II. 1-25, OÙ il avait une maison. IV Reg., VI
'-" H ne larda pas à se mêler à la politique. Les rois
d'Israël, deJuda el d'Édom s'étaient coalisés contre Mésa, roi de Btloab. Dans le désert de l'Idumée, leurs troupes manquer, mii d'eau. Dans cette extrémité, Josaphat, roi de .liui.i. demanda un prophète de Jéhovah qui pùl prier pour eux. Un serviteur du roi d'Israël désigna Elisée, le disciple familier d'Élie, celui qui versait de l'eau sur ses mains. Elisée avail dune suivi l'armée. Josaphat, qui connaissait déjà sa réputation, alla avec les deux autres rois lui demander audience. Elisée dit a Joram des paroles sévères el le renvoya aux prophètes de son père el
de sa mère, aux prophètes de Baal et d'Àstarté, qu \ h tb et Jézabel avaient introduits dans le royaume d'Israël.
Joram implora humblement son assistance en considération des rois alliés. Elisée attesta par serment qu'il ne remplirait son ministère prophétique que par égard pour Josaphat, qui était un fidèle adorateur de Jéhovah. Mais sa conversation avec Joram avait troublé son âme. Afin de calmer son émotion et de se disposer ainsi à recevoir l'inspiration prophétique, il demanda un harpiste. Tandis que le musicien jouait, l'esprit du Seigneur anima Elisée, qui au nom de Jéhovah promit l'eau pour les troupes et prédit la défaite des Moabites. Le lendemain matin, conformément à la prédiction, les eaux affluèrent du sud, du côté de l'Idumée, dans le lit du torrent. Elisée avait annoncé qu'elles ne tomberaient pas sur les troupes alliées, mais qu'elles viendraient d'ailleurs, à la suite d'un orage ou d'une trombe que l'on n'aurait pas entendu. Au lever du soleil, les Moabites aperçurent les eaux rouges comme du sang; ils crurent qu'elles étaient rougies par le sang des alliés, versé par leur propre glaive, et qu'ils n'avaient plus qu'à courir au butin. Ils éprouvèrent, au contraire, selon la prophétie d'Elisée, une défaite complète. IV Reg.. m, 9-25.
3» L'historien sacré a groupé ensuite une série de miracles dans le but de montrer qu'Elisée avait réellement hérité de la puissance d'Élie. 1. Le disciple réalise les mêmes prodiges que son maître. La veuve d'un prophète, poursuivie par un créancier impitoyable, recourt à Elisée. Pour lui procurer des ressources, celui-ci multiplie miraculeusement un peu d'huile et en remplit un grand nombre de vases vides. L'huile ainsi augmentée fut vendue, et le prix de la vente suffit non seulement à les dettes, mais encore à pourvoir aux besoins de la veuve et de ses fils. — 2. Une femme riche de Sunam donnait souvent l'hospitalité au prophète; elle lit même construire pour lui un logement séparé, qu'elle meubla convenablement. Un jour, par reconnaissance, il lui offrit d'employer pour elle son crédit à la cour. Mais elle n'avait aucun procès, et toute intervention en sa faveur était inutile. Giézi, serviteur d'Elisée, fit alors remarquer à son maître que son hôtesse n'avait pas d'enfant et que son mari était vieux. Elisée promit à la Sunamite qu'en récompense de sa généreuse hospitalité elle aurait un lils l'année suivante. La promesse inespérée s'accomplit exactement. L'enfant, devenu grand, alla un jour voir son père, qui surveillait ses moissonneurs. Soudain il se plaignit de violentes douleurs de tété; il venait probablement d'être frappé d'insolation. Revenu à la maison, il mourut sur les genoux de sa mère. Celle-ci, remplie de confiance en Dieu, porta le cadavre sur le lit du prophète et ferma la porte de la chambre. Elle tint secrète la mort de son lils, el demanda à sou mari un serviteur et une ànesse pour aller trouver l'homme de Dieu. Le mari s'étonne de cette visite, faite en un jour ordinaire, en dehors de la néoménie et du sabbat. Sa femme insiste et pari en loute hâte vers le Carmel. Des que le prophète l'aperçoit, il envoie Giézi à sa rencontre. Elle se jette aux pieds d'Elisée, et par cette attitude suppliante lui révèle le malheur qu'il ignorait. Profondément ému du chagrin de cette mère, il commande a Giézi d'aller a la maison et de placer son bâton sur la tète de l'enfant. Mais la pauvre mère entraîne le prophète à sa suite. Giézi, qui les avait
