédaction pourrait remonter à la lin du i" siècle. Pour l'hypothèse de M. Harnack, qui voit dans les Logia du papyrus de Benhésa, découvert par MM. Grenllell et Hunt, en Egypte (1897), des extraits de l'Evangile des Égyptiens, elle ne parait pas fondée. A. Harnack, Geschichte der altchristlichen Litteratur, t. i, Leipzig, 1893, p. 12, el t. h, 1897, p. 612; lialitl'ol. Anciennes littératures chrétiennes, la littérature grecque, 2e édit., Paris, 1898, p. 38; Revue biblique, 1897, p. 501-515.

P. Batiffol.

EICHHORN Jean Gottfried, exégète rationaliste allemand, né à Dorenzimmern le 16 octobre 1752, mort à Gœttingue le 25 juin 1827. D'abord professeur de langues orientales à l'université d'Iéna, en 1775, il passa, en 1788, à celle de Gœttingue. Il imagina l'explication naturelle des miracles et fut l'un des pères du rationalisme allemand. Voir F. Vigouroux, Mélanges bibliques, 2e édit., 18X9, p. 141-101; Les Livres Saints et la critique rationaliste, Ie ('■dit., I. il, p. 438-449. Parmi ses nombreux écrits plusieurs se rapportent à l'Écriture Sainte; nous citerons: Einleitung in <las Allé Testament, 3 in-8°, Leipzig, 1780-1783; Einleitung in die apokryphischen Schriften des Alten Testaments . in-8°, Gœttingue, 1795; Einleitung m tins Neue Testament, 2 in-8", Gœttingue, 1804-181(1; Comnirntitr'nts in Apocalypsim Joannis,

2 in-8°, Gœttingue, 1791 ; Die hebràischen Propheten ,

3 in -8°, .Gœttingue, 1816-1820. 11 a en outre écrit un grand nombre d'articles dans les deux recueils suivants : Répertoriant fin- biblische ami morgenl&ndische Literatur, 18 in- 12, Leipzig, 1777-1780; Allgemeine Bibliothek der biblischen Literatur, 10 in-8», Leipzig, 1 787- 1801. — Voir H. C. A. Eichstaedt, Oratio de S. G. Eichhorn illuslri exempta felicitatis Académie»-, hi-i°, léna, 1827; Th. G. Tyschen, MemoriaJ. a. Eichhorn, iri-i», Gœttingue, 1828. B. Heurtebize.

EL (hébreu : 'El; Septante : H;i;; Vulgate : Drus; assyrien : ilu), nom générique de Dieu, dans la langue hébraïque. Élohim a en hébreu la même signification, quoiqu'il en soit distinct. Voir Élohim. Nous n'avons d'ailleurs dans nos versions aucune trace de la distinction existant dans le texte original entre ces deux mots, parce qu'elles ont rendu l'un et failli e par le même terme, Weoç, Deus, Dieu.

I. Le mot l'A. — On le fait dériver assez communément .le "lis, 'ni, racine verbale inusitée, à laquelle on attribue, entre autres sens, celui de « être fort », de sorte que El signifierait» le fort». Cf. Gen., xxxi, 29 (hébreu). Cette étymologie n'est pas acceptée aujourd'hui par plusieurs ImIii usants, qui donnent du mot des explications diverses et toutes sujettes à difficulté. Voir Fr. Buhl, Gesenius, Kebrâisches Handwôrterbuch , 12" édit., 1895, p. 39. Quoi qu'il en soit, 7.7 a régulièrement dans l'Ancien

I e: taillent une aleiir appellalive . de même qu'Élol

de sorte qu'il peut s'appliquer ;mx faux dieux comme au vrai Dieu. Par suite, pour désigner le vrai Dieu d'une manière précise et sans aucune équivoque, dans les écrits en prose on détermine souvent '/?(, soit par un adjectif: 'El haï, " le Dieu vivant, » l's. xin (XLl), 3; I.XXX1V

(i.xxxm), 3; 'El 'Élyôn, « te Dieu très haut, i Gen., xiv, 18, etc.; soit par un complément : hâ- El 'Ëlôhê

