ÉLIACIM ou ELiAKiM, fils de Josias, roi de Juda
II fut établi sur le trône par Néchao, roi d'Egypte, qui changea son nom en celui de Joakim, sous lequel il est plus connu. IV Reg., xxm, 3i ; Il Par., xxxvi, 4. Voir Joakim.
3. Éliacim , nommé comme fils ou descendant d'Abiud et père ou ancêtre d'A/.or, après la captivité de liahylone, dans la généalogie de Jésus-Christ donnée par saint Matthieu, i, \'.i.
4. ÉLIACIM ou eliakim. placé entre Jona et Méléa dans la généalogie de Jésus-Christ donnée par s.iinl Luc, ni, 30, pour le temps qui s'écoula entre la captivité de Bahylone et le régne de David. E. LEVESQUE.
ÉLIADA. Hébreu : 'Élyâddh, « celui que Dieu connaît. » Nom d'un Aiainéen et de deux Israélites.
1. ÉLIADA (Septante: "EXiaîocs), Araméen de Soha, père de Razon, célèbre aventurier du temps de Salomon.
III Reg., xi, 23.
2. ÉLIADA (Septante: 'EX;i5i; Codex Alexandrinus : 'E),t;ôïj, un des plus jeunes fils de David, qui lui naquit après son établissement à Jérusalem. I Par., m, S. Il est appelé Élioda, II Reg., v, 10, et Baaliada, I Par., xiv, 7. Les critiques sont partagés sur le nom à adopter comme authentique, Eliada ou Baaliada. Si l'on attribue cette divergence de noms à une faute de copiste, il est plus vraisemblable d'admettre que l'erreur a eu lieu dans un seul endroit, c'est-à-dire dans I Par., xiv, 7. Et d'ailleurs l'erreur peut s'expliquer, puisque entre yv'-sn et jr-pbya il n'y a de différent que les deux premières lettres; un manuscrit même a vt-si. Dathe, Libri historici Vet. Test., in-8°, Halle, I78i, p. 654. J.-B. de Rossi, Var'nr lectiones Vel. Testament., t. iv, in-i", Parme, 1788, p. I7'.l, en signale un autre qui porte y-'-s-, et la PeschitO a Elidaa. Pour d'autres critiques, comme Driver, Notes on tlie Hebrew Text of the Books of Samuel, in-80, Oxford, 1890, p. 201, la leçon Baaliada serait la primitive, el Kliada sciait une correction postérieure de copistes, scandalisés de trouver le nom de Baal entrant comme élément dans l'appellation d'un fils de David. Il est à remarquer que les manuscrits du Vatican el du Sinaï oui Ba).EY<iâî, et le Codex Alexiimlrmus , lla'z/.ixîï, dans I Par., xiv, 7; el dans II Reg., v, 10, les Septante ont aussi BaaXeiuâ8.
3. éliada (Septante : 'EXetîà-; Codex Alexandrinus : 'EXcaSà), vaiUanl I une de guerre de ta tribu de Benjamin, qui dans l'armée de .losaphat était à la léte de
deux cent mille de ses compatriotes, armés de l'arc et du bouclier. 11 Par., xvn , 17. E. Levesqde,
ÉLIAM. Hébreu : 'Ëli'dm, « mon Dieu esl parent, allié;» cf. Ammi'êl,* Dieu est mon parent, allie; i Septante: 'EXlàë. Nom de deux Israélites,
1. ÉLIAM, père de Bethsabée, l'épouse de David après la mort d'Urie. II Reg., xi, 3. Dans I Par., ni, 5, le nom, par transposition des deux éléments qui le composent, est devenu Auuniel. Il est difficile de décider laquelle de ces deux formes est primitive.
2. ÉLIAM, fils d'Achitophel, de la ville de Gilo, un des trente vaillants guerriers de David. II Reg., xxm, 34; cf. xv, 12. Dans la liste de I Par., xi, 36, le nom a été altéré par les copistes en .4/iia Pheloniles. Dans la phrase -rr'-s >:-:- p cy>'-N , les deux premiers mots devaient être effacés dans le manuscrit à copier, et la lin, sans doute difficile à lire, a été transformée en >;'-£- rrriN. D'après une tradition juive, l'auteur des (Juestiones hebraicss in libros Regum el Paralipomenon, t. xxm, col. 1352, 1370, fait de cet Éliam el du précédent une seule et même personne. Voir Achitophel, t. i, col. 140.
E. Levesque.
ÉLIASAPH. Hébreu : 'Élyâsâf, « Dieu accroît; » Septante : 'EXiffiç. Nom de deux Israélites,
1. ÉLIASAPH, lils de Duel el chef de la tribu de l.ad, à l'époque où Moïse réunit les chefs des douze tribus pour l'aider dans le recensement d'Israël, et quand les Hébreux qui Itèrent le Sinaï. Nu m., i, 14 ; n, li. Quand ces chefs offrirent des présents pour le Tabernacle au nom delà tribu qu'ils représentaient, Èliasaph offrit comme les autres les vases d'argent et d'or e! les victimes pour les sacrifices. N'uni., vu, 42, 17.
2. ÉLIASAPH, lils de Lael, lévite, chef de la famille de Gcrson au temps de Moïse. Nuin., m, 21.
ÉLIASIB. Hébreu : 'ÉlyâSib, « Dieu récompense. » Nom de cinq Israélites selon la Vulgate, et d'un sixième selon l'hébreu, appelé Éliasuh par la version latine.
1. ÉLIASIB (Septante: 'EXiaëisf; Codex Alexandrinus: 'EXcaffSiâ), piètre , chef de la onzième classe parmi les vingt-quatre instituées par David. I Par., xxiv, 12.
