‹ Dictionnaire de la Bible (volume 2)Chapitre 238 sur 486 · Coupe de la falaise d'Aïn-Pjédi · texte numérisé non relu

Coupe de la falaise d'Aïn-Pjédi

Calcaire compact cris.

Bfarnee blanchâtres.

Calcaire marneux.

Marnes blanches.

Calcaire marneux blanchâtre.

Marnes a Ostrea Olisiponensis , fiabellata grand cardium, etc., avec un banc d'O. Olistyonensis ù la partie supérieure, re '-t marnes.

Marnes crayeuses bigarrées de jaune et de rouge, avec vésicules de Erypse parcourant la nias-*' dans tous les sens, écailles de poissons et quelques toraminifères.

Calcaire gris blanchâtre, avec Ostrea ifermeti, var., Minor, petites 0. PesicularU, rar., J udaica , Janlra ;equicostata , et nombreux foraminifères.

Calcaire compaot, avec les mêmes fossiles.

Calcaire dolomitlque gris foncé, avec quelques silex gris et des empreintes de janires et d'exogvres, ecents de La mer Morte.

Dépots d'incrustation, avec empreintes végétales.

Brèches calcaires.

papyracée se brise et laisse échapper des graines soyeuses, dont se servent les bédouins pour faire des mèches de fusils, ou que les femmes filent avec le coton pour en les destinées à retenir le kouffiéh des hommes sur le front. On trouve de même à Ain Djédi la pomme de Sodome (Solarium melongena), dont le fruit, de la grosseur d'une pomme d'api, laisse échapper, lorsqu'on l'écrase, une quantité innombrable de fines graines, qu'on a quelquefois prises pour de la cendre. Enfin, sur les hauteurs désertes du nord, on trouve la e crucifère appelée à torl rose de Jéricho (Anasta- '<"' triera I :. Lortet, La Syrie d'aujourd'hui,

dans le Tour du mon le, t. m m, p. 156-159.

Les seules ruines que l'on rencontre aujourd'hui en cet endroit sont celles d'un moulin et de deux bassins antiques assez profonds, situés entre le plateau et la La plaine, i un peu au sud, esi cultivée

par les Arabes Rs< heidé, qui > sèmenl un peu de blé, de doura et une assez grande quantité de concombres. Les montagnes environnantes sonl percées de nombreuses grottes; on sait comment David j vinl un jour chercher

un refuge, et coupa un pan du manteau de Saûl. 1 Reg., xxiv, l, 2-5. Cf. W. M. Thomson, The Land and the Boofi , Londres, 1881, t. i, p. 313. De nos jours comme à cette époque, ces rochers escarpés sont habités par de nombreux troupeaux de bouquetins bedens, d'une admirable agilité, et dont les cornes noueuses servent à faire des manches de poignards. Cf. I Reg., xxiv. 3. Voir BOUQUETIN, t. i, col. 1893. Ces montagnes dénudées, longue série de roches blanchâtres et calcaires, déchirées ça et là par des bandes de silex noirs, constituent le désert d'Engaddi. 1 Reg., xxiv, -2. Des herbes à la teinte grise, des genêts rabougris, animent seuls le paysage.

Du plateau d'Ain Djédi la vue est splendide. Au pied des falaises s'étend la mer Morte, que l'on aperçoit à peu près dans toute son étendue; au nord, c'est le promontoire de Râs Feselikhali et l'embouchure du Jourdain; à l'est se dressent les monts de Moab avec la ville et le château fort de Kérak, puis la presqu'île basse et marécageuse de la Lisàn. Vers le sud, la vue est bornée par la sombre montagne de Sebbéh, sur laquelle était bâtie la ville forte de Masada. Enfin, à l'ouest, les hauts escarpements déchirés et arides rappellent certains passages des Alpes. Cette région, sur laquelle plane le silence du désert, a, sous les feux du soleil couchant ou les rayons argentés de la lune, quelque chose de très impressionnant. — Cf. U. ,1. Seetzen, Reisen durch Syrien, Palâstina, édit. Fr. Kruse, Rerlin, 185i, t. u, p. 220-239; Robinson. Biblical Besearches in Pah Londres, 1856, t. t, p. 504-509; duc de Luynes, Voyage d'exploration à la mer Marie, t. i, p. 83-86; Suruey of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881-1883, t. m, p. 384-386; W. M. Thomson, The Land and the Book, t. i, p. 312-320.

