ENFANCE DU SAUVEUR (ÉVANGILES DE L
Voir Évangiles apocryphes.
ENFANT. Il a différents noms dans la Bible.
I. Noms. — 1° Dans l'Ancien Testament. — 1. A'u'ar, qui désigne tantôt un nouveau-né, Exod., II, 6; Ttatôiov. parvulus; Jud., xm, 5 et 7; I Reg., i, 24; U, 21: :v, 21, iraiSâpcov, puer; tantôt un jeune enfant, Gen., xxi. 16; xxii, 16; IV Reg., iv, 31 ;*)s., vu, 16; vin, 4, naiStov, nett- Sipitiv, puer, parfois avec le qualificatif qâtôn , « petit. »
I Reg., xx, 35; IV Reg., n, 23; v, 14; Is., xi, 6, naiScov jjLixpôv, puer parvulus on parvus , quoiqu'il s. .il dit de Salomon déjà roi, III Reg., in, 7, et d'Adad, 111 Reg., xi, 17, parfois avec une répétition emphatique, I Reg., I, 24, puer infantulus, ou avec l'indication du jeune âge, Jud., VIII, 20, veÛTepoc, puer; IV Reg., ix, 4; 7tai8ipiov, adolescens; 1 Par., xxn. .">: x.xix, 1. vsoç; tantôt un jeune homme, 1 Reg., xvn , 12; xxx, 17; EccL, x, 16; Is.,Lxv, 20, TcaiSâptov, vEutifo;, vjo;, parfois approchant
de la vingtième a Se, Gen., xxxiv, 19; xi.i. 12. veov(-
ctxo;; Gen., xi.m, 8, icaiSâpiov; Gen., xuv, 22, jucuîfov;
II Reg., xvin, 5, 12, 29 el 32, icaiSâpiov; II Par., xm, 7, vëwTcpoc. — 2. Yéléd, qui désigne soit un nouveau-né, Gen., xxi, 8; Ruth, iv, 10; Il Reg., xu, 15; III Reg., III, 25, itatfifov, puer; soit un enfant de quelques années. IV Reg., ii. 24, irait; Gen., xxxm, 13; Job, xxi, 11, natSfov; Zach., vm, 5, icaiSâpiov; Is., lxvii, 5, réxvov; soit enfin un adolescent, Gen., iv, 23, veavtoxo;; Gen., xxxvn, 30; xui, 22; III Reg., xu, S. HI, II; 11 Par., x, 8, 10, 14, TiaiSàpiov; Dan., I, 4, 10, '13, 15, veavfoxoc et Ttatôiptov; Eccl., IV, 13, ~ïî;. — 3. Yônêq, 8r)XâÇuv, lactens, « s'allaitant, » Num., xi, 12; Deut. , xxxn, 25; I Reg., xv, 3; xxn, 19: l's. vin, .'!; .1er., xi.iv, 7; Joël, n, 10; vijniov, Job, m, 16; U, xi, X; .1er., VI, Il ; ix, 21 ; Lam., i, 5; H, 11, 20; iv, 4. — 4. '171, enfant à la mamelle, xaiôtov, infans , ls., xlix, 15; vio;, infans, Is., LXV, 20. — 5. 'Ulèl, vr,r.:ov, léxvov, Is., xi II, 10, •jhotitîiov, Ose., xiv, 1, puer, infans, infantulus, doni la signification étymologique est disculée, mais à qui on attribue plus généralement le sens d enfant d'un certain âge, «qui .1 déj i sa liberté d'allure, joue, va et vient, » Jer., VI, Il ; îx, 20; Lam., i, 5; IV, 4. Ce mot au pluiiel esl souvent opposé à Xjônqim, pluriel de yùurij, l's. vin, 3; Joël, II, 10; .1er., xi iv. 7; Lam., n, 11 ; I lie-., xxn, 19: xv,3. Il esl employé une fois, Job, III, 10, pour désigner des enfants qui n'ont pas encore vu le jour, et ailleurs, IV Reg., VIII, 12; Xah., m, 10; Ps. cxxxvn, 9; Lam., 11,20, pour désignée de tout jeunes enfants. — 6. Taf, 7ta(3iov, itaiôipiov, Gen., xi.v, 19; Deut., i, 39; m, 6; Jos., I, 14; Gen., xi. m, 8; veavierxsf, E/.ech., ix, 0, etc. — 7. lien, « fils, » 7nî; , puer, juvenis, itaiSîov, Gen., xvn, 12; xxi, 7, 8; Deut., xi, 2; ls., xi.vi, 3; téxvov, Prov., vu, 7, eti — 8. ' Èlrin, enfant parvenu à l'âge de la puberté, natSipiov, veavtexoî, 1 Reg., xvn. Ml; xx. 22.