2. ÉLIASIB (Septante : 'Elttaif, Codex Alexandrinus et Sinaitieus: 'EXtra?), lévite, du nombre des chantres, qui, à l'instigation d'Esdras, renvoya la femme qu'il avait prise à liahylone contre la loi. I Esdr., X. 21.
3. ÉLIASIB (Septante: 'EXeiaoùë; Codex Alexandrinus: 'EXi<roû6; Smaitieii.1 : 'EXnrovi), Israélite, lils de Zéthua, qui obéil à la loi comme le précédent. I Esdr., x, 27.
4. éliasib (Septante: 'EXtaset?; Codex Alexandrinus: 'EXiaaeië; Sinaitieus : 'EXeiao-etë), un des fils de li.oii, qui accomplit le même acte que les deux | dents. 1 Esdr., x . 36.
5. ÉLIASIB (Septante : 'EXsujoûë, 'EXiaueië, 'EXeiaadë; Codex Alexandrinus : 'EXiiroûë; Sinaitieus: EXia- <riê), grand piètre à l'époque de la reconstruction des murs de Jérusalem sous Néhémie. II Esdr., m, I. D'après la généalogie de il Esdr., xn, 10-14, il était fils de Joacim et père de Joïada; au )'. 23 selon la Vulgate, Jonathan est dil fils d 'Éliasib; mais d'après l'hébreu el d'après le y. 22, il faut lire Johanan et prendre le mot « lils ■ dans le sens large de •■ petit-fils, descendant ». Très probablement c'est le même personnage que le piètre Eliasib, chargé de la garde du trésor du Temple et allié 9 Tobie l'Ammonite. Il Esdr., xm, 4. Pendant l'absence de Néhémie, il aménagea pour cet étranger une chambre dans les parvis du Temple, profanation qui excita lin 'ignation de Néhémie. v. 5-9. Un des lils de Joïada, pi Htlils par conséquent du grand prêtre Éliasib, avait épousé
la fille île Sanaballat l'Horonite : pour avoir déshonoré
ÉLIASIB
ELIE
ainsi le sacerdoce, Néhémie l'exila. II Esdr., xm, '28-29. L'Éliasib père, .'est -a -dire grand- père de Jolianan, qui est mentionné I Esdr., x, 6, est selon toute vraisemblance notre personnage. E. L.EYESQUE.
ÉLIAS-LEVITA CElyahu ben 'aSer hallevî), célèbre grammairien juif, né en J 47 1 à Neustadt en Bavière, mort à Venise en 1549. Il porte le surnom d'Aehkenazi, >IJ3VN, à cause de son origine germaine; mais il passa
la plus grande partie de sa vie en Italie, tour à tour à Venise, à Padouc, à Rome. 11 se livra presque entièrement à l'étude et à l'enseignement de la langue hébraïque : de là le surnom d'Élie le Grammairien, et aussi de Bachur, Tina, « maître. » du titre d'une de ses grammaires. Il acquit sous ce rapport une vraie célt/irité, reconnue par Richard Simon, Histoire critique du Vieux Testament, 1085, 1. i, c. xxxi, p. 177. Sans parler ici de ses œuvres grammaticales proprement dites, il est utile de signaler: 1° Mefûrgemàn, « Interprète, » dictionnaire des Targuais et de la langue talmudique, in-f", Isny, 1541, et avec la préface traduite en latin par Paul Fagius, in-f», Venise, 1500. Sous la racine -f- , il avait réuni avec soin tous les passages où les targumistes ont employé le mot nuira, MaSialt , « Messie; » cette partie a été publiée séparément en latin par Génébrard, in-8", Paris, 1572. — 2° Sêfér zekarônôt, « Livre des souvenirs, >i ou concordance hébraïque composée sur un plan différent de celle que rédigea Mardochée Nathan. Le manuscrit autographe, que l'auteur avait envoyé à Paris pour l'y faire imprimer, ne l'a pas encore été, sauf une première livraison publiée par M. Goldberg, en 1874. L'ouvrage inédit en deux volumes de 514 et 600 feuillets est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris, ancien fonds hébreu, n°s 479 et 480.
— 3° fisbi , « le Tischbite, » ainsi appelé parce que ce mot hébreu, om, forme numériquement le nombre de 712, et que l'ouvrage donne l'explication de 712 mots hébreux , ehaldéens , arabes , etc. Le mot Thischbi rappelle aussi le nom de l'auteur, Élyah ou Elias (III Reg., xvn, 1 . L'ouvrage parut en in-4", à Bàle, en 1527, et avec une traduction latine de Paul Fagius, in-4», Isny, 1541.
— 4° Semât debârîm, ci Noms de choses, » dictionnaire hébreu -allemand, avec une traduction latine de Paul Fagius, in-8°, Isny, 1542: avec un dictionnaire grec composé par les deux Drusius, in-8", Francfort, 1052 et 1053.
— 5° Mdsôrét hammâsorét, a Tradition de la tradition, » ou , en d'autres termes , « Clef de la Massore , » ouvrage de critique sur le texte hébreu. Le premier il soutient que les points -voyelles ne remontent pas au delà de l'an 500 après J.-C., thèse qui fut depuis l'objet de vifs débats. — Parmi ses travaux qui rentrent davantage dans l'exégèse, on doit citer : 1» Le Targum des Proverbes de Salomon, édition avec notes explicatives, in-4», Isny, 1541; 2» les Psaumes avec le commentaire de Kimchi et des revisions et corrections de l'éditeur, in-f°, Isny, 1542; 3» une traduction littérale des Psaumes en allemand, in-8», Venise, 1545; 4" le livre de Job en vers, in-8», Venise, 1544; Cracovie, 1574. D'après Steinschneider, il ne serait que l'éditeur de ce dernier ouvrage, composé par Sarek Barfat. L. Wogue , Histoire de la Bible et de l'exégèse biblique, in-8», Paris, 1881', p. 1 18, 198, 299-301 ; J. Fiirst, Bibliotheca judaica , in-8°, Leipzig, 1803, t. u, p. 230-242; M, Steinschneider, Calalogus libr. Iiebr. m Bibl. Bodleiana, in-4", Berlin, 1852-1800, col. 934-942; C^Oerlel, Yita Elitr Levitss Germant , in-4», Altdoif, '"'j- E. Leyesque.
