ELUS — EMAIL
Lacordaire, lxx' Conférence de Notre-Dame, 1851;
. Le Créateur et la créature, m, 2, trad. de Valette, Paris, 1858, p. 270-281; Progrès de l'àme, xxi, trad. de Bernhardt, Paris, 1850, p. 373-388; M, -rie, L'autre vie, Paris, 1880, t. n, p. 181-194; Liagre, In SS. Matth. et Mure, Tournai, 1883, p. 339; Monsabré, Conférences de Notre-Dame, 1889, vie confér.; Knabenbauer, Evang. sec. Matth., Paris, 1893, t. Il, p. 178, 247; Maman, Élus
wés, Marseille, 1890, p. 87-128. — 4. Si l'on a pu tirer des paraboles évangéliques des conclusions contraires ou favorables à la croyance au grand nombre des élus, il ne faut pas oublier que Notre -Seigneur a formellement évité de se prononcer sur ce sujet. A la question théorique qu'on lui posa un jour : « Seigneur, sontils rares ceux qui se sauvent? » il répondit en donnant un conseil tout pratique : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite. » Luc, xm, 23, 24. On ne peut du reste fonder aucune présomption, quant au nombre des élus, sur les paraboles évangéliques. Dans la parabole des ouvriers de la vigne, Matth., xx, 1-10, tous sont récompensés; dans celle des vierges, Matth., xxv, 1-13, cinq vierges sont reçues et cinq sont rejetées; dans celle des talents, Matth., xxv, 14-30, deux serviteurs sont récompensés et un troisième est puni , etc. La question du nombre relatif des élus parait donc être une de celles dont Notre -Seigneur s'est réservé le secret. Toutefois les textes évangéliques sur lesquels on appuie d'ordinaire la théorie du petit nombre peuvent être entendus dans un sens beaucoup plus large qu'ils ne l'ont été par les anciens, tout au moins en ce qui concerne la proportion de ceux qui se sauvent parmi les chrétiens.
H. Lesétre.
ELUSAI ( hébreu : 'Él'ûzay, « Dieu est mes louang - ; » Septante: 'AÇxî; Codex Alexandrinus : 'EXiuÇOi un des guerriers de la tribu de Benjamin qui se joignirent à David pendant son séjour à Siceleg. I Par., XII, 5.
ÉLYMAÏDE (Septante : 'EXujutf;), province de Perse.
I. Description. — L'Élymaïde est ordinairement considérée comme une partie de la Susiane, mais ses limites sont très difficiles à établir. Strabon, XI, xm, semble étendre ses limites au nord jusqu'à la Grande Médie; ailleurs, XVI, 1.8, il la nomme parmi les provinces situées à l'esl de la Babylonie, et XVI, i, 18, il la place dans les régions montagneuses qui s'étendent au nord de la Susiane jusqu'au moul /.agios. D'après Pline, //. A'., VI, xx VII, 111, 134, 135, et Ptolémée, VI, 3, l'Élymaïde aurait eu pour limites l'Eulaeus, l'Oroatis, sur la frontière de la Perside et le golfe Persique. 11 est probable que l'Élymaïde varia d'étendue, suivant les succès et les revers du peuple belliqueux qui l'habitait. Dans sa plus grande étendue, elle comprit les provinces de Gabiane et de Corbiane. Strabon, XVI, i, 18. Voir la carte d'ÉLAM. — Les montagnards de l'Élymaïde étaient des guerriers vaillants et d'habiles archers. Les habitants de la plaine se livraient à l'agriculture. Ils possédaient îles temples dont les richesses tentèrent Antiochus III le Grand. Celui-ci
essaya de piller le temple de Bélus, mais il fut massacré par la population. Strabon, XVI, i, 19; Diodore de Sicile, xxvm, 3; xxix, 18. Cf. U Mach., i, l-io, et voir t. i, col. 692.