III. Histoire. — Engaddi apparaît pour la première fois dans la Rible sous son nom d'Âsasonthamar, a propos de l'expédition de Chodorlahomor. Gen., xiv, 7. Elle /■lait alors au pouvoir des Amorrhéens, qui furent baltus par le roi d'Ëlam et ses alliés. Au moment de la conquête de la Terre Promise par les Hébreux, elle tomba dans le lot de Juda. Jos., XV, 0-. Son désert servit de retraite à David, pendant qu'il subissait la persécution de Saùl. I Reg., xxiv, 1. 2. A l'époque de Salomon, elle était renommée pour ses vignobles, Canl., i. 13. qui existaient encore aux xn», xve siècles, el même au commencement du siècle dernier. « Un passage fort intéressant de Ludolphe de Suchen relate que les Templiers transportèrent des cépages provenant d'Engaddi dans leur domaine de Chypre, situé près de la ville de Baphe, et le pèlerin allemand dit qu'il ne compta pas moins de dix espèces de' raisins cultivés dans cet enclos. » E. Rey, Les colonies franques de Syrie aux xrp et xiip siècles, Paris, 1883, p. 250, 251. Les Moabites et les Ammonites avec leurs alliés, marchant contre .losaphat, roi de Juda,

vinrent camper a Asasonthamar nu Engaddi, suivant la coutume des bandes pillardes qui envahissent la Palestine du sud en venant de .Moab. Elles sont sures de trouver là de l'eau et des pâturages, Elles peuvent eu même temps choisir les routes les plus propices a l'attaque. Le prophète Ézéchiel, xi.vn, lu. pour montre] les changements merveilleux que l'Évangile apportera au monde, représente les eaux du lac Asphaltite comme adoucies, remplies de poissons, et « les pécheurs se tenant sur ces eaux, séchanl leurs lîleis, depuis Engaddi jusqu'à Engallim ». Josèphe, Jlcll. jud., III, vu, 5, la cile parmi les onze toparebies de Judée, el plus loin, IV, ni, 2, il raconte que li - sicaires réfugiés à Masada s'emparèrent un .jour de cette petite ville, peu de temps avant la prise de leur forteresse par Flavius Silva, préfet de Judée sous Vespasien (an 73). Josèphe. Bell, jud., VII, \ U, 1-7. — Pline, //. N., V, 17, mentionne les ermites niens qui y vivaient. Les Talmuds parlent du baume qu on cueillait depuis Engaddi jusqu'à Ramatha. Cf.

ENGALL1M — ENGANNIM

A. Neubauer, La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 100. Le nom de l'antique cité biblique tombe ensuite peu à peu dans l'oubli. A. Legendre.

