Fontaine d'Engaddt. D'après une photographie
oasis située entre Youadi Sideir au nord et Vouadi el- Areidjé/i au sud. Elle occupe un plateau étroit, espèce de terrasse suspendue à plus de 120 mètres au-dessus du rivage de la mer Morte (lîg. 571). Ce plateau est entouré à l'ouest et au nord par un immense cirque formé de hauls escarpements crétacés , dont nous donnons ici (fig. 572) les différentes assises géologiques, d'après M. Lartet (dans de Luynes, Voyage d'exploration à la mer Morte, Paris [sans date], t. m, p. 78, pi. v, Bg. 3). Les rochers, qui ressemblent beaucoup à ceux de la Gemmi, dans le Valais, sont formés par un calcaire rose, très dur et très poli, reposant sur de puissantes eouches dolomitiques. Le chemin de Belhléhem, qui se déroule en lacets le long de ces falaises, descend par une pente effrayante, dangereuse même pour les bêtes de somme; du plateau à la nier, il faut encore une demi -heure. La source naît sous un rocher presque plat et peu épais, comme la dalle d'un dolmen celtique. Les eaux, très pures, ont une température assez élevée, vingt -sept
roseaux gigantesques [Arundo donax). Ce qui donne au paysage un caractère particulier, ce sont les acacias seyals, qui produisent la gomme arabique et dont le bois a la dureté du fer; cette espèce se rencontre au Sinaï, en Arabie et dans certaines parties de la Tunisie. Voir Acacia, t. i, p. 101. On trouve encore, comme dans la plaine du Jourdain, le Zizijphus spina Ckristi, hérissé d'épines aiguës comme de fines pointes, qui rendent les fourrés absolument impénétrables. Le long du ruisseau on voit des lauriers -roses (Nerium oleander), des nialvacées très vigoureuses {Sida mutica) et de très beaux tamaris [Tamarke tenuifolius). A côté s'élève le henné (Lawsonia alba), le kôfér du Cantique des cantiques, i, 13 (hébreu, 14). Voir Henné. — Les palmiers étaient autrefois très nombreux à Engaddi, comme l'indique le nom primitif d'Asasonthamar, et comme l'attestent Josèphe, Ant. jud., IX, I, 2, et Pline, 11. N., v, 17. Il n'en reste rien aujourd'hui, pas plus que des vignes qui lii eut autrefois sa célébrité. Cant., i, 13. Des murs en
ENGADDI
lsoo
pierres sèches, régulièrement alignés sur les lianes des collines méridionales, rappellent seuls l'existence antérieure de ces vignobles. Près de la source croit une plante qui ne se rencontre qu'à Engaddi, en Nubie et dans l'Arabie du sud ; c'est une asclépiadée appelée Calotropis procera, nommée orange de Sodorne parles pèlerins. Presque arborescente, elle a des rameaux verts, gorgés de suis, des feuilles grandes, ovales, lancéolées, opposées deux à deux. L'a suc laiteux, blanc et sans goût, s'en dégage abondamment, lorsqu'on fait quelque incision. Le fruit, gros comme une petite orange, est d'une couleur jaune pâle. Lorsqu'il est mûr, l'enveloppe
Ras -el -Ain
f Sourre tiède
Bassins
artificiels
Mer Morte
Ouest