‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 232 sur 486 · ENDOR · texte numérisé non relu

ENDOR

l'eau avec sa palette. Voir Écritoire. Cette encre était facile à effacer. Pour la rendre indélébile il fallait simplement, selon Pline, H. N., xxxv, 25, se servir de vinaigre au lieu d'eau pour la délayer. — Dès la plus haute antiquité, les Égyptiens se sont servi d'encre rouge aussi bien que d'encre noire, comme le prouvent les papyrus où les titres et les indications liturgiques sont écrites à l'encre rouge. Les Grecs et les Latins reçurent des Égyptiens, avec le papyrus, l'usage des deux espèces d'encre, et c'est par leur intermédiaire que nous est venue l'habitude d'écrire en rouge les rubriques dans nos Bréviaires et dans nos Missels. On a trouvé dans.un grand nombre de tombeaux égyptiens des palettes de scribes contenant de

'AeXStSp; Codex Alexandrinus , r\V,votôp, I Reg., xxvm, 7; 'AevSwp, Ps. lxxxii [hébreu, lxxxiii], 11; omis, Jos., xvil, 11), ville comprise dans le territoire d'Issachar, mais donnée « avec ses villages » à la demi -tribu de Manassé occidental. Jos., xvn, 11. C'est la que Saûl alla consulter la pythonisse avant la bataille de Gelboé, I Reg., xxvm, 7, et près de là que Débora et Barac défirent les troupes chananéennes de Jabin et de Sisara. Ps. lxxxii (hébreu, lxxxiii), 11. Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gœttingue, 1S70, p. 96, 121, 226, 259, aux mots Aendor, Endor, 'AEvSwp, 'HvSwp, la mentionnent comme étant encore de leur temps un gros village situé à quatre milles (près de six kilomètres) au sud du mont

5C7. — Endor. D'après une photographie.

l'encre rouge desséchée aussi bien que de l'encre noire. Les inscriptions à l'encre rouge ne sont pas très rares. Le P. Delattre a trouvé à Carthage plusieurs inscriptions où les deux espèces d'encre sont employées. Le musée de Saint- Louis, à Carthage, possède, parmi beaucoup d'autres, une amphore sur laquelle se lisent en lettres rouges les noms de C. Pansa et A. Hirtius, les consuls de l'an 43 avant notre ère. Cf. Delattre, Le mur à amphores de la colline Saint-Louis , Paris, 1894. On fabriquait l'encre rouge avec du cinabre. Euthalius, Act. Apost. edit., Pair, gr., t. lxxxv, col. 637. — Cf. F. Lenormant, Histoire ancienne de Varient, 9« édit-, Paris, 1883, t. m. p. 107; Pierret, Dictionnaire d'archéologie égyptienne, 1875, p. 205- 206; Trochon, Introduction générale, Paris, 1887, t. n, p. 667-668; Daremberg et Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, Paris, 1875, t. i, p. 529.

E. Masgexot.

ENCRIER. Voir Écritoire, col. 1571.

ENDOR (hébreu : 'Ên-Dôr, « source de Dor » ou « source de l'habitation »; Septante: Codex Vaticanus,

Thabor, et près de Naïm. Si elle a aujourd'hui perdu de son importance, elle existe cependant sous le même nom, dans la situation exacte indiquée par le texte sacré et les auteurs que nous venons de citer. Le mot hébreu .DôVest écrit -i--i, I Reg., xxvm, 7; avec cholem défeclif, tt, Jos., xvn, 11, et avec aleph, -x-, Dô'r, Ps. lxxxiii, 11; mais la forme complète -r--;>y, 'Ên-Dôr, se trouve

bien reproduite par le nom arabe actuel, ,j.xM, 'Ëndôr

ou Endour. Il arrive en effet, parfois, que le mot 'aïn, « source, » s'abrège, aussi bien que bêt , « maison, » en s'unissant à l'autre élément du composé. On sait, d'autre part, que la lettre y, 'aï», se change quelquefois en \, aleph, comme jadis les Galiléens confondaient entre elles les gutturales. Cf. G. Kampffmeyer, Alte Namen im heutigen Palàstina und Syrien, dans la Zeitschrift des Deutschen PaUistina-Yereins , Leipzig, t. xv, 1892, p. 111; t. xvi, 1893, p. 55; A. Neubauer, La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 184.