précédés, n'avait pas réussi a ressusciter l'enfant, qui restait sans voix ni sentiment. Entrant dans la chambre, Elisée recourut au procédé par lequel Élie avait ressuscité le fils de la veuve de Sarepla. Se couchant sur le cadavre, il se mil bouche sur bouche, yeux sur yeux, mains SUT mains. Le retour à la vie eut lieu progressivement. La chair de l'enfant commença par se réchauffer au contact du prophète. La foi de celui-ci ne fléchit pas. Ib lu., xi, 35. Pour calmer son émotion et attendre le résultat définitif de sa prière, il descendu el se promena dans S maison. Il remonta et se coucha de nouveau sur l'enfant, qui bâilla sepl fois et ouvrit les yeux. Il lit appeler la mère el lui remit son fils vivant. Elle, se jetant à ses
ELISEE
pieds, se prosterna la face contre terre. — 3. Étant à Galgala à l'époque de la famine, IV Reg., vin, 1, Elisée ordonna à son serviteur de préparer un potage aux fils des prophètes qui suivaient là sa direction. L'un d'eux alla dans les champs cueillir des plantes grimpantes; il ramassa plein son manteau des coloquintes i voir col. 859) dont il ignorait la nature et les coupa dans la marmite. L'amertume du potage fit croire aux disciples d'Elisée qu'on leur avait versé du poison. Ils refusèrent de manger. Le prophète prit de la farine et la jeta dans la marmite, et le potage perdit son amertume. La farine n'avait pas la propriété naturelle de détruire le goût amer des coloquintes; elle fut un moyen symbolique de rendre par miracle le bouillon potable. — 4. Dans le même temps. un homme de Baal-Salisa apporta à Elisée des prémices, vingt pains d'orge et du blé nouveau dans un sac. Avec ces provisions insuffisantes, le prophète nourrit les cent personnes qui faisaient partie de la communauté de Galgala, et il y eut des restes, grâce seulement à une multiplication miraculeuse des pains. IV Reg., iv, 1-11. — 5. Un général syrien, nommé Naaman, était lépreux. Il connut par une jeune fille juive, qui était au service de sa femme, la puissance d'Elisée, et il obtint du roi l'autorisation d'aller dans le royaume d'Israël. Il présenta ses lettres de recommandation à Joram, qui fut très embarrassé, parce qu'il n'avait pas la puissance de guérir de la lèpre. Elisée fit dire au roi d'Israël de lui envoyer le général syrien, pour qu'il sut qu'il y avait en Israël un prophète du vrai Dieu. Naaman vint donc avec de grands équipages et s'arrêta à la porte d'Elisée. Celui-ci. sans se déranger, lui fit indiquer comme remède de se laver sept fois dans le Jourdain. Irrité de ce que le prophète n'était pas venu lui-même le guérir el lui avait donné, par dérision peut-être, un remède trop simple et inefficace, Naaman s'en retournait avec indignation. Ses serviteurs lui représentèrent qu'il ne devait pas mépriser le remède, parce qu'il était d'un emploi facile. Frappé de la justesse de ce raisonnement, Naaman se baigna sept fois dans le Jourdain et fut parfaitement guéri, lui étranger, alors qu'il y avait d'autres lépreux en Israël. Luc, iv, '27. La reconnaissance le ramena auprès d'Elisée. Il confessa que le Dieu d'Israël était le Dieu de toute la terre et présenta une riche offrande au prophète. Celui-ci refusa énergiquement le moindre cadeau. 11 voulait montrer à un païen que le désintéressement distinguait les vrais prophètes des faux prophètes. Après quelque insistance, Naaman céda; mais il demanda d'emporter de la terre d'Israël la charge de deux mulets, pour former une sorte de terre sainte sur laquelle il adorerait désormais Jéhovah 11 soumit ensuite au prophète un cas de conscience. Son emploi exigerait qu'il accompagnât son roi au temple de Remmon. Pourrait -il le faire sans idolâtrie? Elisée, sans donner une autorisation catégorique, accorda au inoins une permission tacite, en considérant la démarche de Naaman non comme une participation au culte idolàtrique, mais comme un office civil qu'il remplissait auprès du roi. Noël Alexandre, Historia ecelesiastica Y. T., Paris, 1699, t. n, p. 168; Calmet, Commentaire littéral, Paris, 1724, t. n, p. 792-796. Giézi, moins désintéressé que son maître, courut après Naaman et lui demanda de l'argent. Le prophète connut par révélation l'indigne conduite de son serviteur, la lui reprocha sévèrement, et l'en punit en le couvrant de la lèpre dont Naaman avait été guéri. IV Reg., v, 27. — 6. Les fils des prophètes, resserrés dans leurs habitations, demandèrent à leur chef de bâtir sur le Jourdain un local plus vaste. Il les accompagna et fit surnager, en jetant dans l'eau un morceau de bois, la hache que l'un d'eux avait laissé tomber dans le lleuve. IV Reg., VI, 1-7.
