Sites divers attribués il l'Emmaùs de l'Evangile
saleni. dit une description de l'époque, par devers soleil Vespasien établit une colonie de huit cents vétérans, et couchant, avait une fontaine que l'on apelait la fontaine mauz. Le chastel des Emauz est de lez. On disait qu'a celé fontaine s'assit Nostre-Sire avec ses .ij. disciples, quant ils le connurent à la fraction du pain. » Pèlerinages français des .v//e et xme siècles, in-8», Genève, L882, p. 159. Cf. ibid., p. 47, 99, 104, 170, 186; Eretellus, Loca Sancta, t. ci.v, col. 1050; Jean de Vur/.bourg, Descriptio T. S., ibid., col. 1U79; Burkard, Descriptio T. S., 2« édit. Laurent, in-4», Leipzig, 1872. p. 77-84; Ricoldi, R '.. p. 113. Plusieurs autres donnent les mêmes renseignements. La source d Abou-Ghosch, renfermée dans la crypte de l'église, est la confirmation authentique et indubitable de la tradition mentionnée par les documents. — 5» Le P. Borelly, dominicain i 1668), signale le « chasteau
les ruines de Beit-'Ulma', situées à six kilomètres à l'ouest de Jérusalem et à un kilomètre environ en deçà de Qolouniéh et de Beit-Mizzéh. Ils auront pensé reconnaître dans ce nom celui d'Oulammaiis, donné à Emmaùs par le Codex Bezm, D. De nombreuses indications peu précises paraissent désigner encore divers autres endroits. — 7» D'après le Fr. Liévin de Hamme, Guide-indicateur de la Terre Sainte, i" édit., 3 in- 12, Jérusalem, 1897, t. il, p. 248, l'Emmaùs évangéliqùe de la tradition c'est Qobeibéh ( fig. 558 ) , petit village musulman de trois cents habitants, situé à douze kilomètres et demi i environ 60 stades) au nord-ouest de Jérusalem. Un grand nombre d'écrivains ont aujourd'hui accepté cette opinion, et Qobeibéh est, à ce titre, généralement visité par les pèlerins. Prés du village, à l'ouest, se trouve un couvent des Franciscains, avec un hospice pour les pèlerins et une eha-
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polie Làtis sur les ruines d'un ancien monastère. Près du couvent, à l'est, se voient les ruines d'une belle église de l'époque des croisades , de trente mètres de longueur sur vingt-deux et demi de largeur. La nef de gauche enclavait les restes d'une construction plus ancienne, de dix-huit mètres vingt-cinq centimètres de longueur sur neuf mètres de largeur. Des bâtiments accessoires dépendant du couvent primitif avoisinaient l'église ; ils n'ont pas été relevés. Selon les Pères Buselli et Domenicbelli, 0. M., le nom de Qobeibéh serait une transformation du nom Nicopolis, donné constamment par les chrétiens anciens à Emmaûs. Les premiers témoins de celte tradition sont sainte Sylvie, citée, d'après le professeur Gamurrini, par
■ témoignent de la vénération des Qdèles pour ce sanctuaire. A cette distance quel pourrait -il être, sinon Emmaûs? et cette maison antique, précieusement conservée dans l'église, quelle serait-elle, sinon, comme l'attestent une multitude de pèlerins, la maison de Cléophas transformée en église dont parlent les anciens?
B). Vu grand nombre de palestinologues, dont les études seront indiquées plus loin, contestent que les traditions locales authentiques, onomastique et historique, aient jamais connu et indiqué d'autre Emmaûs que 'Amo'às. Toutes les indications précédentes sont, suivant eux, des identifications forcées, pour justifier la leçon « soixante
, stades •> admise à priori. — 1" Les conjectures faites pour
6S8, - Qobeibéh. D'après une photographie de M. L. Iki.hr.