2° Dans le Nouveau Testament. — 1. lipijo;, infant)
ENFANT
« nourrisson, » désigne l'enfant encore dans le sein de sa mère. Lin- , i, il, ou le nouveau-né. Lue., Il, 12, 16: Act., vu, 19; I Petr., h, 2, ou un enfant déjà grand, Lue., xviii, 15. — 2. NV,-'.'.,;. infans, qui ne parle pas, avec cette Signification stricte, Mat th., xxi. 16; l Cor., xm, 11 ; mais il désigne un enfant en tutelle. Gai., iv, 1. — 3. Néo;, nouveau, qui est entre récemment dans l'existence. Tit., Il, 4; plus souvent vewTepo;, juvenis, Act., v. 0: 1 Tim., v, 1, 2, 11, 14; Tit., Il, G; I Petr., v, 5. — ï. Néaviaç, adolescens, Act., xx, 9; xxm. 17, 18. 22, ou veavtVxoc, adolescens , juvenis , Matth., xix, 20, 22; Marc., xiv, 51; xvi. 5; Luc, vu, 14; Act., n. 17; v, 10; I Joa., n, 13, 14. — 5. LU:;, puer, puella, Matth., n, 1G; xxi , 15; Luc, il, 43; vin, 51; ix, 42; Act., xx, 12, ou ses diminutifs, -aiôipiov, puer, Matth., xi, 16; Joa., VI, 9; jcatîiov, puer, Matth., n. S; v, 9, 11, 13, 11, 20, 21; xiv, 21; xv, 38; xviii. 2, 3; xix, 13, 11; Marc, v, 39, 40, 41 ; puella, Marc, vu, 28; ix, 24, 3G; x, 13, 14, 15; Luc, i, 59, 76, 80; n, 17, 21, 27, 40; vu, 32; ix, 47; xi, 7; xvui, •16, 17; Joa., iv, 49; xvi, 21; Hebr., xr, 23; I Joa., n, 13. II. Condition physique et sociale de l'enfant. — 1° L'enfant fruit de la bénédiction céleste. — Ce fruit désiré et aimé d'une union féconde forme le troisième membre de la famille; il sert de lien vivant entre le père et la mère et fait la joie et la consolation du foyer domestique. Aussi, chez les Orientaux en général et chez les Israélites en particulier, la naissance des enfants est regardée comme un effet de la bénédiction divine. Les frères de Rébecca souhaitaient à leur sœur avant son départ une nombreuse postérité. Gc-n., xxiv, G0. Chez le peuple juif, des motifs religieux se joignaient aux raisons de la nature pour accroître les familles. Dieu avait promis à Abraham que ses descendants égaleraient en nombre la poussière de la terre, le sable de la mer et les étoiles du ciel. Gen., xn, 2; xm, 16; xv, 5; xvn, 2, 4-6; xxn, 17. Dès lors, dans sa race, de nombreux enfants étaient un bienfait de Dieu et un litre de gloire, Gen., xlviii, 16; Deut., xxvm, 4; Ps. cxxvn,3; Tob., vi, 22, tandis que la privation de postérité passait pour un châtiment céleste et un opprobre, Gen., xxx, 1; I Reg., i, 6 et 11; II Reg., xvin, 18; Is., liv, 1; Jer., xxn, 30; Ps. cxn, 9; Luc, i, 25, et Dieu l'infligeait comme punition aux unions incestueuses. Lev., xx, 21. Chaque famille se continuait dans les descendants et conservait avec le nom de son chef un héritage inaliénable et souvent de glorieux souvenirs. Si un homme mourait sans enfant, la loi donnait à ses proches le moyen et leur faisait le devoir de lui en susciter après sa mort. Deut., xxv, 5-10. Voir Lévirat. La naissance d'un enfant, surtout celle d'un garçon, était pour le père de famille israélite un joyeux événement, Jer., xx, 15; celle d'une fille était accueillie avec moins de satisfaction, à cause des sollicitudes particulières de l'éducation des filles. Eccli., XLii,9et 10.