II. L'ÉLYMAÏDE dans la Bible. — Le seul passage de la Sainte Écriture où se trouve le mot Élymaïs ou Élymaïde a donné lieu à de vives discussions, Dans le texte reçu el la tradition de la Vulgale de I Mach., vi, I, il est dit qu'Antiochus IV Êpiphane, ayant appris qu'Élymaïs possédait de grandes richesses, et en particulier des tissus d'or, des cuirasses et des boucliers, qu'Alexandre le Grand \ avail laissés, en ex-voto, dans un temple, chercha à s'emparer de 1 . < ville pour la piller. 11 ne put
y réussir; le> habitants, instruits de ses desseins, tirent
une résistance énergique; il dut s'enfuir el se réfugier à Babylone. Dans 11 Mach., ix, 2, la ville qu'il as
ainsi est nommée Persépolis. La leçon du texte reçu de
I Mach., vi, 1, est fautive. Il faut lire selon les meilleurs manuscrits : 'Ett'iv èv 'EXouaiSe, Êv T»j HepaESi, nàXtç ïvSoÇoç. « Il y a en Élymaïde, en Perse, une ville célèbre. » La ville d'Élymais n'existe pas, et il s'agit ici de la province d'Élymaïde. Le nom de la ville n'est pas donné. Dans
II Mach.. ix, 2, le sens est le même, Persépolis signifie simplement « une ville de Perse ». Le temple que voulut piller Antiochus IV Êpiphane était le temple de la déesse Nanée. II Mach., ix, 2. Josèphe, Ant. jud., XII, ix, 1, appelle cette divinité Artémis, ci. S. Jérôme, In Dan., xi, 44, 45, t. xxv, col. 573; Pline, H. N., VI, xxvn, 134; c'est aussi le nom que lui donne Polybe, xxxi.11; Appien, Syr., p. 00, l'appelle Aphrodite. On a trouvé dans cette région un grand nombre de petites statues de la déesse Anaïtis. U. K. Loftus, Traveh and lleiearches m Chaldica and Susiana, in-8J, Londres, 1856, p. 379. C'est très probablement la même divinité qui est désignée sous ces noms divers. Voir Nanée et Antiochus 3, 1. 1, col. 098-700. — La ville qui n'est pas nommée dans les Macbabées peut être Suse, la ville la plus importante de la Médie, une des capitales des rois perses. Pline nous apprend, H. N., VI, xxvn, 135, qu'il y avait là un temple consacré à Artémis, c'est-à-dire, sans doute, à Nanée. Voir Vigouroux, Les Livres Saints et la critique rationaliste, 4e édit., t. iv, p. 626. E. Beirlier.
ÉLYMAÏS. Voir ÉLYMAÏDE.
ÉLYMAS, magicien appelé Barjésu t roir ce mot, t. i, col. 1401), que saint Paul frappa d'aveuglement en face du proconsul de Chypre. Act., xm, 6-12.
ÉLYMÉENS. Voir Éliciens el Élamites.
ELZABAD (hébreu : 'Élzâbâd,o Dieu donne » [Théodore] ; Septante : 'EX7]fr@â6; Codex Alexandrinus: 'EXÇotëa5), fils de Séméias, lévite de la branche de Coré et de la famille d'Obédédom el portier du Temple. I Par., xxvi, 7.
ELZÉBAD (hébreu : 'Élzàbâd, comme le précédent; Septante: 'EXiaïép ; Codex Alexandrinus: 'EXc(i6âS),
guerrier de la tribu de Gad, qui se joignit a David [pendant qu'il se cachait dans le désert, devant Saul. I Par., XII, 12.
ÉMAIL, sorte de vernis, obtenu par la vitrification de certaines substances fusibles, dont on se sert pour recouvrir la brique, la poterie, la faïence, les métaux, et auxquelles on ajoute des oxydes métalliques pulvérisés, selon les couleurs qu'on veut obtenir. L'émail était connu et employé par les Assyriens, plus encore par les Cbaldéens et ensuite par les Perses, qui l'empruntèrent à ces derniers.
I " lin Assyrie, la décoration des murailles dans les palais a inoins souvent fait usage de la brique entaillée que de bas-reliefs en pierre, ou de peintures à fresque sur une sorte de mastic ou stuc. On la trouve cependant foi niant le parement des murs au-dessus des sculptures, Layard, Monuments of Nineveh, t. n. pi. 13, ou bien servant à l'ornementation des portes, comme on peut s'en faire une idée par la superbe archivolte émaillée, découverte dans les ruines de Khorsabad. Place, Ninive, t. m, pi. 16; cf. t. i, p. 233.