ÉLIAS-MISRACHI fEliahu ben Abraham, Mizràhl, " l'Oriental »), célèbre rabbin du XVe siècle, qui vécut à Constantinople, et mourut vers 1522 à 1527. Il composa un commentaire sur le Pentateuque. Ce n'est au fond qu'un ommentaire de Raschi, édité en in-f°, Venise, 1527, et réédité en 1545, 1574; Cracovie, 1595, Amsterdam, 1718, etc.
i ELIASUB ( hébreu : 'ÉlyaSib : Septante : 'A<rei6 ; Codex Alexandrinus : 'EXtaaeië), fils d'Élioénaï, dans la descendance de Zorobabel. I Par., m, 24.
ÉLIATHA (hébreu: 'Éli'âtdh et 'Èliyyâtâh, o Dieu
lui est venu; » Septante: EXia6i), lévite, un des fils de Héman, chanteur et musicien du Temple. Il faisait partie de la vingtième classe de musiciens. I Par., xxv. i, 27.
ÉLICA (hébreu : 'Ëliqâ' ; Septante: 'Evaxà), un des trente braves de David, natif d'Harad (de Harodi). II Reg., xxiii, 25. Il parait oublié dans la liste parallèle de I Par., xi.
ÉLICIENS (Vulgate : Elici , peuple dont était roi Erioch. Judith, i, 7. Le mot Elici de la Vulgate doit être altéré. Le texte grec (i, 0) porte 'EXuiwïot, * les Élvméens » ou Elamites, habitants du pays d'Élam, leçon qui parait être la véritable. Voir ELAMITES.
ÉLIDAO (hébreu : 'Élidâd , « que Dieu aime; » Septante : 'EX8ÔS), fils de Chaselon, de la tribu de Benjamin, choisi pour représenter sa tribu dans le partage de la terre de Chanaan. Num., xxxiv, 21.
ELIE (hébreu: 'Eliyâh ou 'Eliyâhû; Septante: 'H/,ia;; Vulgate : Elias, « Jéhovah est mon Dieu »), surnommé « le Thesbite », du lieu de sa naissance, Thisbé, est le plus grand et le plus surprenant des prophètes d'action de l'Ancien Testament. Il apparut soudain dans l'histoire comme un éclair, sortant des nuages, et sa parole était enflammée comme une torche. Eccli., XLvm, 1. Les livres des Rois sont sobres de détails sur son origine et ne rapportent (pie des traits détachés de sa vie mouvementée. Les légendes juives le disent de race sacerdotale, et la tradition chrétienne prétend qu'il a gardé une virginité perpétuelle. S. Ambroise, De virginib., i, 3. 12. t. xvi, col. 192; S. Jérôme, Ad Jovinian., i, 25, t. xxm, col. 255.
I. Premières actions d'Élie. — Il habitait la province de Galaad, quand il vint annoncer à Achab, sous le sceau d'un serment solennel , la sécheresse pour plusieurs années. III Reg., xvil, 1. Ce premier acte prophétique n'avait pas été préparé ; c'était le début d'une longue lutte contre l'idolâtrie qui avait été introduite par Achab en Israël. Saint Jacques, v, 17-18, attribue à la prière d'Élie le commencement et la fin du tléau. Le message accompli, Dieu ordonna à son prophète, pour le mettre à l'abri de la colère d'Achab, de se cacher sur le bord du torrent de Carith. Voir col. 285-288. Élie buvait l'eau du torrent et mangeait les aliments que des corbe ni apportaient. Voir col. 901. — Après six mois, quand le torrent fut desséché complètement, le prophète se rendit par l'ordre de Dieu à Sarepta, chez une veuve étrangère, Luc, iv, 25-20, qui devait pourvoir à son entretien. Elle ramassait du bois mort auprès de la porte de la ville. Elie lui demanda de l'eau et une bouchée de pain. La pauvre femme n'avait plus qu'une poignée de farine et quelques gouttes d'huile, avec lesquelles elle allait préparer son dernier repas. Afin de mettre sa foi à l'épreuve, Élie sollicita pour lui un petit gâteau cuit sous la cendre; il lui laissait le reste, avec la promesse que la farine ne diminuerait pas dans la jarre ni l'huile dans le vase, tant que la pluie ne tomberait pas. Le miracle de la multiplication des provisions récompensa la confiance de la pieuse veuve, pendant les trois ans et demi que dura la sécheresse. — La présence d'Élie chez celte femme fut bienfaisante dans une autre circonstance, bien douloureuse pour le cœur d'une mère. Le fils unique de la veuve tomba malade et mourut. La mère désolée se plaignit amèrement au prophète de ce malheur, qu'elle regardait comme la punition de ses propres fautes. Afin de lui montrer que Dieu tenait pour agréable l'hospita-
ELIE
lité qu'elle donnait à son prophète, celui-ci prit le cadavre dans ses bras, l'emporta à la chambre haule et le coucha sur son lit. Après une ardente prière, il s'étendit par trois fois sur l'enfant, se rapetissant à sa taille, et chaque fois il s'écriait : « Faites, Seigneur, que l'âme de cet enfant rentre dans son corps. » Ces vœux furent exaucés, et l'enfant revint à la vie. Élie le descendit dans la chambre inférieure de la maison et le remit vivant à sa mère. A ce signe, celle-ci reconnut de nouveau qu'elle avait reçu chez elle un ministre du vrai Dieu. 111 Reg., xvn , 1-24. Élie avait opéré une véritable résurrection. Eccli., XLVI1I, 5, et son action pour réchauffer et ranimer le cadavre représentait symboliquement l'œuvre de Dieu, qui est le maître de la vie et de la mort.