2» Dieu auteur de la vie. — Dès sa conception, l'enfant appartenait à son père et à sa mère , même dans les unions illicites. Gen., xxxvm, 24-26; II Reg , xi, 5; Joli, m, 3-9. Salomon ignorait les lois physiologiques de la formation de l'enfant dans le sein maternel. Eccle., xi, 5. La mère des sept frères Machabées ne savait comment ses fils avaient apparu en elle, et elle attribuait leur origine à l'action toute-puissante du Créateur. II Mach., vu, 22-23. Job cependant, par des comparaisons très justes, décrit cette action réelle et souveraine de Dieu dans la génération des hommes et aussi les phases principales de la constitution de l'embryon. Quand le fœtus est formé, Dieu lui donne la vie, en lui unissant, au moment que lui seul connaît, une âme qu'il a créée. Le petit être est dès lors l'objet de sa bonté ; il veille sur lui et s'en constitue le gardien. Ps. cxxxvm. 13-16; Job, x, 8-12. Cf. Lesètre, Le livre de Job, Paris, 188G, p. 81 ; J. Knabenbauer, Comment, in lib. Job, Paris, 1886, p. 148-149. L'auteur de la Sagesse, vu, 1 et 2, connaissait les lois générales de la formation de l'enfant. Le Psalmiste, Ps. lxx, 6, et
Jérérnie, I, 5, ont célébré aussi la providence divine s'étendant sur eux dès avant leur naissance. Cf. Ps. xxi, 10-11; Is.. xi.ix, 1; Luc, I, 42; ix, 27. Les rabbins ont continué d'enseigner que Dieu s'associait aux parents dans lu génération des enfants. Talniud de Jérusalem, Péa, i, et Kilaim, vm, 4, trad. Schwab, t. n, Paris, 1878, p. 11 et 305-306.
3° Naissance de l'enfant. — Pendant les neuf mois de la grossesse, II Mach., vu, 27 (ou dix mois lunaires, Sap., vu, 2), l'enfant est vivant dans le sein de sa mère, et parfois il s'agite et tressaille. Gen., xxv, 22-24; Luc, i, 41. II peut y périr et en être rejeté comme un avorton. Job, in, 11 et 1G. Voir t. i, col. 1294. Sur l'embryologie biblique, voir L. Low, Die Lebensalter in derjadischen Literatur, in-8°, Szegedin, 1875, p. 42-45. — L'enfantement est douloureux, Gen., m, 16; Eccli., xix, 11; Joa., xvi, 21, et il exige ordinairement le ministère d'une sage-femme. Gen., xxxv, 17; xxxvm, 27-30; cf. Exod., i, 15-21. L'enfant tombe à terre, s'il n'est personne poulie recevoir, et c'est par des pleurs qu'il fait entendre sa voix. Sap., vu, 3; cf. Eccli., xl, 1. On coupe le cordon ombilical et l'on donne à l'enfant les premiers soins, le lavant dans l'eau pour le purifier, le frottant avec du sel pour sécher la peau et le fortifier, et l'enveloppant de langes. Ezecli., xvi, 4. Cf. S. Jérôme, Comment, in Ezech., xvi, 4, t. xxv, col. 127-128, et Knabenbauer, Comment, m Ezechielem prophelam , Paris, 1890, p. 117-148; Palatine Exploration Fund , Quarterly Stalement, 1881, p. 301. Pour les langes, Job, xxxvm, 9; Sap., vu, 4; Luc, II, 7 et 12. Celui qui annonçait au père la naissance d'un fils était accueilli avec joie et recevait quelque présent, comme c'est encore la coutume dans diverses parties de l'Orient. Cf. Jer., xx, 15. Le père ou le grand-père prenait ensuite le nouveau-né sur ses genoux, probablement en signe de reconnaissance et d'adoption. Gen., L, 22; Job, m, 12; Ps. xxi, 11. A leur défaut, la grand'mère remplissait ce devoir. Ruth, îv, 16. Les fils de la servante étaient adoptés de la même manière par l'épouse principale, qui lui avait cédé ses droits auprès de son mari. Gen., xxx, 3. Voir Enfantement.