2° Mais à Babylone, où l'on n'avait pas la ressource de la piei ie, et oii la peinture à fresque n'eût pas offert assez de résistance à l'air humide, surtout pour les murs extérieure, on employa de préférence la brique émaillée. Les moindres fouilles font apparaître de grandes que de ces briques; malheureusement l'état des ruines de la Chaldée et surtout de Babylone n'a pas permis jusqu ici de trouver des sujets entiers ou des fragments de déco-
KM.VIL — EMAN
ration aussi considérables qu'en Assyrie. Ce qu'on a découvert toutefois montre la supériorité de la fabrication babylonienne: l'émail est plus épais, plus solide; contrairement à l'émail de Khorsabad ou de Nimroud, qui, exposé à l'air après les fouilles, s'est effrité et terni, celui de Babylone demeure inaltérable. Les scènes les plus variées ornaient les murs des palais; Diodore de Sicile, 11, vin, 4, nous en décrit quelques-unes d'après Ctésias, qui avait habité Babylone : i On voyait toute espèce d'animaux dont les images avaient été imprimées sur les briques encore crues; ces figures imitaient la nature par l'emploi des couleurs... Sur les tours et sur les murailles, on voyait toutes sortes d'animaux, imités selon toutes les règles de l'art , tant pour la forme que pour la couleur. Le tout représentait une chasse de divers animaux, dont les proportions dépassaient quatre coudées. » Disons, en passant, qu'on se ferait une idée inexacte de ces images en prenant à la lettre les expressions de Diodore parlant d'imitation de la nature selon toutes les règles de l'art. Les sujets découverts jusqu'ici ont. montré qu'hommes, animaux, arbres, sont dépouillés de leurs couleurs naturelles, pour en revêtir de conventionnelles ou d'arbitraires. Bérose, De rébus Babyl., i, £ 4. dans Fragmenta liistoricor. grsecor. édit. Didot, t. il, p. 497, a sans doute en vue des scènes semblables quand il parle des peintures du temple de Bel, où « toutes sortes de monstres merveilleux présentaient la plus grande variété dans leur forme ». Pour composer ces tableaux qui décoraient les murs, il fallait un grand nombre de briques; et pour les disposer à leur place, il était nécessaire de les marquer auparavant d'un signe ou d'un numéro d'ordre. Mais un travail plus difficile encore, c'était de répartir sur chaque brique la partie exacte du dessin général, en sorte que la juxtaposition des diverses briques constituât un ensemble parfait. Le moyen , « c'était de préparer d'avance, comme nous dirions, un carton sur lequel des lignes tracées à la règle indiqueraient cette répartition. Les briques étaient ensuite façonnées, modelées et numérotées; puis chacune d'elles recevait la portion du fond ou du motif qui lui était assignée par le numéro d'ordre qu'elle portait et qui correspondait aux chiffres inscrits sur le modèle. La couleur était appliquée sur chaque brique séparément; ce qui le prouve, c'est que sur la tranche de beaucoup de ces fragments, on voit des bavures qui ont subi la cuisson. » Perrot, Histoire de l'art, t. n, p. 301 ; cf. p. 295-310, 705-708; E. Babelon, Manuel d'archéologie orientale, in-8", Paris, 1888, p. 127-131. Les briques émaillées étaient fixées à la muraille soit à l'aide de bitume, comme à Babylone, soit par le moyen d'un mortier bien moins tenace, comme à Ninive. — Il est difficile de ne pas voir une allusion à ces briques émaillées de la Chaldée dans la description que fait Ézéchiel, xxm, 14, 15. Ooliba, qui représente Jérusalem dans celte prophétie, s'est passionnée pour les enfants d'Assur au point de vouloir les imiter. « Elle a vu, des hommes représentés sur la muraille, des images de Chaldéens peintes au vermillon, une ceinture autour des reins, la tête ornée d'amples tiares de diverses couleurs, tous semblables à des guerriers, des portraits de Babyloniens issus de Chaldée. » Rien ne devait, en effet, frapper d'admiration les captifs de Babylone comme ces scènes de guerre, de chasse, ces représentations de génies, de dieux, qui se déroulaient le long des murs en couleurs éclatantes; presque toujours le fond est bleu, et les personnages sont en jaune, en rouge, avec des détails en noir ou en blanc. Voir Couleurs , t. n, col. 1068-1869. Dans les idoles de la maison d'Israël, que le prophète (Ezech., vin, 10, 11) aperçoit aussi en visions peintes sur les murs du Temple de Jérusalem, on a vu des figures représentées sur des briques émaillées. Ézéchiel est en Chaldée, dit -on, rien d'étonnant à ce qu'il conserve la couleur de ce pays dans ses visions. Cependant il serait peut-être plus juste, d'après le contexte, d'y voir des emprunts au culte égyptien.
