XXI
H. Lesètre.
ÉPAPHRAS ('Eîtaçpôç), chrétien de l'Église de Colosses, que saint Paul appelle « son cher co-serviteur », auvSouXo:, « le fidèle ministre (Siaxovoç) du Christ. » Col., 1,7. Ce nom est une contraction de celui A'Epaphroditus. On le rencontre dans plusieurs inscriptions grecques (Corpus inscript, arase, 268, 1732, 1820, 1963, 2248, 6301, 6926, etc.), et latines (Corpus inscript, lat., t. ii, 1890; V. lie Vit, Totius latinitatis onomasticon, t. n. 1868, p. 729). D'après Col., iv, 12, le chrétien Épaphras était originaire de .Colosses même, et sans doute païen de naissance. Cf. Col., IV, 11. D'après un récit que saint Jérôme, Comment, in h'pist. ad Phi- Irm.. 23-21, t. xxvi, col. 617, rapporte en le qualifiant de fabula, Epaphras aurait été d'origine juive el
C patriote de saint Paul. Quoi qu'il en soit, rempli du
ïèle apostolique, Col., îv, 12-13, c'est lui qui avait fondé l'Eglise de Colosses et probablement aussi d'autres Églises du bassin du Lycus, Laodicée et Hiérapolis, cf. Col., iv, 13, que saint Paul n'avait pas visitées en personne. Col., il, 1. L'hérésie chercha à s'y glisser, et Epaphras, pour mettre à l'abri de l'erreur ceux qu'il avait amenés à la vraie foi, leur fit écrhe par saint Paul, afin qu'ils restassent fidèles a l'enseignement qu'il leur avait donné, Col., il, 6-7. Voir col. 866. Comment Epaphras se trouvait-il avec saint Paul quand ce dernier écrivit sou Epitre, Col., IV, 12, on ne le sait pas exactement. Nous apprenons par la lettre à Philéniuii, \. 23, où Épaphras esl aussi nommé, qu'il était k le compagnon de captivité , truvai^jiâXwToç, concaptivus, de l'Apôtre à Rome (d'après d'autres, avec moins de probabilité, àCésarée, voir col. 867). Le reste de son histoire nous est inconnu. Les martyrologes font de lui le premier évêque de Colosses et disent qu'il souffrit le martyre dans cette ville. Baronius, Martyrol. rom., in-f», Rome, 1600, au 19 juillet, dit que ses reliques sont conservées a Home, à Sainte- Marie-Majeure.
— Le lexie le. n rec el la Vulgate, Col., i, 7, portent ; « Epaphras,... fidèle ministre du Chris) Jésus ûnèp ù(iùv, pro vobis, auprès de vous. « Quelques manuscrits, au
contraire, ont -'jr.lp r.M-iûv, « pour nous, d De sorte que le sens serait qu'Épaphras était le ministre de Jésus-Christ auprès des Colossiens à la place de l'Apôtre; mais celle leçon est douteuse. Voir Ch. J. Ellicolt, S( Pauls Epislles to tlie Philippians, the Colossians, 4e édit., Londres, 1875, p. 117. — D'après certains critiques, tels que Grotius, In Col., n,7, Opéra, Amsterdam, 1679, t. n. part, n, p. 922, le nom d'Épaphras étant une contraction d'Épaphrodite, le personnage qui porte ce dernier nom, Phi!., II, 15; iv, 18. ne serait pas différent d'Épaphras. Celle identification ne repose que sur l'identité possible du nom et est peu vraisemblable. On célèbre sa fête dans l'Église latine le 19 juillet. Voir Epaphrodite. Cf. .1. I>. Strohbach, De Epaphra Colossensi, in-4°, Leipzig, 1710; Aria sanctorum, t. iv julii i 1725). p. 581 -5N2.