4" Fêtes de la naissance. — Le jour de la naissance d'un enfant , surtout si c'était un garçon , était un jour de joie, et les riches en fêtaient l'anniversaire, Job, i, 4; Matth., xiv, 6;' Marc, VI, 21, selon une coutume qui existait aussi dans d'autres pays. Gen., xi., 20; II Mach., vi, 7; Hérodote, i, 133; Xénophon, Cyrop., i, 3, 9. Voir t. i, col. 648-649. En Orient, les parents et les amis font souvent des présents au nouveau -né, comme le firent les mages à l'enfant Jésus. Matth., n, 11. Dans les premiers temps , on donnait un nom à l'enfant aussitôt après sa naissance. Gen., îv, 1; xvi, 15; xxv, 25; xxxv, 18. Après l'institution de la circoncision, les fils des Hébreux reçurent leur nom le huitième jour de leur existence; les 'parents le leur donnaient, tantôt le père, tantôt la mère. Luc, i, 31, 60, 62 et 63. L'enfant mâle devait être circoncis le huitième jour. Gen., xvn, 12; xxj, 4; Lev., xn, 3; Luc, n, 21. Voir Circoncision, col. 774. Quarante jours après leur naissance, on était tenu d'offrir à Dieu un sacrifice pour le rachat des premiers-nés mâles. Lev., xn, 6; Luc, n, 22-24. Voir Purification.
5° Allaitement. — L'enfant était ordinairement allaité par sa mère, Job, m, 12; Ps. cxxx, 2; Is., xi, 8, et les femmes juives ne se dispensaient pas de cette loi de la nature. Gen., xxi. 8; I Reg., i, 22-23; III Reg., m, 21; Ose., i, 8. Cf. I Thess., n, 7. On ne donnait l'enfant à une nourrice que si la mère était morte ou malade. Cf. Exod., Il, 7-9. Rébecca avait une nourrice, qui l'accompagna auprès d'Isaac, et dont la mort fut pleurée comme celle d'un membre de la famille. Gen., xxiv, 59; xxxv, 8. Voir Débora 1, col. 1331. Deux princes, Miphiboseth, fils de Joas, II Reg., iv, 7, et Joas, IV Reg., xi, 2; II Par., xxn, 11, eurent aussi des nourrices. Cahnet,
ENFANT
Dictionnaire de la B'Me , t-dit. Migne, Paris. 18'tô, t. i, au mot Allaitement, p. 30i, pense que ces nourrices étaient seulement des esclaves ou des gouvernantes, à qui était confié le soin d'élever ces enfants. Il appuie son sentiment principalement sur le fait de Noémi, qui dans sa vieillesse fut la nourrice du fils de Booz. Huth, iv, 10. La durée de l'allaitement était relativement longue. La mère de Moïse rendit à la lille de Pharaon ni déjà grand, Exod., n, 9. Anne, inère de Samuel, nourrit son fils deux ans. I Reg., i, 23 et 24. La mère des Macliabées allaita le plus jeune de ses fils pendant trois ans. II Mach.,vil, il. On peut penser que ce n'était pas I ; règle ordinaire, et que c'est par l'effet d'une tendresse spéciale que cette femme avait prolongé le temps de
568. ■ Égyptleoni portant son enfant BOT les épaules. D'après une photographie.
l'allaitement de son dernier enfant Cependant le scribe Ami. parlant àson lils du respect el de l'amour filial qu'il doit à sa mère, lui dit : « Elle t'a porté comme un véritable joug, sa mamelle dans la bouche pendant trois
i F, Lenormanl . // i enne de l'( :
'.) édit., t. m, Paris, 1883, p. I i'J. Il en résulterait que la durée de l'allaitement aurait été de trois ans chez les
■us. aujourd'hui 0 rit, les enfants
sont allaités par leurs unir- pendant trois années 1rs rabbins, la durée nécessaire de l'allaitement était de deux ans ou de dix-huit mois, ["almud de Jérusalem,
. vu, 7, Irad. Schwab, t i\, Paris, 1887, p, 55-56.
i s., servante porte l'enfant, non pas ordinai-
bras, s, ime on le fait encore
aujourd'hui en Palestine, sur ses épaules (fig. 568 , ou suspendu à son dos i Bg. 569 > , ou sur i ■ ■. . 570 I. Num., xi, 12; Is.,xlix, 22; Lam., il, 12. Le père le porte aussi exceptionnellement. Dent., i. 31. Cf. Ose., xi. 2.