II. Eue, Achab et les prêtres de Baal. — Trois ans après son arrivée à Sarepta , Elie reçut de Dieu l'ordre de se présenter devant Achab, pour lui prédire la cessation de la sécheresse. La famine était alors extrême dans le royaume d'Israël. III Reg., xvm, 1-2. Élie rencontra Abdias, l'intendant du roi, et l'envoya annoncer à son maître son arrivée prochaine. Abdias redoutait les suites de ce message. Mais Élie était n'-solu à paraître le jour même en présence d'Achab. Abdias s'enhardit et prévint le roi. Voir t. 1, col. '23. Achab vint aussitôt à la rencontre d'Élie, et, dès qu'il l'aperçut, il lui dit avec colère: « N'est-ce pas toi qui troubles Israël? — Ce n'est pas moi. repartit le prophète avec intrépidité; c'est vous-même et la maison de votre père, parce que vous avez abandonné les commandements de Jéhovah et suivi Baal. » Il faut choisir entre ces deux divinités. Dans ce dessein . Élie propose hardiment de réunir sur le mont Carmel tout le peuple, avec les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents d'Astarté, que Jézabel nourrissait de sa table. Voir col. 292-293. Quand la foule lut rassemblée, Élie la harangua avec vigueur: « .Risques à quand serez-vous semblables a un homme qui boite des deux pieds? Si Jéhovah est Dieu, suivez-le; si c'est Baal, suivez-le. » La cause du monothéisme était en jeu. Élie mit au défi les prophètes de Baal et se plaça résolument seul en face de quatre cent cinquante adversaires. Les deux partis prendront chacun un bœuf, qu'on coupera par morceaux; ils le couvriront de bois et prieront leur divinité de faire descendre le feu du ciel pour consumer la victime. Le Dieu qui exaucera les vœux de ses adorateurs sera reconnu pour le vrai Dieu. Cette proposition fut trouvée excellente. Les prêtres de Baal, qui étaient les plus nombreux, commencèrent l'épreuve. Jusqu'à midi ils invoquèrent Baal, en dansant autour de l'autel. Élie se raillait d'eux: 0 Criez plus haut, lisait-il. Votre dieu converse, voyage ou dort; éveillez-le. » Excités par cette mordante ironie, les prophètes de Baal poussèrent de plus grands cris et liront sur leurs membres de sanglantes incisions. Efforts inutiles! Baal n'exauçait pas leurs vœux. Quand vint l'heure du sacrifice ordinaire. Elie releva avec l'aide du peuple un autel de Jéhovah qui avait été détruit. 11 le lit de douze pierres, conformément au nombre des tribus, et creusa une tranchée tout autour. Quand la victime fut coupée, il versa trois fois sur elle et sur le bois quatre cruches d'eau ; le liquide -.■ répandit dans la tranchée. Toul étant ainsi disposé, le prophète adressa à Jéhovah une courte et fervente prière. Aussitôt le feu du ciel tomba et dévora l'holocauste, les bois, les pierres, la poussière et l'eau qui était dans la tranchée. Cel éclatant prodige convainquit tout le peuple que Jéhovah était le Dieu véritable. Afin de détruire le culte de Baal, Élie ordonna la mort de tous les prophètes de l'idole et les lit tuer sm le Cison. III Reg.. xvm, L-40. L'emplacement présumé du sacrifice est nomim aujourd'hui encore El-Mouhraqa,ei le lieu du massacre s'appelle Tell el-Qasîs ou Tell el-Qatl. Voie col. 785-786. Cf. V. Guérin, Description géographique, historique et ai Géologique de la Palestine, :'' partie, Samarie, t. h, Paris, 1 «75 , p. 245-247. Les Pères et les commentateurs
catholiques ont généralement justifié le prophète du reproche de cruauté relativement à cette sanglante exécution. S. Jean Ghrysostome, lu Matth., hom. lvi, 2, t. lviii, col. 551; Tostat, In III Reg., xvm, q. xxxv, Opéra, Cologne, 1613, t. vu, p. 292-293; G. Sanchez, ht quatuor libros Regum , Lyon, 1623, p. 1256-1257. Élie n'ordonna pas le massacre des prophètes de Baal par ressentiment et pour venger le meurtre des prophètes de Jéhovah; il obéit à une inspiration divine et ne lit qu'appliquer les articles du code mosaïque qui prescrivent la peine de mort contre les idolâtres et notamment contre k-s faux prophètes. Deut., xm, 15; xvn, 2-7.