'aldlui, u le Dieu, dieu de Ion père, n Gen., XLVI, 3; 'El 'Ôlâm,n le Dieu d'éternité, » Gen., XXI, 33; El Bel El,

« le Dieu de Béthel, » Gen., xxxi, 13; El 'élim, « le Dieu des dieux, » Dan., xi, 30, etc. Dans le style poétique, par abréviation 'El peut s'employer sans aucun déterminant" comme nom propre de Dieu. Job, v, 8; vm, 5; Ps. x, 1 1 : XVI, 1; xvn, 6, etc. Quelquefois, mais plus rarement, il est précédé de l'article hâ-'hl, pour désigner « le Dieu » par excellence, le seul vrai Dieu. Ps. lviii, 20; ls., xi ai, 5. Voir F. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, ii édit., 1896, t. iv, p. 465-470.

IL Emploi <ln nom divin 'El dans la tiible hébraïque. — Kl se lit, au singulier, deux cent vingt-six fois dans les livres protocanoniques de l'Ancien Testament (S. Mendelkem, Concordante hebraicse,ï in-4°, Leipzig, 1896, t. i, p. 85-86); le pluriel 'Êlim est employé seulement neuf fois. 'Elohim est d'un usage beaucoup plus fréquent dans la Bible hébraïque. Voir ÉLOHIM. On doit remarquer que ce sont généralement les auteurs les plus anciens qui se sont le plus servis du mot 'El. Il est dix -huit Ibis dans la Genèse (dont cinq fois avec l'épilliéle Saddaï, » tout-puissant, » et quatre fois avec l'épiihcte ' F.lijàn | ; quatre fois dans l'Exode, vi, 3 (avec Saddaï); xv, 2; xx, 5, et xxxiv, 14; dix fois dans les Nombres (huit fois dans les oracles de lialaam [xxill, 8, 19, 22, 23; xxiv, i, 8, 16, 23] et xn, 13; xvi, 22); treize fois dans le Deutéronome (dont cinq dans les cantiques de Moïse). Il est absent des chapitres XI-XXX1 de ce livre, de même que du Lévitique tout entier, où Dieu est toujours appelé Jéhovah et où Élohim luimême ne se lit qu'une seule fois pour qualifier Jéhovah, xix. 2, cl une autre fois pou i désigner les feux dieux, xix, 4. Josué l'emploie trois fois, Job plus de cinquante fois. Il est usité à peu près dans un tiers des Psaumes. Dans les livres de Samuel (I et II Reg.i, il ne se rencontre que dans les morceaux poétiques. I Sam., I, 2, 3; II Sam., xxii (quatre fois); xxm (cinq fois). Isaïe l'emploie trois fois dans sa première partie, v, 16; xiv, 13; xxxi, 3; quatorze fois dans la seconde partie. Jérémie n'en fait usage que deux fois, LI, 56, et xxxtl, IN: ce dernier passage est un emprunt au Deutéronome, X, 17. Ézéchiel emploie 'El Saddaï, x, 5; 'El seul, xxvm,2, 9. On le trouve trois fois dans Osée et autant dans Malaehie, une fois dans Miellée, dans Nahum et dans Jouas, trois fois dans Daniel. On voit par là que peu à peu l'usage du nom de 'El a diminué, et qu'il a été surtout conset vé par les poètes, qui ont toujours aimé les formes archaïques, el à qui l'emploi de ce mot monosyllabique étail

parfois plus commode i| elui du noin d'Élohim, On ne

le lit jamais dans le court livre de Huth, dans le Cantique

des cantiques, l'Ecclésiaste, les Proverbes, les tu el l\ I

livres des Dois, Joël, Amos, Abdias, Ilabaïur, Sophonie,

Àggée, Zacharie, Esther, (I) Esdras, les Chroniques

Paralipomènes). Dans Néhémie (Il Esdr.), il ne ligure

que dans une citation de l'Exode, Il Esdr., ix, :tl el

Exo.l., xxxiv, (i, et dans une double citalion d me

passage du Deutéronome, II Esdr., i,5;ix, 32, el Deut., x, 17.

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