fjp Sevrage. — Le festin qu'Abraham donna, lorsque Isaac fut sevré, Gen., xxi, 8, i penser que le
des infants était célébré dans la famille par une fête et
des réjouissances. Une fois sevré, l'enfant, ne demandant plus constamment le sein de sa mère, est calme et garde une attitude paisible et résignée. Ps. cxxx, 2. On ne lui donnait pas l'instruction aussitôt après le sevrage, Is., xvm, 9, et il restait encore avec sa mère, la fille habituellement jusqu'à son mariage, le fils probablement jusqu'à l'Age de cinq ans. Cf. Prov., xxxi, 1; Hérodote, I, 13(5; Strabon, XV, ni, 17. Son éducation physique et morale exigeait beaucoup de soins et causait aux parents une grande sollicitude. Sap.,vn, 4. Dans les familles opulentes, il était placé sous la direction d'un ou plusieurs gouverneurs {'ômnim). IV Reg., x, 1, 5; cf. Is., xi.ix, 23; Gai., m, 2i. L'enfant, abandonné à lui-même, ne pouvait attirer que de la confusion à sa mère. Prov., xxix, 15. Voir
Enfant, porté sus[>endu au dos de sa mire. D'après nue photographie.
Éducation et Écoles. Simon, L'éducation et l'instruction des enfants chez les anciens Juifs, 1879.
7° Droits du père sur l'enfant. — Le père, qui était le chef naturel de la famille, jouissait de droits très étendus sur ses enfants. Ceux-ci travaillaient pour son compte et lui obéissaient en serviteurs soumis. Les jeunes Biles gardaient les troupeaux dans les familles ordinaires, Gen., xxix. 9; Exod., il, 16; elles allaient chercher l'eau à la fontaine, connue elles le font encore aujourd'hui, Gen., xxiv. 10-20; elles s'occupaient de cuisine. 11 Reg., xni. 8-9. Voir Ci isimi:i;. col. 1151. Cf. Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement, 1881, p. 301. La loi accordait au père le droit d'annuler les vieux de sa lille, Num., xxx. 1-6; elle lui permettait même de la vendre pour un temps comme esclave. Exod., xxi. 7. Mais elto lui enlevai! le droit de vie et de mort sur ses enfants. Le père dont l'autorité était méprisée devait accuseï le rebelle devant les anciens, qui jugeaient la cause, et le peuple était chargé d'exécuter la sentence et de le coupai. lo. lient., xxi, 18-21. .1. I>. Mi. lu. -lis. Mosi Redit. :\ ,'.ht.. Francfort-su r-le-Mein, 1793, tu. p. 10WÛB. luvoir paternel cessait pour les Biles au moment de leur mariage; pour les Bis, il durait jusqu'à la mort du
ENFANT
père. Les enfants héritaient des biens de leurs parents. Voir Héritage. Cf. J.-B. Glaire, Introduction historique et critique aux livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, 2e édit., Paris, 1843, t. n, p. 356-305; S. Munk, Palestine, Paris, 1881, p. 376-377; Trochon, Introduction générale, Paris, 1887, t. n, p. 35S-362; card. Meignan. De Moïse à David, Paris, 1896, p. 132-135.
III. Condition morale de l'enfant. — Par une conséquence rigoureuse de sa descendance d'Adam, l'enfant est pécheur; il a été conçu dans le péché, Ps. L, 7, et lvii, 4, et il est impur. Job, xiv, 4. Ses sentiments sont charnels, et il a besoin d'une régénération spirituelle. Joa., m, 'J. Voir Péché originel et Baptême. Il a apporté en naissant de mauvaises tendances, que l'éducation peut et
— Mère portant un de ses enfants suspendu sur son dos et l'autre sur son sein. D'après une photographie.