Le massacre achevé, Élie invita Achab à remonter à sa tente el à prendre son repas, car déjà il entendait le bruit d'une grande pluie. Achab obéit. De son côté, le prophète gravit le sommet du Carmel. Prosterné à terre et le visage entre ses genoux, il demanda la cessation de la sécheresse. Sa confiance était si assurée, qu'il dit à son serviteur de regarder du côté de la nier si les nuages ap paraissaient. Le serviteur ne vit d'abord rien. Elie lui dit : '• Retournez-y sept fois. » A la septième fois, le serviteur aperçut un petit nuage qui s'élevait de la mer et qui n'était pas plus large que la main d'un homme. Reconnaissant les premiers signes de la pluie demandée, Élie fait dire à Achab d'atteler son chai et de se hâter, de peui qu'il ne soil surpris par la pluie. Le ciel fut obscurci en un instant: d'épaisses nuées furent poussées pal le vent, et la pluie tomba fortement. Jac.v. IK. Achab retournait àJezrael. Saisi par l'inspiration d'en haut, Élie, les reins
ceints, courait comme un héraut devant le chu .1
III Reg., xvni, 41-iti. Il voulait sans doute l'aCCOmpagner, l'aider à revenir au culte du vrai Dieu el le défi contre les séductions de Jézabel. Dès qu'elle eut appris de la bouche d'Achab la mort des prophètes de Baal, la reine fit annoncer à Élie qu'elle avait lait le serment de lui donner le même sort dès le lendemain. Justement effrayé, Élie s'enfuit à Bersabée.
111. Élu: ai- Sinaï. — Parvenu en ce lieu, le prophète renvoya son serviteur et s'enfonça dans le déserl du Sinaï à la distance d'une journée de marche. Son espérance d'abolir d'un seul coup l'idolâtrie s'était évanouie 11 avait besoin de solitude pour ranimer son courage, et il ne se croyait pas en siïrelé sur les terres de Josaphat, qui ''lot l'allie d'Achab. Épuisé par un voyage long, rapide et pénible, Elie s'assit sous un genévrier, et cédant, non pas au désespoir, mais au découragement, il souhaita la mort. Dans ^>ii accablement, il s'étendit par terre et s'endormit. Un ange le toucha et lui dit: « Lève-toi et mange, i Elie éveillé regarda autour de lui, et vit auprès de sa tête un pain cuit sous la cendre et un vase d'eau. 11 mangea et luit .1 se rendormit. L'ange le toucha une seconde fois et lui réitéra l'ordre de manger, pour se préparer à un grand voyage. Le prophète obéit, et, fortifié par la nourriture qu'il avait prise, il marcha quarante jours et quarante nuits, jusqu'à la montagne d'Horeb. Il n'est pas certain que durant cet intervalle Élie ne prit aucune nourriture, quoiqu'on pense généralement que son jeûne égala celui de Moïse. S'il mit quarante jours à faire un trajet qu'on peut parcourir en une dizaine de jours, c'est qu'il erra dans le désert à la manière des Israélites a l'époque de l'exode. Ce délai lui était donné' îpour éprouver et épurer sa foi et pour le préparer aux communications divines qu'il allait recevoir sur la montagne du Seigneur. I lie entra pour la nuit dans une caverne de l'Horeb, probablement dans celle OÙ Moïse vit passer la majesté divine. Exod., XXXMI, '22. Interpellé par le Seigneur, le
prophète, qui était encore sous le coup de l'abattement,
exhala ses plaintes sur la triste situation d'Israël, et il en appela a Jéhovah contre son peuple. Rom., xi , 2. L'alliance avec Dieu a été abandonnée, les autels ont été détruits, les prophètes tués; Elie est resté' seul, et on die. chc à lui oter la vie. Pour le réconforter. Dieu lui montra sa gloire et lui manifesta son esprit dans u:<e
ELIE
vision symbolique. Élie sorti! de la caverne, et Jéhovah passa devant lui. 11 s'éleva d'abord un vent fort et violent, qui fendait les montagnes et brisait les rochers: mais Jéhovah n'était pas dans ce vent. Il y eut ensuite un tremblement de terre, dans lequel Jéhovah n'était pas encore Parut du feu ; Jéhovah ne s'y manifestait pas. Élie entendît enfin le léger frémissement d'une douce luise, que Jéhovah accompagnait. 111 Reg.. xix. 1-12. Cette imposante théophanie signifiait que si l'ouragan, le tremblement de terre et l'incendie viennent du Seigneur, le précèdent et représentent sa justice irritée, ils ne font pas connaître son essence. Celle-ci est exprimée par la brise vivifiante. Assurément Jéhovah a la force et la puissance de chàtier ses contempteurs; mais dans sa bonté il préfère remplacer les châtiments sévères par les moyens de douceur et de miséricorde. 11 donnait ainsi à son prophète une leçon de modération et de patience : Élie ne devait pas se décourager de l'insuccès de son zèle ni condamner tous les coupai. les. — Quand Jéhovah avait ainsi passé devant lui, Elie s'était couvert le visage de son manteau, par crainte et par respect. Comme il n'avait probablement pas sai^i la signification complète de la théophanie, il entendit de nouveau la voix de Dieu, qui le pressait de continuer son ministère. Ses plaintes amères recommencèrent. Le Seigneur lui confia alors la mission d'oindre llazael comme roi de Syrie. Jéhu connue roi d'Israël, et Elisée comme prophète et son successeur. Élie ne remplit personnellement que la troisième de ces missions; les deux premières furent accomplies plus tard par Elisée. IV Reg., vin. 10; îx, 1-G. Quoique ces trois personnages dussent être à des titres divers îles ministres de ses vengeances, Dieu s'était réservé sepi mille Israélites qui n'avaient ni fléchi le genou devant Baal ni baisé sa main. Israël n'était donc pas rejeté, et les restes de ce peuple devaient être sauvés par la grâce divine. Rom., xi, 1-5. Élie comprit enfin que Dieu ne voulait pas la perte d'Israël; il quitta l'Horeb et partit reprendre son ministère. Rencontrant Elisée, il le choisit pour son disciple, lit Reg., xix, 13-21. Voir Elisée.