F. VlGOURurx.
ÉPAPHRODITE ( 'EmtfpôSvzoï;, « d'Aphrodite, » nom correspondant au latin Venustus), chrétien de Philippes, » e...i|iei.ileiir el compagnon .1.' lutte, » tv. îv/o: xal (TUCTTpaTiwTUC, de saint Paul. Phil., n, 25; IV, 18. Nous ne savons de lui que ce que nous en apprend l'Apôtre dans son Épitre aux Philippiens. Ses compatriotes le chargèrent de porter à Rome des aumônes à saint Paul, qui y était prisonnier. Là il fut gravement malade, et, après sa guérison, saint Paul le chargea de rapporter à l'Église de Philippes ses lettres de remerciements. Phil., Il, 25-30. A cause de la similitude de nom d'Épaphras et .1 phrodite (voir Épaphras). quelques commentateurs ont
supposé que le messager des Philippiens auprès de ■ i
Paul était le même que le fondateur de l'Eglise de Colosses, Col., 1,7; mais leur opinion est sans vraisemblance. Le nom d'Épaphrodite était très répandu. Suétone, Nero, 49; Domit., li ; Josèphe, Coût. Apion., i, 1; n, 41, etc.; Tacite, Ann., 15, 55, etc. On le rencontre souvent dans les inscriptions. Bockh, Corp, inscript. grsec, 1811, 2562. Voir W. Pape, Wôrterburli der griechischen Eigennamen , 3e édit., Brunswick, 1863, t. i, p. 363. 11 n'est donc pas étonnant qu'il y ait dans les Épitres de saint Paul un Epaphras et un Epaphrodite. On
ne s'expliquerait pas d'ailleurs pourquoi l'Apôtre i
toujours, sous la l'orme Épaphras, le Colossien qui était son compagnon de captivité, et toujours, sous la forme Epaphrodite l'envoyé des Philippiens, si c'était le même personnage. De plus, la ville macédonienne de Philippes était si éloignée de Colosses en Phrygie, qu'on ne voil pas comment elle aurait pu charger Épaphras de porter
ses ai '.nés à Home. Enfin Épaphras élail compagnon
.le captivité de saint Paul, et rien n'indique que l'Apôtre ait pu lui taire porter son Épitre à Philippes. Phil., Il, 20. Les Grecs qualifient saint Epaphrodite d'apôtre. Quoique l'expression de saint Paul, ùu.ùv ànôaToXov, aposlolum uestrum, qui est suivie de ministrum nercssilalis meir, .. m. m aide dans mes nécessités, 1 Phil., II, 25, doive se prendre dans le sens général de « votre messager, qui a subvenu a mes nécessités » (en m'apportant vos aumônes), ce Philippini mérita assurément le titre d'apôtre comme les autres prédicateurs de la foi à cette époque. Le Pseudo- Dorothée, De septuaginta discipul., 5i, l'air. gr., t. xiai, col. 1065, le compte parmi les soixante-dix disciples du Sauveur et le fait évêque d'Andriaque, ville de Lycie, ■' l'embouchure de la rivière qui passe à Myra : c'est la ville ..n saint Paul, conduit de Césarée à Rome, dut s'embarquer sur le navire d'Alexandrie. Art., xxvii , 5-6. Mais le témoignage du Pseudo- Dorothée esl très contestable, Théodoret, In Phil., il, 25. t. i.xxxu, col. 576, pense qu'il (lait évoque de Philippes. Voir Tillemont, Mémoir IS pour ternir à l'Insin re ecclésiastique,^' édit., Paris, 1701, t. i, note 65, p. 571; Acta sanctorum, 22 martii, t m I 1668), p. 370; .1. A. Siep, Dr Epaphrodilo PIMippensium apostolo ex Sacra Scriptura, in-4», Leipzig I7*l-
F. VlGOOROOX ÉPAULE (hébreu: kâfêf; Septante: <V>:; Vulgate: humérus, scapula), partie supérieure du bras par laquelle
EPAULE — EPEAUTRE
