‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 178 sur 486 · ELEPHANT · texte numérisé non relu

ELEPHANT

l'abritant contre les arbustes épineux à travers les forêts, niais surtout assurent à l'animal une supériorité terrible dans la lutte contre ses ennemis. La matière dont elles sont formées est précieuse et recherchée. Voir Ivoire. Les molaires de l'éléphant sont appropriées au régime végétal. Elles se composent de lames osseuses enveloppées d'émail et reliées par une substance corticale. Au lieu de se remplacer verticalement, comme chez les autres mammifères, elles sont poussées en avant, à mesure qu'elles s'usent, par les molaires postérieures. L'éléphant a la tête énorme, le cou très court, les jambes de devant plus hautes que les deux autres, le corps revêtu d'une peau calleuse et presque sans poils, l'aspect général lourd et informe. Les pieds ont cinq doigts, et, pour qu'ils ne fléchissent pas sous le poids du corps, ces doigts sont soutenus en dessous par une sorte de grosse pelote en tissu fibreux et élastique. Les éléphants vivent en troupes dans les forêts et les endroits marécageux. Ils se nourrissent d'herbes, de racines, de graines, et font parfois

546. — Éléphant d'Afrique. xxv« dynastie. Ouadl E'Sofra. D'après Lepsius, Daikmuler, Abth. v, BI. 75.

de grands ravages dans les champs cultivés. — On connaît une dizaine d'espèces d'éléphants fossiles, dont la principale est celle du mammouth ou déplias primigenius. Deux espèces subsistent seules aujourd'hui, L'elcp/ias africanus a ta tète simplement bombée, les oreilles longues et les défenses très fortes. 11 habite l'Afrique, depuis l'extrême sud jusqu'à la Haute-Egypte. On le chasse surtout pour avoir la nourriture que fournit sa chair abondante et pour s'emparer de l'ivoire de ses défenses. Velephas indicus habile le Siam, la Birmanie, le Bengale, rilindoustau et quelques lies de l'Océanie, Il a la

tête doublement bombée et les oreilles plus courtes que

dans l'autre espèce. L'éléphant d'Asie est di 'slirablc

Il met facilement son intelligence et sa force au service de l'homme et exécute pour le compte de sou maître de rudes travaux. Sa force équivaut a environ cinq fois celle du chameau. On habitue aisément ce mammifère à boire du vin et des liqueurs sph itueuses.

IL Les ÉLÉPHANTS DANS L'ANTIQUITÉ. — Les anciens

Égyptiens connaissaient l'éléphant, qu'ils nomment 6b,

lihu { lîg. 510). Un officier de Thothmès III, Ainanéineb, raconte dans son inscription funéraire qu'il a tué cent vingt éléphants dans l'Asie occidentale. Cbabas, Ktutles

sur l'antiquité historique, 2« édit., p. 573-575. L'éléphant

figure avec l'ours, sur le tombeau de Rakhmiri, p. uni! bs tributs que les Syriens apportaient à l'Egypte, suus

les rois de la XVIIIe dynastie thébaine. Champolh'on, Monuments de l'Egypte et de la Nubie, pi. clxxti, [--2; Rosellini, Monumenti avili, pi. xxn, 3-6. Mais c'esl

surtout dans le Pouanlt, région située culte la mer Bouge et le Haut-Nil, que les Égyptiens allaient chercher l'ivoire que leur apportaient les naturels du centre africain. L'île d'Eléphantine, située sur le Nil, près de la première cataracte, parait avoir été longtemps un des principaux entre pois de ce commerce, comme d'ailleurs de tout le trafic avec le sud. — L'éléphant fréquentai! primitivement les ré