IV. Dernières actions d'Élie, — Il reparut bientôt devant Achab comme le justicier de Dieu. Le roi d'Israël avait spolié Naboth de sa vigne. Voir t. i, col. 12-2. Au moment où il allait en prendre possession, Élie, sur l'ordre de Dieu, se dressa soudain sur le chemin, reprocha à Achab son crime et lui en annonça le juste châtiment. Le roi, surpris, brava la colère divine. Sans se laisser intimider, Elie répéta les plus terribles menaces. Achab, épouvanté, fil pénitence. Son repentir lui obtint une mitigation de la sentence. Élie lui prédit que les vengeances divines sur sa maison n'auraient leur plein accomplissement que sous le règne de son fils. 111 Reg., xxi, 17-29.
Élie eut encore à porter un message sévère à Ochozias, fils et successeur d'Achaz. Ayant fait une chute, ce roi impie envoya consulter Béelzébub, dieu d'Accaron. Voir t. I, col. 1547. Jéhovah prévint son prophète de cet acte d'idolàlrie et le chargea d'en annoncer au roi la punition. Élie alla à la rencontre des officiers royaux, et, se dressant i l'improviste devant eux. il leur reprocha le mépris qu'ils faisaient du Dieu d'Israël, et les chargea de dire à Ochozias qu'il ne guérirait pas et qu'il mourrait de sa chute. Sa mission remplie, il se retira rapidement. Les officiers ne connaissaient pas l'auteur de l'oracle. Ochozias s'enquit auprès d'eux de l'aspect et du vêtement de l'homme de Dieu. « C'est un homme, répondirent-ils, vêtu d'un tissu de poils, avec une ceinture de cuir sur les reins. » A cette description, le roi reconnut Élie le ïhesbite. et il envoya un chef de cinquante hommes avec sa troupe pour l'arrêter. Celui-ci ayant trouvé l'homme de Dieu assis au Sommet d'une montagne, il lui ordonna avec insolence et mépris, au nom du roi, de descendre. Élie répliqua : « Si je suis un homme de Dieu , que le feu du ciel te dévore, toi et tes cinquante hommes. » ,Et le feu du ciel les dévora à l'instant. Ce châtiment ne produisit chez
le roi que colère cl obstination. Lu second officier, qui se montra plus insolent encore que le premier, eut le même sort. On a accusé Élie de sévérité h cruauté. Mais il n'a pas agi par haine ou par vengeance personnelle; il a voulu venger l'honneur de Dieu grossièrement outragé dans ses prophètes, et donner au roi el a son peuple une éclatante leçon de respect à des envoyés de Jéhovah. D'ailleurs, en condesceni promptement aux vœux d'Élie, Dieu lui-même a justifié sa prière. Cependant Ochozias envoya une troisième troupe de cinquante hommes. Cette fois, le capitaine fut respectueux; il se mit à genoux et demanda la vie sair ange encouragea Élie et lui dit de descendre sans crainte vers le roi. Élie obéit et répéta a Ochozias l'arrêt de mort qu'il lui avait fait transmettre précédemment. Il disparut aussitôt. IV Reg., I, 3- 16.
Toutes les interventions publiques d'Élie dans le royaume d'Israël pour y détruire l'idolâtrie n qu'une partie de sa vie. Le temps qui s'écoulait entre ses diverses comparutions devant les rois impies, il le p -, ! dans la retraite et la solitude, au Carmel, si l'on en croit la tradition. Voir col. 294. Il joignait ainsi la vie contemplative à la vie active, et il formait des disciples voués à la pratique et a la diffusion du monothéisme. Il était le chef des écoles de prophètes qui existaient de son temps. Voir ÉCOLES J'E PROPHÈTES
V. Enlèvement d'Élie. — Au moment ou Dieu voulait ravir Élie a la terre, le prophète venait de quitter Galgala avec Elisée. Afin de ne pas avoir de témoin de son enlèvement, par humilité sans doute, il proposa durant le trajet a son disciple de le laisser aller seul à Béthel. Elisée refusa de l'abandonner. A Bélhel, les fils des prophètes, qui connaissaient la prochaine disparition d'Élie, en prévinrent Elisée. Celui-ci, qui n'ignorait pas le sort réservé à son maître, leur imposa silence. Elie désirait continuer seul sa marche jusqu'à Jéricho. Elisée voulut encore l'accompagner. Les fils des prophètes de la communauté de Jéricho prévinrent en secret Elisée du prochain enlèvement d Élie. Persévérant dans son dessein il tout témoin, celui-ci demanda de poursuivre seul jusqu'au Jourdain. Elisée s'attacha à ses pas. et le- i (piaule disciples de Jéricho les suivaient à distance. Parvenu au bord du fleuve, Élie frappa de son manteau les eaux, qui se divisèrent et laissèrent aux prophètes I sage a pied sec. 11 offrit alors à son disciple le choix d'une dernière faveur. Elisée demanda le droit du tils aîné dans l'héritage paternel, c'est-à-dire une double part de l'esprit prophétique de son maître. Tout en ne se reconnaissant pas le pouvoir d'accorder l'objet de cette demande, Élie indiqua à Elisée un signe que son désir serait exaucé : si Elisée voit son maître au moment de son enlèvement, la double part demandée lui cédée. Or, tandis que les deux prophètes contim leur chemin et conversaient en marchant, un char et des chevaux de feu les séparèrent tout à coup, et Élie monta au ciel au milieu d'un tourbillon. Elisée surpris se mit a crier : o Mon père, mon père, char d'Israël et sa cavalerie! » Quand il ne vit plus Élie, il déchira ses vêtements en signe de deuil. Il ramassa le manteau qu maître avait laissé tomber pour lui et en frappa les eaux du Jourdain, qui obéirent i. la puissance miraculeuse dont il venait d'hériter et s'écartèrent pour lui livrer passage. IV Reg., Il, 1-14. Les fils des prophètes, qui avaient assisté de loin à l'enlèvement d'Élie. voulurent envoyer cinquante hommes robustes à la recherche de leur chef; car, disaient-ils, l'esprit du Seigneur l'a peut -être jeté sur une montagne ou dans une vallée. » Elisée, qui avait été témoin oculaire de la disparition d'Élie, déconseilla d'abord cette recherche et céda enfin aux instances de ses disciples. Les cinquante hommes, qui étaient allés de divers côtés, revinrent au bout de trois jours à Jéricho, api émarches inutiles; ils n'avaient pas retrouvé Élie. IV Reg.. », 16-18.