celui-ci se rattache au tronc du corps humain. I Reg., ix, 2: x, 23; Job, xxxi, 32; II Mach.. xn , 30; xv, 30. — L'épaule sert à porter les fardeaux. Num., vu, 9; Jud., xvi, 3; 1 Par., xv, 15; Is., x, 23; xi.vi. 7; xi.ix, 22; Ezech., xii, 6, 7, 12; Eccli., vi, 20; Bar, vi, 3. 25; Matth.. xxm. i ; Luc, xv, 5; etc. — Les épaules du guerrier sont couvertes par la cuirasse. I Reg., XVII, 6. Quand elles ne l'ont pas, elles sont exposées aux coups pendant le combat. II Mach., XH, 35 ; xv, 30. — L'épaule rebelle est celle qui se refuse à porter le joug. II Esdr., ix, 29; Zach., vu, H.— s Tourner l'épaule» signifie » s'en retourner», parce qu'on exécute ce mouvement pour s'en aller et revenir là d'où l'on était parti. Les Septante et la Vulgate ont conservé celte locution dans leur version. I Reg., X, 9. — La jonction des deux épaules s'appelle Sekém. C'est sur le sekém , sur les épaules, que se place l'insigne du commandement. Is., ix, 4; xxn, 22. Agir d'un même sekém ou d'une même épaule, Soph., m, 9, c'est être d'accord pour accomplir un devoir. Voir Dos. — Métaphoriquement, on donne le nom de kdtêf au flanc. d'une montagne, Deut., xxxiii. 12; aux cotés d'un édifice, Exod., xxvn, 15, etc.; au bord de la mer, Num., xxxiv, 11; au point par où l'on tombe sur un ennemi. Is., XI, 4; Ezech., xxv, 9. H. I.ESÈTRE.
EPEAUTRE. Hébreu : kussémèt; Septante : oXopa, Çia; Vulgate : far, vicia.
I. Description. — On donne le nom vulgaire d'épeautre à plusieurs froments dont les grains, à maturité, sont étroitement enveloppés par les glumelles ou balles, et ne peuvent en être séparés par le simple battage sur l'aire; il faut pour cela une opération spéciale. Deux principales espèces ou races sont à distinguer. — 1° Le grand épeautre [Triticum Spelta L.), qui possède deux grains dans chaque épillet. Les expériences de Vilmorin ont montré que cette plante est très voisine du vrai blé, car on peut obtenir entre eux des métis dont la fertilité est complète. En outre, parmi la descendance croisée de variétés appartenant au véritable Triticum sativum , cet habile expérimentateur a obtenu des formes qui rentrent absolument dans les épeautres : on peut donc conclure de ces faits à l'unité spécifique du groupe entier. Corinne d'ailleurs l'origine de l'épeautre reste des plus problématiques, que sa spontanéité est fort douteuse dans les régions d'Asie Mineure et de Perse où on l'a signalée, il est permis d'y voir une simple race artificielle obtenue par la culture à une époque qu'il est impossible de préciser. C'est à cette race qu'il convient de rattacher le Triticum dicoccum Schrank ( Tr. amyleum Seringe), dont la différence tient seulement à sa rusticité plus grande, lui permettant de résister aux hivers les plus rigoureux de la Suisse et de l'Allemagne, et à la richesse de sa graine en réserves amylacées. — 2° Le petit épeautre (Triticum monococcum L.). Cette espèce, bien distincte par son grain solitaire dans chaque épillet ( lig. 579 , a une origine incontestablement sauvage dans la Grèce, l'Asie Mineure et la Mésopotamie. Elle s'éloigne davantage du froment, avec lequel elle n'a produit jusqu'ici aucun hybride. Cf. Vilmorin, Bulletin de la Société botanique de France, t. xxvn i ÎSSO), p. 350; A. de Candolle, Origine des plantes cultivées, p. 291. F. Hv.