4» Elisée se mêla de nouveau aux affaires politiques et acquit dans le royaume d'Israël une autorité grandissante. — 1. Le roi de Syrie avait attaqué les dix tribus. Instruit de ses desseins perfides par inspiration divine,
Elisée en avisa Joram et le prévint des embuscades qui lui étaient dressées. Joram occupa les lieux que le prophète lui avait indiqués, et déjoua ainsi à plusieurs reprises les projets de ses ennemis. Le roi de Syrie crut qu'un de ses officiers le trahissait; mais un serviteur lui apprit qu'Elisée révélait à Joram tout ce qui se décidait dans la salle de son conseil. Bénadad, ayant appris que le coupable était à Dothan, envoya une armée pour le prendre. La ville fut investie de nuit. Le serviteur de l'homme de Dieu, s'en étant aperçu au point du jour, en avertit son maître. Comme il était très préoccupé, Elisée le rassura et lui dit qu'il y avait plus de monde autour d'eux que dans le camp ennemi. 11 pria le Seigneur d'ouvrir les yeux du craintif serviteur, qui vit autour de lui des chevaux el des chars de feu. Les Syriens descendirent pour s'emparer d'Elisée, qui était sorti hors de la ville. Le prophète demanda à Dieu de les frapper de cécité. Puis, usant d'un stratagème bien légitime, il leur dit qu'ils se trompaient de chemin et s'offrit à leur montrer l'homme qu'ils cherchaient. Il les conduisit à Samarie. Lorsqu'ils y furent entrés, il pria Jéhovah de leur dessiller les yeux. Leur stupéfaction et leur effroi furent grands, quand ils se virent au milieu de la ville. Le roi d'Israël voulait les tuer. Elisée s'y opposa, parce qu'ils n'avaient pas été pris de vive force; il leur fit donner de la nourriture et les renvoya à leur roi. IV Reg., VI, 8-23. — 2. Quelques années plus tard, Bénadad entreprit une nouvelle guerre contre le roi d'Israël et fit le siège 'le Samarie. Bientôt une horrible famine régna dans la ville. Joram s'en prit à Elisée et s'engagea par serment à le faire décapiter le jour même. Cependant le prophète tenait conseil dans sa maison avec les anciens. Il leur apprit que le roi venait de porter contre lui la sentence capitale et leur ordonna de fermer la porte au messager sanguinaire, parce que le roi regrettait déjà l'ordre donné et accourait sur les pas du bourreau pour empêcher l'exécution. Le roi, en effet, arriva, et Elisée lui prédit la prompte cessation de la famine. Un officier, qui se moquait de la prédiction, apprit qu'il verrait l'abondance des vivres, mais qu'il n'en jouirait pas. IV Reg., VI, 31vii, 2. Les Syriens abandonnèrent leur camp, dont le pillage remplit la ville de vivres. L'officier moqueur, qui avait été placé à la porte de Samarie, fut écrasé par la foule. La double prédiction d'Elisée s'était accomplie. IV Reg., vu, 17-20. — 3. Elisée avait annoncé à la Sunamite dont il avait ressuscité le lils la famine de sept ans, dont nous avons raconté précédemment un épisode. Cette femme s'était retirée avec sa maison au pays des Philistins. Quand elle revint, ses biens étaient occupes par des étrangers. Elle alla demander justice au roi. A ce moment même, celui-ci s'entretenait avec Giézi de veilles opérées par Elisée et en particulier de la rection du fils de cette femme. Il l'interrogea elle-même et la réintégra dans ses biens. IV Reg. , vu, 1-6. — 4. Elisée alla à Damas à l'époque où Bénadad était malade. Ayant appris l'arrivée de l'homme de Dieu, le roi de Syrie envoya Hazaël avec des présents consulter le prophète sur l'issue de sa maladie. Elisée prédit que le roi ne mourrait pas de maladie, mais périrait de mort violente. Puis, dévoilant les projets ambitieux et sinistres d'Hazaël, il le fixa d'un regard pénétrant au point de le faire rougir, et il se prit à pleurer. 