Pierre Diacre, dans son Liber de Locis Sanclis, édit. Gamurrini, in-4°, Rome. 1887, à la suite de S. Hilarii tractatus de mysteriis , p. 129, où Emmaûs est indiquée à soixante stades de Jérusalem. Le Vén. Bède, In Lucam Expositio, 1. vi. c. 24, t. xcn, col. 625, indique Emmaûs- Nicopolis à la même distance; saint Jérôme, dans la Vulgate, et la plupart des Pères l'indiquent à la même distance, ainsi que la plupart des historiens postérieurs et h-- pèlerins. Le P. Francisco Soriano, 0. M., en 1562, cité par le P. Domenichelli (voir plus loin), atteste que les indigènes appellent l'Emmaûs de la tradition Kubébé. Depuis ce temps d'innombrables relations relatent le même fait. Les RR. PP. Franciscains, institués par le saint-siège gardiens des Lieux Saints, n'ont cesse de conduire les pèlerins vénérer le site d'Emmaûs a Qobeibéh. Leur mission et leur fidélité à la remplir ne permettenl pas de croire qu'ils se sont trompés. Une source abondante jaillit à un kilomètre de l'église. Son nom, Ain- el-'Agéb, « la fontaine merveilleuse, rappelle la fontaine miraculeuse dont parlent Sozomène, saint Willibald et plusieurs historiens. L'église et le mon
rattacher à Ortàs un nom ayant quelque rapport avec Emmaûs sont antihistoriques el sans fondement étymologique. La vallée d'Ortâ et les ruines peu importantes d'un bain annexe a quelque' maison de plaisance ont jadis porté le nom de la ville de Etâm . dont les ruines sont voisines (voir Étam). IX Josèphe, Anl. ./»</.. VIII, vu, 3. Il n'y a jamais eu d'eaux thermales dans l'endroit. Voir Emmaûs I. — 2° Khamséh est le nom de nombre arabe « cinq », et saint Luc n'a pu indiquer à soixante stades un endroit qui est à plus de quatre-vingt-dix. — 3° Beit-Mizzéh = Mo?a' ou Ha-Mofâh en est a moins de quarante, comme Qastal. — 4° Qolouniéh, à trente et quelques stades seulement, et 5° Beit-'Oulma', à moins encore. Le nom de Ha-Mosàh n'a guère qu'une ressemblance lointaine avec Emmaûs Si c'est lui comme plusieurs le croient, que Josèphe a transcrit par Emmaûs, c'est une transcription personnelle; il esl peu vraisemblable que saint Luc, qui a paru avant l'historien, ait précisément adopte cette transcription si peu régulière. Cet évangéliste coi ordinairement aux noms de localités leur forme hébraïque: 'A|iûa« était la forme régulière, et elle existait déjà dans
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la Bible des Septante. — 6° Si les auteurs sacrés eussent connu deux Emmaùs voisins l'un de l'autre dans une même province, ils les eussent distingués. L'étymologie de Qobeibéh et de Naqùba', outre son peu de probabilité, est contredite par l'histoire, qui place certainement Nicopolis ailleurs. Les Pères et les historiens anciens connaissent un seul Emmaùs. Les pèlerins se fussent ralliés autour d'un nom, à soixante stades, ayant quelque ressemblance avec Emmaùs, s'il y en eut eu un. Gamurrini a attribué à sainte Sylvie une citation de Pierre Diacre, empruntée aux exemplaires de la Vulgate en cours au XIIe siècle. Bède et tous les commentateurs que l'on peut nommer ont fait de même; nul d'entre eux ne cite la tradition locale, que la plupart ne connaissent pas. Le seul nom en Terre Sainte incontestablement identique à Emmaùs, c'est 'Amo'às. La localité