doit réprimer. Prov. xxn, 15. On peut juger d'après ses inclinations quelles seront l'innocence et la rectitude des actes de toute sa vie, Prov., xx, 11, et c'est dans le bas i-» qu'il contracte des habitudes dont il lui est difficile d t. lire. Prov., xxn. 6. Toutefois, avant qu'il n'ait hit usage de sa raison, il est exempt de toute faute personnelle; il est innocent, pur et confiant. Son àme, à la vue des merveilles de la création, s'élève naturellement vers Dieu, qui tire des enfants encore à la mamelle une -•• parfaite à la confusion des impies. Ps. vin, 3. Au jour des Rameaux, les enfants acclament Jésus au Temple de Jérusalem, alors que les prêtres se taisent et ne reconnaissent pas l'envoyé de Jéhovah. Matth., xxi, 16. Jésus, du reste, avait eu pour les enfants une prédilec- ■011 marquée, en raison de leur simplicité, de leur humilité et de leur candeur. Quand ses disciples discutaient sur la première place dans l'Église, il appela un petit enfant le plaça au milieu d'eux et, le caressant, le leur proposa pour modèle. Celui qui ressemblera à l'enfant, <!"i en aura la simplicité et l'humilité, sera le premier et le plus grand dans le royaume des cieux. Jésus tire ensuite les conséquences pratiques de ce principe et dé-
clare que recevoir un de ces petits, le bien traiter pour l'amour de lui, c'est le recevoir lui-même, et que scandaliser une de ces âmes innocentes et pures, c'est un crime digne d'une sévère punition. Il faut donc avoir soin de ne pas mépriser une seule de ces faibles créatures, que Dieu a confiées à la garde spéciale de ses anges. Matth., xvm, 2-0, 10, Marc, ix, 35, 36 et 41. Aussi quand les mères lui apportaient leurs petits enfants pour les bénir et prier pour eux, Jésus s'indignait contre ses disciples, qui les écartaient de lui, et il déclarait hautement que pour entrer dans le royaume des cieux il fallait leur ressembler. Puis il les caressait et leur imposait les mains Matth., xix, 13-15; Marc, x, 13-16; Luc, xvm, 15-17. L'enfant, dont la sensibilité est plus développée que l'intelligence, juge les objets d'après les apparences, leur beauté et leur agrément. C'est pourquoi, au sujet de là glossolalie ou du don de parler les langues, saint Paul recommande aux Corinthiens de n'être pas des enfants par le jugement et l'appréciation, mais seulement par la malice. Si l'enfant se trompe, il n'a pas l'intention de nuire. Le chrétien doit être parfait dans son jugement, qui est porté avec réflexion et prudence; qu'il ait seulement la malice de l'enfant, c'est-à-dire qu'il n'en ait pas. I Cor., xiv, 20. Dans le même ordre d'idées, saint Pierre exhorte ses lecteurs à dépouiller toute malice et toute fraude et à désirer comme les nouveau -nés le lait spirituel de la doctrine évangélique, qui les fera croître en Jésus-Christ pour le salut. I Petr., n, 1 et 2.
IV. Devoirs de l'enfant. — 1° En vertu de la loi naturelle. — Les liens d'étroite dépendance que la nature a établis entre les parents et les enfants servirent dès l'origine à régler les devoirs des uns à l'égard des autres, et notamment l'amour et le respect que les enfants devaient porter à leurs parents. Cham fut maudit parce qu'il avait manqué à cette loi; Seul et Japhet furent bénis parce qu'ils l'avaient observée. Gen., ix, 20-27. Isaac obéit à son père Abraham, qui va l'immoler, Gen., xxn, 9; plus tard il reçoit l'épouse que le choix paternel lui destine, et seul son mariage avec Rébecca est capable de tempérer la douleur que lui avait causée la mort de sa mère. Gen., xxiv, 67. Moins soumis, Ésaù prend des femmes qui déplaisent à ses parents. Gen., xxvi, 34-35; mais Jacob se rend au désir de sa mère et va en Mésopotamie pour s'unir avec une fille de sa famille. Gen., xxvin , 7. Joseph, comblé d'honneurs en Egypte, honore son père, qu'il aimait tendrement. Gen., xlv, 3, 9, 13; xlvi, 29.
2° D'après la loi mosaïque. — Quand Dieu promulgua la loi morale aux Israélites sur le inont Sinaï, il inscrivit au Décalogue les devoirs des enfants envers leurs parents, et il les plaça à la suite des commandements qui se rapportent immédiatement à lui : « Honore ton père et ta mère, afin que tu vives longtemps sur la terre, a I sod. XX, 12. Cf. Deut., V, 16. L'honneur du aux parents comprend l'amour, l'obéissance, l'assistance ; en un mot, tous les devoirs que la nature impose aux enfants. La crainte filiale et respectueuse est spécialement commandée. Lev., xix, 3. Le quatrième précepte du Décalogue est le premier à qui Dieu ail attaché une récompense spéciale. Eph., vi, 2. Une longue vie sur terre est promise aux enfants qui honorent leurs paients. Cette promesse divine est bien appropriée à l'obligation qu'elle sanctionne : il convient de prolonger la vie de ceux qui respectent les auteurs de leurs jours. Les anciens Égyptiens connaissaient aussi cette promesse, car on lit sur le papyrus Prisse cet adage : « Le fils qui reçoit bien les ordres de son père vivra longtemps. » F. de Hummelauer, Comment. iu Exod. et Levit., Paris, 1897, p. 204. Ce précepte divin fut renouvelé plusieurs fois, et des peines sévères furent infligées aux enfants qui ne l'observaient pas. « Maudit soit celui qui n'honore pas son père el sa mère. » Deu:.. XXVII, 10. Le fils qui maudit son père et sa lucre, Exod.. xxi, 17; Lev., xx, 9; celui qui les frappe, Exud., xxi, 15,
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ENFER
sont dignes de mort. Le code assyrien punissait aussi très sévèrement les fils qui ne voulaient pas reconnaître leurs père et mère. Lenormant-Babelon, Histoire ancienne de l'Orient, 9e édit., t. v, Paris, 1887, p. 87. Cf. J. D. Michaelis, Mosaisches Recltt, 3e édit., Francfort-sur-le-Mein, 1793, t. VI, p. 101- 105.