Le village actuel d'Endour (fig. 567), situé sur les dernières pentes septentrionales d'une petite montagne vol-

EXDOR

ENFANT

canique dont les deux sommets s'appellent Tell 'Adjoul, I au pied du Djebel Dâhy ou Petit-Hermon, est en grande partie renversé. Beaucoup de cavernes, de silos et de citernes creusés dans le roc attestent l'antique importance de cette localité. On y observe aussi un certain nombre d'anciens tombeaux renfermant intérieurement des auges sépulcrale? surmontées d'un arcosolium cintré. Unesource, appelée 'Ain Endour, coule au fond d'une caverne, d'où elle sort par un petit canal, pour aller arroser plusieurs jardins qu'entourent des haies de cactus. C'est peut-être dans l'une des cavernes qui se trouvent là que la pythonisse évoqua devant Saùl l'ombre de Samuel. Cf. V. Guérin, Galilée, t. I, p. 118; Van deVelde, Reise durcit Syrien und Palâstina, Leipzig, 1856, t. il, p. 330; Survey of Western Palestine, Manoirs, Londres, 1881-1883, t. il, p. 84. — On a de là une vue splendide. En avant se dresse le mont Thabor, qu'une large plaine sépare du village, et qui élève son dôme arrondi, absolument isolé , au milieu d'un plateau verdoyant. Plus loin, à l'est, de l'autre côté du Jourdain, on aperçoit les cônes volcaniques du Djôlan, et, tout à l'horizon, la tète blanche du Grand Hermon. Les ondulations du terrain s'abaissent insensiblement et amènent au niveau de la plaine d'Endor, très fertile et marécageuse dans les basfonds. Les sources du Nahr esch-Scherar la traversent, pour former un peu plus loin un fort ruisseau, qui va se précipiter dans le Jourdain. La terre est noire et volcanique, avec de nombreux fragments de basalte. On voit çà et là quelques champs cultivés, mais la plus grande partie est abandonnée. La végétation cependant est des plus remarquables; de hautes herbes, des joncées vigoureuses, des carex aux feuilles rigides et tranchantes y forment des fourrés d'un vert sombre; ailleurs ce sont des chardons gigantesques (Xotobasis Syriaca et Silybum Marianum), au milieu desquels cavaliers et montures disparaissent presque complètement. D'autres endroits sont émaillés des fleurs superbes de lupins bleus, de liserons à fleurs roses, etc. Quelques lentes rayées d'Arabes Sakkar s'élèvent çà et là dans cette plaine entièrement dépouillée d'arbres. Cf. Lortet, La Syrie d'aujourd'hui, dans le Tour du monde, t. xi.m, p. 196.

A. Legendre.

ENDUIT (hébreu : tûâh, « enduire; » Septante : àXeiçsiv; Vulgate : linire), matière molle dont on recouvre certains objets, et qui, une fois séchée, rend ces objets plus résistants, plus visibles, etc. La Sainte Écriture parle en ce sens du bitume, voir t. I, col. 1804, el de la chaux, voir t. il, col. (342-643. — Moïse prescrit à son peuple, dans le Lévitique, xiv, 42, 43, -48, que lorsqu'une maison sera atteinte de o la lèpre • (voir Lèpre), on devra, entre autres choses, racler avec soin les parois intérieures de la maison, porter hors de la ville les produits de cette opération, et « enduire » [t<ih; Vulgate: linire) le mur d'un enduit nouveau. — Isaie, xliv, 18, dit au figuré que les yeux qui ne voient pas sont couverts d'un enduit. — Ézéchiel, xm, 10-15; xxii, 28, compare les faux prophètes à des maçons qui couvrent leurs murs d'un mauvais enduit. — La main qui écrivit, pendant le festin de Baltassar, les mois mystérieux Mané Thèeel Phares, les

écrivit « sur l'enduit du mur du palais royal ». Dan., y, 5. Le mot chaldéen girâ', qu'emploie l'écrivain sacré, signifie proprement i la chaux » (cf. Is., xxvii, 9; Ames, n, 1, dans le Targum); mais il désigne ici l'enduit de chaux avec lequel on avait recouvert les briques d'argile doiii on s'était servi pour faire la muraille. La Vulgate traduit le sens, non la lettre : in superficie parietis, i sut

la surface d tr, i Tandis qu'à Ninive les murs étaient

couverts de plaques d'albâtre, à Babylone, où la pierre fait défaut el devait être apportée de loin à grands frais,

on ornait les murs au moyeu d'un enduit de ciment et

de peintures. Voir Diodore de Sicile, u, 8: A. Layard, Niniveh and Babylon, in-S", Londres. lxr>3. p. 529.

il. Lesêtre.

ÉNÉE (grec : Atvéac; Vulgate: lEneas), homme de Lydda, que la paralysie tenait depuis huit ans couché sur un grabat, et que Pierre guérit subitement au nom de Jésus-Christ. Act., ix, 33, 34. A en juger par son nom grec, d'une forme bien connue, il devait être Juif helléniste. Quant à la question s'il était déjà chrétien, les auteurs ne sont pas d'accord. Il semble, disent les uns, que, dans le cas de l'affirmative, saint Luc l'aurait désigné, non pas par l'expression vague « un homme » , mais sous le nom de disciple, comme un peu plus loin, v. 36, pour Tabithe. Mais il le fait équivalemment, répondent justement les autres; car il est dit. v. 32, que saint Pierre se rendit chez les saints (fidèles) qui habitaient Lydda, el que là il trouva un homme. C'est comme s'il disait : un homme d'entre les fidèles. Aussi l'apôtre lui suppose la connaissance du nom de Jésus et de sa vertu, ?. 34. E. Levesque.

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