ENGALLIM (hébreu : 'Ên-'Églaim, « source des deux veaux; » Septante: 'EvayaMsin), localité mentionnée une seule fois dans l'Écriture, Ezech., xlvii, 10. Le prophète, voulant faire saisir par des images frappantes les merveilleux changements que produira dans le monde l'âge messianique, représente un torrent qui s'échappe du Temple de Jérusalem et vient assainir, adoucir la mer Morfe. Alors, dit-il, « il y aura de nombreux poissons là où viendront ces eaux, et là où viendra le torrent tout sera sain et vivra. Les pécheurs se tiendront sur ces eaux ; depuis Engaddi jusqu'à Engallim on séchera les filets. » Saint Jérôme, Comment, in Ezech., t. xxv, col. 473, commentant ce passage, dit : « Engallim est, en effet, à l'entrée de la mer Morte, là où le Jourdain a son embouchure, tandis qu'Engaddi se trouve où finit le lac. » Cette dernière assertion est certainement erronée, puisque Engaddi est située, non pas à l'extrémité méridionale de la mer, mais au milieu de la rive occidentale. Voir Encaddi. La première perd par là même quelque peu d'autorité. Bon nombre d'auteurs cependant s'en servent pour chercher l'emplacement d'Engallim. Les uns pensent à 'Ain Feschkhah , source assez importante, qu'on rencontre vers la pointe nord -ouest du lac Asphaltite. Cf. Riehm, Handwvrlerbuch des Biblischen Altertums , Leipzig, 1884, t. i, p. 378; C. F. Keil, Der Prophet Ezechiel, Leipzig, 1882, p. 493. D'autres proposent .loi Hadjlah, au-dessus de l'embouchure du Jourdain, dans la plaine qui monte vers Jéricho. Cf. R. von Riess, Bibel- Allas, 2= édit., Fribourg-en-Brisgau , 1887, p. 10. Engallim serait ainsi identique à Bethhagla ( hébreu : Bit Hogldh). Jos., XV, 6; xvm, 19, 21. 11 y a un certain rapprochement entre les deux noms, bien qu'ils diffèrent au point de vue de l'orthographe et de la signification. Voir Bethhagla, t. i, col. 1085.— Quelques-uns cherchent plutôt la localité en question à l'est de la mer Morte, dans le pays de Moab. Us l'assimilent à V'Eglaim (Septante : 'ÀyaXeip. ; Vulgate : Gallim ) d'Isaïe, xv, 8, qu'Eusèbe et saint Jérôme, Onomastica sacra, Gcettingue, 1870, p. 98, 228, aux mots Agallim, 'AyaXXet'iJ., placent à huit milles (près de douze kilomètres) à l'est d'Aréopolis. Ils supposent qu'il pouvait y avoir sur le bord oriental du lac un endroit empruntant son nom à cette ville, et qu'Ézéchiel aurait opposé à Engaddi, sur l'autre bord. Cf. Reland, Palœstina, Utrecht, 1714, t. n, p. 762; Hengstenberg, The prophecies of Ezekiel, Edimbourg, 1869, p. 174. Mais les deux noms diffèrent aussi d'orthographe et de signification, bien qu'ils soient moins éloignés l'un de l'autre que 'Églaim et Hôglàh. Voir Gallim. En somme, nous ne pouvons jusqu'ici que faire des conjectures plus ou moins plausibles, puisque nous manquons de bases solides pour les appuyer. A. Legendre.

ENGANNIM (hébreu : 'Ên-Gannim, « source des jardins »), nom de deux villes de Palestine.

1. ENGANNIM (omis ou méconnaissable dans les Septante; Vulgate : ^Engannim), ville de la tribu de Juda. Jos.. xv, 34. Mentionnée entre Zanoé et Taphua, elle fait partie du premier groupe des cités de « la plaine » ou de la Séphélah. R. J. Schwarz, Das heilige Land, Francfort-sur-le-Main, 1852, p. 73, et quelques-uns après lui l'identifient avec un bourg nommé Djénin, situé à une heure au sud-est d'Ascalon. Un premier inconvénient, c'est qu'on ne trouve dans les parages indiqués aucune localité de ce nom. Cf. Hirsch Hildesheimer, Beitràge zur Géographie Palàstina's, Berlin, 1886, p. 72. Un second, c'est que l'antique ville dont nous parlons est placée ailleurs par l'énumération de Josué. Celles du même groupe, en effet, comme Estaol (Eschu'a),