3° D'après les livres sapientiaux. — Cette loi a été généralement observée en Israël. — 1. Salomon, qui honorait sa mère et se prosternait à ses pieds, III Reg., n, 19, recommande aux enfants d'écouter les instructions de leurs parents et de suivre leurs conseils. Il compare l'obéissance filiale à une couronne de grâce sur la tète et à un collier précieux autour du cou. Prov., i, 8 et 9. Les enfants doivent attacher à leur cœur, lier à leur cou et pratiquer jour et nuit les ordres de leurs parents. Prov., vi, 20-22; ils doivent écouter aussi leurs réprimandes, Prov., xiii, 1; car l'enfant sage est le fruit de la discipline paternelle. Les enfants sages font le bonheur de leurs parents, les insensés causent leur malheur. Prov., x, 1; xv, 20; xix, 13; xxm, 24 et 25. Salomon rappelle en particulier que l'enfant ne doit rien dérober à ses parents, Prov., xxvm, 24, et qu'il ne doit pas mépriser sa vieille mère. Prov., xxm, 22. Il répète les terribles sanctions de la loi mosaïque. Si un fils maudit son père ou sa mère, son flambeau s'éteindra au milieu des ténèbres. Prov., xx, 20. Celui qui afllige son père et fait fuir sa mère est infâme et malheureux; son crime entraîne à sa suite la honte et le malheur. Prov., xix, 26. Celui qui soustrait quelque chose à son père ou à sa mère, sous prétexte que ce n'est pas un péché, est aussi coupable que l'homicide. Prov., xxvm, 21. Que l'œil du fils qui insulte son père et méprise celle qui lui a donné le jour soit arraché par les corbeaux du torrent et dévoré par les petits de l'aigle. Prov., xxx, 17. — Si Israël a été puni et emmené en captivité, c'est qu'il avait violé les préceptes divins, notamment celui qui ordonne aux enfants de respecter leurs parents. Ezech., xxil, 7. Les Réchabites sont loués d'avoir observé fidèlement les ordonnances particulières et les engagements de leur père. Jer., xxxv, 1(3. — 2. L'auteur de l'Ecclésiastique a renouvelé les recommandations de Salomon, Il a décrit en termes précis les devoirs des enfants envers leurs parents et les bénédictions que leur accomplissement attire sur les enfants. Le principe de ces devoirs, c'est l'autorité de Dieu, qui a rendu le père digne d'honneur aux yeux de ses enfants et qui a donné à la mère le droit de commander à ses fils. Les avantages que procurent aux enfants l'obéissance et le respect envers leurs parents sont nombreux : l'observation du quatrième précepte procure le salut de l'âme, l'expiation du péché, l'acquisition de mérites, la bénédiction paternelle, la joie dans les enfants et une longue vie sur terre. La pratique du devoir filial consiste â honorer et à respecter les parents en actes et en paroles, à leur obéir, â les supporter patiemment et à les assister, surtout dans la vieillesse. 11 est infâme celui qui abandonne son père, et Dieu maudit celui qui irrite sa mère. Eccli., III, 2-18. « Honore ton père et n'oublie pas les douleurs de ta mère. Souviens-loi que sans eux tu ne serais pas né, et rendsleur les soins dont ils t'ont entouré. » Eccli., vu, 29 et 30. C'est surtout au milieu des grands qu'il ne faut pas oublier ses parents, de peur d'être humilié. Eccli., xxm, 18 et 19. Un fils ne doit rien faire sans consulter ses parents. Eccli., xxxn, 24. Qu'heureux est l'homme qui trouve sa joie et sa consolation dans ses enfants! Eccli., xxv, 10.