qu'il désigne est la seule que les anciens et les indigènes aient indiquée pour l'Emmaùs de saint Luc, depuis le IVe siècle jusqu'au xii". Les documents sont clairs, formels et unanimes. Voir Emmaùs 1. Au XIIe siècle, les chrétiens de la Palestine ne connaissaient pas encore d'autre Emmaùs, leurs évangéliaires en font foi. Plus tard , lorsque les pèlerins sont seuls avec les guides du pays, ils trouvent toujours Emmaùs à l'extrémité, de la plaine de Ramléh, près de Latrùn ; mais ils le trouvent dans les montagnes, quand ils sont avec des guides occidentaux. Comparer le Voyage (anonyme) de la saincte cité de Hierusalem fait l'an 1480, édit. Schefer, in-8", Paris, 1882, p. 68 et 98; Christ. Fùrrer von Haimendorf (1565- 1567), Itinerarium /Egypti , Arabise, Paleslinx, Syriœ, in-4°, Nuremberg, 16-21, p. 50 et 88. Au xvii" siècle encore, le P. Michel Nau, S. J., venant de Ramléh à 'Amu'às et visitant son église, constate que les « chrétiens du pays croient que c'est là Emails, et que cette église est le lieu où les deux disciples reçurent le Sauveur le jour de la résurrection » ; puis il cherche à persuader que c'est une erreur provenant de ce que Emmaùs est traduit dans l'Évangile arabe par Amoas, nom de ce village, et que la distance de soixante stades, indiquée dans ce même Évangile, devrait les désabuser, s'ils savaient ce que c'est qu'un stade. Le voyage nouveau de la Terre Sainte, in-12, Paris, 1679, p. 45-46. Le raisonnement du P. Nau a dû être celui des croisés. En arrivant, ils acceptèrent simplement la tradition des chrétiens du pays ; les récits d'Albert d'Aix et de Guillaume de Tyr l'insinuent. Les relations de l'higoumène russe (1106) et de Phocas (1185) montrent que la tradition n'avait point changé. Après quelque temps, les clercs, ceux que l'abbé de Nogent Guibert, dans Bongars, p. 5132, appelle scienliores curiosioresque locorum, et qui identifient Ramléh avec Ramoth de Galaad, lisant « soixante stades » dans les exemplaires de leur évangile et voyant 'Amo'as à une distance beaucoup plus grande, rejetèrent celui-ci et voulurent trouver un Emmaùs à la distance correspondant à la seule leçon connue d'eux. Ne trouvant point de tradition ni de nom omophone, guidés seulement par le souvenir de la fontaine miraculeuse et des eaux d'Emmaùs, ils firent choix de Qarial , qui a une source abondante et dont la distance n'est pas bien éloignée de soixante stades. Les croisés partis, le souvenir de leur Emmaùs disparut avec eux. Ceux qui vinrent ensuite durent chercher de nouveau. Les Occidentaux ne faisant que passer et se renouvelant sans cesse, chaque nouveau venu avait à recommencer. De là toutes les variations constatées dans les relations. Qobeibéh fut choisi aussi, comme aurait pu l'être toute localité répondant à peu près à la distance voulue. Son église et toutes les ruines qui l'entourent sont l'œuvre des chevaliers hospitaliers de Saint-Jean; les signes des tâcherons que portent les pierres et la double croix dont est marquée une pierre sépulcrale le déclarent. La construction enclavée dans l'église est une chapelle de forme grecque , où se reconnaissent le sanctuaire, la place de l'autel et celle de l'iconostase. Cet oratoire rappelait -il quelque souvenir? Les DICT. DE LA BIBLE.