II. Exégèse. — Le kussémèt est mentionné trois fois dans la Bible, deux fois au singulier, Exod., ix, 32: Is., xxviii, 25, et une fois au pluriel, kussemim, Ezech., iv, 9. Les Septante traduisent par o/.-jpa dans Exod., IX, 32, et Ezech., iv, 9, et par Xj.3. dans Is., XXVIII, 25; la Vulgate met far pour Exod., IX, 32, et vicia pour les deux autres passages. En rendant kussémèt par vicia, « veso traducteur de cette dernière version rapprochait sans doute le mot hébreu de l'arabe kirsenna , qui a, en effet, cette signification et non pas celle d'épeautre, comme l'ont cru quelques exégèles. Zeitsclirift des deutsclien Palàsliua- Vereins, 1. 1\, 188(5, p. 11. Quant au mot far, employé
dans Exod., ix, 32, comme il est placé à côté de triticum, il peut désigner particulièrement la seconde espèce de froment, cultivé chez les anciens, c'est-à-dire l'épeautre. Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romi in-4», t. il. 2" part., 1890, p. 1343-1344. 11 est très difficile de savoir au juste ce que les Septante entendaient par w'jpa et *ix. parce que les anciens auteurs, comme Hérodote, II, 30; Théophraste. Ilist. plant., Il, 4; vin, 4; Dioscoride, De materia medic., n. cap. m, 113; Pline, H. N., xvin, 19. 20, etc.. tantôt identifient, tantôt distinguent les céréales désignées par ces deux noms, et,
579. — 1. Tige d'épeautre (Triticum s/ielta). — 2. Épi de triticum monococcum. — 3. Épi de triticum s
dans ce dernier cas, leurs descriptions de l'une ou de l'autre sont incomplètes et loin de concorder entre elles. Ch. Joret, Les plantes dans l'antiquité, lre part., in-8°, Paiis, 1897, p. 28-29. Pour aboutir à une solution plus sûre, il est préférable d'examiner la question à part pour chacun des pays où le kussémèt est signalé, l'Egypte, la Palestine et la Chaldée.
1° Pour l'Egypte, le kussémèt, traduit par o'X-jpa et far. Exod., IX, 32, est mentionné au sujet des dégâts produits par la grêle pendant la septième plaie d'Egypte. On constate que le lin et l'orge, déjà montés, furent détruits, tandis que le blé et le kussémèt, plus tardifs, ne furent pas endommagés. La plante qui se cache sous ce nom ne parait pas être l'épeautre proprement dit ou Triticum spelta. Hérodote, II, 30, assure sans doute que les Égyptiens cultivaient l'olyra, « que quelques-uns, ajoulet-il, appellent zeia. » Mais par cet oj.-^px il doit entendre une céréale plus différente du blé et de l'orge que ne l'est l'épeautre, puisque, selon lui, les Égyptiens, au moins certains d'entre eux, regardaient comme une honte de se nourrir de blé ou d'orge et préféraient l'ofyra. De
EPEAUTRE
EPEE
plus l'épeautre, Trllicum spelta, n'est pas une plante des pays chauds; jamais on n'en a trouvé les graines dans les" tombeaux de l'Egypte; on ne le voit pas non plus indiqué sur les monuments, et les voyageurs modernes ne l'ont jamais rencontré dans les cultures de la vallée du Nil. Delile, Histoire des plantes cultivées en Egypte, dans Description de l'Egypte, Histoire naturelle, in-4», 1812, t il, p. 15; Alph. de Candolle, Origine des plantes cultivées, 3' édit., in-8", Paris, 1886, p. 291; Cil. Joret, Les plantes dans l'antiquité, p. 30. Mais Schweinl'urlh, Bulletin de l'Institut égyptien, 1886, n» 7, p. 420, 424, a reconnu des épis et des graines du Triticum dicoccum ou amidonnier au milieu d'offrandes provenant d'une tombe de Gébéleïn, et il regarde cette plante, variété de l'épeautre proprement dit, comme répondant assez bien au boli copte, équivalent de l'hébreu kussémét et du grec oXupa, non seulement dans Exod., ix, 32, mais encore dans Is., xxviu, 25, et Ezech., IV, 9. Il faut dire cependant que, dans une scala copte (nomenclature de noms coptes expliqués .en arabe), le mot boti est rendu par al-dourâ, le doura ou sorgho. V. Loret, La flore pliaraonique , 2e édit., 1892, p. 23. D'ailleurs la découverte de Schweinfurth est restée isolée, et il est bon de remarquer avec Delile, cité plus haut, qu'aucune espèce d'épeautre ne se retrouve cultivée dans toute l'étendue de l'Egypte.