gions du moyen Euphrate. 11 en disparut vers le xiif siècle avant notre ère et ne devint plus dès lors, en Assyrie, qu'un objet de curiosité importé d'ailleurs. Fr. Lenormant, Sur l'existence de l'éléphant dans la Mésopotamie au XW siècle avant l'ère chrétienne, dans les Comptes rendus de l'Académie des inscriptions , 2e série, t. i, p. 178-183. Il existait encore en Syrie, au inoins à l'étal sauvage, et c'esl de là que les rois assyriens liraient l'ivoire. Tbéglathphalasar I«r se vante d'avoir tué à la chasse dix éléphants et d'en avoir pris quatre vivants. Prisme de Théglahtphalasar /", VI, 70-75. Sur l'obélisque de Nimroud, qui raconte les hauts faits de Salinanasar II, un des registres représente un éléphanl amené comme tribut au prince assyrien fig. 5i7 ). Sur un autre registre, un groupe de quatre hommes portent des objets qui paraissent être des dents d'éléphants, que l'inscription fait venir du pays de Soukhou, à l'embouchure du Khabour dans l'Euphrate. — Le nom assyrien de l'éléphant estpiru. L'obélisque de Salmanasar nomme les pirâli. Delattre, L'Asie occidentale dans les inscriptions assyriennes, et. Encore un mot sur la géographie assyrienne, dans la Berne des questions scientifiques, Bruxelles, 1881, octobre, p. 513-516; 1888, avril, p. 452-456. Ce nom devient phil ou pil en arabe, pil en perse, pilu en sanscrit. L'hébreu n'a pas de nom pour désigner l'animal. C'est à tort que pendant longtemps les commentateurs ont cru trouver ce nom dans l'hébreu behêmô( , qui ne convient qu'à l'hippopotame. Voir t. i, col. 1551. Toutefois, parmi les produits que Salomon tire d'Ophir, on trouve les hdbbîm, mot que les versions traduisent par ôS&vtoc 11eçivxiva, dentés elephantorum , Targum : Sên dephil. III Reg., X, '2'2; II Par., îx, 21. Pour les anciens Ira. buteurs, habbim 'tait donc un pluriel désig u les éléphants. A l'époque de Salomon. l'éléphant, depuis longtemps traqué par les chasseurs, avait sans doute disparu de Syrie, et. en important de loin ses défenses, on importait également le nom étranger qui désignait l'animal. Un autre mot sanscrit, iblia, sert à nommer l'éléphant, et le grec ilé?z; ne serait autre que le mot ibha précodé de l'article sémitique. Max Millier. La science du langage, 2e édit., Paris, 18(i7, p. '255. Bien que cette étymologie ne soit pas absolument certaine, elle est confirmée par les anciennes wisions el semble beaucoup plus probable que toutes les autres conjectures imaginées pour rendre compte de l'hébreu habbim. Cf. I icsenius-Ibediger. Thésaurus linguse hebrwse, p. 1453, et Addenda, p. Ilô. Tristram, The natural history of the Bible, Londres, 1889, p. 81, assure que le mot habba se retrouve actuellement à Malabar et à Ceylan pour désigne! l'éléphant.

III. Les éléphants a la guerre. — Les anciens savaient domestiquer les éléphants et se servir d'eux à la guerre. Ils employaient dans ce but les éléphants d'Asie, plus dociles et plus braves que ceux d'Afrique. Diodore de Sicile, u, lli; Pline, H.N.,\i, 24; Philostrate, Apollon., u, 12; Elien, Nat. animal., xvi, 15. Dès le temps d'Alexandre, les éléphants apparaissent dans les armées d'Asie et même d'Occident. Tite-Live, xiv. 31; xxxi, 30; XXXVIII, 39; Ilirtius, Bell, afric. 18, SI, SU: Pline, //. A'., vin, 5; Végèce, De re milit., ni, '21, etc. Les Séleucides en firent grand usage dans leurs armées de Suie. Plularqne. Ileuiert.. 28; Appien Syr., 16; Polybe, M. 32. Cf. Win. i. Biblisches Realwôrterbuch, Leipzig, 18:{3, t. i, p. 371. Ils leur venaient de l'Inde par la Perse (voir t. i, fig. '272, col. 999). 11 n'est donc pas étonnant que les livres des Machabées fassent fréquemment mention de la présence de ces animaux dans les armées syriennes. — Von." bus III le Grand a des éléphants dans son armée,

1 Macb. i, IX. Quand il entreprend sa campagne contre la Perse, il laisse à Lysias la garde de la Syrie avec la mollir .le miii ellectif de guerre et de ses éléphants. 1 M. u b., m, 34. Il fui vaincu par les Romains, malgré ses cent vingt éléphants. 1 Macb., VIII, 0. — Sous Antio-

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