3" De Chaldée, sa vraie patrie, l'émail a passé en Perse. C'est dans ce pays que les fouilles ont mis à jour les plus beaux spécimens de cet art, tels que la frise des Archers et la frise des Lions. Il est curieux qu'aucun historien ancien n'y fasse allusion : plus d'un cependant a décrit les palais des Achéménides. Perrot, Histoire île l'art, t. V, p. 548-551; E. Babelon, Manuel d'archéologie orientale, p. 179-184. Ainsi l'auteur du livre d'Esther n'en fait aucune mention. De même l'écrivain grec qui a composé le Traité du monde sous le nom d'Aristote, Uîq\ xotu.o'j, vi, parle des palais de Snse ou d'Ecbatane, « où étincelaient partout l'or, l'électrum et l'ivoire, i> et il ne dit pas un mot des briques émaillées, qui formaient cependant une des plus remarquables décorations de la résidence royale. De même plusieurs auteurs, qui n'emploient pas le mot -r,),EXTpôv, parlent également des revêtements de métal ou d'ivoire sans mentionner les émaux. Et il est à remarquer que le goût de ces applications de métaux précieux s'est conservé dans la Perse moderne. Perrot, Hist. de l'art, t. v, p. 550. D'autre part le mot f^.Ex-rpdv avait certainement le sens d'alliage d'or et d'argent dès le vi» siècle avant J.-C. ; les lingots d'électrum envoyés par Crésus au temple de Delphes, Hérodote, i, 50. désignent certainement cet alliage. C'est aussi avec cet alliage que furent frappées les plus anciennes monnaies de Lydie. De plus dans la description de la demeure de Ménélas, Odyss., îv, 73, mentionne les revêtements d'or, d'argent et d'électrum (qui ne peut guère être ici qu'un métal). Cf. Iliad., xm, '21; XVIII, 369. Quand Homère veut parler de frises émaillées, comme dans la description du palais du roi des Phéaciens, Odyss. , vu, 84, 90, il emploie l'expression Bpiyxôç X'jâvoio, " frise île verre bleu. » C'est le x\iavo; uxEUaatôç, kyanos artificiel, ou xOavoç "/'jtô;, kyanos fondu, de Théophraste, De lapid., 39, 65, qui ne saurait être que de l'émail. Perrot, Hist. de l'art, t. vi, p. 558-560. Cependant quelques auteurs pensent que le mot f^EXTpôv a été appliqué quelquefois à l'émail, comme d'après eux ce serait également le sens du liaSmal hébreu. Mais si certains auteurs du moyen âge ont employé le mot électrum dans le sens d'émail, c'est très probablement parce que les émaux dont ils parlent ont été exécutés sur un alliage d'or et d'argent. E. Molinier, VEmaillerie, in-12, Paris, 1891, p. 13. Il faut noter aussi que Suidas, Lexicon, édit. Gaisford, Halle, 1893, p. 833, définit l'électrum une espèce d'or où l'on a mélangé le verre et la pierre, émail qui rappelle la table de sainte Sophie. C'est probablement de là qu'est venu à l'émail la dénomination d'électrum. Voir Électrum, col. 1656. E. Levesque.