2° Pour la Palestine, qui a des régions plus froides, la présence de l'épeautre serait à priori plus croyable. Th. Kotschy, Zeitschrift fin- Ethnologie, 1891, p. 655, aurait trouvé le Triticum dicoccum à l'état sauvage sur les pentes de l'Hermon. Serait-ce là le kussémét que nous voyons dans une comparaison où Isaïe, xxvin, 25, parle de la sagesse du laboureur? o N'est-ce pas après avoir aplani la surface du terrain que le laboureur répand de la nielle et sème du cumin, qu'il met le froment par rangées, l'orge à une place marquée, et le kussémé( sur les bords du champ. » Ou bien faut-il plutôt identifier la céréale hébraïque avec le Triticum monococcum, ou engrain? Celui-ci conviendrait mieux que le premier; car, étant plus différent du blé ordinaire, on comprend facilement que dans l'énumération dlsaïe il ne vienne qu'au troisième rang, séparé du blé par l'orge. Cependant il doit peut-être ce rang, non pas à sa différence plus marquée d'avec le blé, mais à la place du champ où il était semé. Comme cette plante s'accommode des sols les plus mauvais, il est naturel qu'on lui réservât les bords du champ, donnant au blé et à l'orge de meilleurs terrains. Alph. de Candolle, Origine des plantes cultivées, p. 294, ne croit pas néanmoins qu'on puisse reconnaître la culture habituelle de ces divers épeautres chez les Hébreux, et il rejette leur identification avec le kussémét. Le sorgho, au contraire, était et est encore largement cultivé, non seulement en Egypte, mais dans les contrées de l'Asie orientale, et pourrait plus justement s'identifier avec le kussémét : c'est ce qui résulte aussi du troisième texte, relatif à la Babylonie.
3° Êzéchiel, iv, 9, captif en Chaldée, dans une prophétie en action dirigée contre Jérusalem, reçoit l'ordre de prendre du froment, de l'orge, des fèves, des lentilles, du millet et des kussemim, de les mélanger dans un vase et d'en faire du pain. Remarquons, eu passant, qu'on trouve des mélanges analogues de céréales et de légumes secs assez, souvenl employés chez les anciens. Pline, //. .V.. xvni, 30. Cf. E. Fournier, art. Cibaria, dans Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, t. i, 2» partie, l<s^7. p. 1144. L'épeautre existait-il en Chaldée? Olivier, Voyage, I>m7, i. m, p. 160, prétend l'avoir trouvé à l'état spontané en Mésopotamie, en particulier dans une localité impropre à la culture, au nord d'Anah, sur la rive droite de l'Euphrate. Mais Alph. de Candolle, Origine des plantes cultivées, p. 292, en doute, et pour lui la patrie des épeautres ce sont les régions moins chaudes de l'Asie Mineure ei de l'Europe orientale.
Aucun auteur ne constate avec certitude leur cullure en Babylonie. D'ailleurs, s'il s'agissait d'une espèce quelconque d'épeautre, il serait plus naturel, dans l'énumération d'Ézéchiel, iv, 9, de voir les kussemim placés à côté du blé et de l'orge, avec lesquels l'épeautre a plus d'analogie, qu'après les fèves, les lentilles et le millet. De plus les grains mentionnés ici sont comme associés deux à deux : le froment et l'orge, les fèves et les lentilles, le millet et les kussemim. Ce doit donc être vraisemblablement une plante assez semblable au millet ; ne serait-ce pas le sorgho, comme nous l'avons insinué déjà pour les deux autres textes? Voir Sorgho.