ÉLIE
C'est une tradition constante parmi les catholiques qu'Èlie a été enlevé de terre corps et âme et qu'il n'a pas payé son liil.nl a la mort. Diverses opinions se sont produites relativement a la manière dont se fit son enlèvement et au lieu où il fut transporté. A la suite de saint Ctirysostoine, Hom. de Ascensione, n° 5, t. L, col. 450, certains commentateurs ont pensé que le char et les chevaux qui emportèrent Élie étaient réellement de feu. Cela ne ressort pas nécessairement du texte, qui, selon le sentiment le plus probable, décrit la vision telle qu'elle apparut aux yeux émerveillés d'Elisée, sans rien affirmer sur la nature des phénomènes. Aussi la plupart des exégetes pensent qu'un tourbillon lumineux et resplendissant a environné Élie et l'a ravi aux regards de son disciple. Quant au lieu où le prophète fut emporté, il est inconnu. Le texte hébreu dit simplement qu'Élie monta « au ciel »; la version des Septante a traduit : w; eiç tov o-jpavôv, et les Pères latins ont admis la leçon correspondante de l'Italique : quasi in cselum. L'auteur des Quœstiones et responsiones ml orlhodoxos, q. lxxxv, i. vi, col. 1323; saint [renée, Cont. hier., v, 5, 1, l. vu, cul. 1135; Tertullien, Ade. Marcion., v, 12, t. n. col. 502, et saint Thomas, Ski», theol.. 3? pars, q. XLIX , a. v, ad 2°°', pensent qu'Élie a été transporté à travers l'atmosphère au paradis terrestre. Saint Grégoire le Grand, Hom. \ v/.v in Evangel., n» 5, t. i.xxvi , col. 1216, et Rupert, De Trinit. , ni, 23, t. clxvii , col. 321, placent son séjour dans une région terrestre ignorée. Il est plus sage avec Théodore!. Quaest. .XL]' ht Getl., t. lxxx, col. 115, de ne pas décider en des matières sur lesquelles l'Écriture garde le silence. L'enlèvement d'Élie a été regardé par les premiers chrétiens comme une figure de la résurrection. Martignv, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, 2e édit., Paris, 1877, p. 272-273.
La date de l'enlèvement d'Élie est aussi inconnue. On le place généralement sous le régne de .losaphat. Quelques exégètes voudraient que le prophète fut encore vivant sur terre du temps de .lorani, roi de Juda, parce qu'on apporta à ce roi un écrit d'Élie, qui lui annonçait la punition de son idolâtrie el de son fratricide. 11 Par., xxi, 12-45, Mais il est plus probable que Pieu avait révélé à Elie avant son enlèvement les crimes et le châtiment de Joram, et que le prophète avait consigné cette révélation dans un écrit, qu'il remit aux mains d'Elisée, en chargeant son disciple de le transmettre au roi de Juda. Clair, Les Paraménes, Paris, isx:i, p. 318-319.
VI. Élie dans les derniers kciuts de l'Ancien Testament et dans les Évangiles. — 1° En conservant
Élie vivant, Dieu lui réservait pour la lin des temps une mission glorieuse, que le prophète Malachie, iv, 5-6,
nous a fait connaître. Avant le grand et redoutable jour ■ ii Seigneur, c'est-à-dire avant le second avènement du Messie, Élie sera renvoyé sur terre. Sa nouvelle mission aura pour but de convertir le peuple juif. « 11 rapprochera le cœur des pères de leurs enfants, et le cœur des enfants de leurs pères; » il ramènera les Juifs, qui vivront alors aux sentiments et à la foi de leurs ancêtres. Saint Jérôme, lu Malach., îv, 5-6, t. xxv, col. 1570- 1577. C'est pourquoi le souvenir d'Élie est demeuré vivace dans la mémoire du peuple juif. Le premier livre des M.ichabées, n, 58, loue sou zèle peur la loi, qui lui a
valu l'honneur d'être enlevé au ciel. L'auteur de l'Ecclésiastique, xeviii, 1-12, a fait de lui un magnifique \près avoir rappelé poétiquement ses actions merveilleuses, il mentionne et spécifie sa mission future. Élie reviendra un jour êv ït,iy\i.ii\;, « pour des avertissements, » afin de prêcher la pénitence; il viendra pour apaiser la colère du Seigneur, réconcilier le cœur du père avec le lils et reconstituer les tribus de Jacob », j>. 10. il. Lesétre, L'Ecclésiastique, Paris, 1884, p. 364.