ÉMALCHUEL (Septante: Eèfjitiîixouai; CodexAlexandrinus : Eiv|ia).xou;rj ; Sinaiticus et Yenetus : 'I|i.ï>xouÉ), chef arabe, à qui Alexandre Ie1' Balas, vaincu et réfugié dans ses États, confia son jeune fils Antiochus, encore en bas âge. Quand Tryphon, partisan d'Alexandre contre Démétrius, réclama le jeune prince pour l'élever sur le trône, Émalchuel le lui rendit, mais non sans difficulté, à cause des craintes qu'il avait sur son sort. I Mach., xi, 39; cf. Joséphe, Ant. jud., XIII, v, 1, qui l'appelle Mil/o;, et Diodore de Sicile, qui le nomme ÀtoxXéç, dans C. Mùller, Fragmenta liistoricorum ijrœcorum , édit. Didot, 1848, t. II, § XX, p. xvi. La forme Malkou, qui rappelle le Mi/yo: de Josèphe, est fréquente dans les inscriptions de Palmyre. Voir Journal asiatique, septembre 1897, p. 31 1-317.
ÉMAN. Hébreu: Hêmdn. Nom, dans la Vulgate, de deux ou trois Israélites.
1. ÉMAN (Septante: Aipouiv; Codex Alexandrinus : Alpuxv), troisième fils de Zara dans la descendance de Juda. I Par., n, 6. Il est donné comme frère d'Éthan, Chalcal et Dara ou Darda ; or quatre personnages de même nom sont mentionnés dans III Reg., iv, 31 (hé-
EMAN
EMATI1
breu, v, 11), comme célèbres par leur sagesse, à laquelle on compare celle de Salomon. Sur l'identification du lils de Zara avec ce sage, que la Vulgale nomme Héman, véritable orthographe de ce nom, voir Héman 2 et Éthan 1.
2. ÉMAN (Septante: Aiu.dcv), lévite, descendant de Caath, chef des chanteurs du Temple au temps de Salomon, II Par., v, 12; il est nommé sous sa forme véritable. Héman, I Par., vi, 33; xv, 17, etc. Voir Héman 3.
3. ÉMAN (Septante : Aluâv), Ezrahite, auteur du Ps. lxxxvii . I , d'après le titre. Son nom, ainsi écrit dans la Yulgate, l'est ailleurs sous la forme Héman, qui est la véritable orthographe. L'identification de ce personnage n'est pas sans difficultés. Voir Héman 2 et 3 et Ezrahite.
1. ÉMATH (hébreu : IIâmât,« forteresse, citadelle; 9 une fois, Hniudt rabbdh, « Émath la grande, » Am., vi, 2; Septante: Ai|uc6, Num., xm. '22; xxxiv, 8; IVReg., xiv, 25, 28; xvn, 24, 30; xvm, 34; xix, 13; xxv, 21; II Par., vu, 8; .1er., xxxix, 5; lu, 27; Am., vi, 15; 'EaiG, Jos., XIII, 5; IV lieg., xxin, 33; Is., xxxvi, 19; xxxvn, 13; 'Hfi-,'0, II Reg., vin, 9; III Reg., vin. 05; I Par., xm, 5; xvm, 3, 9; II l'ai ., vm, i; Jer., xlix, 23; Ezech., xlvii, 20; XLVI1I, 1; Zach., ix, 2; Codex Vaticanus, Axêù 'E|±i6; Codex Alexandrinus , Ao6i> 'H(j.i6, Jud., m, 3; 'Eu.atpocêêi, Am., vi, 2; Vulgate : Hemath, I Par., xvm, 3, 9; Emath partout ailleurs), une des plus anciennes et des plus importantes villes de la Syrie, située sur l'Oronte, et capitale d'un territoire appelé 'érés Ifâmàt,-^ 'EfuxQ ou Al(ti6, " terre d'Émath, » IV Reg., xxin, 33: xxv, 21 ; .1er., xxxix, 5; lu, 9; *i 'A|a*0Cti; -/.w?», I Mach., xn, 25. Ce territoire, dans lequel se trouvait Rébla ou Réblatha, IV Reg., xxiii, 33; xxv, 21 ; .1er., xxxix, 5; lu, 9, 27, formait par sa partie méridionale, plusieurs fois mentionnée sous le nom d' « entrée d'Émath », la frontière nord de la Terre Promise. N'uni., xm. 22; xxxiv, 8; Jos., xm, 5; Jud., m, 3; III Reg., vm, 05; I Par., xm, 5; II Par., vu, 8; IV Reg., xiv, 25; Ezech., xlvii, 10, 17; xlviii, 1; Am., vi, 15. Le mot Aaëw ou Aoêt'o, qu'on rencontre dan Septante, Jud., m, 3, avant 'Ejià'j, n'est que la
transcription littérale de l'hébreu : lebù' ffàmâf, jusqu'au l'entrée d Émath ». Les premiers habitants de la contrée étaient des Chananéens, que la Bible appelle ffamâfi. Gen., x, 18; I Par., I, 10; Septante : & 'Aiisc'ii; Vulgate : Amathteus, Gen., x, 18; Ûamathseus, 1 Par., i, 16. Émath est peut-être appelée aussi Émath Suba (hébreu: Jfâmài §àbâh), Il Par., vm, 3. Voir Emath S lu a.