croisés paraissent l'avoir cru ; mais aucun document connu ne le dit, ni n'indique lequel parmi les nombreux souvenirs de la Terre Sainte il pouvait être. En tout cela on constate la préoccupation d'accommoder l'histoire à la leçon connue. — Il n'existe aucun motif de soupçonner la tradition d'Amo'âs d'avoir été au principe une identification fondée sur la similitude du nom, après la disparition du véritable Emmaùs. Aucune tradition n'est affirmée plus catégoriquement comme telle. Lorsque saint Jérôme parle d'Emmaùs dans sa Lettre à Eustochium, c'est comme un lieu saint qu'il a vénéré avec sainte Paule et avec tous les chrétiens du pays. Peut-être tous se sontils laissé induire en erreur par Eusèbe, qui n'avait proposé d'abord qu'une conjecture. Ce n'est pas Eusèbe qui a désigné les lieux saints aux fidèles, lui les a pris d'eux. Lorsque, dans son Onomaslicon , il les désigne comme tels, c'est que déjà le peuple y va prier. 11 l'atteste lorsqu'il indique le lieu de l'agonie du Sauveur à Gethsémani, celui de son baptême à Béthabara ■, de la résidence de Job à Aslaroth-Carnaïm, du puits de Jacob à Sichem. Il ne le dit pas positivement au mot Emmaùs; Sozomène s'en chargera dans son Histoire ecclésiastique, loc. cit. Peut-être a-t-il confondu à ce sujet, et le peuple avec lui, deux faits bien différents : le passage du Seigneur avec ses disciples à une des fontaines d'Emmaùs, et le fait de l'apparition à Cléophas le jour de la résurrection? Les détails de la tradition, l'église construite devant et à distance de la ville, près du trivium, dans un endroit peu favorable, au milieu de tombeaux très probablement judaïques, où l'on montrait une maison que l'on disait celle de Cléophas, où il avait été mis à mort par les Juifs en haine du Christ, disent qu'il y avait là plus qu'un vague souvenir d'un passage du Sauveur. Ces détails sont attestés d'une manière un peu mystérieuse par saint Jérôme, par Virgilius, par Théodosius , par saint Adon et la plupart des martyrologes. L'église d"Amo'às a des caractères tout particuliers d'antiquité. Les hommes les plus compétents la tiennent pour antérieure aux constructions constantiniennes, et l'on ne voit pas qui aurait pu l'élever, sinon Jules Africain, lorsqu'il construisit Nicopolis. Il fallait donc que lui-même, pour la bâtir dans la situation où elle est, fut persuadé que là fut réellement le lieu où vint le Seigneur. Il ne pouvait y avoir alors d'autre Emmaùs connu pour celui de l'Évangile. S'il n'y en avait pas alors, au commencement du IIIe siècle, il n'y en avait jamais eu. Le passage de Jésus à Emmaùs, le jour de la résurrection, était assurément un fait mémorable entre tous; la place que saint Luc lui fait dans son Évangile prouve qu'il était bien considéré comme tel. Gardé par Cléophas, un des principaux d'entre les disciples, par Siméon son fils, lui-même peut-être un des deux témoins et l'auteur du récit (le silence sur le nom du second disciple et la couleur hébraïque de la narration permettent de le conjecturer), comment le souvenir du lieu témoin de cet événement aurait- il pu être effacé si vite, tandis que d'autres bien moins grands et bien plus loin du centre de l'Église primitive se sont conservés à travers les temps? Parmi toutes les traditions de Terre Sainte, déjà elles-mêmes d'une nature à part entre toutes les traditions historiques locales pour la sécurité, la tradition d'Emmaùs a encore pour elle des gages particuliers de véracité et d'authenticité. Si cette tradition est authentique , elle est le témoignage des disciples témoins du fait et acteurs ; saint Luc n'a pu puiser son récit à une autre source ni le donner différent : il n'a pu désigner qu" Amo'às, et, s'il l'a eu en vue, il a écrit cent soixante stades et non soixante. Manuscrits, récits évangéliques et histoire s'accordent pour le proclamer. IV. Bibliographie. — A. Mrs. Einn, Emmaùs identified, dans Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, 1883, p. 53-64; Henderson, On the Site of Emmaùs, ibid., 1879, p. 105-107; Arch. Hendeison et R. F. Hutchinson, Emmaùs, ibid., 1884, p. 2i3-248;