l 'elle mission sera remplie il; xaipoùj, « aux temps B messianiques, non pas au début, mais à la fin de ces temps
C'était l'annonce de la mission de saint Jean -Baptiste. — 2° Au premier avènement du Sauveur, il y eut un homme qui devait marcher devant le Messie, « dans l'esprit et la puissance d'Élie, afin qu'il unisse les cœurs des pères et ceux des enfants », êv itveû|taTi vcà Svivâaet 'HXtov, È7iiijTpé'J/ït xocpSia; 7tat£pwv lui réxvot. Luc, I, 17. Knabenbauer, Evangelium secundum Lucam, Paris, L896, p, 50-51. Saint Jean-Baptiste, qui est ainsi désigné, n'a l'esprit et la puissance d'Élie que parce qu'il remplira à ce premier avènement le rôle d'Élie au second avènement. Mattb., xi, 14. Knabenbauer, Evangelium secundum Mattlucuni , Paris, 1892. t.i, p. 140-441. C'est donc par une fausse interprétation de Malachie que les scribes contemporains de Jésus attendaient Élie comme le précurseur du Messie et regardaient sa venue comme un signe de la proximité des temps messianiques. Mattb., xvn, 10 et 12; Marc, ix, 11. C'est dans la même persuasion qu'une partie du peuple juif prenait Jean-Baptiste d'abord, Joa., i, 21, Jésus ensuite, pour Élie, Mattb., xvi. I i , Luc, ix, 8. Jésus cependant avait rectifié la pensée des scribes, en affirmant qu'Élie viendrait restaurer toutes choses à la lin des temps; mais qu'un prophète semblable à Élie était déjà venu. Si Jean -Baptiste, en effi t. n'était pas Élie en personne, il avait l'esprit d'Élie. Saint Grégoire le Grand, Hom. vu in Evangelium, I. i.xxvi, col. 1100. Cf. Knabenbauer, Evangelium secundum Matthseum, t. n, 1803, p. 87-88; Evangelium secundum Marcum, Paris, 1894, p, 230-237; Fillion, Évangile selon saint Matthieu, Paris, 1878, p. 340-341; Suarez, ht .•}<"" part., q. 59, art. 6, disp 55, sect. n (Opéra, édit. Vives, Paris, 1806, t. xi.x, p. 1050-1053); Noël Alexandre. Historia ecclesiastica V. T., Paris, 1099, t. H, p, 185-187; L. Atzberger, Die christliche Eschatologie in den Stattim ihrer Offenbarung im Alton und Neuen Testamente, I'ribourg-en-Brisgau, 1890, p. 100-101 et 300-307, et Geschichte der christlichen Eschatologie innerhat vornicânisclien Zeit, Pribourg-en-Brisgau, 1890, p. 148, 285, 203,315-310, 430-131, 559-560, 568-569 et 603-404; [ Alexis Desessarts ], De l'avènement d'Élie, où l'on montre la certitude de cet avènement et ci' </m doit le précéder, l'accompagner et le suivre, in - 12, 1734; Traité de la venue d'Elie, in-12, Rotterdam, 1737. — 3° Quoique Élie n'ait pas été le précurseur du Messie, il eut cependant à remplir un office auprès de sa personne, lors de son premier avènement ; il fut témoin de sa transfiguration au Thabor. 11 représentait l'ordre prophétique, et avec Moïse il rendait hommage au fondateur de la nouvelle alliance. 11 apparut aux Apôtres brillant et transfiguré, lui aussi, dans son propre corps, et il s'entretint avec' Jésus de sa passion el de sa mort. Mattb., XVII. 3; Marc., IX, 3; Luc, ix, 30-31. — L'Église grecque et latine honore la mémoire d'Élie le 20 juillet. — Ce grand prophète a élé l'objet de contes el de légendes ridicules. Voir d'Herbelot, Bibliothèque orientale, Paris, 1097, p. 491. On lui a attribué une Apocalypse apocryphe. Voir t. i,
COl. 703, et A. Harnack, Geschichte der allchrisltchen
Litteratur bis Eusebius, t. i, Leipzig, 1893, p. 853-854; Die Chronologie der allchristlichen Litteratur lus Eu-
seliius , t. I, Leipzig, 1897, p. 571-572. — Les rabbins croient qu'il exposera un jour les explications et les ré ponses qu'ils ont ajournées. Talmud de Jérusalem, Be-
rakhoth, I, 1, trad. Schwab, Paris. 1871, t. I. p. 5.
Bibliographie. — P. Dorôthéede Saint-René, carme. Les grandeurs des saints prophètes Elie et Elisée . Paris, 1655; Acta sanctorum, t. xxxu, Paris. 1868, p. 1-22; P. Cassel, Der Prophel Elisa, Berlin. 1860, proleg. vii-xvi; M'Jr Méignan, Les prophètes d'Israël, Quatre siècles de lutte contre l'idolâtrie, Paris, I8'.i2, p. 179-248; Glaire, Les Livres Saints vengés, Paris. 1815, t. n, p. 84-98; Clair, Les livres des Rois, • 1884, l. i, p. 108-177; A. Clernen, Die Wundecherichte ïtlier Elia und Elisa in den Ihtcltccn der Kioiigc, in-i",
Grimma, 1877, p. 13-31. E. Mangenot.
ELIEL — ELIEZER
ÉLIEL. Hébreu : 'Ëli'êl, « Dieu est ma force; » Septante : 'E),zir,'i ; Codex Alexandrinus : "E).ir,X. Nom de neuf Israélites.
1. ÉLIEL, un des chefs de la tribu de Manassé, à l'est du Jourdain, du temps de Jéroboam II, roi d'Israël. I Par v, 24.
2. ÉLIEL, lévite de la blanche de Caath, fils de Thohu, ancêtre du prophète Samuel I Par., vi, 34 (hébreu, 19). Il parait bien être le même personnage qu'Éliab de
I Par., vi, 27 (hébreu, 12), et Éliu de I Reg., i, 1.