I. Nom. — Le nom de U'inutt se rattache, suivant Gesenius, Thésaurus, p. 4*7, à la racine Ifâniàh, « entourer île murs; » arabe : hamà', « défendre, protéger. » Il indique donc une « place forte »; nous verrons, en effet, tout à l'heure l'importance de la ville. Ce nom s'est maintenu sans changement jusqu'à la domination grecque, et on le retrouve sous la même forme en égyptien et en assyrien. La transcription hiéroglyphique a gardé l'aspiration initiale : *|* \. ^ ~~ iAa , ^fo-rw-t(tt) = rron,
ffâmâf. Cf. W. Max Muller, Asien undEuropa achn altâgyptischen Denkmâlern, Leipzig, 1893, p. 250. L'écriture Cunéiforme a parfois adouci cette aspiration et remplace keth par aleph; on lit, par exemple, dans les Fastes de Sargon, lignes 33, 36, 19, 56; ^< \\ ^| ^Hî! *~"!<> A-ma-at-li. Mais on rencontre aussi (màt) ]ja-ma- {at)-li , ffa-am-ma-at-ti: Ifamatti.CÎ. E. Schrader, Die Keilituchriften und das Aile Testament, Giessen, 1883, p. 105, 323. Pour la distinction qu'on a voulu voir cul;. Amattu et llaiitaita, cf. Fried. Delilzsch, Wo lag das Paradiesï Leipzig, 1881, p. 276, el E. Schrader, Keilinschriflen, p. 100. — Sous les Séleucides, le nom de llninùi fut changé en celui d'Epiphania, 'Emsâveta, en l'honneur d'Antiochus IV Ëpiphane. Cf. Josèphe, Ant. jud., I. vi. 2. Le Talmud d< le même nom en l'écor-
chant un peu, x>:-:î, Pafunya'. Cf. A. Xeubauer, La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 304. Mais, suivant une loi qu'on remarque pour la plupart des noms grécisés de la Palestine, la dénomination primitive a reparu en arabe et a subsisté jusqu'à nos jours. Abulféda, qui fut gouverneur de la ville, l'écrit sl^-=w, Pâmât, et commence ainsi la courte description qu'il en fait dans sa Tabula SyrUe, édit. B. Kœhler, Leipzig, 1700, p. InS : « Hainat, cité antique, dont parlent les livres des Israélites. »
IL Identification et description. — C'est peut-être ce changement de nom qui a induit en erreur certains auteurs anciens, dont les uns ont confondu Émath avec Antioche, les autres avec Émése, A pâmée, etc. Ou a même trouvé Épiphania trop éloignée de la Palestine pour représenter la cité dont nous nous occupons. Cf. Reland, Palseslina, Otrecht, 1714, t. i, p. 119-123. Il est permis de s'étonner de ces méprises, car tout concourt à justifier l'identification de l'ancienne Jfâmât avec la ville actuelle de Haniah (fig. 551), non seulement le nom, mais la position conforme aux données de l'Écriture. Celle-ci, en effet, ne dit pas que la cité des bords de l'Oronte ait été o dans les limites » de la Terre Promise; elle se sert de son « territoire » pour déterminer la frontière septentrionale du pays assigné par Dieu à son peuple d'une manière durable. Si le royaume des Israélites s'étendit, sous David et Salomon, bien au delà de la Palestine, ce ne fut que d'une façon temporaire.