11 prévoyait les maux que Dieu infligerait à son peuple par la main d'Hazaël, devenu roi de Syrie. Hazaël a son retour apprit a Bénadad qu'il ne mourrait pas de la maladie dont il souffrait; mais le lendemain il l'étouffa sous une couverture et régna à sa place. IV Reg., VIII, 7- 15. — 5. Élie avait reçu la mission de sacrer Jéhu, roi d'Israël, III Reg., xix, 16; mais la vengeance divine sur la maison d'Achab avait été retardée. Plus heureux que son maître, Elisée assista a la chute de la dynastie idolâtre et en fut même l'instrument. 11 envoya un de ses disciples a Raraoth- Galaad, oindre en secret le futur roi. Le message fut
ELISÉE - ELISÉE (FONTAINE D'i
fidèlerai I le disciple du prophète indiqua
à l'élu que Dieu le chargeait de détruire la maison ■ l'A hab et de venger dans le sang de Jézabel le sang des prophètes. IV Reg., ix, 1-10. Apres l'avènement 'le Jéhu, Elisée disparut de la scène; il se retira sans doute dans la solitude et ne juua aucun rôle politique sous la nouvelle dynastie. Il reparut seulement du temps de Joas, petit-fils de .féhu. Il était atteint de la maladie dont il mourut, quand ce roi vint le voir. Tout impie qu'ail été .loas, il comprenait cpie le prophète moribond était ire un des pins fermes soutiens du trône, et il était
de Samarie. V. Guérin, Samarie, 1875, t. n, p. 203-204. L'année de la mort d'Elisée, des pillards moabites firent
une incursion dans le royaume d'Israël. Des hommes qui étaient occupés à ensevelir un défunt fuient effrayés par leur approche, et déposèrent précipitamment le cadavre dans le sépulcre d'Elisée. Dés que son corps eut louché les ossements du prophète, le défunt revint à la vie et se dressa sur ses pieds. IV Reg., XIV, 20- 21. Dieu voulait honorer par ce miracle la mémoire du héraut de son culte et du grand thaumaturge. L'auteur de l'Ecclésiastique, xi.vm, 13-15, en faisant l'éloge d'Elisée, rap-
Fontaine d'Elisée, D'après une photographie.
désolé de le perdre. Répétant à dessein les paroles qu Elisée avait prononcées à l'enlèvement d'Ëlie, il s'écriail en pleurant : « Mon père, mon père, char d'Israël et sa cavalerie! o Pour consoler le loi. Elisée lui prédit par un acte symbolique ses succès futurs. Il lui dit de bander un arc et de tirer une Mèche; mais lui-même plaça ses sur celles du royal tireur, pour montrer que le l'ait symbolisé par le trait lancé' serait l'œuvre de Dieu. ■ i il' ilie. dirigée par la fenêtre vers l'est, était envoyée éhovah contre la Syrie, pour sauver Israël. Joas
devait être victorieux à Aphec. Elisée lui ordonna ensuite
■Je frapper le sol de traits, Joas se borna à décocher trois
S. Le prophète, tout affligé, lui reprocha s nanque
■ le persévérance, disant : » Si vous aviez frappé- cinq,
six ou sept coups, vous auriez, exterminé la Syrie; mais . la battrez que trois fois, g IV 11. 'g., XIII, 14-19. e mourut bientôt après dans un âge avancé'.
Joséphe, Ant.jud., IX. vu i, 0, dit qu'on lui lit de magnifunérailles. Son ore 'lu temps
de i inl féi n ■■ 14 am, t. xxv, col. 1099, auprès
pelle deux fois la résurrection opérée par le contact de ses ossements.
La fête d'Elisée est inscrite au martyrologe romain
à la date du 14 juin. Les ossements du prophète fuient arrachés a son tombeau sens Julien l'Apostat. Quelquesuns, que l'on conserva, furent donnés a saint Athanase et transportés, en iéé!, i Alexandrie et plus tard à Constantinople. Sur le culte d'Elisée, voir .le/et sanctorum, IV jnnii, l'aris, 1807, t. xxui, p. 273-275. Cf. Cassel, lier Prophet L'Usa, Merlin, 1800; Clair, Les livres ./es Ums, Paris, 1884, t. i, p. 177-187; Mn'Meignan, Les prophète» d'Israël. Quatre siècles de lutte contre l'idolâtrie, l'aris, 1*02, p. 249-323. E. Mangekoi,