4° D'après te Nouveau Testament. — La loi chrétienne, loin d'abroger le quatrième commandement du Décalogue, l'a confirmé et perfectionné. — 1. Jésus, qui fut toujours soumis â Marie et à Joseph, Luc, II, 51, a joint le précepte â l'exemple. Il a blâmé fortement les pharisiens, qui, par un faux attachement à leurs traditions, transgressaient les ordres de Dieu et se soustrayaient
â l'obligation de venir en aide à leurs parents en promettant ou en offrant au Seigneur ce qu'ils auraient dû employer à l'entretien de leurs père et mère. Voir Corban, col. 958. l'we pareille coutume annulait le quatrième précepte. Matth., xv, 3-6. Au jeune homme qui l'interrogeait, Jésus répondit que pour gagner la vie éternelle il fallait observer les commandements de Dieu, et il cita le quatrième, qui ordonne aux enfants d'honorer huis père et mère. Matth., xix, 19; Marc, x, 19; Luc , xvm, 20. — 2. Saint Paul, rappelant aux chrétiens d'Éphèse et de Colosses leurs devoirs moraux, recommandait aux enfants d'obéir à leurs parents selon l'esprit de Jésus-Christ, non pas extérieurement comme les esclaves, mais intérieurement et en tout ce qui n'est pas contraire à la volonté divine. Cette obéissance filiale est juste et légitime, puisqu'elle est commandée par le quatrième précepte' du Décalogue et qu'elle est sanctionnée par une promesse de félicité temporelle et de longévité. Eph., vi, 1-3. Il agrée au Seigneur qu'elle soit entière, xati ■ai-na, Col., m, 20.
5° D'après le Talmitd. — Les Juifs sont demeurés fidèles à la loi divine du respect envers les parents. La Mischna range la piété filiale au nombre des « devoirs qui donnent à l'homme une puissance dans ce monde et dont la récompense principale est réservée pour la vie future », et la Ghémara du Talmud de Jérusalem, Péa , I, 1, trad. Schwab, t. n, Paris, 1878, p. 9-13, cile de beaux exemples de cette vertu de la part des rabbins.
E. Mangenot.
ENFANTEMENT (Septante : t(Sxo;; Vulgate : partus; l'hébreu n'emploie que des verbes : xjàlad, frôlé! . Tiwreiv, parère , parturire), mise au monde d'un enfant. Voir Eni-ant. — 1° L'enfantement est devenu douloureux, en punition de la faute originelle. Gen., ni, 16. Racbel meurt en enfantant Benjamin. Gen., xxxv, 16-19. Les écrivains sacrés comparent souvent les grandes douleurs à celles de l'enfantement, quoiqu'elles soient moins vives dans les pays d'Orient qu'en Occident. Exod., i, 19; Buickhardt, Notes on Bédouins, 2 in-8°, Londres, 1830, t. i, p. 96; Deut., n, 25; Ps. xlvii, 7; Eccli., xix. 11; xlviii, 21; Is., xm, 8; xxi, 3; Jer., vi, 21; xm, 21; xxn, 23; xlviii, 41; xlix, 22, 24; L, 43; Ezech., xxx, 16; Os., xm , IS; Midi., iv, 9, 10. — 2» La douleur de l'enfantement est suivie de la joie que cause la naissance de l'enfant. Joa., xvi, 21. — 3° L'enfantement est attribué au Seigneur, Ruth, iv, 13; cf. Is., lvi, 9; particulièrement quand il s'agit d'un enfantement extraordinaire ou miraculeux, comme ceux de Sara, Gen., xvn, 17, 19; xxi, 2; d'Anne, mère de Samuel, I Reg., i, 19, 20; d'Elisabeth, Luc, i, 13; et surtout de la Vierge Marie, Is., vu, 14; Matth., I, 20, 21. Cf. pour les animaux Job, xxxix, 1-3; Ps. xxvm, 9. Voir Cerf, col. 446-447. — i ■• Métaphoriquement, enfanter s'emploie dans le sens de produire: IV Reg., XIX, 3; le méchant enfante l'iniquité. Job, xv, 35; Ps. vu, 15; Is., ux, 4; Jac, I, 15; la bouche du sage enfante la sagesse. Prov., x, 31. — Saint Paul dit qu'il enfante de nouveau les Galates, pour signifier qu'il apporte à leur formation spirituelle tout le dévouement d'une mère. Gai. IV, 19. C'est aussi saint Paul qui compare à l'enfantement 1'ellbrt de la création pour échapper a la servitude du péché. Rom., VIII, 20-22. — La production des fruits par la terre et par les arbres est comparée à un enfantement. Is., lvi. 8; Cant., vu, 12.