E. LEVESQUE
ÉPÉE (hébreu : liéréb, Deut., xm, 15; Jos., vi, 21; vu, 24; x, 28, etc.; mekèrâh, pluriel mekêrùt , Gen., XLix, 5 : petiluili, Ps. l.v, 22 [ Vulgate, lv. 21] : grec : pLayaipa, Gen., xxn, 6, 10; xxxi, 26; Exod., xv, 9; Jud., m, 16; Matth., xxvi, 47-55; Marc, xiv, 43-48, etc.; pojisai'a. Gen., m, 24; Exod., v, 21; Jos., v, 13; Jud., i, 8; Apoc, n, 16; vi, 8, etc.; Ufot, Jos.. \. 28; Ezech., xvi, 39; xxm, 47, etc.; latin : ensis, I Reg., xm, 22; xxv, 13; II Reg., xxi, 16; I Par., x, 4; Gant., ni, 8; gladius, Gen., m, 24; xxn, 6; Exod., v, 3, etc.; mucro, Jer., xlvii. 6), La poignée de l'épée se dit en hébreu nisdb, en grec XaSrj, en latin capulus, Jud., m, 22; lahab signifie l'éclat ou la llamme de la laine; les Septante traduisent ce m i par çWH, et la Vulgate simplement par ferrum. Jud., m, 22. On trouve ailleurs le mot beraq pour désigner l'éclair lancé par la lame, Deut., xxxii, il; les Septante traduisent par kazooc^f,. et la Vulgate par fulgur. Ezech., \\i, 15, les Septante traduisent par uçci-fia, et la Vulgate par gladii limali ad fulgendum. Le fourreau est désigné en hébreu par les mois nàddn, I Par., xxi, 27, nidenéh (chaldéen), Dan., vu, 15, et la'ar, I Sam. (Reg.), xvii, 15; II Sam. (Reg.), xx, 8; Jer., xlvii, 6; Ezech., xxi, 8, 10, 35, etc.; dans les Septante par le mot koXîiSv, II Reg., xx, 8; I Par., xxi, 27, etc., et la Vulgate par vagina. Dans Joa., xvm, 11, le texte grec emploie le mot 6r,y.v Dans I Reg., XVII, 51, les Septante omettent les mots ; « tira hors du fourreau. » Dans la traduction des Septante, Ezech., xxi, 9 et 11 (hébreu, 8 et 9), il n'est pas question du fourreau dont parle le texte original. La Vulgate traduit le mot hébreu ta'ar par vagina. Ezech., xxi, 3, 4 (hébreu, 8 et 9). Les Septante, Ezech., xxi, 30 (hébreu, 35), omettent aussi le mot « fourreau », qui esl également traduit dans la Vulgate par vagina, Ezech., \xi. 30 (hébreu, 35). Dans Gen., xi.ix, 5, le texte original porte; « Shnéon et Lévi, leurs glaives sont des instruments de violence : » kelê hâmas niekrotêham ; les Septante traduisent par : o-jvErf/.scav ÈÇaipio-eo; aOrwv, et la Vulgate par: vasa iniquitatis bellantia.
I. L'ÉPÉE DE FED DES CHÉRUBINS Al PARADIS TER- RESTRE. — La première mention de l'épée dans la Bible se trouve dans le récit de la chute d'Adam. Les chérubins placés par bien à la porte du paradis terrestre, pour empêcher l'homme coupable d'y rentrer, étaient armés d'une épée flamboyante. Gen., m. 24. Les interprètes ont donné les explications les plus variées sur la question de savoir ce qu'était cette épée enflammée ou flamboyante. Il est probable qu'il s'agit ici de la foudre, représentée
sur 1rs monuments assyriens sous l'image d'éclairs placés entre 1rs mains du dieu Bel (voir t. 1, fig. i7i. Cul. 1559)
et appelés « glaive de feu ». F. Vigourouz, La Bible ei les découvertes modernes, 6e édit.. in- 12. 1896, I. i, p 289. Cf. A. Lavai d, Monuments of Niniveh, I. II,
pi. VI.