Saréa (Sarâ'a) , Zanoé (Khirbet Zaxiui), Jérimoth [Khirbet el-Yarniuq) , indiquent nettement sa position. C'est pour cela que M. Guérin, Judée, t. n, p. 26, la cherche à Beit el-Djemàl, tout près de Khirbet Zanuà. La proximité de ce dernier endroit et l'existence, au bas du village, d'une excellente source qui coule dans la vallée, seraient pour lui deux raisons suffisantes de cette assimilation. Cependant la correspondance onomastique manque totalement. On la trouve d'une manière satisfaisante un peu plus haut dans Khirbet l'nnn Djina, près d'Aire Schems , l'ancienne Bethsamès. Aussi cette hypothèse, proposée par Clermont-Ganneau et les explorateurs anglais, nous semble- 1 - elle préférable. Cf. Survey of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881-1883, t. m, p. 12; G. Armstrong, VV. Wilson et Couder, A'ames and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, p. 58. Oumm Djina est un petit viliage situé sur un monticule, et dont les maisons sont aux trois quarts renversées. Parmi les matériaux avec lesquels elles avaient été bâties, on remarque un assez grand nombre de pierres de taille très certainement antiques, ce qui prouve que ce pauvre hameau, qui compte à peine aujourd'hui une quarantaine d'habitants, avait autrefois beaucoup plus d'importance. Cf.V. Guérin, Judée, t. n, p. 28. A. Legendre.

2. ENGANNIM (hébreu: 'Ên-Gannhn; Septante: Codex Yaticanus, 'Ie<iv xai Toniiàv ; Codex Alexandrinus, 'HvYtxvvfu., Jos., xix, 21; Ilir)yn fpa[i.[iiTwv, Jos., xxi, 29), ville de la tribu d'Issachar, Jos., xix, 21, donnée « avec ses faubourgs » aux Lévites fils de Gerson. Jos., xxi, 29. Dans I Par., vi, 73 (hébreu, 58), passage parallèle à Jos., xxi, 29, on lit Anem au lieu de Engannim, et la plupart des auteurs regardent le premier mot comme une contraction du dernier. Voir Anem, t. i, col. 573. C'est probablement aussi la même localité qui est citée, IV Reg., ix, 27, sous le nom de Bêt haggân, « maison du jardin ; » Septante : BcuSyàv; Vulgate : Domus horti. Ochozias, roi de Juda, étant venu à Jezraël (Zer'in) pour faire visite à Joram, souffrant des blessures qu'il avait reçues au siège de Ramoth-Galaad, vit le roi d'Israël immolé par Jéhu dans le champ de Naboth. Craignant pour luimême un sort semblable, il dut naturellement reprendre tout de suite le chemin de ses États, c'est-à-dire la route qui, passant par Djénin, traverse la Samarie pour arriver a Jérusalem. Mais, poursuivi de près par les gens de Jéhu, il fut frappé près de Jeblaam (Khirbet Bel'améh), et, changeant de direction, s'enfuit à Mageddo, où il mourut. Cet épisode nous montre déjà d'une certaine façon la position que devait occuper Engannim. Josèphe, Ant. jud., XX, vi, "1; Bell, jud., III, m, 4, nous parle d'un bourg nommé Ginœa, Fivïia, situé sur les limites de la Samarie et de « la grande plaine », c'est-à-dire de la plaine d'Esdrelon. On l'assimile généralement à la petite ville actuelle de Djénin, qui correspond aussi exactement à la vieille cité d'Engannim. En effet, l'arabe . ^o». représente bien le dernier élément du mot composé n'35-py, 'Ên-Gannim, le premier étant tombé,

comme il arrive parfois: c'est ainsi que Bethsetta (hébreu : Bét haè-'sittitli), Jud., vu, 23, est devenu Schouttah. Voir Bethsetta, t. i, col. 1744. Cf. G. Kampflïneyer, Aile Namen im lteutigen Palàstina und Syrien, dans la Zeitschrift des deutschen Palàstina-Vereins , 1893, t. xvi, p. 1, 55. La situation est également d'accord avec les données scripturaires. On a cru retrouver cette ville parmi celles que mentionnent les pylônes de Karnak.

« Le n° 43, — 'm \ I 1 v Js., Ganôtou-Asnah,

« les jardins d'Asnah, » 'Asntili étant un nom d'homme (I Esdr., n, 50), est probablement une désignation nouvelle de En-Gannim, Beth-hag-gàn, Tivocca, Djénin. » G. Maspero, Sur les noms géographiques de la Liste de

ENGANNIM

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