L'importance de l'Émath biblique, depuis les temps anciens jusqu'à la fin de l'époque prophétique, correspond à l'importance de sa situation. Placée dans la vallée de l'Oronte, à peu près à mi-chemin entre la
mi ce de celui-ci, près de Baalbek, et l'extrémité du coude qu'il fait vers la Méditerranée, elle commandait naturellement tout le pays arrosé par le lleuve, depuis les ondulations de terrain qui séparent son cours de celui du Léitani jusqu'au défilé de Daphné, an-dessous d'Antioche. Le royaume touchait ainsi à ceux de Damas au sud, de Soba à l'est, et à la Phénieie à l'ouest. I Par., xvm, 3; Ezech., xlvii, 17; xi.vni, 1; Zach., ix, 2. La ville actuelle, située à 46 kilomètres au nord de lloins, à l'est de la chaîne côtière du Djebel Ansariyëh, au pied occidental du Djebel 'Ala, est bâtie en grande partie sur les pentes rapides de la rive gauche de l'Oronte; elle s'annonce par deux monticules en pain de sucre, nommés les Cornes de Haroah. Elle occupe l'un des sites les plus pittoresques de la Syrie. Vue des hauteurs, elle semble divisée en plusieurs bourgs par des jardins et des vergers, qui serpentent en détroits verdoyants entre les maisons blanches. Des bords du lleuve elle apparaît plus curieuse encore, grâce aux terrasses fleuries du rivage et aux énormes roues des norias, dont on se sert pour élever l'eau. Le Xahr el-Asi coulant entre deux berges élevées, il a fallu recourir à ces lourdes machines, dont quelques-unes ont OS mètres de circonférence, et qui. mises en mouvement par le courant du lleuve, tournent avec un bruit tout à fait bizarre. » En amont el en aval, la bailleur moyenne des rives au-dessus du lit lluvial esl de 60 à 70 mètres; aussi l'irrigation est-elle très difficile, et les riverains se bornent pour la plupart à cultiver les zhur ou « étroits », c'est-à-dire les lisières du sol bas qui longent le courant au-dessous des falaises, et qui ont en certains endroits jusqu'à 500 mètres de largeur; ces terrains d'alluvion, d'une extrême fertilité, produisent des légumes de toute espèce, surtout des oignons, le cotonmer, le sésame; les terrains de la haute plaine, jusqu'au
désert, son! cultivés en orges et eu froments, d'une excellente qualité et très recherchés pour l'exportation. L'industrie de llamali, inférieure à celle de Homs, consiste principalement dans la fabrication d'étoiles de soie et di i É. Reclus, L'Asie antérieure, Paris, 1884, p. 764. L'Oronte traverse la ville du sud-est au nord-ouest, et on le franchit sur quatre ponts. Le quartier le plus élevé.
ÉMATH
nommé elr'Aliyât, « les Hauteurs, » est au sud-est, à 45 mètres au-dessus de la rivière. Les autres quartiers sont : la colline du château, au nord; le quartier de Baschoûra, au nord -est; le Hâret Scheikh Ambar el- 'Abd, sur la rive gauche, et le Hâret Scheikh Mohammed el-Haourâni. Le quartier chrétien, au nord -ouest, est connu sous le nom de Hâret ed-Dahàn. Les mosquées sont nombreuses, avec de gracieux minarets; la plus grande est une ancienne église chrétienne. Du château situé sur la rive gauche, il ne reste guère que des amas de décombres et quelques pierres du talus. A l'angle nord- ouest de la ville, à l'endroit où le fleuve tourne au nord, se trouvent dans les rochers de la rive droite un
sous le règne de David qu'il est question de sa puissance. Le roi qui gouvernait alors son territoire s'appelait Thoû (hébreu : Tô'i). Ayant appris les nombreuses victoires du monarque israélite, surtout celle qu'il avait remportée sur son redoutable voisin, Adarézer, roi de Soba , il chercha à gagner les bonnes grâces du vainqueur, en lui députant une ambassade. « Il envoya Joram (Adoram. I Par., xviri, 10), son fils, le complimenter et lui rendre grâces de ce qu'il avait vaincu Adarézer et avait taillé son armée en pièces. Car Thoù était ennemi d'Adarézer. Joram apporta avec lui des vases d'or, d'argent et d'airain, que le roi David consacra au Seigneur, avec ce qu'il lui avait déjà consacré d'argent et d'or pris sur toutes